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(À maneira de Yorgos Seferis)


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(À maneira de Yorgos Seferis)
(À la manière de Georges Séféris)


Éramos tão jovens e o amor tardio:
Não o veríamos, como o não vimos,
Como o não veremos.
A lunação de um anjo
Atravessou sussurradamente
As nossas marés, os nossos lugares,
Escapou às malhas dos nossos corações.
É verdade, envelhecemos,
E o amor rescende, tão jovem.
Como se faz agora?
Quanto passou deixou uma ferida
E o passar do anjo que não vimos
Cobre-as de sal.
O amor, tão jovem, já nada pode em nós,
Somos incêndios cristalizados.
Tu terás sido o anjo que não vi,
Aqui ficaste, caída, desfolhando-te,
Perpétua na tua efemeridade.
Perdemos tudo.
Pela primeira vez sentimo-nos claramente esculpidos,
Libertos da pedra da carne,
Mas só uma tristeza vil nos esculpiu.

Nous étions si jeune, et l'amour est tardif :
Nous ne l'aurions pas vu, ne l'avons pas vu,
Ni même ne le verrons
La lunaison d'un ange
A traversé en un murmure
Nos lieux et nos marées.
Elle s'est échappée de nos cœurs.
Il est vrai que nous avons vieilli,
Et le parfum de l'amour est si jeune.
Maintenant, que fais-tu ?
Tant de choses ont passé laissant des blessures.
Et le passage de l'ange que nous n'avons pas vu,
De sel, les a recouvertes.
L'amour, si jeune, ne peut plus rien agir en nous,
Nous qui sommes des feux cristallisés.
Tu devais être l'ange que je n'ai pas vu,
Mais tu es resté ici, déchu, à te faner
Perpétuellement éphémère.
Nous avons tout perdu.
Pour la première fois, nous nous sentions sculptés clairement,
Libérés du caillot de la chair,
Mais seule une vile tristesse nous sculptait.

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Ronald Ventura
Chasse immortelle (2015)
...

México


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México
Mexique


  (Homenagem à pátria de Octavio Paz)

México —
O sol e a lua sucedem-se
Imolando-se ritmicamente,
Com as suas luzes de sílex,
Em homenagem aos espíritos aztecas,
Cujas vozes ainda se ouvem
Nos murmúrios do milho,
Pirâmides do ouro.

Nas estatuetas de barro
Desponta ainda um coração.
E, nas igrejas cristãs, austeras,
Por entre as sombras silenciosas e respeitosas,
Os ecos dos antigos deuses aztecas
Vagueiam, ainda poderosos.

  (Hommage à la patrie d'Octavio Paz)

Mexique —
Le soleil et la lune se succèdent
Et rythmiquement s'immolent
Du feu de leurs silex,
En hommage aux esprits aztèques,
Dont les voix se font encore entendre
Dans les murmures du maïs,
Or des Pyramides.

Dans les figurines d'argile,
Un cœur pointe encore.
Et dans les églises chrétiennes, austères,
Parmi les ombres silencieuses et ferventes,
L'écho des anciens dieux aztèques
Circule, toujours puissant.

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Statuette en argile de Mictlantecuhtli
Grand Temple de Tenochtitlan (XIII siècle)
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Litania da libertação


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Litania da libertação
Litanie de la libération


  "por onde alcançar o azul da terra
  onde se confundem a chuva e os ausentes"
      Pablo Neruda

Onde o dia se confunde com o horizonte;
Onde o espelho se confunde com o sangue;
Onde o Inverno se confunde com o sono;
Onde a teia se confunde com a boca;
Onde o vinho se confunde com a explosão;
Onde os pássaros se confundem com a luz;
Aí, nesse lugar, nesse tempo,
Onde o espaço se confunde com o sonho,
E o tempo com um tema exaurido,
Aí, eu não me confundirei comigo,
O ausente.

  « où s'en va le bleu de la terre
  où la pluie et le ciel se confondent »
      Pablo Neruda

Là où le jour se confond avec l’horizon ;
Là où le miroir se confond avec le sang ;
Là où l’hiver se confond avec le sommeil ;
Là où le piège se confond avec la bouche ;
Là où le vin se confond avec l'explosion ;
Là où les oiseaux se confondent avec la lumière ;
Ah, en ce lieu, en ce temps-là
Où l'espace se confond avec le rêve,
Et le temps avec un thème épuisé,
Ah, on ne me confondra pas, moi
Et l'absent.

