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Um dia a menina olhou o álbum de retratos
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Jeune fille un jour regardant l'album photos
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Pela fresta do céu
Desceu um pensamento nos olhos da menina Que folheava o álbum dos antepassados. Suas mãos pararam a página com o retrato do homem de croisé Que não era seu pai nem seu avô. Era o irmão de leite de seu tio Que havia se suicidado por amor. As pupilas da menina passearam na boca do retrato, desgrenharam o penteado, Passaram na curva da orelha e por baixo do plastron Ela sentiu o perfume guardado há tanto tempo. Puxou com os olhos o álbum bem para dentro do seu corpo. Os seios gritaram em diâmetro, se turgindo, E ela esfregou, com um movimento de cabeça, As pontas pesadas da cabeleira em sua nuca. A menina casou com um homem fora do álbum Mas seu primeiro filho era igual ao retrato Do irmão de leite de seu tio Que havia se suicidado por amor, E que seus sentidos ressuscitaram e guardaram Para imprimir formas desconhecidas nos presentes E amar a memória dos ausentes. |
Par une trouée du ciel
Une pensée descendit et vint troubler le regard De la jeune fille qui feuilletait l'album de ses parents. Ses mains s'arrêtèrent lorsqu'elle vit le portrait d'un homme en veston Qui n'était ni son père ni son grand-père. C'était le frère de lait de son oncle, Qui s'était suicidé par amour. Ses pupilles divaguèrent sur la bouche du portrait, ébouriffèrent sa chevelure, Effleurèrent le lobe de son oreille, et sous la chemise Elle sentit le parfum depuis si longtemps conservé. Des yeux elle attira vers elle l'album qu'elle pressa contre son corps. Ses seins se gonflèrent, turgescents, Et d'un mouvement de tête, elle frotta les pointes De ses épais cheveux contre sa nuque. La jeune fille épousa un homme qui n'était pas sur l'album Mais son premier enfant était le portrait craché Du frère de lait de son oncle, Qui s'était suicidé par amour, et elle avait, par ses sens, ressuscité, préservé et imprimé des formes étrangères sur les présentes, chérissant ainsi le souvenir de l'absent. |
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| Giuseppe Amisani La lectrice (1930) |

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