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Poéticos, os deuses?
Eles não têm sangue.
Debaixo do céu inerte,
a ave que foi trespassada
e cai como um trapo
no tronco de árvore de Botticelli
tinha sangue.
Ou a pantera
do Jardin des Plantes
que incansavelmente
percorre a sua jaula
de um lado para o outro,
cerrando lentamente as pálpebras
sobre o mundo, tem sangue.
Ou as três gotas de sangue na neve
que causam o assombro
abismado de Parsifal
têm origem viva, que se torna poética
quando chegam a ele.
A poesia
são gotas, inúmeras,
secas ou ainda frescas,
sangue, sempre sangue,
o preço líquido
que a vida paga
pela fuga constante
a si mesma,
a caminho
do que não existia
antes de
ela lá ter chegado.
A poesia
quer que cheguemos,
aonde ela chegou.
– E chegamos?
Claro que não.
– E os deuses?
Esses incutem
pavor e esperança:
pavor na vida que temos,
feita do pó do universo,
esperança em chegar a eles
depois dela.
– E chegamos?
Não sei. A qual deles?
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Poétiques, les dieux ?
Ils n’ont pas de sang.
Sous le ciel inerte,
l’oiseau transpercé
qui tombe comme un chiffon
sur le tronc d'arbre de Botticelli
il avait du sang.
Ou la panthère
du Jardin des Plantes
qui sans relâche
parcourt sa cage
d’un côté à l’autre,
refermant avec lenteur ses paupières
sur le monde, elle a du sang.
Ou ces trois gouttes de sang dans la neige
qui suscitent un abîme
d'étonnement chez Perceval
elles ont une origine vivante, qui devient poétique
lorsqu'il s'approche d'elles.
La poésie,
ce sont, innombrables, des gouttes
sèches ou fraîches, encore
de sang, toujours de sang,
de ce précieux liquide
que la vie paie
pour l'échappée constante
de soi-même,
sur le chemin
de ce qui n’existait pas
avant qu'
elle ne soit advenue.
La poésie
veut que nous arrivions,
là où elle est arrivée.
– Sommes-nous arrivés ?
Bien sûr que non.
- Et les dieux ?
Ils nous ont inculqué
la peur et l'espoir.
la peur de la vie qui est nôtre,
faite d'une poussière d'univers,
l’espoir d'arriver jusqu'à eux
après elle.
– Sommes-nous arrivés ?
Je ne sais pas. Auquel d'entre eux ?
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