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Enciclopédia
Encyclopédie


Hácate ou Hécata, em gr. Hekáté. Mit. gr.
Divindade lunar e marinha, de tríplice
forma (muitas vezes com três cabeças e
três corpos). Era uma deusa órfica,
parece que originária da Trácia. Enviava
aos homens os terrores noturnos, os fantasmas
e os espectros. Os romanos a veneravam

como deusa da magia infernal.

Hécate ou Hecata, en gr. Hekátê. Mit. gr.
Divinité lunaire et marine, au triple
aspect (très souvent avec trois têtes et
trois corps). Déesse orphique, elle
semble être originaire de Thrace. Envoyant
aux hommes leurs terreurs nocturnes, fantômes
et spectres. Les romains la vénérèrent

comme une déesse de la magie infernale.

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Triple Hécate
Empire romain env. III sec
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Arpejos


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Arpejos
Arpèges


1
Acordei com coceira no hímen. No bidê com espelhinho examinei o local. Não surpreendi indícios de moléstia. Meus olhos leigos na certa não percebem que um rouge a mais tem significado a mais. Passei pomada branca até que a pele (rugosa e murcha) ficasse brilhante. Com essa murcharam igualmente meus projetos de ir de bicicleta à ponta do Arpoador. O selim poderia reavivar a irritação. Em vez decidi me dedicar à leitura.

1
Je me suis réveillée avec un hymen qui me démangeait. Sur le bidet, j'ai examiné avec un miroir l'endroit. Je n'ai trouvé aucun signe de blessures. Mes yeux profane ne remarquent certainement pas qu'une plaque rouge de trop signifie trop. Aussi ai-je appliqué de la pommade blanche jusqu'à ce que la peau (rugueuse et flétrie) devienne brillante. Également fané mes projets de me rendre à bicyclette à Pointe de l'Harponneur. La selle aurait pu raviver l'irritation. J'ai décidé de me consacrer plutôt à la lecture.

2
Ontem na recepção virei inadvertidamente a cabeça contra o beijo de saudação de Antônia. Senti na nuca o bafo seco do susto. Não havia como desfazer o engano. Sorrimos o resto da noite. Falo o tempo todo em mim. Não deixo Antônia abrir sua boca de lagarta beijando para sempre o ar. Na saída nos beijamos de acordo, dos dois lados. Aguardo crise aguda de remorsos.

2
Hier, à la réception, j'ai par inadvertance tourné la tête devant le baiser de salutation d'Antonia. J'ai senti une haleine sèche de frayeur sur ma nuque. Mais le mal était fait. Nous nous sommes souries le reste de la soirée. Je parle tout le temps de moi. Je ne peux pas laisser Antonia ouvrir sa bouche de chenille embrassant l'air pour toujours. En sortant, nous nous embrassons en signe d'accord, des deux côtés. J'attends une crise aiguë de remords.

3
A crise parece controlada. Passo o dia a recordar o gesto involuntário. Represento a cena ao espelho.Viro o rosto à minha própria imagem sequiosa. Depois me volto, procuro nos olhos dela signos de decepção. Mas Antônia continuaria inexorável. Saio depois de tantos ensaios. O movimento das rodas me desanuvia os tendões duros. Os navios me iluminam. Pedalo de maneira insensata.

3
La crise semble maîtrisée. Je passe la journée à me remémorer ce geste involontaire. Je rejoue la scène dans le miroir, tournant mon visage vers ma propre image assoiffée. Puis je me retourne, cherchant des signes de déception dans ses yeux. Mais Antonia reste inexorable. Je repars après tant d'essais. Le mouvement des roues dénoue la raideur de mes tendons. Les vaisseaux m'illuminent. Je pédale de manière insensée.
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Jade Fenu, Hamlet, 2019
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A diferença que há...


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A diferença que há...
La différence qu'il y a...


A diferença que há entre os estudiosos e os poetas
è que aqueles passam a vida inteira com o nariz num
 assunto
a ver se conseguem decifrá-lo, e estes
abrem o livro, lêem três páginas, farejam as restantes
(nem sequer todas) e sabem logo do assunto
o que os outros não conseguiram saber. Por isso é que
os estudiosos têm raiva dos poetas,
capazes de ler tudo sem ter lido nada
(e eles não leram nada tendo lido tudo).
O mal está em haver poetas que abusam do
 analfabetismo,

e desacreditam a gaya Scienza.