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Emil Nolde
Le Lac de Lucerne (1930)
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António Nobre


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António Nobre
António Nobre


I.
Nas grutas do teu peito, a vocação
De um adeus outonal, da nostalgia
Da dor irrefragável, sem desvão
E, aí, o canto, como estalactite,
 
Moldava-se no tempo, nas imagens,
Na vida, que tu vias, te fugia,
Medida nos teus versos, nobres viagens,
E a dor que o coração ao ser permite.
 
O longe que a saudade fazia maior,
Nascia dos teus versos naturais,
Como eles jamais fossem escritos
Mas nascessem da terra, de uma dor,
De um horror que crescia e produzia
O feitiço do ritmo e melodia.
 
II.
Em ti, a vocação de um adeus outonal,
De outonal nostalgia,
De dor, mal outonal,
De um pranto, pétreas gotas desse canto,
Crescendo de um quebranto negro que te doía.
 
Vias medida a vida fugitiva, vida
Ida em marés de tempo,
No tempo, essa eterna ida,
Vida medida em versos de saudade e vento,
Leves de vento, leves como a infância ida.
 
 (A língua obediente
  Seguia a tua mágoa
  Até à voz do poente,
  Ao verso – a tua frágua.)
 
  No verso, poderosa,
  Esguia, a dor erguia
  O feitiço da rosa
  De ritmo e melodia.

I.
Dans les chloroses de ta poitrine, la vocation
D'un adieu automnal, de la nostalgie
Une douleur irréfragable, sans détours
Et, aussi, le chant, comme une stalactite,

Qui s'est conformé au temps, aux images,
À la vie, que tu voyais, qui s'est enfuie,
Mesurée dans tes vers, ces nobles voyages,
Et par la douleur d'être que le cœur autorise.

Devant les lointains agrandis de langueurs
Naissait chacun de tes vers avec naturel,
Jamais plus n'en fut écrits comme ceux-là
Mais ils naissaient de la terre, de la douleur,
D'une horreur qui grandissait et produisait
Un charme de rythme et de mélodie.

II.
En toi, la vocation d'un adieu automnal,
D'une automnale nostalgie,
D'une douleur, un mal automnal,
D'une plainte, gouttes pétrifiées de ce chant,
Crescendo dans une lassitude noire qui fait souffrir.

Tu voyais la mesure de ta vie fugitive, vie
En-allée avec les marées du temps,
Dans le temps, cette allée éternelle,
Vie mesurée par des vers de regrets et de vent,
Poumons de vent, légers comme l'enfance ailée.

 (La langue obéissante
 A poursuivi ton chagrin
 Jusqu'à la voix du ponant,
 Jusqu'à ce vers – issu de

 Ta forge) ton vers, puissant,
 Efflanqué, où la douleur élève
 Le sortilège de la rose
 Du rythme et de la mélodie.

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Vassily Kandinsky
Automne en Bavière (1908)
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Templo de Diana


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Templo de Diana
Temple de Diane


Os ombros das colunas respiram,
Finalmente puros,
Libertos de um céu
Que os séculos foram subindo.
Por vezes, entrevê-se no vento
O rosto outonal de Diana,
Que logo se eclipsa,
Surpreendido no banho de real,
Que logo se recolhe à lateralidade
Que caracteriza os deuses.
No chão, entre o pó,
Na posição de escombro,
Jaz o destino de todos os Impérios.

Les épaules des colonnes respirent,
Et s'épurent à la fin,
Libérées d'un ciel qui
Au fil des siècles s'est élevé.
Parfois dans le vent, on entrevoit
Le visage automnal de Diane,
Qui bientôt s'éclipse,
Surprise au bain royal,
Qui bientôt est rappelée à la latéralité
Qui caractérise les dieux.
Sur le sol, dans la poussière,
Gît, à l'état de décombres,
Le destin de tous les empereurs.

