Congresso Internacional do Medo


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Congresso Internacional do Medo
Congrès International de la Peur


Provisoriamente não cantaremos o amor,
que se refugiou mais abaixo dos subterrâneos.
Cantaremos o medo, que esteriliza os abraços,
não cantaremos o ódio, porque este não existe,
existe apenas o medo, nosso pai e nosso companheiro,
o medo grande dos sertões, dos mares, dos desertos,
o medo dos soldados, o medo das mães, o medo
das igrejas,
cantaremos o medo dos ditadores, o medo dos democratas,
cantaremos o medo da morte e o medo de depois da morte.
Depois morreremos de medo
e sobre nossos túmulos nascerão flores amarelas
e medrosas

Par provision nous ne chanterons pas l'amour
qui se réfugie plus bas dans les souterrains.
Nous chanterons la peur, qui stérilise les embrassements,
nous ne chanterons pas la haine car celle-ci n'existe pas,
la peur, notre mère et notre compagne, existe à peine,
la grande peur des brousses, des mers, des déserts,
la peur des soldats, la peur des pères et la peur
des églises,
nous chanterons la peur des dictateurs, et des démocrates,
nous chanterons la peur de la mort et celle d'après la mort,
après nous mourrons de peur
et sur nos tombes naitront des fleurs jaunes et
craintives.

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Felix Nussbaum
Orgelmann (1943)
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A noite dissolve os homens


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A noite dissolve os homens
La nuit dissout les hommes


A noite desceu. Que noite!
Já não enxergo meus irmãos.
E nem tão pouco os rumores
que outrora me perturbavam.
A noite desceu. Nas casas,
nas ruas onde se combate,
nos campos desfalecidos,
a noite espalhou o medo
e a total incompreensão.
A noite caiu. Tremenda,
sem esperança… Os suspiros
acusam a presença negra
que paralisa os guerreiros.
E o amor não abre caminho
na noite. A noite é mortal,
completa, sem reticências,
a noite dissolve os homens,
diz que é inútil sofrer,
a noite dissolve as pátrias,
apagou os almirantes
cintilantes! nas suas fardas.
A noite anoiteceu tudo…
O mundo não tem remédio…
Os suicidas tinham razão.
 
Aurora,
entretanto eu te diviso, ainda tímida,
inexperiente das luzes que vais acender
e dos bens que repartirás com todos os homens.
Sob o úmido véu de raivas, queixas e humilhações,
adivinho-te que sobes, vapor róseo, expulsando
a treva noturna.
O triste mundo fascista se decompõe ao contato
de teus dedos,
teus dedos frios, que ainda se não modelaram
mas que avançam na escuridão como um sinal verde
e peremptório.
Minha fadiga encontrará em ti o seu termo,
minha carne estremece na certeza de tua vinda.
O suor é um óleo suave, as mãos dos sobreviventes
se enlaçam,
os corpos hirtos adquirem uma fluidez,
uma inocência, um perdão simples e macio…
Havemos de amanhecer. O mundo
se tinge com as tintas da antemanhã
e o sangue que escorre é doce, de tão necessário
para colorir tuas pálidas faces, aurora.

La nuit est descendue. Quelle nuit !
Je ne distingue déjà plus mes frères
Ni n'entends les rumeurs
qui autrefois me perturbaient.
La nuit est descendue. Sur les maisons,
dans les rues où l’on se bat,
dans les campagnes évanouies,
la nuit a dispersé la peur
et la totale incompréhension.
La nuit est tombée. Épouvantable,
sans espoir... Les soupirs
accusent la présence noire,
qui paralyse les guerriers.
Et l’amour n’ouvre pas de chemin
dans la nuit. La nuit est mortelle,
complète, sans réticences,
la nuit dissout les hommes,
elle dit l'inutilité de souffrir,
la nuit dissout les peuples,
elle a effacé les amiraux
étincelants ! dans leurs uniformes,
La nuit a fait tomber la nuit sur tout…
La nuit n’a pas de remède…
Les suicidés avaient raison.