La différence qu'il y a entre les érudits et les poètes
est que les uns passent leur vie entière le nez
  plongé dans l'étude
d'un sujet pour essayer de le déchiffrer, et les autres
ouvrent le livre, lisent trois pages, flairent le reste
(pas tous) et connaissent aussitôt le sujet
que les premiers n'ont pas réussi à connaitre. C'est pourquoi
les érudits sont enragés contre les poètes,
capables de lire tout sans avoir rien lu
(et eux n'ont rien lu en lisant tout).
Le problème est qu'il y a des poètes qui abusent
  de l'analphabétisme,

et décrédibilisent la gaya Scienza.

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Jan Vermeer
L'astronome (1688)
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Ray Charles


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Ray Charles
Ray Charles


Cego e negro, quem mais americano?
Com drogas, mulheres e pederastas,
a esposa e os filhos, rouco e gutural
canta em grasnidos suaves pelo mundo
a doce escravidão do dólar e da vida.
Na voz, há o sangue de presidentes assassinados,
as bofetadas e o chicote, os desembarques
de «marines» na China ou no Caribe, a Aliança
para o Progresso da Coreia e do Viet-Nam,
e o plasma sanguíneo com etiquetas de black e white
por causa das confusões.
E há as Filhas da Liberdade, todas virgens e córneas,
de lunetas. E o assalto ao México e às Filipinas,
e a música do povo eleito por Jeová e por Calvino
para instituir o Fundo Monetário dos bancos e dos louros,
a cadeira eléctrica, e a câmara de gás. Será que ele sabe?
Os corais melosos e castrados titirilam contracantos
ao canto que ele canta em sábias agonias
aprendidas pelos avós ao peso do algodão.
É cego como todos os que cegaram nas notícias da
 United Press,
nos programas de televisão, nos filmes de Holywood,
nos discursos dos políticos cheirando a Aqua Velva e
 a petróleo,
nos relatórios das comissões parlamentares de inquérito,
e da CIA, do FBI, ou da polícia de Dallas.
E é negro por fora como isso por dentro.
Cego negro, uivando ricamente
(enquanto as cidades ardem e os «snipers» crepitam)
sob a chuva de dólares e drogas
as dores da vida ao som da bateria,
quem mais americano?

Aveugle et noir, quoi de plus américain ?
Avec drogues, femmes et pédérastes,
son épouse et ses enfants, il chante, rauque
et guttural, en suaves jacasseries de par le monde
le mol esclavage du dollar et de la vie.
Dans sa voix, il y a le sang des présidents assassinés,
les rebuffades et le fouet, les débarquements
des « marines » en Chine ou dans les Caraïbes, l'Alliance
pour le Progrès de la Corée et du Vietnam,
et le plasma sanguin avec des étiquettes "black & white"
en raison des confusions.
Et il y a les Filles de la Liberté, toutes vierges, et fermes,
à lunettes. Et l'assaut contre le Mexique et les Philippines,
et la musique du peuple élu par Jéhovah et Calvin
pour créer le Fonds monétaire des banques et des lauriers,
la chaise électrique et la chambre à gaz. Savait-il cela ?
Les chœurs mielleux et castrés distillent des contrechants
au chant qu'il chante en de sages agonies
apprises par ses aïeux sous le poids du coton.
Il est aveugle comme tous ceux qui se laissent aveuglés par
 les nouvelles de l'United Press,
des émissions de télévision, des films Holywood,
par les discours d'hommes politiques qui sentent l'Aqua
 Velva et l'huile,
par les rapports des commissions d'enquête parlementaires,
et la CIA, le FBI ou la police de Dallas.
Et il est aussi noir à l'extérieur qu'à l'intérieur.
Aveugle noir, hurlant richement
(tandis que les villes brûlent et que les « snipers » crépitent)
sous une pluie de dollars et de drogues
les souffrances de la vie au son des tambours,
lequel est le plus américain ?

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Marco Zeno
Ray Charles (Montreux, 2013)
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Passamos pelas ruas...


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Passamos pelas ruas...
Nous passons par les ruelles...


Passamos pelas ruas sorumbáticas
Dos meus anos de estudante,
Residências e cafés cuja solidão
Procuramos não perturbar com a nossa,
Embora caminhemos juntos,
Embora saibas que te amo,
Embora não te possa estender a mão.
Tanta coisa aconteceu aqui
Taciturnamente, episódios
Mal iluminados por lampiões públicos,
Mas, mesmo nessa penumbra,
Os seus contornos, conheço-os de cor,
Reconstituo-os de memória,
Ainda assim, aqui, entre nós,
Eu não seja capaz sequer de dizer
O que é que não nos aconteceu.
[E do que nos aconteceu,
Não se encontrara caixa negra.]