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Giovanni Battista Piranesi, dit Piranèse
Ruine de Paestum (gravure, 1778)
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A mulher de Lot


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A mulher de Lot
La femme de Loth


Enquanto desfias o rol de recriminações,
O pergaminho de culpas que enchem
A terra e o céu, que empestam o ar,
Cada palavra rasura-nos um pouco mais
E vais-te gradualmente convertendo
Numa estátua de sal,
Mas de costas voltadas para aquela que foi
A tua, a nossa cidade.
Foi aqui que os quadros de Botticelli,
Os versos d’ A Divina Comédia,
Se fizeram cúmplices crípticos
Para trocarmos olhares, segredos.
Mas, ao fim e ao cabo, não nos mostrámos
Talvez gratos o suficiente
Pela propalada oxitocina, pelo oxímoro
De um amor que mata e não morre.
E, agora, aqui estamos, como se a lua
Me espremesse sumo de limão nos olhos.
E tu te convertesses em sal
Às portas da cidade que abandonamos,
Empestada de culpa.
Tandis que tu déroules la liste des récriminations,
Le parchemin des fautes qui remplissent
La terre et le ciel, qui empestent l'air,
Chaque parole nous rassure un peu plus
Et tu vas progressivement te convertir
En statue de sel,
Mais le dos tourné à cela qui fut
Tien, notre ville.
C'est ici que les tableaux de Botticelli,
Les vers de La Divine Comédie,
Se firent complices cryptiques
Afin que nous échangions regards et secrets.
Mais, au bout du compte, nous ne nous sommes
Peut-être pas suffisamment montrés reconnaissants
Pour l'ocytocine répandue, pour l'oxymore
D'un amour qui tue et ne meurt pas.
Et, maintenant, nous y sommes, comme si la lune
Exprimait un jus de citron dans nos yeux.
Et que tu te convertissais en sel
Aux portes de la ville que nous avons abandonnée,
Empuantie par la faute.
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Sandro Botticelli (dessin pour la "Commedia" de Dante)
Dante et Béatrice au Paradis (1485-1490)
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The English Patient


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The English Patient
Le patient anglais


(Quase sextina)

Algures por ali seria a gruta
Que, irónica, escondia os nadadores,
As figuras absurdas no deserto.
Quem pintara a miragem destes corpos
Soubera como de água é a febre
E por isso seria azul a pele.

Mas que génio pintou sobre tal pele
Alterosa, nas pedras de uma gruta,
Talvez demonizado pela febre,
Estes seres, pristinos nadadores?
Qual foi o mar sabido destes corpos?
Que ondas mascararam o deserto?

Pouco importa o que já foi o deserto:
Agora é um refúgio, como a pele,
Para o sereno encontro de dois corpos —
Ainda que a mulher morra na gruta —,
Vogando, da penumbra nadadores,
Sem outra luz que a sua própria febre.

É assim que então se azula a febre —
Marinha freme a graça do deserto —
E revivem azuis os nadadores,
Já não de quaisquer águas, mas de pele.
Só não conhece vozes esta gruta,
Tardaram e abjuraram os dois corpos.

Como veneno, o amor fala dos corpos
Que um casulo vão tecendo de febre,
É amor o respirar frio da gruta.
Não importa que a vida no deserto
Se despenhe ou se extinga sob a pele
E a escuridão apague os nadadores.

O sol calcina a pele do deserto,
Mas subsiste na gruta o sal dos corpos,
Nadadores mercê de tanta febre.
(Presque un sixain)

Là-bas quelque part il y aurait, avec
Ironie, une grotte qui recèle des nageurs,
Figures absurdes dans le désert.
Quiconque peindrait le mirage de ces corps
Devrait savoir à quel point l'eau est la fièvre
Et que s'en déduit le bleu de la peau.

Mais quel génie peignit donc, sur telle peau
Houleuse, dans les pierres d'une grotte,
Diabolisé peut-être par la fièvre,
Ces êtres, ces antiques nageurs ?
Quelle mer fut connue de ces corps ?
Quelles vagues ont masqué le désert ?

Peu importe ce que fut autrefois le désert :
Maintenant, c'est un refuge, comme la peau,
Pour la rencontre sereine de deux corps —
Encore que la femme meurt dans la grotte —,
Voguant dans la pénombre des nageurs,
Sans autre lumière que sa propre fièvre.

C'est ainsi que la fièvre se met à bleuir —
Marine qui frémit à la grâce du désert —
Et revivent les nageurs azurés,
Non plus des eaux quelconques, mais de peau.
Elle n'a pas connu beaucoup de voix, cette grotte,
Elles ont tardé et abjuré les deux corps.

Comme le venin, l'amour parle des corps
Qui va tisser de fièvre un cocon,
L'amour est la froide respiration de la grotte.
Peu importe que la vie dans le désert
S'abime ou s'éteigne sous la peau
Et que l'obscurité efface les nageurs.

