Rotina de todos nós


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Rotina de todos nós
Notre quotidien à tous


Ser fragmento do transitório,
Analisar-se no mistério do demudado,
Saber perder o que jamais foi possuído
Mas desejado,
Esperar o que nunca foi criado,
Cravar-se em raízes já extintas,
Conduzir-se por idéias não nascidas,
Ver grandezas na própria fraqueza,
Proclamar o amor sobre o desamor,
Ser pureza ao lado da degradação
É existir no que não tem sentido,
É esquecer o que não foi pensado,
É caminhar sem deixar traços,
É ser pássaro sem asas
É tentar sair do chão para os espaços.
Être un fragment de l'éphémère,
S'analyser dans le mystère du changement,
Savoir perdre ce qui n'a jamais été possédé
Mais seulement désiré,
Attendre ce qui jamais ne fut créé,
S'enfoncer en des racines déjà éteintes,
Être porté par des idées encore à naître,
Voir de la grandeur dans sa propre faiblesse,
Proclamer l'amour contre le désamour,
Être la pureté aux côtés de la dégradation,
Être en vie dans ce qui n'a pas de sens,
Être et oublier ce qui n'a pu être pensé,
Être et marcher sans laisser de traces,
Être oiseau et être sans ailes,
Être et quitter le sol pour les grands espaces.
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Ismael Nery
Composition surréaliste (1929)
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Repetição


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Repetição
Répétition


No abrir de cada dia
Está presente a sombra de todas as noites.
Mãos em desespero esvoaçam
Tentando atingir a fímbria da vida.
Lâmpadas reabastecidas
Na esperança da vinda do Grande Esperado.
A carne é devolvida ao pó
Enquanto a memória da nossa infância
Se apaga aos poucos na memória da infância dos
 nossos filhos
Diluída na dos nossos netos.
Memórias sem dono
Substituídas pelos tentáculos do ventre materno
Para a lenta e angustiante viagem para o exílio.
Dans l'ouvert de chaque jour
Est présente l'ombre de toutes les nuits.
Des mains tremblent, désespérées
Cherchent à atteindre les fibres de la vie.
Des lampes se renflamment
Dans l'espoir de la venue de la Grande Espérance.
La chair est redevenue poussière
Tandis que le souvenir de notre enfance
S'épuise peu à peu dans la mémoire de l'enfance
  de nos fils
Puis se dilue dans celle de nos petits-enfants.
Souvenirs sans maitre
Remplacés par les tentacules du ventre maternel
Pour le lent et angoissant voyage vers l'exil.
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Vincent van Gogh
L'Arlésienne (Portrait de Mme Ginoux) (1890)
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Procissão das bestas


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Procissão das bestas
Procession des bêtes


  também para Dante Milano

Mundos de conflitos que o silêncio engole,
Sombras lentas e pesadas
Reduzem os olhos a bagaços.
Ruminações da memória
No branco da vida extenuada
Na paisagem sem ninguém.
Nos gritos soltos
Sem a devolução do eco.

No oco das mãos
Ausente o suor de outra mão,
Formas amadas levadas pelo vento
Às nuvens que condensam o cansaço da
 terra,
Canções da carne traduzidas na rosa,
Promessas de fé em cada espera,
Na palavra esquecida do próprio som,

Circunferência de fogo em labaredas
Consumindo a ternura no cansaço.
Imaturas searas de amor,
Morte nos ossos das jornadas sem motivo.

Fadiga anterior à união dos sexos
Decompostos na traição de análises mútuas,
Espreitando sadicamente dois corpos nus fundidos
 na derrota.

Lodo cobrindo pés, atolando ventres,
Transformando bocas em esgotos
Reduzindo o amor a ato
Que o silêncio engole
Como fétida flor da noite.
  pour Dante Milano, également

Mondes de conflits que le silence engloutit,
Des ombres lentes et lourdes
Réduisent les yeux à l'état de cendre.
Ruminations de la mémoire
Dans la blancheur d’une vie exténuée
Dans un paysage sans personne.
Dans les cris isolés
Sans la restitution de l'écho

Dans le creux des mains,
Absente est la sueur d’une autre main,
Formes aimées emportées par le vent
Jusqu'aux nuages qui condensent toute la fatigue
  de la terre,
Chants de la chair traduits en rose,
Promesses de foi en chaque espoir,
En la parole oublieuse de son propre son,

Circonférence du feu au milieu des flammes
Consumant la tendresse en fatigue.
Moissons d'amour immatures,
Mort au fond des os des journées sans raison.

