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Cervantes


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Cervantes
Cervantes


O génio é humilde como a natureza.
É tambem numa lenta e obscura
Tenacidade
Que realiza
Os milagres que faz…
Num apagado esforço pertinaz,
A partir dum lampejo de ironia,
Transforma dia a dia,
Hora a hora,
O louco temporal que em mim vivia
No louco intemporal que vive agora.

Le génie comme la nature est humble.
Et c'est grâce à une lente et obscure
Ténacité
Qu’il réalise
De pareils miracles…
Dans un effort tacite, obstiné,
Partant d’un éclair d’ironie,
Il transforme jour après jour,
Heure après heure,
Le fou temporel qui vivait en moi en ce fou
Intemporel qui maintenant vit en moi.

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Juan de Jáuregui
Portrait de Miguel de Cervantes Saavedra (1600)
...

Réquiem Por Mim


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Diário XVI (1990-1993) »»
 
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Réquiem por mim
Requiem pour moi


Aproxima-se o fim.
E tenho pena de acabar assim,
Em vez de natureza consumada,
Ruína humana.

Inválido do corpo
E tolhido da alma.
Morto em todos os órgãos e sentidos.
Longo foi o caminho e desmedidos
Os sonhos que nele tive.
Mas ninguém vive
Contra as leis do destino.
E o destino não quis
Que eu me cumprisse como porfiei,
E caísse de pé, num desafio.

Rio feliz a ir de encontro ao mar
Desaguar,
E, em largo oceano, eternizar
O seu esplendor torrencial de rio.

La fin se rapproche
Et j’ai de la peine à finir ainsi,
L’œuvre de la nature accompli,
Ruine humaine

Le corps invalide
Et l’âme paralysée.
Mort dans tous les organes et tous les sens.
Long fut le chemin et sans mesure
Les rêves que je fis en son décours.
Mais jamais je n’ai vécu
À l’encontre des lois du destin.
Et le destin n’a pas voulu
Que je m’accomplisse comme je l’ai fait
Tombant à ses pieds, dans un défi.

Fleuve heureux d’aller à la rencontre de la mer,
De se déverser
Dans le vaste océan, pour l’éternité,
La splendeur torrentielle du fleuve.

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Safet Zec
Sans titre (1943)

Frustração


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Diário XV (1987-1989) »»
 
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Frustração
Frustration


Foi bonito
O meu sonho de amor.
Floriram em redor
Todos os campos em pousio.
Um sol de Abril brilhou em pleno estio,
Lavado e promissor.
Só que não houve frutos
Dessa primavera.
A vida disse que era
Tarde demais.
E que as paixões tardias
São ironias
Dos deuses desleais.

Il était bien
Mon rêve d’amour.
Elles ont fleuri alentour
Les terres gastes.
Un soleil d’Avril a brillé en plein été
Délavé et prometteur.
Seulement il n’avait pas de fruits
Ce printemps.
Et la vie a dit qu’il était
Trop tard
Et que les passions tardives
Sont l’ironie
Des dieux infidèles.

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Tranquillo Cremona
Le peintre et son modèle (1870-72)

Vesperal


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Diário XIV (1982-1987) »»
 
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Vesperal
Vesprée


E, contudo, é bonito
O entardecer.
A luz poente cai do céu vazio
Sobre o tecto macio
Da ramagem
E fica derramada em cada folha.
Imóvel, a paisagem
Parece adormecida
Nos olhos de quem olha.
A brisa leva o tempo
Sem destino.
E o rumor citadino
Ondula nos ouvidos
Distraídos
Dos que vão pelas ruas caminhando
Devagar
E como que sonhando,
Sem sonhar…

Il est beau cependant
Le crépuscule.
Lumière occidentale tombée du ciel vide
Sur le toit ébouriffé
Des frondaisons
Et qui rejaillit par chaque feuille.
Le paysage est immobile
Et paraît endormi
Aux yeux de celui qui regarde.
La brise emporte sans fin
Le temps.
Et les bruits de la ville
Fredonnent aux oreilles
Distraites
De ceux qui déambulent dans les rues,
Sans se hâter
Et qui s’en vont en rêvant,
Sans rêver.

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Caspar David Friedrich
Coucher de soleil (Frères) vers 1830-1835

Sisifo


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Diário XIII (1977-1982) »»
 
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Sisifo
Sisyphe


Recomeça....