Nous passons par les ruelles rembrunies
De mes années d'études,
Résidences et cafés de solitude
Que nous essayons de ne pas troubler avec la nôtre,
Bien que nous marchions ensemble,
Bien que tu saches que je t'aime,
Bien que je ne puisse pas te tendre la main.
Tant de choses se sont passées ici
Épisodes à l'âme taciturne,
Mal éclairés par les lanternes publiques,
Mais, dans cette obscurité même,
Leurs contours, je les connais par cœur,
Et les reconstitue de mémoire,
Nonobstant, ici, entre nous,
Je ne suis même pas capable de dire
Ce qui n'est pas arrivé jusqu'à nous.
[Et de ce qui nous est advenu,
Aucune boîte noire n'a été retrouvée.]

________________

Gérard Jouannet
Rue 4 (2020)
...

Marido e mulher


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Marido e mulher
Mari et femme


Sofriam terrivelmente. Porque
o comboio dele chegava
quando o dela partia.

Compraram um manual na livraria,
mandaram vir pelo correio uma almofada especial
(cujo atraente anúncio recebiam quase todos os dias
 pelo correio)
leram com cuidado as instruções,
estudaram com aplicação os esquemas do livro,
e, quando se ensaiavam,
na discreta penumbra do quarto respectivo,
a sogra — que embirrava com ele —
abriu de repente a porta,
deu um grito, correu
ao telefone e chamou a polícia.

A polícia veio, levou-o. Foi julgado
e condenado a dois anos de tratamento num instituto
 psiquiátrico
por atentar, vicioso,
contra a virtude da esposa.

Ils ont terriblement souffert. Parce
qu'il était arrivé par le train
alors qu'elle en partait.

Ils ont acheté un manuel à la librairie,
ils ont fait venir par la poste un oreiller spécial
(dont ils recevaient l'attrayante publicité presque
 tous les jours par la poste)
Ils ont lu attentivement les instructions,
étudié avec application les schémas du livre,
et, pendant qu'ils répétaient,
dans la pénombre discrète de leur chambre,
sa belle-mère — furieuse contre lui —
a ouvert soudain la porte,
a poussé un cri, couru
au téléphone et appelé la police.

La police est venue et l'a emmené. Il a été jugé
et condamné à deux ans de traitement dans un institut
 psychiatrique
pour avoir attenté, par vice,
à la vertu de sa femme.

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Edward Hopper
L'été en ville (1950)
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Cidadão


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Cidadão
Citoyen


O emigrante chegou.
Trabalhou alguns anos:
o tempo de esquecer o aperto dos primeiros sapatos
(calçados para a viagem)
o tempo de não lembrar-se das cidades do seu país
(que nunca vira).

Tem automóvel, televisão a cores, conta no banco.
Passado o tempo regulamentar,
deu prova da sua assimilação,
naturalizou-se, e logo passou a ler com indignação
 patriótica
os folhetos da John Birch Society
e dá cinco dólares por més para as despesas
da próxima campanha eleitoral de George Wallace.

L'émigrant est arrivé.
Il a travaillé quelques années :
le temps d'oublier l'étroitesse de ses chaussures
(mises pour le voyage)
le temps de ne plus se souvenir des villes de son pays
(qu'il n'a jamais vu).

Il a voiture, télévision-couleur et compte en banque.
Passé le temps réglementaire,
il donne les preuves de son assimilation,
naturalisé, il commence à lire avec une indignation
 patriotique
les pamphlets de la John Birch Society...
et contribue avec cinq dollars par mois aux dépenses
de la prochaine campagne électorale de George Wallace.

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Katherine Roundtree
Together We Give Thank (2014)
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Conheço o sal...


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Conheço o sal...
Je connais le sel...


Conheço o sal da tua pele seca
depois que o estio se volveu inverno
da carne repousando em suor nocturno.

Conheço o sal do leite que bebemos
quando das bocas se estreitavam lábios
e o coração no sexo palpitava.

Conheço o sal dos teus cabelos negros
ou louros ou cinzentos que se enrolam
neste dormir de brilhos azulados.