Le soleil calcine la peau du désert,
Mais subsiste dans la grotte le sel des corps,
Nageurs à la merci de tant de fièvre.
________________

Caverne des Nageurs (art rupestre)
Gilf Kebir (Egypte)
...

Falavam-te da morte...


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Falavam-te da morte...
Ils t'ont parlé de la mort...


Falavam-te da morte e vias os outros morrer,
Mas pensaste que a terra não teria força
Para apagar o viço da tua vida.
Nos teus poemas, a Espanha era sol
E era oliveiras e laranjas e manhãs morenas
E raparigas de risos rútilos.
Mas, depois, o sangue ancorou e ancorou no teu nome –
Foi o silêncio que entrou em ti
Na forma de um corpo caído.
É o teu nome que vela,
O nome ao qual ainda regressas,
Como se nunca tivesses morrido:
Cada vez que uma voz vibra
Um verso teu, entras
No teu nome jamais derramado.
Ils t'ont parlé de la mort et tu voyais les autres mourir,
Mais tu pensais que la terre n'aurait pas la force
D'effacer la vigueur de ta vie.
Dans tes poèmes, l'Espagne était soleil
Était olives, oranges et matins brunis
Et filles aux rires éclatants.
Mais le sang, depuis, s'est ancré s'est ancré en ton nom –
Le silence est entré en toi
Sous la forme d'un corps abattu.
C'est ton nom qui veille,
Ce nom auquel tu reviens toujours,
Comme si tu n'étais pas déjà mort :
Chaque fois que vibre une voix
en l'un de tes vers, tu entres
Dans ton nom, jamais répandu.
________________

Renato Guttuso
Exécution en campagne (1938)
...

Fernando Pessoa


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Fernando Pessoa
Fernando Pessoa


Da poesia, um templo alimentado
Pelos ritos do segredo,
Herdeiro das chamas de Elêusis.
Sepultados em ti, múltiplos cursos
E cada um dos teus nomes
Era uma forma de ausência,
E multiplicavas a tua solidão
Em solidões diversas.
Que nome dar-te então?
Talvez o de um deus
Recomeçado num homem.
E dos deuses, de que apenas conhecias
As sombras sobre os destinos,
Buscaste a exacta forma.
Buscaste a resposta para a eternidade
Sustentada em mínimas formas fugazes.
Aprendeste que volúvel é o desejo,
Que volátil é o tempo do homem,
Que mais alto que o verso
Enredado na escrita
É sempre o verso por escrever.
De la poésie, un temple nourri
Par les rites du secret,
Héritier des flammes d’Éleusis.
Enterrés en toi, aux cours multiples,
Chacun de tes noms
Était une forme d'absence,
Tu multipliais ta solitude
En différentes solitudes.
Quel nom te donner alors ?
Peut-être celui d'un dieu
Recommencé dans un homme.
Et des dieux, dont tu ne connaissais
Que les ombres sur leurs destinées,
Tu avais cherché la forme exacte.
Tu avais cherché la réponse à l'éternité
Soutenue par d'infimes formes fugaces.
Tu avais appris que le désir est inconstant,
Le temps de l'homme instable
Et que le vers qui va s'écrire
Est toujours plus haut
Que le vers enchevêtré dans l'écrit
________________

Anny Pelouze
L'expérience imprévue (2009)
...

Todos temos um Campos e um Caeiro


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Todos temos um Campos e um Caeiro
En nous tous un Campos et un Caeiro


Não sou simpático.
Nunca fui simpático.
Não sei ser simpático.
Por isso, não me peçam para ser simpático.
Nunca menti: não sei ser simpático
Por isso, nunca fui simpático.
E a minha simpatia é essa:
Não ter simpatia nenhuma.
Je ne suis pas sympathique.
Jamais je ne fus sympathique.
Je ne sais pas être sympathique.
Aussi ne me demandez pas d'être sympathique.
Je ne mens jamais : je ne saurais être sympathique
Et donc je n'ai jamais été sympathique.
Ma seule sympathie se résume à
N'avoir de sympathie aucune.
________________

António Costa Pinheiro
Hétéronyme (1978)
...

Que sei eu do passado?


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Que sei eu do passado?
Que sais-je du passé ?