Se puderes
Sem angústia e sem pressa.
E os passos que deres,
Nesse caminho duro
Do futuro
Dá-os em liberdade.
Enquanto não alcances
Não descanses.
De nenhum fruto queiras só metade.

E, nunca saciado,
Vai colhendo
Ilusões sucessivas no pomar.
Sempre a sonhar
E vendo,
Acordado,
O logro da aventura.
És homem, não te esqueças!
Só é tua a loucura
Onde, com lucidez, te reconheças

Recommence...

Si tu peux,
Sans hâte et sans angoisse.
Et que ton effort à chaque pas,
Sur ce chemin difficile
Du futur
Soit donné en toute liberté.
Avant d'avoir atteint ton but
Ne te repose pas.
Aucun fruit ne se désire à demi.

Et, jamais rassasié,
Va recueillir
Les illusions successives dans le verger.
Rêve toujours
Et voyant
Accepte alors
La duperie de l'aventure.
Tu es un homme, ne l'oublie pas !
En toi seul est la folie
Où, avec lucidité, tu t'es reconnu.

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Franz von Stuck
Sisyphe (1920)

Um poema


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Um poema
Un poème


Não tenhas medo, ouve:
É um poema
Um misto de oração e de feitiço...
Sem qualquer compromisso,
Ouve-o atentamente,
De coração lavado.
Poderás decorá-lo
E rezá-lo
Ao deitar,
Ao levantar,
Ou nas restantes horas de tristeza
Na segura certeza
De que mal não te faz.
E pode acontecer que te dê paz...

N’aie pas peur, écoute :
Ce n’est qu’un poème,
Un mélange d’oraison et d’envoûtement...
Sans aucune compromission,
Écoute-le, attentivement
D’une âme éclaircie.
Apprend-le par cœur.
Fais-en ta prière,
En te couchant,
Au lever du lit,
Aux heures perdues de la tristesse.
Avec la pleine assurance
Qu’il ne te fera jamais de mal,
Et n'a à t’offrir, qu’un peu de paix.

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Henri Matisse
Liseuse sur fond noir (1939)

Poema de amor


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Poema de amor
Poème d'amour


É um poema de amor.
Começa num sorriso promissor
E acaba num soluço
De saudade.
Entre essas duas margens,
Um rio de silêncio.
Um rio largo, onde se espelha, baça,
A paisagem severa de uma vida,
A que faltou a graça
Dessa remota hora repetida.

C’est un poème d’amour
Qui commence avec un sourire prometteur
Et se termine dans un sanglot
De regret.
Entre ces deux extrêmes,
Un fleuve de silence.
Un large fleuve où se reflète, embué
Le paysage sévère d’une vie
À laquelle a manqué le bonheur
Répété de cette heure distante.

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René Magritte
Les amants (1928)

Brasil


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Diário XI (1968-1973) »»
 
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Brasil
Brésil


Brasil onde vivi, Brasil onde penei,
Brasil dos meus assombros de menino:
Há quanto tempo já que te deixei,
Cais do lado de lá do meu destino!

Que milhas de angústia no mar da saudade!
Que salgado pranto no convés da ausência!
Chegar. Perder-te mais. Outra orfandade,
Agora sem o amparo da inocência.

Dois pólos de atracção no pensamento!
Duas ânsias opostas nos sentidos!
Um purgatório em que o sofrimento
Nunca avista um dos céus apetecidos.

Ah, desterro do rosto em cada face,
Tristeza dum regaço repartido!
Antes o desespero naufragasse
Entre o chão encontrado e o chão perdido.

Brésil où j’ai vécu, Brésil où j’ai souffert,
Brésil des étonnements de mon enfance :
Depuis combien de temps t’ai-je quitté,
Quai de l’autre rive, lieu de mon destin.

Millier d’angoisse dans la mer des saudades !
Que de plaintes amères sur le pont de l’absence !
Arrive et va te perdre encore. Autre orphelin
Maintenant, mais sans le rempart de l’innocence.

Deux pôles d’attraction dans la pensée !
Deux perceptions opposées dans les sens !
Un purgatoire en lequel la souffrance
Jamais n’a vu l’un des ciels désirés.

Ah, visage déraciné sur chaque face,
Ah, tristesse d’un foyer divisé
Avant que le désespoir ne fasse naufrage
Entre un sol trouvé et un sol perdu.

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Rosana de Paula-Cessac
Recordo da Infancia II (2010)

Guevara


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Diário X (1963-1968) »»
 
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Guevara
Guevara


Não choro, que não quero
Manchar de pranto
Um sudário de força combativa.
Reteso a dor, e canto
A tua morte viva.