Fatigue antérieure à l’union des sexes
Décomposés par la trahison des analyses mutuelles,
Observation sadique de deux corps nus fusionnés
  dans la défaite.

La boue recouvre les pieds, embrouille les ventres,
Transforme les bouches en égouts
Réduisant l’amour à un acte
Que le silence englouti
Pareil à la fleur fétide de la nuit.
________________

Franz von Stuck
La chasse sauvage (1889)
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Pré-morte


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Pré-morte
Prémort


  Para o poeta Dante Milano

O escuro ser profundo, coisa sobrenatural,
Vontade oculta sem objeto,
Pousado na brasa sem lume
Dos ímpetos à procura de um destino.
Companheiro de farsas, mensageiro de aflições,
Mão sustentando a máscara na face intata,
Fuga na palavra dissolvida
No vácuo da imagem esquecida,
Sobra que embala em acalanto
De agonia em agonia,
O volume da tristeza e da alegria,
Nódoa que o desespero não apaga.
Tudo tão certo e tudo tão mal articulado,
Tudo tão fundido no abandono do querer,
Tão floresta sem saída, tão rachadura sem fundo,
Tão treva preexistida
Na corrente de amarrados conjuntos
No conceito de vazios absolutos,
No escuro que não deu à luz.
Oh canção de secura cantada em silêncio!
Oh escuro ser profundo!
  Pour le poète Dante Milano

L’être obscur et profond, chose surnaturelle,
Volonté occulte sans objet,
Déposé sur la braise sans flamme
Des pulsions à la recherche d’un destin.
Compagnon de farces, messager d’afflictions,
Main soutenant le masque sur le visage intact,
Fuit dans la parole dissoute
Dans la vacuité de l’image oubliée,
Débris qui balance et nous berce
D’agonie en agonie,
Somme de tristesse et de joie,
Souillure que le désespoir n’efface pas.
Tout est si sûr et tout est si mal articulé,
Tout est si fondu dans l’abandon du désir,
Mais aussi forêt sans issue, aussi blessure sans fond,
Aussi ténèbre préexistante
Dans le débordement des attaches conjointes
Par le concept du vide absolu,
Par l’obscurité qui n'a pas donné sa lumière.
Ô chant d’une aridité chantée en silence !
Ô être obscur et profond !
________________

Edvard Munch
L'odeur de la mort (1895)
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Patrimônio


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Patrimônio
Patrimoine


Pesam nos meus ossos
Os meus pensamentos,
Choram nos meus olhos
As visões neles crescidas,
Soluçam no torpor das minhas carnes
Ancestrais desalentos.

Sangram os meus pés
Na inútil andança
Da imaginação liberta,
Pulveriza o meu espírito
A solidão do suicida ignorado
E cresce assustadoramente dentro de mim
A calmaria que precede o fim.
Sur mes os pèsent
Le poids de mes pensées,
Mes yeux pleurent
Où grandissent des visions,
Dans la torpeur de ma chair sanglote
Un désespoir ancestral

Mes pieds saignent
Dans l'errance inutile
D'une imagination libérée,
Elle pulvérise mon esprit
La solitude du suicide ignoré
Elle progresse en moi de façon effrayante
Accalmie qui précède la fin.
________________

Julia Vengiel
Le calme avant la tempête (2024)
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Os cegos


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Os cegos
Les aveugles


Não vemos o mostrador do Tempo
Assim como não vemos
Uma forma de vida fundir-se noutra.
Não vemos a vida caminhar sobre nossa origem
Construindo muralhas contra nós mesmos.
Não ouvimos o cântico de guerra
Festejando nossos fracassos
Registrados nas páginas do pensamento.

A cada hora vemos e sentimos menos
O mostrador do Tempo.
Somos mutações desordenadas
Multiplicando-se nos porões fétidos
De galeras negras, abandonadas.
Nous ne voyons pas la montre du Temps
Ni même la fusion
D'une forme de vie en une autre.
Nous ne voyons pas la vie cheminer vers notre origine
Construisant des murs contre nous-mêmes.
Nous n'entendons pas le chant de guerre
Célébrant nos échecs
Inscrits dans les pages de nos pensées.