Aurore,
cependant je te discerne, timide encore,
sans expérience des lumières que tu vas allumer
et des biens que tu vas répartir entre les hommes.
Sous l’humide voile des rages, plaintes et humiliations,
Je pressens qui tu montes, rose vapeur, expulsant les
ténèbres nocturnes.
La tristesse du monde fasciste se décompose au toucher
de tes doigts,
à la froideur de tes doigts, qui n’ont pas été formés encore
mais qui s'avancent dans l’obscurité comme un signal
vert et péremptoire,
Ma fatigue a trouvé en toi son terme,
ma chair tressaille dans la certitude de ta venue.
La sueur est un onguent suave, les mains des survivants
s'enlacent,
les corps hirsutes acquièrent une fluidité,
une innocence, un pardon simple et doux
Nous allons vers l'aube. Le monde
se teint des couleurs de l’avant-jour
et le sang qui s'écoule est sucré, autant que nécessaire
pour coloriser tes pâles joues, aurore.

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Anselm Kiefer
Transition du froid vers le chaud (2014)
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Soneto da perdida esperança


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Soneto da perdida esperança
Sonnet de l'espoir perdu


Perdi o bonde e a esperança.
Volto pálido para casa.
A rua é inútil e nenhum auto
passaria sobre meu corpo.

Vou subir a ladeira lenta
em que os caminhos se fundem.
Todos eles conduzem ao
princípio do drama e da flora.

Não sei se estou sofrendo
ou se é alguém que se diverte
por que não? na noite escassa

com um insolúvel flautim.
Entretanto há muito tempo
nós gritamos: sim! ao eterno.

Raté le tram perdu l'espoir.
Blême je rentre chez moi.
La rue est inutile et sans voiture
pour me passer sur le corps.

Je monte lentement la côte
où les chemins se confondent.
Tous ils conduisent jusqu'à
l'origine du drame et de la flore.

Je ne sais pas si je souffre
ou si quelqu'un se divertit
Pourquoi pas ? dans la nuit

mesquine avec une flute impossible
Cela dit il y a bien longtemps
que nous avons criés : oui ! à l'éternité.

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František Kupka
Le chemin du silence (1903)
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Segredo


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Segredo
Secret


A poesia é incomunicável.
Fique torto no seu canto.
Não ame.

Ouço dizer que há tiroteio
ao alcance do nosso corpo.
É a revolução? o amor?
Não diga nada.

Tudo é possível, só eu impossível.
O mar transborda de peixes.
Há homens que andam no mar
como se andassem na rua.
Não conte.

Suponha que um anjo de fogo
varresse a face da terra
e os homens sacrificados
pedissem perdão.
Não peça.

La poésie est incommunicable.
Reste arquée dans son chant
N'aime pas.

J'entends dire qu'il y a des coups
de feu à portée de notre corps.
Est-ce la révolution ? l'amour ?
Ne dit rien.

Tout est possible, je suis seul impossible.
La mer regorge de poissons.
Il y a des hommes qui marchent sur la mer
comme on marche dans la rue.
Ne raconte rien.

Je suppose qu'un ange de feu
a balayé la surface de la terre
et que les hommes sacrifiés
ont demandé pardon.
Ne prie pas.

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Auguste Préault
Le silence (1842-1843)
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Necrológio dos desiludidos do amor


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Necrológio dos desiludidos do amor
Nécrologie des déçus de l'amour


Os desiludidos do amor
estão desfechando tiros no peito.
Do meu quarto ouço a fuzilaria.
As amadas torcem-se de gozo.
Oh quanta matéria para os jornais.

Desiludidos mas fotografados,
escreveram cartas explicativas,
tomaram todas as providências
para o remorso das amadas.
Pum pum pum adeus, enjoada.
Eu vou, tu ficas, mas nos veremos
seja no claro céu ou turvo inferno.

Os médicos estão fazendo a autópsia
dos desiludidos que se mataram.
Que grandes corações eles possuíam.
Vísceras imensas, tripas sentimentais
e um estômago cheio de poesia.

Agora vamos para o cemitério
levar os corpos dos desiludidos
encaixotados competentemente
(paixões de primeira e de segunda classe).