A tua morte morta
Pelo próprio terror em que ficaram
À sua frente
Aqueles que te mataram
Sem poderem matar o combatente.

O combatente eterno que ficaste,
Ressuscitado
Na voluntária crucificação.
Herói a conquistar o inconquistado,
Já sem armas na mão.

Quem te abateu, perdeu a guerra santa
Da liberdade.
Fez brilhar na manhã do mundo inteiro
Um sol de redentora claridade:
O teu rosto de Cristo guerrilheiro.

Je ne pleure pas, car je ne veux pas
Souiller de larmes
Le linceul d'une force combative.
Je retiens ma douleur et lève un chant
À ta mort vivante.

Ta mort est morte
Par la même terreur dans laquelle
Devant toi
Sont restés ceux qui t'ont tué
Sans réussir à tuer le combattant,

L'éternel combattant que tu restas,
Ressuscité
Dans une crucifixion volontaire.
Héros à la conquête des invaincus,
Désormais sans armes à la main.

Qui t'a abattu, a perdu la guerre sainte
De la liberté
Faire briller dans tous les matins du monde
Le soleil d'une clarté rédemptrice :
Ton visage de Christ-guérillero.

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Che Guevara par Dhrubajyoti Paul

Instrução primária


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Diário IX (1960-1963) »»
 
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Instrução primária
Instruction primaire


Não saibas: imagina...
Deixa falar o mestre, e devaneia...
A velhice é que sabe, e apenas sabe
Que o mar não cabe
Na poça que a inocência abre na areia.

Sonha!
Inventa um alfabeto
De ilusões...
Um a-bê-cê secreto
Que soletres à margem das lições...

Voa pela janela
De encontro a qualquer sol que te sorria!
Asas? Não são precisas:
Vais ao colo das brisas,
Aias da fantasia...

Ne pas savoir : imaginer...
Laisser parler le maître, et divaguer...
La vieillesse est seule à savoir, et si peu savoir
Que la mer ne rentre pas dans
La flaque des sables creusée par l’innocence.

Rêver !
Inventer un alphabet
Des illusions...
Un abécédaire secret
Que l’on épelle à la marge des leçons...

S’envoler par la fenêtre
À la poursuite des soleils qui t’ont souri !
Des ailes ? Seraient-elles nécessaires :
Mais te jeter à la poitrine des souffles,
Messager de fantaisies...

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Joan Miró
L'Oiseau migrateur (1941)

Pesadelo de D. Quixote


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Pesadelo de D. Quixote
Cauchemar de Don Quichotte


Sancho: ouço um voz etérea
Que nos chama…
Ibéria, dizes tu?!... Disseste Ibéria?!
Acorda, Sancho, é ela a nossa dama!

Pois de quem hão-de ser estes gemidos?!
Pois de quem hão-de ser?!
Só dela, Sancho, que nos meus ouvidos
Anda o seu coração a padecer…

Ergue-te, Sancho! Quais moinhos?! Quais?!
Ai! pobre Sancho, que não sabes ver
Em moinhos iguais
Qual deles é só moinho de moer!...

Sancho : j’entends une voix dans l’éther
Qui nous appelle…
Ibérie, dis-tu ? !... Ne dit-elle pas, Ibérie ? !
Sancho, réveille-toi ; c’est elle, notre gente Dame !

De qui pourraient-ils être, ces gémissements ? !
De qui pourraient-ils être ? !
D’elle seule, Sancho, allant de ce cœur qui souffre
Jusqu’à mes oreilles …

Lève-toi, Sancho ! Des moulins ? Quels moulins ? !
Ah ! Pauvre Sancho qui ne sait voir
D’entre les moulins
Ceux qui ne sont que des moulins à moudre !...

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Gustave Doré
Don quichotte dans sa bibliothèque (1863)

Loyola


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Loiola
Loyola


É um pesadelo a ressoar no ouvido:
— Obedece! Obedece! Obedece!
Num ritmo de prece.
O eco da remota intimação
Ordena à consciência do presente
A mesma penitente
Sujeição.

— Obedece! Obedece!
A razõ endurece,
A vontade resiste,
Mas, em nome do eterno
E do inferno,
O cantochão insiste:

— Obedece! Obedece!
E o mundo natural
E universal
Que o sol peninsular doira e aquece,
De repente, aparece
Mergulhado
Numa tristeza negra, que arrefece,
Num luar de sotaina, regelado.

