Augusto dos Anjos


• Augusto de Carvalho Rodrigues dos Anjos (Sapé, Paraíba 20/04/1884 - Leopoldina, Minas Gerais, 12/11/1914) est le plus sombre des poètes brésiliens, mais aussi le plus original. Il est l'auteur d'un seul recueil de poèmes : EU (Moi).
• À la fin du XIXe siècle, le Brésil est en proie à de nombreux changements. Lutte abolitionniste, guerre du Paraguay et fin de la monarchie qui font évoluer la structure foncière et les modes de production avec pour conséquence des planteurs en faillite et d'anciens esclaves dans la misère. Augusto né dans une engenho (exploitation de canne à sucre), la Pau d'Arco, est le fils d'Alexandre, diplômé en droit - propriétaire de la plantation, et de Córdula, plus connue sous le nom de « Sinhá-Mocinha ».
• Né d'une vieille famille de planteurs, Augusto dans son jeune âge, reçu le lait de sa nourice, Guilherma, une esclave noire, pour laquelle il conserva, sa vie durant, une grande amitié ; et appris à lire et à écrire avec son père qui consacrait beaucoup de son temps à enseigner à ses enfants des cours de culture générale, de droit et de catéchisme.
• En 1900, sans devoir quitter la maison familiale, il s'inscrit sous le régime de l'« exame vago » au lycée Paribano de João Pessoa, ville située à la pointe orientale la plus extrême du Brésil. il poursuivra toutes ses études jusqu'en 1908 sous ce régime : présence aux cours facultatives, mais obligation, lors des examens, de participer à toutes les épreuves sur la matière des cours.
• L'essentiel de sa formation intellectuelle a lieu, en conséquence à l'engenho Pau d'Arco. Augusto puisa dans la riche bibliothèque de son père, celui-ci était réputé pour sa grande érudition, et sa connaissance des œuvres classiques, ainsi que des auteurs les plus influents de son époque, tels que Herbert Spencer et Karl Marx. Également, il fut influencer par le positivisme d'Auguste Comte, le naturalisme et l'évolutionnisme de Charles Darwin, le monisme matérialiste d'Ernst Haeckel et la philosophie d'Arthur Schopenhauer.
• À João Pessoa, Augusto commence à se faire connaitre comme poète, en publiant dans l'« Almanaque do Estado da Paraíba », le sonnet « Saudade » ; forme poétique dans laquelle il excelle ; et à fréquenter les milieux intellectuels de cette ville ; l'année suivante, il publie dans le journal « O Comércio » le poème « Abandonada ». Sa collaboration avec ce journal va se poursuivre pendant quelques années, y publiant poèmes ou textes en prose. Après avoir réussi ses examens, il s'inscrit à la Faculté de droit de Recife où il fait la connaissance, et se lie d'amitié avec Órris Soares, à qui l'on devra beaucoup, pour la découverte de son oeuvre.
• En 1905 son père meurt, et six jours plus tard, il publie les trois poèmes : « A meu pai doente, A meu pai morto, A meu pai depois de morto » consacré à sa mémoire. L'année suivante, il publie trois autres célèbres poèmes : « Queixas Nocturnas », « Poemas Negros » et « Versos Íntimos » dans ce même journal, et débute ses « Crônica Paudarquense » où il dénonce la corruption, les irrégularités, l'injustice, l'exclusion sociale et les persécutions dans son pays - il participe aussi à deux controverses
• 1907/1909 - Ayant terminé ses études de droit, il retourne à João Pessoa, où il donne des cours particuliers, puis est nommé professeur de littérature par interim au Liceu Paraibano. Il entame dès lors une collaboration avec les journaux « Nonevar » et « A União » et le magazine « Terra Natal ». En 1908, Aprígio Pessoa de Melo, beau-père de sa mère et patriarche de la famille, décède, laissant l'engenho dans une situation financière grave. Au « Teatro Santa Rosa », il prononce un discours lors des célébrations du 13 mai, choquant le public par son lexique incompréhensible et bizarre.
• Il épouse une enseignante, Ester Fialho, en 1910. Quelques temps plus tard, il démissione du Liceu Paraibano, en raison de l'intransigeance du gouverneur João Machado (que sa famille avait soutenu), auquel Augusto demandait la possibilité d'un congé sans solde, afin de se rendre à Rio de Janeiro, et de se garantir ainsi un emploi à son retour. Rêvant d'une reconnaissance littéraire, il s'embarque avec sa femme, sur le paquebot « Acre ». Arrivés en octobre à Rio, le couple séjourne d'abord dans une maison d'hôtes à Largo do Machado. Puis réside à Avenida Central. Sa famille vend l'engenho Pau d'Arco.
• 1911 – le 2 février, sa femme accouche après sept mois de grossesse d'un enfant mort-né. Augusto enseigne comme professeur de géographie intérimaire à l'Escola Normal, ainsi qu'au Colégio Pedro II, sans trouver un confort financier satisfaisant.
• Deux petites curiosités biographiques :
   – Il existe dans ses poèmes un personnage récurrent, un pied de tamarinier, qui existe encore aujourd'hui sur son lieu de naissance.
   – Son ami Órris Soares raconte qu'Augusto avait pour habitude de composer "de tête", gesticulant et prononçant les vers de manière excentrique, et qu'il transcrivait seulement après son poème sur le papier.
• 1912 – Il collabore au journal « O Estado ». et fait imprimer son seul et unique recueil : « EU », financée par lui-même et son frère Odilon, pour un montant de 550 000 réis et un premier tirage de 1000 exemplaires. Le livre, par son étrangeté, impacte fortement la critique, qui oscille entre l'enthousiasme et le dégoût. Le 12 juin, naissance de sa fille Glória,
• Suivi l'année suivante par la naissance de son fils Guillherme.
• 1914 – le 1er juillet, il est nommé directeur du « Grupo Escolar Ribeiro Junqueira », à Leopoldina, dans le Minas Gerais, où il s'installe le 22 du même mois. Le 30 octobre, il tombe malade et décède le 12 novembre d'une pneumonie.
• 1920 – Organisé et préfacé par son ami Órris Soares, la 2ème édition d'Eu, augmentée d'une section « Outras poesias » de poèmes posthumes, est imprimée sur les Presses Officielles de Paraíba.