Os desiludidos seguem iludidos,
sem coração, sem tripas, sem amor.
Única fortuna, os seus dentes de ouro
não servirão de lastro financeiro
e cobertos de terra perderão o brilho
enquanto as amadas dançarão um samba
bravo, violento, sobre a tumba deles.

Les déçus de l'amour
se tirent des coups de feu en plein cœur.
J'entends de ma chambre la fusillade.
Les aimées se tortillent de plaisir.
Oh, que de matières pour les journaux.

Déçus mais photographiés,
ils écrivent des lettres explicatives,
prennent toutes les dispositions
pour le remords de l'aimée.

Poum poum poum adieu, mon écœurée.
Je pars, tu restes, mais nous nous reverrons
dans la clarté du ciel ou le trouble de l'enfer.

Les médecins font l'autopsie
des déçus qui se suicident.
Que de grands cœurs ils possédaient.
Viscères Immenses, tripes sentimentales
et un estomac emplie de poésie...

Maintenant allons au cimetière
enlever les corps des déçus
mis en bière avec moult compétences
(passions de première et de seconde classe).

Les déçus suivent les trompés,
sans cœur, sans tripes, sans amour.
Pour seule fortune, des dents en or
qui ne leur serviront pas de soutien financier
et couvert de terre ils perdront leur éclat
pendant que leurs proches danseront une samba
féroce et violente sur leur tombe.

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Edouard Manet
Suicide (1877)
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Não se mate


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Não se mate
Ne te tue pas


Carlos, sossegue, o amor
é isso que você está vendo:
hoje beija, amanha não beija,
depois de amanha é domingo
e segunda-feira ninguém sabe
o que será.

Inútil você resistir
ou mesmo suicidar-se
Não se mate, oh não se mate,
reserve-se todo para
as bodas que ninguém sabe
quando virão,
se virão.

O amor, Carlos, você telúrico,
a noite passou em você
e os recalques se sublimando,
lá dentro um barulho inefável,
rezas,
vitrolas,
santos que se persignam,
anúncios do melhor sabão,
barulho que ninguém sabe
de quê, praquê.

Entretanto você caminha
melancólico e vertical.
Você é a palmeira, você é o grito
que ninguém ouviu no teatro
e as luzes todas se apagam.
Amor no escuro, não, no claro,
é sempre triste, meu filho, Carlos,
mas não diga nada a ninguém,
ninguém sabe nem saberá.

Doucement Carlos, l'amour,
il est ce que tu vois :
Aujourd'hui tu embrasses, demain non,
après-demain, c'est dimanche
et lundi personne ne peut savoir
ce qu'il en sera.

Inutile de résister
ou pire de se suicider
Ne pas se tuer, ne pas se tuer,
garde ça pour les
noces dont personne ne sait
quand elles viendront,
si elles viennent.

L'amour, Carlos, est tellurique
en toi, la nuit en toi est passée
avec ses inhibitions sublimes,
là, dedans, cette rumeur ineffable,
de prières,
de porte-voix,
de saints qui font le signe de croix,
de publicités pour le meilleur savon,
bruit dont on ne sait de quoi
il est fait fait, ni pourquoi.

Cependant tu t'avances
vertical et mélancolique.
Tu es la palme, tu es le cri
que personne n'a entendu au théâtre
et toutes les lumières s'éteignent.
L'amour dans le noir, non dans la clarté,
est toujours triste, Carlos, mon fils
mais ne dis rien à personne,
personne ne sait ni ne le saura.

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Nicola Figlia
Memoires (2019)
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Aurora


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Aurora
Aurore


O poeta ia bêbedo no bonde.
O dia nascia atrás dos quintais.
As pensões alegres dormiam tristíssimas.
As casas também iam bêbedas.

Tudo era irreparável.
Ninguém sabia que o mundo ia acabar
(apenas uma criança percebeu mas ficou calada),
que o mundo ia acabar às 7 e 45.
Últimos pensamentos! últimos telegramas!
José, que colocava pronomes,
Helena, que amava os homens,
Sebastião, que se arruinava,
Artur, que não dizia nada,
embarcam para a eternidade.