 Envelheci eu sei
 e só ganhei o que perdi.
 Ruy Belo

Que sei eu do passado?
Só o que em mim há de presente.
Não posso olhar para trás,
Parar para ver que estou construido
Sobre tudo o que perdi,
Parar para ver quem morreu,
Quem amei, quem foi,
Parar para traçar na memória
Todos esses nomes, agora irreais,
Vultos, sombras líquidas, sonhadas.
Não parar sequer para dizer hoje,
Não parar sequer para pensar
Que a manhã é apenas mais um sol-posto.
 J'ai vieilli je sais
 et je n'ai gagné que ce que j'ai perdu
 Ruy Belo

Que sais-je du passé ?
Rien que ce qui est présent en moi.
Je ne peux regarder en arrière,
Arrêter de voir que je me suis construit
Autour de tout ce que j'ai perdu,
Arrêter de voir qui est mort,
Qui j'ai aimé, qui fut là,
Arrêter de retracer dans ma mémoire
Tous ces noms, maintenant irréels,
Visages, ombres liquides, ou rêvées.
Pas même arrêter de dire aujourd'hui,
Ni même arrêter de penser
Que le matin est tout au plus un coucher de soleil.
________________

Ernest Pignon-Ernest
David avec les têtes de Goliath et de Pasolini (1988)
...

Perdoa-nos, Alexandre...


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Perdoa-nos, Alexandre...
Pardonne-nous, Alexandre...


 A Alexandre O’Neill

Perdoa-nos, Alexandre, a nós,
Poetazinhos por metáfora,
Rói-unhas, sempre agarrados à vida
A ver se a esticamos um bocadinho mais;
Que fazemos da poesia destilaria,
Não para a dar a todos,
Mas para nos emborracharmos de solidão,
Construirmos o nosso quadradinho iluminado,
Para que os nocturnos nos invejem
E leiam os nossos versinhos e nos agradeçam em bronze –
O da memória só não chega.

Perdoa-nos, Alexandre,
Que não soubemos ser teus herdeiros,
A rir, quando, na verdade, choramos,
A olhar para o espelho e a colar o reflexo em quem somos
E não fazer operações plásticas no pensar e sentir.

Perdoa-nos, Alexandre, a nós,
Poetazecos do beco seco,
Que não sabemos que há dois lados numa linha:
O de cá, que é onde apodrecemos,
A linha que proíbe que passemos
E o lado de lá que nos obriga a passar,
Onde o reino não é de rei nenhum.
Perdoa-nos, Alexandre, a nós
Que não sabemos
Não ousamos chegar ao outro lado,
Chegar ao teu lado,
Real O´Neill,
Onírico O´Neill
Completo O´Neill
Poeta O`Neill
E, ah, português O´Neill
(Ironia até ao fim!)
 À Alexandre O'Neill

Pardonne-nous, Alexandre, à nous,
Poétereaux par métaphore,
Rognes-d'ongles, toujours accrochés à la vie
À essayer d'obtenir une bouchée de plus ;
Nous qui faisons une poésie de distillerie,
Non pour la donner à tous,
Mais pour nous bourrer la gueule de solitude,
Nous construisons notre chambrette illuminée,
Pour que les noctambules nous envient
Et lisent notre rimaille et nous remercient de bronze –
La merci de mémoire ne suffit pas.

Pardonne-nous, Alexandre,
Si nous ne savons pas être tes héritiers,
À rire alors qu'en vérité, nous pleurons,
À regarder dans le miroir et à adhérer au reflet de nous-mêmes
Et ne pas faire d'opérations plastiques sur le penser et le sentir.

Pardonne-nous, Alexandre, à nous,
Poétaillons de basse-cour,
Qui ne savons pas qu'il y a deux côtés à une ligne :
Celui d'ici, où nous pourrissons,
La ligne qui nous interdit de passer
Et ce côté-là qui nous oblige à passer,
Où le royaume n'est d'aucun roi.
Pardonne-nous, Alexandre, à nous
Qui ne savons pas
Qui n'osons pas atteindre à l'autre côté,
Arriver à tes côtés,
Royal O'Neill,
Onirique O'Neill
Parfait O'Neill
Poète O'Neill
Ah, et portugais O'Neill
(Ironique jusqu'à la fin !)
________________

Statue d'Alexandre O'Neill
Parc des Poètes - Oeiras (Portugal)
...

Sorrisos para Mona Lisa


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Sorrisos para Mona Lisa
Sourires pour Mona Lisa


I
O sorriso insondável
Revelação sem evidência,
Se uma mulher feliz,
Se traída, se melancólica,
Se jubilante, se terna –
Nunca com tal intensidade
Um sorriso foi tão pouco:
Um sorriso para que nunca saibam
Quem fui, quem sou.