C’est une oppression qui nous rebat les oreilles :
— Obéis ! Obéis ! Obéis !
Sur le rythme de la prière,
L’écho d’une lointaine sommation
Ordonnant à la conscience du présent
La même sujétion
Pénitente.

— Obéis ! Obéis !
La raison s’endurcit,
La volonté résiste,
Mais, au nom de l’éternel
Et de l’enfer,
Le plain-chant s’obstine :

— Obéis ! Obéis !
Et le monde naturel
Et universel
Que le soleil de la péninsule réchauffe et dore,
Soudain apparaît
Immerger dans une tristesse noire qui fraîchit
Sous la soutane d’un clair de lune gelé.

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Anonyme romain
Portrait de Saint Ignace de Loyola (XVII siècle)

Goya


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Goya
Goya


Tu, apenas, rebelde e desterrado,
E fica povoada a solidão!
No deserto do tempo atraiçoado,
Basta uma afirmação.

Surdo à sonora voz da tirania
E ao ciciar do oiro reluzente,
Nada te corrompeu.
E deixaste a correr, vermelho e quente,
O sangue da injustiça onde correr.

Homem oposto aos homens
Que o não souberam ser,
Foste a raiva do povo, a combater
Com a luz da vingança nos pincéis.
E tiveste a fortuna de vencer:
Bruxas, as tintas foram-te fiéis.

Toi, l’exilé rebelle, et toi seulement,
Sais peupler la solitude !
Une affirmation suffit dans le désert
Du temps quand il est trahi.

Sourd à la voix sonore du tyran,
Aux cliquetis de l’or étincelant,
Rien jamais ne vint te corrompre
Et tu délaissas le cours, chaud et rouge
Du sang de l’injustice quand il coula.

Homme opposé aux hommes
Qui ne savaient pas être,
Tu fus la rage du peuple qui vint combattre
Avec en tes pinceaux, l’éclair de la vengeance.
Ta fortune fut de vaincre :
Les encres, sorcières, te sont restées fidèles.

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Francisco Goya
Le 2 mai 1808, Madrid o La charge des Mamelouks
(1814)

Fernando Pessoa


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Fernando Pessoa
Fernando Pessoa


Oculto no seu corpo e no seu nome
(Aranha que negava a própria teia
Que tecia),
Poeta da Poesia
Sibilina e cauta,
Foi o vidente filho universal
Dum futuro-presente Portugal,
Outra vez trovador e argonauta.

Camouflé dans son corps et son nom
(Araignée tissant, qui déconstruit
Sa propre toile),
Poète de la Poésie
Sibylline et soignée,
Il fut le fils, visionnaire universel
D’un Portugal futur-et-présent,
Tout à la fois, argonaute et troubadour.

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António Guimarães dos Santos
Hommage à Fernando Pessoa (2009)

António Vieira


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António Vieira
António Vieira


Filho peninsular e tropical
De Inácio de Loiola,
Aluno de Bandarra
E mestre
De Fernando Pessoa,
No Quinto Império que sonhou, sonhava
O homem lusitano
À medida do mundo.
E foi ele o primeiro.
Original
No ser universal…
Misto de génio, mago e aventureiro.

Fils péninsulaire et tropical
D’Ignace de Loyola,
Disciple de Bandarra
Et maître
De Fernando Pessoa
Dans le Quint-Empire qu’il rêva, rêvait
L’homme lusitanien
À la dimension du monde.
Et lui, il fut le premier.
Original
Dans son être universel…
Mélange de génie, de mage et d’aventurier.

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Frei Agostinho de Jesus
Portrait du Père António Vieira (XVII siècle)

Súplica


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Súplica
Supplique


Agora que o silêncio é um mar sem ondas,
E que nele posso navegar sem rumo,
Não respondas
Às urgentes perguntas
Que te fiz.
Deixa-me ser feliz
Assim,
Já tão longe de ti como de mim.

Perde-se a vida a desejá-la tanto,
Só soubemos sofrer, enquanto
O nosso amor
Durou.
Mas o tempo passou,
Há calmaria…
Não perturbes a paz que me foi dada.
Ouvir de novo a tua voz seria
Matar a sede com água salgada.

Maintenant que le silence est une mer sans vagues,
Et que je peux naviguer sans but,
Ne répond pas
Aux questions urgentes
Que je t'ai posée.
Laisse-moi être heureux
Ainsi,
Déjà si loin de toi, comme de moi.