O poeta está bêbedo, mas
escuta um apelo na aurora:
Vamos todos dançar
entre o bonde e a árvore?

Entre o bonde e a árvore
dançai, meus irmãos!
Embora sem música
dançai, meus irmãos!

Os filhos estão nascendo
com tamanha espontaneidade.
Como é maravilhoso o amor
(o amor e outros produtos).
Dançai, meus irmãos!
A morte virá depois
como um sacramento.

Le poète avait bu dans le tram.
Le jour naissait dans les jardins.
Dormaient les joyeuses pensions, tristes, tristes
les maisons, elles aussi avaient bu.

Tout était irréparable.
Personne ne savait que le monde allait finir
(seul un enfant taiseux l'avait perçu),
le monde allait finir à 7 heures 45.
Ultimes pensées ! Derniers télégrammes !
Joseph, qui employait des pronoms,
Hélène, qui aimait les hommes,
Sébastien, qui se ruinait la santé,
Arthur, qui ne disait rien,
allaient embarquer pour l'éternité.

Le poète avait bu, mais
il écoutait l'appel de l'aube :
Irons-nous tous danser
entre le tram et l'arbre ?

Entre le tram et l'arbre
allons danser, mes frères !
Il n'y a pas encore de musique
bah, dansez, mes frères !

Des enfants naissaient alors
avec une grande spontanéité.
Quelle merveille que l'amour
(l'amour et ses produits dérivés).
Dansez, mes frères !
La mort viendra plus tard
comme un sacrement.

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Paul Delvaux
Le train bleu (1946)
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Também já fui brasileiro...


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Também já fui brasileiro...
D’emblée je fus brésilien...


Eu também já fui brasileiro
moreno como vocês.
Ponteei viola, guiei forde
e aprendi na mesa dos bares
que o nacionalismo é uma virtude.
Mas há uma hora em que os bares se fecham
e todas as virtudes se negam.

Eu também já fui poeta.
Bastava olhar para mulher,
pensava logo nas estrelas
e outros substantivos celestes.
Mas eram tantas, o céu tamanho,
minha poesia perturbou-se.

Eu também já tive meu ritmo.
Fazia isso, dizia aquilo.
E meus amigos me queriam,
meus inimigos me odiavam.
Eu irônico deslizava
satisfeito de ter meu ritmo.
Mas acabei confundindo tudo.
Hoje não deslizo mais não,
não sou irônico mais não,
não tenho ritmo mais não.

D’emblée je fus brésilien
Basané comme vous.
Gratteur de guitare, conducteur de « Ford »
Qui apprend à la table des bistrots
Que le nationalisme est une vertu.
Mais il y a toujours une heure où ferment les bars.
Toute vertu alors est déniée.

Et d’emblée je fus aussi poète,
Il me suffisait de regarder les femmes
Et de penser aux étoiles et autres
Substantifs célestes, là-bas au loin.
Mais il y en avait tant, à la dimension des étoiles
Que ma poésie en fut troublée.

D’emblée, je fus pris par mon rythme.
Faisant cela, disant cet autre.
Et mes amis m’applaudissaient,
Mes ennemis me haïssaient.
Je me défilais, ironique,
Heureux d’avoir trouvé mon rythme.
Mais pour finir je confonds tout.
Plus de faux-fuyants aujourd’hui,
Plus de détours par l’ironie,
Car j’ai tout perdu, même le rythme.

________________

Emiliano di Cavalcanti
Sans titre (1950)
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Sentimental


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Sentimental
Sentimental


Ponho-me a escrever teu nome
com letras de macarrão.
No prato, a sopa esfria, cheia de escamas
e debruçados na mesa todos contemplam
esse romântico trabalho.

Desgraçadamente falta uma letra,
uma letra somente
para acabar teu nome!

Está sonhando? Olhe que a sopa esfria!

Eu estava sonhando...
E há em todas as consciências um cartaz amarelo:
"Neste país é proibido sonhar."

Voici que j'écris ton nom
en lettres macaronis.
Dans mon assiette, la soupe refroidit, se recouvre
d'un film, et sur la table penchés, ils contemplent tous
cette œuvre romantique.