À chaque heure, nous sentons et voyons un peu
Moins la montre du Temps.
Nous sommes des mutations désordonnées
Se multipliant dans les cales fétides
De galères noires, abandonnées.
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William Turner
Stonehenge au crépuscule (1811)
...

O fado deixa-nos…



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O fado deixa-nos…
Le fado nous laisse…


O fado deixa-nos
Abandonados na praia,
As notas quebrando-nos os olhos,
Lágrimas pelos olhos adentro.
No céu, apaga-se a geografia dos astros,
Saudade súbita
De algo ainda próximo,
Mas é a saudade futura presente.
O fado desatando o coração,
O fado abrindo uma gaveta
Antiquíssima e poeirenta
Onde reencontramos um pouco de nós.
Le fado nous laisse
À l'abandon sur la plage,
Et ses notes se brisent contre nos yeux
Nos yeux qui se remplissent de larmes.
Dans le ciel, la géographie des étoiles s'efface
Avec le manque soudain
D'une chose toujours proche
Mais c'est un manque futur qui est présent.
Le fado nous défait le cœur,
Le fado ouvre en nous un tiroir
Très ancien et poussiéreux
Où se trouve encore un peu de nous-mêmes.
________________

Giorgio de Chirico
Les danseurs (1970)
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Mulher


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Mulher
Femme


Na face, a geografia da angústia,
Dos pânicos e das medrosas alegrias.
Cada ruga é um presságio.
E auréola da aflição constante
O esplendor dos cabelos brancos.

Uma só raiz para frutos diversos,
Uma só vida para destinos tão complexos,
Um só pranto para dores tão diversas.

O útero que gera o herói, o sábio, o poeta,
O santo, o miserável e o assassino.
Uma só raiz para frutos tão diversos!

O dom da paz em cada gesto
Cai como noites quietas
Sobre a alma em rancor,
Amor acima do amor.
Sur son visage, une géographie d'angoisses,
De paniques et de joies timorées.
Chaque ride est un présage.
Et l'auréole d'une affliction constante,
La splendeur des cheveux blancs.

Une seule racine pour des fruits si divers,
Une seule vie pour des destins si complexes,
Une seule larme pour des douleurs si variées.

La matrice qui engendre le héros, le sage, le poète,
Le saint, le misérable et l'assassin.
Une seule racine pour des fruits si divers !

Le don de la paix en chaque geste
Tombe comme des nuits paisibles
Sur l'âme rancunière,
L'amour au-delà de l'amour.
________________

Pablo Picasso
Mère et enfant au fichu (1903)
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Metamorfose


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Metamorfose
Métamorphose


No combate entre o gelo e o fogo
A vida universal desdobra-se em ciclos
No espaço de mil séculos.
Tomamos consciência do cósmico,
Tentamos ligações com o espírito há muito abatido
E a alma afunda em dimensões pulverizadas.
Dá-se a recuperação das espécies rejeitadas,
O achado do perdido não procurado.
Do implacável e do flamejante
O universo não está terminado.
Há mutações silenciosas em cada instante que soçobra
E que só percebemos da metamorfose de mil em
 mil séculos.

Somos casulos pendurados nas folhas de árvores
 sem nome,
Casulos à espera da metamorfose cíclica do tempo.
Dans la lutte entre la glace et le feu,
La vie universelle se déploie cyclique
en l'espace de mille siècles.
Nous avons pris conscience du cosmique,
essayant de renouer avec l'esprit vaincu depuis longtemps,
Et l'âme se noie en ses dimensions pulvérisées.
On voit renaître des espèces autrefois rejetées,
On retrouve de ce qui était perdu, inexploré.
Implacable et flamboyant
L'univers n'est pas encore achevé.
Des mutations silencieuses à chaque instant s'effondrent
Et nous ne percevons la métamorphose qu'après des
  milliers de siècles.