Conheço o sal que resta em minha mãos
como nas praias o perfume fica
quando a maré desceu e se retrai.

Conheço o sal da tua boca, o sal
da tua língua, o sal de teus mamilos,
e o da cintura se encurvando de ancas.

A todo o sal conheço que é só teu,
ou é de mim em ti, ou é de ti em mim,
um cristalino pó de amantes enlaçados.

Je connais le sel de ta peau sèche
après que l'été soit devenu hiver
de la chair reposée des sueurs nocturnes.

Je connais le sel du lait que nous buvions
lorsque se joignaient les lèvres de nos bouches
et que le cœur de notre sexe palpitait.

Je connais le sel de tes cheveux noirs
ou blonds ou cendrés qui se délacent
en cet endormissement d'éclats bleutés.

Je connais le sel qui reste entre mes mains
comme sur les plages le parfum qui demeure
quand la marée est descendue et se retire.

Je connais le sel de ta bouche, le sel
de ta langue, le sel de tes mamelons,
et celui de la taille incurvée de tes hanches.

Tout le sel que je connais n'appartient qu'à toi,
ou est le mien en toi, ou est le tien en moi,
une poussière cristalline d'amants enlacés.

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Egon Schiele
Femme assise (1913)
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Ser um grande poeta


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Ser um grande poeta
Être un grand poète


Ser um grande poeta
morto e nacional
é atrair as moscas
como idiotas e
os idiotas como
moscas.

Ser um poeta medíocre
vivo e universal
é atrair os catedráticos
de literatura como
idiotas e moscas.

Ser um poeta apenas
nem vivo nem morto
ou nacional ou universal
é atrair apenas os poetas
como moscas idiotas.

Moralidade: não há saída.

Être un grand poète
mort et national
c'est appâter les mouches
comme des idiotes et
les idiotes comme
des mouches.

Être un poète médiocre
vivant et universel
c'est appâter les professeurs
de littérature comme
les idiotes et les mouches

N'être qu'un poète
ni vivant ni mort
ou national ou universel
c'est appâter les poètes comme
des mouches idiotes.

Moralité : Il n'y a pas d'issue.

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Nicolas Poussin
Apollon et les Muses (1630)
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Restos Mortais


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Restos Mortais
Restes mortels


O que de nós mais dura: só esqueleto
que nos fez ósseos mais do que moluscos.
O resto acaba tudo: quanto foi sentidos,
vontade, amor, inteligência, carne,
e sobretudo sexo, o sexo acaba
e se desfaz na mesma pasta informe
e fim de tudo que não é só ossos,
apenas os detritos da armação mecânica
de que se pendurou por algum tempo,
em sangue e carne, o porque somos vida.
E aquilo com que a vida se gozou
ou por acaso vidas foram feitas,
acaba como o mais – e os ossos ficam,
dos deuses esburgados. Porque os deuses temem
que sobreviva o sexo em de que morrem
na liberdade de existir-se nele.

Ce qui de nous perdure n'est que squelette
nous fait plus riche d'os que mollusques.
Tout le reste disparait : ce qui fut sens,
volonté, amour, intelligence, chair,
et surtout sexe, le sexe disparait
et se défait dans la même pâte informe
et fin de tout qui n'est plus que des os,
vagues détritus de l'armature mécanique
à laquelle on s'accroche quelques temps,
avec sang et chair, qui nous rendent vivants.
Et tout cela, par lesquels la vie peut jouir
ou par hasard générer d'autres vies,
tout au plus va finir – et les os vont rester,
décharnés par les dieux. Car ils redoutent les dieux
que le sexe en lequel ils meurent ne survive
dans la liberté qu'on a d'exister en lui.

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Bernt Notke
Danse macabre (XV sec.)
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Noções de Linguística


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Noções de Linguística
Notions de linguistique


Ouço os meus filhos a falar inglês
entre eles. Não os mais pequenos só
mas os maiores também e conversando
com os mais pequenos. Não nasceram cá,
todos cresceram tendo nos ouvidos
o português. Mas em inglês conversam,
não apenas serão americanos: dissolveram-se,
dissolvem-se num mar que não é deles.
Venham falar-me dos mistérios da poesia,
das tradições de uma linguagem, de uma raça,
daquilo que se não diz com menos que a experiência
de um povo e de uma língua. Bestas.
As línguas, que duram séculos e mesmo sobrevivem
esquecidas noutras, morrem todos os dias
na gaguez daqueles que as herdaram:
e são tão imortais que meia dúzia de anos
as suprime da boca dissolvida
ao peso de outra raça, outra cultura.
Tão metafísicas, tão intraduzíveis,
que se derretem assim, não nos altos céus,
mas na caca quotidiana de outras.