Malheureusement, une lettre est manquante,
une seule lettre
pour finir ton nom !

Suis-je en train de rêver ? Regarde, la soupe est froide !

Je suis en train de rêver...
Et il y a, jaune en toutes les consciences, une affiche :
« Dans ce pays, tout rêve est interdit. »

________________

Annibale Carracci
Le mangeur de haricots (1584-1585)
...

Quadrilha


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Quadrilha
Quadrille


João amava Teresa que amava Raimundo
que amava Maria que amava Joaquim que amava Lili
que não amava ninguém.
João foi para o Estados Unidos, Teresa para o convento,
Raimundo morreu de desastre, Maria ficou para tia,
Joaquim suicidou-se e Lili casou com J. Pinto Fernandes
que não tinha entrado na história.

Jean aimait Thérèse qui aimait Raymond
qui aimait Marie qui aimait Joachim qui aimait Lili
qui n'aimait personne.
Jean est parti aux États-Unis, Thérèse au couvent,
Raymond a péri dans un désastre, Marie est restée vieille fille,
Joachim s'est suicidé et Lili a épousé J. Pinto Fernandes
qui ne fait pas partie de cette histoire

________________

Edvard Munch
La danse de la vie (1900)
...

Apodrecemos no medo...


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Poèmes inédits »»
nunorochamorais.blogspot.com (décembre 2020) »»
 
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Apodrecemos no medo...
Nous pourrissons de peur...


Apodrecemos no medo,
Somos varados nas searas de sombra
Pelas sementes de outros olhos,
Olhos que vêem além do que é.
Apodrecemos no medo
E das nossas cinzas, renascemos,
Muro imune.

Nous pourrissons de peur,
Transpercés par les moissons de l'ombre
Par les semences d'autres yeux,
Des yeux qui voient au-delà de ce qui est.
Nous pourrissons de peur
Et de nos cendres, nous renaissons,
Muraille immune.

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Salvador Dalí
Le visage de la guerre (1940)
...

Poesia


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Poesia
Poésie


Gastei uma hora pensando um verso
que a pena não quer escrever.
No entanto ele está cá dentro
inquieto, vivo.
Ele está cá dentro
e não quer sair.
Mas a poesia deste momento
inunda minha vida inteira.

J'ai gaspillé une heure à méditer sur ce vers
que ma plume se refuse à écrire.
Cependant il est là en moi
inquiet, vivant.
Il est là en moi
et ne veut pas sortir.
Mais la poésie de ce moment
inonde ma vie toute entière.

________________

Norman Rockwell
La lumière fait la différence (1925)
...

Poema de Sete Faces


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Poema de Sete Faces
Poème à Sept Faces


Quando nasci, um anjo torto
desses que vivem na sombra
disse: Vai, Carlos! ser gauche na vida.

As casas espiam os homens
que correm atrás de mulheres.
A tarde talvez fosse azul,
não houvesse tantos desejos.

O bonde passa cheio de pernas:
pernas brancas pretas amarelas.
Para que tanta perna, meu Deus, pergunta meu coração.
Porém meus olhos
não perguntam nada.

O homem atrás do bigode
é sério, simples e forte.
Quase não conversa.
Tem poucos, raros amigos
o homem atrás dos óculos e do bigode.

Meu Deus, por que me abandonaste
se sabias que eu não era Deus
se sabias que eu era fraco.

Mundo mundo vasto mundo,
se eu me chamasse Raimundo
seria uma rima, não seria uma solução.
Mundo mundo vasto mundo,
mais vasto é meu coração.

Eu não devia te dizer
mas essa lua
mas esse conhaque
botam a gente comovido como o diabo.

Lorsque je suis né, un angelot tors
de ceux qui vivent dans l'ombre
dit : Va, Carlos ! soit gauche dans la vie.

Les maisons épient les hommes
qui courent après les femmes.
Le soir était peut-être bleu,
il n'y avait pas autant de désirs.

Le tram passe empli de jambes:
jambes blanches noires jaunes.
Mon Dieu, pourquoi tant de jambes, demande mon cœur.
Cependant mes yeux
ne demande rien.