Nous sommes des cocons suspendus à des feuilles
  d'arbres sans nom,
Chrysalides, attendant la métamorphose cyclique du temps.
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Bridget Tichenor
Attente (1961)
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Eu me maldigo


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Eu me maldigo
Je me maudis


Que estalem nos céus os trovões, os relâmpagos,
Que as nuvens se estilhacem
E as montanhas se rachem.
Que as estrelas se embaciem
E o sol se apague para que meu corpo não tenha
 sombra.
Que as correntes marítimas
Carreguem meus braços para as praias fétidas
E o vento impeça meus joelhos de se dobrarem.
Que o raio fulmine a única palavra boa que eu tinha.
Que meus olhos se apodreçam
E se transformem em água
Para que não se levantem além das raízes.
Que a gosma dos vulcões
Soterre meu sexo,
Que os vermes fujam da minha carne
E o pó se levante fugindo antes de eu passar.
Que o cheiro de minha boca
Resseque o grão embaixo da terra
E meus cabelos sirvam de corda para os enforcados.
Que minha língua se enrole enegrecida dentro de
 minha garganta
E me diga as maiores injúrias.
Que a terra seja fendida como um ventre de mulher,
Que a destruição absoluta
Desça sobre meu corpo, meus sentidos,
Meu espírito, meu passado,
Meu presente, meu futuro
E liberte minha origem
Da lembrança dos homens.
Que le tonnerre et ses éclairs gronde dans les cieux,
Que volent en éclats les nuages
Et s'écroulent les montagnes.
Que les étoiles se brouillent
Et que le soleil disparaisse pour que mon corps n'ait
  plus d'ombre.
Que les courants marins
Emportent mes bras vers des plages fétides,
Et que le vent m'empêche de plier les genoux.
Qu'un rai fulmine à la seule bonne parole que j'aie dite.
Que mes yeux pourrissent
Et se transforment en eau,
Sans plus pouvoir s'élever au-dessus des racines.
Que la bave des volcans
Ensevelisse mon sexe,
Que les vers s'enfuient de ma chair
Et que la poussière s'élève, en fuite avant mes pas.
Que mon haleine
Dessèche les graines dessous la terre
Et que mes cheveux servent de corde au pendu.
Que ma langue s'enroule, qu'elle noircisse au fond de
  ma gorge,
Et me dise les pires insultes.
Que la terre s'entrouvre comme un ventre de femme,
Que la destruction absolue
S'abatte sur mon corps, mes sens,
Mon esprit, mon passé,
Mon présent, mon futur,
Et libère mes origines
De la mémoire des hommes.
________________

Frida Kahlo
Ce que l'eau m'a donné (1939)
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Escuro


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Escuro
Obscurité


Que estranho terreno inexplorado
Na área escura do meu cérebro
Impede o conhecimento de mim mesma?
Muralha intransponível
Que frustra o meu acordar
Para retroceder ao princípio do princípio
Das coisas irrepetidas.
Estranha área do escuro
Onde estaria o berço da luz única
Fechada em mão intocável,
Luz que explicaria a vida na escuridão, e
Não vedaria o despertar de mim mesma.
Que estranha área de trevas no meu cérebro
Impede o meu espírito de receber a luz divina?
Quel étrange territoire inexploré
Dans l'aire obscure de mon cerveau
M'empêche de me connaître moi-même ?
Mur infranchissable
Entravant mes accordailles
Qui me renvoie au principe du principe
Des choses irreproductibles.
Aire obscure et mystérieuse
Où reposerait le berceau d'une lumière unique
Intouchable, enfermée dans une main.
Lumière qui expliquerait la vie dans les ténèbres, et
Ne ferait pas obstacle à mon réveil.
Quelle aire étrange d'obscurité dans mon cerveau
empêche mon esprit de recevoir cette lumière divine ?
________________

Stella Levi (Getty Images)
Anxiété (2022)
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Aspiração


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Aspiração
Aspiration


Antes que vingue outra esperança
Quero as sombras do branco espesso.
Antes que mais uma insônia se cumpra
Quero o torpor no abismo indecifrável
Do espírito amortalhado.
Antes que o pensamento acorde
E descubra os espaços petrificados,
Quero narcotizar-me sem sonhos
E deitar-me no mundo sem sombras,
Sem palavras nem gestos.
Antes que alguma crença me recolha,
Antes que eu entenda o obscuro,
Antes que o sensível me assalte,
Antes que eu distinga na lonjura
A morte da estrela cintilante,
O êxtase da solidão vertical,
Quero ser coisa sem motivo
Entregue aos ventos sem destino.
Avant que ne m'assaille un autre espoir
Je veux des ombres d'un blanc opaque.
Avant l'inévitable retour de l'insomnie,
Je veux la torpeur de l'abîme indéchiffrable
De l'esprit en un suaire enseveli.
Avant que la pensée ne s'éveille
Et ne découvre ces espaces pétrifiés,
Je veux être anesthésiée sans rêves
Et couchée dans un monde sans ombres,
Sans paroles ni gestes.
Avant d'être prise par une foi quelconque,
Avant que je ne comprenne l'obscur,
Avant que la sensibilité ne me blesse,
Avant de pouvoir distinguer si lointaine
La mort de l'étoile qui scintille,
L'extase de la solitude verticale,
Je veux être une chose sans raison,
Livrée aux vents, désorientée.
________________