J'écoute mes enfants qui parlent anglais
entre eux. Pas seulement les petits
mais aussi les plus âgés parlant
avec les petits. Ils ne sont pas nés ici, tous
ont grandi en nous entendant parler
portugais. Mais entre eux ils parlent anglais,
non seulement ils seront américains : ils se dissoudront,
dissous dans une mer qui n'est pas la leur.
On vient me parler des mystères de la poésie,
des traditions d'une langue, d'une race,
de ce qui ne peut être dit sans l'expérience
d'un peuple et d'une langue. Bêtises.
Les langues, qui durent des siècles et survivent même
oubliés des autres, meurent tous les jours
dans le bégaiement de ceux qui en héritent :
et sont si immortelles qu'une demi-douzaine d'années
suffit à les supprimer de la bouche, dissoutes
sous le poids d'une autre race, d'une autre culture.
Si métaphysiques, si intraduisibles,
qu'elles vont se fondre ainsi, non dans les cieux,
mais dans le caca quotidien des autres.

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Giorgio Milani
Babel (2007)
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Uma Sepultura em Londres


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Uma Sepultura em Londres
Une sépulture à Londres


No frio e no nevoeiro de Londres,
numa daquelas casas que são todas iguais,
debruça-se sobre todas as dores do mundo,
desde que no mundo houve escravos.
As dores são iguais como aquelas casas
modestas, de tijolo, fumegando sombrias, solitárias.
Os escravos são todos iguais também:
De Ramsés II, de Cleópatra, dos imperadores Tai-Ping
De Assurbanípal, do Rei David, do infante
D. Henrique, dos Sartoris de Memphis, dos
civilizados barões do imperador D. Pedro II.
Ou das «potteries», ou da Silésia, de África,
da Rússia. (E o coronel Lawrence da Arábia
chegou mesmo a filosofar sobre a liberdade moral
dos jovens escravos com quem dormia.)
No frio inenarrável das eras e das gerações de
 escravos,
que nenhuma lareira aquece no seu coração,
escreve artigos, panfletos, lê interminavelmente,
e toma notas, historiando infatigavelmente
até à morte. Mas o coração, esmagado
pelo amor e pelos números, pelas censuras
e as perseguições, arde, arde luminoso
até à morte. – Eu quero ver publicadas
as suas obras completas – diz-lhe o discípulo.
– Também eu – responde. E, olhando as montanhas
de papéis, as notas e os manuscritos, acrescenta com
esperança e amargura – Mas é preciso
escrevê-las primeiro -.
Como têm sido escritas e rescritas! Como
não têm sido lidas. Mas importa pouco.
Naquela noite – creiam – a neve inteira
derreteu em Londres. E houve mesmo
um imperador que morreu afogado
em neve derretida. Os imperadores, em geral,
libertam os escravos, para que eles fiquem mais baratos,
e possam ser alugados sem responsabilidade alguma.
O coronel Lawrence (como anotámos acima), com os
 seus jovens escravos,
também tinha um contrato de trabalho. Mais tarde,
criou-se mesmo a previdência social.
No frio e no nevoeiro de Londres, há, porém,
um lugar tão espesso, tão espesso,
que é impossível atravessá-lo, mesmo sendo
o vento que derrete a neve. Um lugar
ardente, porque todos os escravos, desde sempre todos
aqueles cuja poeira se perdeu – ó Spártacus –
lá se concentram invisíveis mas compactos,
um bastião do amor que nunca foi traído,
porque não há como desistir de compreender o
mundo. Os escravos sabem que só podem
transformá-lo.
Que mais precisamos de saber?