II
Sorrio-me talvez para vós,
Que me mirais
E estais mortos.

III
Atraiçoei a minha linhagem,
Entreguei-me nos braços de um amante vil –
Este estar aqui –
Por ódio, por ódio;
De ódio é este sorriso
E os olhos semicerrados.

IV
Ou a fadiga
De que nunca sabereis,
Convencional esposa
E mãe e trapo,
Por sorriso só esta fadiga
De que nunca sabereis.

V
Nada entreabre de mim
O sorriso que nem é meu,
Mas uma gentileza do pintor.

VI
E eu saberei
Tudo de vós,
Por isso sorrio.

I
Ce sourire inexplicable
D'une révélation sans preuve,
Est-il d'une femme heureuse
Ou trahie, si mélancolique,
Si joyeuse, si tendre –
Jamais avec une telle intensité
Un sourire ne fut si léger :
Un sourire pour que jamais l'on ne sache
Qui je fus, qui je suis.

II
Je souris peut-être pour vous,
Qui me regardez
Vous, qui êtes morts.

III
J'ai trahi ma lignée,
Je me suis offerte à un amant infâme –
Cet être que voici –
Emplie de haine, de haine ;
Il est de haine ce sourire
Et mes yeux se referment à demi.

IV
Ou d'une fatigue
Que vous ne connaitrez jamais,
Mariée conventionnelle
Et mère et chiffons,
Dans ce sourire il n'y a qu'une fatigue
Que vous ne connaitrez jamais,

V
Rien qui s'ouvre en mon être
D'un sourire qui n'est pas à moi,
Mais de l'humanité du peintre.

VI
Et je saurai
Tout de vous,
Aussi je souris.

________________

Léonard de Vinci
Le sourire de la Joconde (1503-1506)
...

É ainda litoral a fantasia...


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É ainda litoral a fantasia...
L'imaginaire est encore littoral ...


 Mudamos de heróis
 Ruy Belo

É ainda litoral a fantasia
E o sonho é costume de estar vivo
De ter os olhos abertos
Sentimos esta chama de nós contra nós
Que bom seria sermos outros
Nas alheias bocas o nosso nome desferido
Na sanguínea rosa de herói

Somos jovens crescemos em nós
E já lançamos de nós as raízes
Do desejo de sermos heróis
De invejarmos os heróis
Desde crianças o sonho dos heróis
Figura colorida
Musculada coragem
Assombro inteligente
Heróis
Nunca pacificados dentro de nós
Nunca conseguimos pentear o ser
Com uma calma e burguesa risca-ao-meio
Depois vai-se tornando frígida a fantasia
Em nós decresce o esplendor da admiração
Pelos heróis de sonho
São outros agora “mudamos de heróis”
É o poderoso magnate
O empresário(a) de sucesso
Invejamos as mãos que conhecem
O lauto sabor da fortuna
São estes os heróis que desejaríamos
Vivessem em nós
“Mudamos de heróis”
Continuando sempre a querer ser
Outros.

 Nous changeons de héros
 Ruy Belo

L'imaginaire est encore littoral
Et le rêve une manière d'être en vie
D'avoir les yeux ouverts
Nous sentons cette flamme de nous contre nous
Comme il serait bon que nous soyons autres
Dans les bouches étrangères que notre nom résonne
Parmi les roses sanglantes du héros

Étant jeunes grandissaient en nous
Et s'élançaient déjà de nous les racines
Du désir d'être des héros
De porter l'envie des héros
Le rêve depuis l'enfance des héros
Figure colorée
Courage musclé
Miraculeuse intelligence
Les héros
Jamais ne se sont pacifiés en nous
Jamais nous n'avons pu coiffer l'être
D'une raie-au-milieu calme et bourgeoise
Puis l'imaginaire est devenu glacial
La splendeur de l'admiration pour les héros
Du rêve a décru en nous
Ils sont autres maintenant « nous changeons de héros »
C'est un puissant magnat
Des entrepreneur(e)s à succès
Nous envions les mains qui connaissent
Le bon-plaisir de la fortune
Tels sont les héros que nous souhaiterions
Voir vivre en nous
Ainsi « nous changeons de héros »
Continuant à vouloir être toujours
Autres.

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Max Ernst
Ubu Imperator (1923)
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