Will Barnet
Femme devant la mer (1972)
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Abandono


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Abandono
Abandon


A exaustão faminta
Procura elementos ainda vivos no meu ser
Talvez guardados em escuros vácuos
Que carrego sem saber.
Alimenta-se do sopro das imagens
Desenhadas pela minha imaginação
Pelo tato dos meus sentimentos,
Pelo pânico do desconhecido.
Aparece como febre constante dilatando as minhas carnes
Descoloridas e sem sabor de vida.
A exaustão sobe pelos meus pés,
Cobre os meus gestos incipientes,
Prende a minha língua,
Suga o meu cérebro, ninho de aranhas em fogo,
Pousa no meu cabelo como morcego.
Exaustão que funga o ar, que saqueia o meu silêncio,
Último repouso nos meus vácuos devassados.
Une soif insatiable
Cherche les éléments peut-être encore vivants,
Gardés dans les obscures anfractuosités
Que je porte en mon être sans le savoir.
Elle se nourrit du souffle des images
Que mon imagination a inventé
Au contact de mes sentiments,
Épouvantée par l'inconnu.
Elle se manifeste, fièvre assidue dilatant mes chairs
Décolorées et privées de toute saveur.
Elle remonte, épuisée, depuis mes pieds,
Étouffe mes gestes naissants,
Paralyse ma langue,
Aspire mon cerveau, comme un nid d'araignées en feu,
Et, chauve-souris, se pose sur mes cheveux.
Une faim reniflant l'air, saccageant mon silence,
Mon ultime repos en mes anfractuosités profanés.
________________

Felix Vallotton
Femme couchée dormant (1899)
...

Eis uma sede súbita de poemas…



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Eis uma sede súbita de poemas…
Voici une soif soudaine de poésies...


Eis uma sede súbita de poemas –
Sede, não um pião vindo dos astros,
Não um raio, divino de vontade.
Percorro as sarças de palavras crepusculares,
Onde as espigas estão nuas e a terra
Exausta de cores.
Mas eis um pórtico
Onde as águas correm
Eis uma espiga que, de vários ângulos,
Brilha em fulvos diversos.
Eis o reflexo ilegível, eis o poema,
Refracção do dizer, momento
Em que, realmente, o poeta já não diz nada.
O poema é o incerto despertar
Do caminho na bruma,
Sem partitura ou norte,
A distância é ilegível,
Olhando para trás, a estrada
Antiga e fluente dorme,
Cansada do rumo e do tempo.
Voici une soif soudaine de poésies –
Une soif, non une lubie venue des astres,
Non l'éclair d'une volonté divine.
Je franchis les ronces de paroles crépusculaires,
Où les épis de blé sont nus et la terre
Épuisée de couleurs.
Mais voici un portique
D'où les eaux coulent,
Voici un épi de blé qui, sous des angles divers,
Brille de nuances fauves.
Voici le reflet illisible, voici le poème,
Réfraction du dire, moment
Où le poète, en réalité, ne dit plus rien.
Le poème est l'éveil incertain
Du chemin dans la brume,
Sans partition, et sans nord,
La distance est illisible,
En regardant derrière soi, la route
Ancestrale et fluide s'endort,
Lasse de son cours et du temps.
________________

Dexter Dalwood
Miroir de la nuit (2012)
...