Dans le froid et le brouillard de Londres,
dans une de ces maisons qui sont toutes pareilles,
il se penche sur toutes les douleurs du monde,
depuis que dans le monde il y a des esclaves.
Les chagrins sont les mêmes que ceux des maisons
modestes, en briques, fumant dans l'ombre, solitaires.
Tous les esclaves sont aussi les mêmes :
De Ramsès II, de Cléopâtre, des empereurs de TaiPing.
D'Assourbanipal, du roi David, de l'infant
D. Henrique, des Sartoris de Memphis, des
barons civilisés de l'empereur D. Pedro II.
Ou des « potteries », ou de la Silésie, de l'Afrique,
de la Russie. (Et le colonel Lawrence d'Arabie
arrive même à philosopher sur la liberté morale
des jeunes esclaves avec lesquels il couche).
Dans le froid indicible des âges et des générations
  d'esclaves,
où nul feu ne vient réchauffer son cœur,
il écrit des articles, des pamphlets, lit sans cesse,
et prend des notes, historiant infatigablement
jusqu'à sa mort. Mais le cœur, écrasé
par l'amour et les chiffres, par la censure
et les persécutions, brûle, brûle brillamment
jusqu'à sa mort. – Je veux voir la publication
de ses œuvres complètes, lui dit son disciple.
– Moi aussi, répondit-il. Et, regardant les montagnes
de papiers, les notes et les manuscrits, son espoir
et l'amertume grandissait : « Mais il faut d'abord
les écrire –.
Comme ils furent écrits et réécrits ! Car
ils n'ont pas été lus. Mais peu importe.
Cette nuit-là - croyez-moi - toute la neige
a fondu sur Londres. Et il y a même
un empereur qui est mort noyé
dans cette neige fondue. Les empereurs, en général,
libèrent leurs esclaves, afin qu'ils coutent moins chers,
et puissent être loués sans plus la moindre responsabilité.
Le colonel Lawrence (comme nous l'avons noté plus haut),
 avec ses jeunes esclaves,
avait signé aussi un contrat de travail. Et même,
plus tard, a été créé la sécurité sociale.
Dans le froid et le brouillard de Londres, il existe
cependant un endroit épais, très épais,
qu'il est impossible de traverser, même si
le vent y fait fondre la neige. Un endroit
brûlant, parce que tous les esclaves, de tous les temps,
ceux dont la poussière s'est perdue - O Spartacus -
là se concentrent, invisibles mais compacts,
un bastion de l'amour qui jamais ne fut trahi,
parce qu'il n'est pas possible de renoncer à comprendre le
monde. Les esclaves savent qu'ils ne peuvent pas
le transformer.
Que devons-nous savoir de plus ?

________________

Laurence Bradshaw
Tombe de Karl Marx (Londres) (1956)
...

Pavloviana ou os reflexos condicionados


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Pavloviana ou os reflexos condicionados
Pavloviana ou les réflexes conditionnés


Parqueavam o carro à porta dela,
e durante mais de uma hora,
rolavam-se e rebolavam-se lá dentro.
 
Depois, saciados, fechavam o carro
e entravam em casa (para lavar-se e dormir).
 
(Na verdade, a casa não era dela,
mas de ambos: Moravam lá,
até eram casados).

Ils ont garé la voiture devant sa porte,
et pendant plus d'une heure,
ils se sont enroulés et désenroulés là-dedans.

Puis, rassasiés, ils ont fermé la voiture.
et sont entrés dans la maison (pour se laver et dormir).

(En fait, la maison n'était pas la sienne,
mais à eux deux : ils vivaient là,
et même, ils étaient mariés).

________________

Robert Bechtle
58 Rambler (1967)
...

La dame à la licorne


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La dame à la licorne
La dame à la licorne


Dona Semifofa erguendo o dedo
mindinho arqueado em asa sobre a asa da
chávena (ou xícara) disse: –
– Eu sempre soube que poetas não
são gente em quem confie uma senhora –
e num sorvinho delicado rematou
a mágoa de cinquenta primaveras.
O licorne, num doce balançar do chifre esguio,
gravemente assentiu,
um pouco perturbado
pela insistência obnóxia e recatada
com que a discreta dama confundia,
ou mais que a dama os olhos vagos dela,
o chifre legendário e o metafórico
que de entre as pernas longo lhe descia
ou já de perturbado não pendia.

Torcendo as ancas disfarçadamente
para encobrir das vistas semifofas
essa homenagem à inocência delas
(como o cavalheiro que pousando a mão
assim se esconde em pudicícia o quanto
não esconda muito mais que a discrição obriga),
D. Gil cofiou a capriforme pêra
e de soslaio viu que Dona Semifofa
do branco em ferro assento resvalava
para a verdura em que as florinhas eram
de cores variegadas, salpicantes.
D. Gil era o licorne, e disse com voz cava:
– Mas eu também, minha senhora, nunca
acreditei que de confiança eles fossem.
Se acreditasse, como não teria
a mágoa imensa de não ser centauro? –

No chão, erguendo as pernas, Semifofa uivou:
– Centauro, para quê? Não há centauros.
Licornes, sim, D. Gil, vinde a meus braços.