La vie se perd, à la désirer autant.
Nous avons appris à souffrir seul, alors
Que notre amour
Demeure.
Mais le temps a passé,
Il y a une accalmie...
Ne perturbe pas la paix qui me fut donnée.
Entendre à nouveau ta voix, serait
Étancher la soif avec de l'eau salée.

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Giovanni Fattori
Silvestro Lega peignant sur les rochers (1866-1867)

Calendário


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Calendário
Calendrier


Pregados na parede da memória,
Os dias do passado
Amarelecem.
Folhas mortas dum bloco de emoções,
Solto-as ao vento da melancolia.
Seis de Outubro, um de Abril,
Ano tal, ano tal, e a mais bela manhã primaveril
Desfeita numa pústula outonal!

A inútil persistência de viver!
O erro de lutar
Por qualquer duração!
Mesmo antes do Letes conhecido,
Todo o sonho,
Ou gemido,
Ou alegria,
É uma data vazia
No sepulcro do tempo decorrido.

Cloués au mur de la mémoire
Palissent
Les jours du passé.
Feuilles mortes au bloc des émotions
Que le vent de la mélancolie emporte.
Six octobre, premier avril,
De telle ou telle année printanière, et le plus beau matin
Se dissout dans la purulence automnale !

L’inutile entêtement de la vie !
L’erreur est de lutter
Pour une durée quelconque !
Même avant le Léthé légendaire,
Tous les songes,
Ou les pleurs
Ou les joies,
Sont dates vides
Sur la tombe des temps écoulés.

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Ange avec cadran solaire méridional (XII sec.)
Cathédrale de Chartres (Façade Sud)

Nuage des auteurs (et quelques oeuvres)

A. M. Pires Cabral (44) Adalgisa Nery (43) Adolfo Casais Monteiro (36) Adriane Garcia (40) Adão Ventura (41) Adélia Prado (40) Affonso Romano de Sant'Anna (41) Al Berto (38) Albano Martins (41) Alberto Pimenta (40) Alexandre O'Neill (29) Ana Cristina Cesar (38) Ana Elisa Ribeiro (40) Ana Hatherly (43) Ana Luísa Amaral (40) Ana Martins Marques (48) Antonio Brasileiro (41) Antonio Osorio (42) António Gedeão (37) António Ramos Rosa (41) Antônio Cícero (40) Augusto dos Anjos (50) Caio Fernando Abreu (40) Carlos Drummond de Andrade (43) Carlos Machado (112) Carlos Nejar (42) Casimiro de Brito (40) Cassiano Ricardo (40) Cecília Meireles (37) Conceição Evaristo (33) Daniel Faria (40) Dante Milano (33) David Mourão-Ferreira (40) Donizete Galvão (41) Eucanaã Ferraz (43) Eugénio de Andrade (34) Fernando Assis Pacheco (42) Ferreira Gullar (40) Fiama Hasse Pais Brandão (38) Francisco Carvalho (40) Galeria (30) Gastão Cruz (40) Gilberto Nable (48) Hilda Hilst (41) Iacyr Anderson Freitas (41) Inês Lourenço (40) Jorge Sousa Braga (40) Jorge de Sena (40) José Eduardo Degrazia (40) José Gomes Ferreira (41) José Luís Peixoto (44) José Régio (41) José Saramago (40) José Tolentino de Mendonça (42) João Cabral de Melo Neto (43) João Guimarães Rosa (33) João Luís Barreto Guimarães (40) Luis Filipe Castro Mendes (40) Lêdo Ivo (33) Manoel de Barros (36) Manuel Alegre (42) Manuel António Pina (33) Manuel Bandeira (39) Manuel de Freitas (41) Marina Colasanti (38) Mario Quintana (38) Micheliny Verunschk (40) Miguel Torga (32) Murilo Mendes (32) Mário Cesariny (34) Narlan Matos (85) Nuno Júdice (33) Nuno Rocha Morais (557) Orides Fontela (43) Paulo Leminski (43) Pedro Mexia (40) Poemas Sociais (30) Poèmes inédits (363) Reinaldo Ferreira (40) Ronaldo Costa Fernandes (42) Rui Knopfli (43) Rui Pires Cabral (44) Ruy Belo (29) Ruy Espinheira Filho (43) Ruy Proença (48) Sebastião da Gama (15) Sophia de Mello Breyner Andresen (33) Thiago de Mello (38) Ultimos Poemas (103) Vasco Graça Moura (40) Vinícius de Moraes (34)