L'ouvrage émerge dans un moment de transition, avant le tournant moderniste de 1922, il est représentatif de l'esprit syncrétique qui prévalait à l'époque - Parnassien par certains côtés et Symboliste par d'autres. Presque ignoré à ses débuts, tant par le public que par la critique, ce livre qui chante la dégénérescence de la chair et les limites de l'humain, atteint sa notoriété grâce aux efforts d'Órris Soares.

La métrique rigoureuse, la cadence musicale, les allitérations et les rimes précieuses des vers se confondent avec un vocabulaire étrange extrait du domaine scientifique pour faire de « EU » (Moi) – constamment réédité et augmenté sous le titre « Eu e Outras Poesias » – un livre d'une très grande qualité formelle et d'une profonde originalité.
• Enfin en 1928, toujours à l'initiative de Órris Soares, la 3ème édition sort, éditée par la « Livraria Castilho », de Rio de Janeiro, avec un succès public et critique extraordinaire.
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ŒUVRES POÉTIQUES PUBLIÉES (1 recueil de poésie, plus de 40 rééditions)


• 1912 Eu (56 poèmes)
• 1920 Eu e outras poesias (56 + 46 poèmes - posthume)


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POÉSIE EN LIGNE


  • Extraits de Eu (1912) :
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A árvore da Serra
A idéia
A um carneiro morto
Agonia de um filósofo
Asa de corvo
As cismas do destino - I
Budismo moderno
Contrastes
Idealisação da h⁠umanidade futura
O Caixão fantástico
O Deus-Verme
O Mar, a Escada e o Homem
Os doentes - I
Psicologia de um vencido
Queixas nocturnas
Ricordanza della mia gioventù
Solilóquio de um visionário
Solitário
Soneto - Ao meu pai doente
Soneto - Ao meu pai morto


•  Extraits de Eu (1912) - Page 2


Soneto - Ao meu pai depois de morto
Soneto - Ao meu primeiro filho
Vandalismo
Vencedor
Versos de amor
Versos íntimos
Vozes da morte
L'arbre de la Sierra
L'idée
À un agneau mort
Agonie d'un philosophe
Aile de corbeau
Les lubies du destin - I
Bouddhisme moderne
Contrastes
Idéalisation de l'humanité future
Le cercueil fantastique
Le Dieu-Ver
La Mer, l'Échelle et l'Homme
Les malades - I
Psychologie d'un vaincu
Plaintes nocturnes
Ricordanza della mia gioventù
Soliloque d'un visionnaire
Solitaire
Sonnet - À mon Père souffrant
Sonnet - À mon Père mort


 


Sonnet - À mon Père après sa mort
Sonnet - À mon premier enfant
Vandalisme
Vainqueur
Vers d'amour
Vers intimes
Les voix de la mort


  • Extraits de Eu e outras poesias (1920) :
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9
A dança da psique
À mesa
A noite
A Obsessão do Sangue
Ao luar
O meu nirvana
O Último Número
Vítima do dualismo
Volúpia imortal
La danse de la psyché
À table
La nuit
L'obsession du sang
Au clair de lune
Mon nirvana
L'ultime numéro
Victime du dualisme
Immortelle volupté


  • Extraits de Eu e outras poesias (1928 et suivantes) :
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A aeronave
A dor
A Esperança
A lágrima
Abandonada
Adeus, adeus, adeus!...
Ceticismo
Mágoas
No claustro
O coveiro
Primavera
Saudade
Tempos idos
Triste regresso
L'aéronef
La douleur
L'Espérance
Larmes
Abandonnée
Adieu, adieu, adieu !...
Scepticisme
Chagrins
Au couvent
Le fossoyeur
Printemps
Saudade
Temps jadis
Triste retour








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