Dame Semifofa levant son petit
doigt arqué en aile au-dessus de l'anse
de la tasse de café (ou de thé) dit : –
– J'ai toujours su que les poètes ne sont pas
gens à qui une dame peut faire confiance –
et elle paracheva d'une petite gorgée délicate
le chagrin de cinquante printemps.
La licorne, en un doux balancement de corne effilée
gravement acquiesça,
un peu perturbée
par l'insistance odieuse et circonspecte
avec laquelle la dame discrète confondait,
ou plus que la dame, le regard vague de celle-ci,
la corne légendaire avec celle, métaphorique
qui entre ses jambes longuement descendait
ou déjà dans tous ses états ne pendait plus.

En se tordant les hanches à la dérobée
pour dissimuler des vues semifofiennes
cet hommage à leur innocence
(comme le cavalier qui, posant ainsi sa main,
se dissimule par pudeur, sans cacher
beaucoup plus que ce à quoi l'oblige la discrétion),
D. Gil caressait sa poire capriforme
et, de guingois, vit que Dame Semifofa
de son siège en fer blanc dérapait
dans la verdure où les fleurettes étaient
mouchetées de couleurs bigarrées.
D.Gil était la licorne, et dit d'une voix grave :
– Mais moi aussi, madame, je n'ai jamais
cru qu'ils fussent dignes de confiance.
Si je l'avais cru, comment n'aurais-je pas eu
l'immense chagrin de ne pas être un centaure ? –

Sur le sol, levant ses jambes, Semifofa hurla :
– Centaure, pour quoi faire ? Il n'y a pas de centaures.
Des licornes, oui. D. Gil, venez dans mes bras.

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La dame à la licorne (tapisserie)
Cluny, Musée National du Moyen-âge
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Em Creta, com o Minotauro


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Jorge de Sena »»
 
Peregrinatio ad loca infecta (1969) »»
 
Italien »»
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Em Creta, com o Minotauro
En Crête, avec le Minotaure


I
Nascido em Portugal, de pais portugueses,
e pai de brasileiros no Brasil,
serei talvez norte-americano quando lá estiver.
Coleccionarei nacionalidades como camisas se despem,
se usam e se deitam fora, com todo o respeito
necessário à roupa que se veste e que prestou serviço.
Eu sou eu mesmo a minha pátria. A pátria
de que escrevo é a língua em que por acaso de gerações
nasci. E a do que faço e de que vivo é esta
raiva que tenho de pouca humanidade neste mundo
quando não acredito em outro, e só outro quereria que
este mesmo fosse. Mas, se um dia me esquecer de tudo,
espero envelhecer
tomando café em Creta
com o Minotauro,
sob o olhar de deuses sem vergonha.


II
O Minotauro compreender-me-á.
Tem cornos, como os sábios e os inimigos da vida.
É metade boi e metade homem, como todos os homens.
Violava e devorava virgens, como todas as bestas.
Filho de Pasifaë, foi irmão de um verso de Racine,
que Valéry, o cretino, achava um dos mais belos da
 "langue".
Irmão também de Ariadne, embrulharam-no num novelo
 de que se lixou.
Teseu, o herói, e, como todos os gregos heróicos, um filho
 da puta,
riu-lhe no focinho respeitável.
O Minotauro compreender-me-á, tomará café comigo,
 enquanto
o sol serenamente desce sobre o mar, e as sombras,
cheias de ninfas e de efebos desempregados,
se cerrarão dulcíssimas nas chávenas,
como o açúcar que mexeremos com o dedo sujo
de investigar as origens da vida.


III
É aí que eu quero reencontrar-me de ter deixado
a vida pelo mundo em pedaços repartida, como dizia
aquele pobre diabo que o Minotauro não leu, porque,
como toda a gente, não sabe português.
Também eu não sei grego, segundo as mais seguras
 informações.
Conversaremos em volapuque, já
que nenhum de nós o sabe. O Minotauro
não falava grego, não era grego, viveu antes da Grécia,
de toda esta merda douta que nos cobre há séculos,
cagada pelos nossos escravos, ou por nós quando somos
os escravos de outros. Ao café,
diremos um ao outro as nossas mágoas.