L'homme derrière sa moustache
est sérieux, simple et fort.
Il parle à peine,
a peu d'amis, de rares amis,
l'homme derrière ses lunettes et sa moustache.

Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné
si tu savais que je n'étais pas Dieu,
si tu savais que j'étais faible.

Monde monde vaste monde
si je m'appelais Raymonde
Je serais la rime, et non la solution.
Monde monde vaste monde,
plus vaste est mon cœur.

Je ne devrais pas te le dire
mais cette lune
mais ce cognac
nous font bouger comme un diable.

________________

Paul Klee
Angelus Novus (1920)
...

No meio do caminho


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No meio do caminho
Au milieu du chemin


No meio do caminho tinha uma pedra
tinha uma pedra no meio do caminho
tinha uma pedra
no meio do caminho tinha uma pedra.

Nunca me esquecerei desse acontecimento
na vida de minhas retinas tão fatigadas.
Nunca me esquecerei que no meio do caminho
tinha uma pedra
tinha uma pedra no meio do caminho
no meio do caminho tinha uma pedra.

Au milieu du chemin se tenait une pierre
se tenait une pierre au milieu du chemin
se tenait une pierre
au milieu du chemin, se tenait une pierre.

Jamais je n'oublierai cet événement
dans la vie de mes rétines si fatiguées.
Jamais je n'oublierai qu'au milieu du chemin
se tenait une pierre
se tenait une pierre au milieu du chemin
au milieu du chemin se tenait une pierre.

________________

Giuseppe Penone
Idées de pierre (2008)
...

Infância


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Infância
Enfance


Meu pai montava a cavalo, ia para o campo.
Minha mãe ficava sentada cosendo.
Meu irmão pequeno dormia.
Eu sozinho, menino entre mangueiras
lia história de Robinson Crusoé,
comprida história que não acaba mais.

No meio-dia branco de luz uma voz que aprendeu
a ninar nos longes da senzala - e nunca se esqueceu
chamava para o café.
café preto que nem a preta velha
café gostoso
café bom

Minha mãe ficava sentada cosendo
olhando para mim:
- Psiu... não acorde o menino.
Para o berço onde pousou um mosquito
E dava um suspiro... que fundo !

Lá longe meu pai campeava
no mato sem fim da fazenda.

E eu não sabia que minha história
era mais bonita que a de Robinson Crusoé.

Mon père montait à cheval, pour aller aux champs.
Ma mère était assise et cousait.
Mon petit frère dormait.
Moi seul enfant parmi les manguiers
je lisais l'histoire de Robinson,
une longue histoire qui jamais ne finit.

Dans la lumière blanche de midi, une voix avait appris
à dorloter aux temps des maisons d'esclaves – et n'oubliait
jamais d'appeler pour le café.
Café noir plus noir que la vieille femme
savoureux café
bon café.

Ma mère était assise et cousait
regardant vers moi :
– Chut... Ne réveillez pas le bébé.
Et dans le berceau où se posa un moustique
je donnais un soupir... très profond !

Au loin mon père cavalait
sans fin dans les brousses de la fazenda

Et j'ignorais que mon histoire
était plus belle que celle de Robinson Crusoé.

________________

Granger
Robinson Crusoe (1920)
...

A rua diferente


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A rua diferente
La rue a changé


a minha rua estão cortando árvores
botando trilhos
construindo casas.

Minha rua acordou mudada.
Os vizinhos não se conformam.
Eles não sabem que a vida
tem dessas exigências brutas.

Só minha filha goza o espetáculo
e se diverte com os andaimes,
a luz da solda autógena
e o cimento escorrendo nas formas.

Ils ont coupé des arbres dans ma rue...
posé des rails
construit des maisons.

Ma rue s'est réveillée transformée.
Les voisins ne s'y font pas.
Ils ne comprennent pas que la vie
exige de pareilles brutalités.

Seule ma fille apprécie le spectacle
et se divertit avec l'échafaudage,
la lumière de la soudure autogène
et le ciment qui dégouline dans son coffrage.

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Yves Tanguy
Le Pont (1925)
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