A essência imutável


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A essência imutável
L'essence immuable


Entre a estrela e o átomo
A matéria viva estabelece o traço original.
A fotossíntese realiza a assimilação
Da energia solar do homem,
Mecanismo-alimento da força biológica
Existente no grão de luz que ronda o corpo inanimado
Vindo da semente viajante dos ventos programados.
Cubos-pedra lançam o elétron
De uma órbita a outra dos planetas tranquilos
E voltam à origem do cansaço.
Desencadeia-se o calor que mata,
O mecanismo complica-se,
O elétron muda de órbita
E a sua volta é seguida de reações em cadeia
Para aniquilar o homem caminhante
Das estradas indecisas.
As múltiplas diferenças de forças
Convocam a origem da vida em cada rumo da poeira
 ardida
Enquanto a procissão do grande mecanismo
Mostra em todos os níveis, em todas as gamas da
 existência,
A sua ativa regulagem
Que ainda é mistério para o homem aniquilado
Pela surpresa do nada saber
Além das suas carnes esfarrapadas pela infinita agonia.
Entre l'étoile et l'atome
La matière vivante s'établit sur une ligne originale.
La photosynthèse réalise l'assimilation
De l'énergie solaire par l'homme,
Mécanisme nourricier de la force biologique
Qui vit dans le grain de lumière autour du corps inanimé,
Venu de la semence pérégrine des vents programmés.
Des cubes de pierre propulsent l'électron
D'une orbite à l'autre vers des planètes tranquilles
et le ramènent à l'origine de sa lassitude.
Une chaleur mortelle se déclenche,
Le mécanisme se complexifie,
L'électron change d'orbite
Et son retour est suivi de réactions en chaîne
qui anéantissent l'homme qui chemine
sur des routes incertaines.
Les multiples différences de forces convoquent
L'origine de la vie dans chaque direction d'une ardente
  poussière
Tandis que le cortège du grand mécanisme
Montre, à tous les niveaux, dur toutes les gammes de
  l'existence,
Sa régulation active
qui demeure encore un mystère pour l'homme anéanti
Par la surprise de ne rien connaître
Au-delà de sa chair mise en loques par une agonie infinie.
________________

Paul Klee
Les limites de la raison (1927)
...

Um dia a menina olhou o álbum de retratos


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Um dia a menina olhou o álbum de retratos
Jeune fille un jour regardant l'album photos


Pela fresta do céu
Desceu um pensamento nos olhos da menina
Que folheava o álbum dos antepassados.
Suas mãos pararam a página com o retrato do homem
 de croisé
Que não era seu pai nem seu avô.
Era o irmão de leite de seu tio
Que havia se suicidado por amor.
As pupilas da menina passearam na boca do retrato,
 desgrenharam o penteado,
Passaram na curva da orelha e por baixo do plastron
Ela sentiu o perfume guardado há tanto tempo.
Puxou com os olhos o álbum bem para dentro do
 seu corpo.
Os seios gritaram em diâmetro, se turgindo,
E ela esfregou, com um movimento de cabeça,
As pontas pesadas da cabeleira em sua nuca.

A menina casou com um homem fora do álbum
Mas seu primeiro filho era igual ao retrato
Do irmão de leite de seu tio
Que havia se suicidado por amor,
E que seus sentidos ressuscitaram e guardaram
Para imprimir formas desconhecidas nos presentes
E amar a memória dos ausentes.
Par une trouée du ciel
Une pensée descendit et vint troubler le regard
De la jeune fille qui feuilletait l'album de ses parents.
Ses mains s'arrêtèrent lorsqu'elle vit le portrait d'un
  homme en veston
Qui n'était ni son père ni son grand-père.
C'était le frère de lait de son oncle,
Qui s'était suicidé par amour.
Ses pupilles divaguèrent sur la bouche du portrait,
  ébouriffèrent sa chevelure,
Effleurèrent le lobe de son oreille, et sous la chemise
Elle sentit le parfum depuis si longtemps conservé.
Des yeux elle attira vers elle l'album qu'elle pressa
  contre son corps.
Ses seins se gonflèrent, turgescents,
Et d'un mouvement de tête, elle frotta les pointes
De ses épais cheveux contre sa nuque.

La jeune fille épousa un homme qui n'était pas sur l'album
Mais son premier enfant était le portrait craché
Du frère de lait de son oncle,
Qui s'était suicidé par amour,
et elle avait, par ses sens, ressuscité, préservé
et imprimé des formes étrangères sur les présentes,
chérissant ainsi le souvenir de l'absent.
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Giuseppe Amisani
La lectrice (1930)
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