IV
Com pátrias nos compram e nos vendem, à falta
de pátrias que se vendam suficientemente caras para
 haver vergonha
de não pertencer a elas. Nem eu, nem o Minotauro,
teremos nenhuma pátria. Apenas o café,
aromático e bem forte, não da Arábia ou do Brasil,
da Fedecam, ou de Angola, ou parte alguma. Mas café
contudo e que eu, com filial ternura,
verei escorrer-lhe do queixo de boi
até aos joelhos de homem que não sabe
de quem herdou, se do pai, se da mãe,
os cornos retorcidos que lhe ornam a
nobre fronte anterior a Atenas, e, quem sabe,
à Palestina, e outros lugares turísticos,
imensamente patrióticos.


V
Em Creta, com o Minotauro,
sem versos e sem vida,
sem pátrias e sem espírito,
sem nada, nem ninguém,
que não o dedo sujo,
hei-de tomar em paz o meu café.

I
Né au Portugal, de parents portugais,
et père de brésiliens au Brésil,
Je serai peut-être nord-américain quand je serai là-bas.
Collectionnant des nationalités comme on change de chemises,
qu'on utilise et qu'on jette, avec tout le respect
dû aux vêtements que l'on porte et qui ont rendu service.
Je suis moi-même ma propre patrie. La patrie
dont je parle est la langue dans laquelle je suis né par le hasard
des générations. Et ce que je fais et ce que je vis est cette
rage que j'ai du peu d'humanité dans ce monde
quand je ne crois en aucun autre, et que celui-ci, seul un autre
voudrait qu'il soit. Mais si un jour, j'oublie tout,
j'espère vieillir
en buvant un café en Crète
avec le Minotaure,
sous le regard des dieux impudiques.
 

II
Le Minotaure, lui me comprendra.
Il a des cornes, comme les sages et les ennemis de la vie.
Moitié bœuf, moitié d'homme, comme tous les hommes.
Il a violé et dévoré des vierges, comme toutes les bêtes.
Fils de Pasiphaé, frère d'un vers de Racine,
que Valéry, le crétin, jugeait être l'un des plus beaux de
 la « langue ».
Frère aussi d'Ariane, ils l'ont enveloppé dans une pelote
 et il s'est fait avoir.
Thésée, le héros, et, comme tous les grecs héroïques,
 un fils de pute,
qui se moqua de son museau respectable.
Minotaure, lui, me comprendra, prendra un café avec moi,
 tandis que
le soleil sereinement va descendre sur la mer, et les ombres,
emplies de nymphes et d'éphèbes désœuvrés,
ils se refermeront très doucement dans les tasses,
comme le sucre que nous remuons avec un doigt sale
pour enquêter sur les origines de la vie.
 

III
C'est là que je veux me retrouver après avoir laissé
ma vie en morceaux à travers le monde, comme le dit
ce pauvre diable que le Minotaure n'a pas lu, parce qu'il
ne connaît pas, comme tout le monde, le portugais.
Je ne connais pas non plus le grec, selon les informations
 les plus sûres.
Nous parlerons en volapuk, bien
que personne de nous ne le connaisse. Le Minotaure
ne parlait pas grec, n'était pas grec, il vivait avant la Grèce,
avant toute cette merde qui nous couvre depuis des siècles,
chiée par nos esclaves, ou par nous quand nous sommes
les esclaves des autres. Au café,
nous nous raconterons nos peines.
 

IV
Avec les patries, ils nous achètent et nous vendent, faute
de patries qui se vendent suffisamment chers
 pour avoir honte
de ne pas leur appartenir. Ni moi, ni le Minotaure,
n'auront jamais de patrie. Seulement le café,
aromatique et très fort, ne venant pas d'Arabie ou du Brésil,
de Fedecam, ou d'Angola, ou de n'importe où. Mais le café
néanmoins, que moi, avec une tendresse filiale,
je verrais dégouliner depuis le menton d'un bœuf
jusqu'aux genoux d'un homme qui ne sait pas
de qui, de son père ou de sa mère, il hérite
les cornes tordues qui ornent son
noble front antérieur à Athènes, et, qu'il sait être,
en Palestine, et en d'autres lieux touristiques,
immensément patriotique.
 

V
En Crète, avec le Minotaure,
sans vers et sans vie,
sans patrie et sans esprit,
avec rien, personne,
autre que mon doigt sale,

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Minotaure (environ 515 av.JC.)
Pourtour d'une coupe attique bilingue
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