Ainda me preocupo...


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Ainda me preocupo...
Me préoccupe encore...


Ainda me preocupo
Se chove na tua vida
Ou se a madrugada surge
Com uma expressão metálica:
Um amor vencido, é invencível.

Me préoccupe encore
S'il pleut sur ta vie
Ou si l'aube surgit
Avec une expression métallique :
Un amour vaincu, est invincible

________________

William Turner
Aube sur le Lac des Quatre-Cantons (1842)
...

Monumento


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Monumento
Monument


Não há um monumento à estupidez. 
E, no entanto, ela prolifera
Mas talvez apenas se erga em bronze
A perpetuação de abstracções.
Quanto às estátuas dos grandes homens,
Nada acrescentam à sua grandeza,
Talvez irrepetível e, por isso, assustadora
De que foram, muitas vezes, expropriados.
A sua presença nada dirá aos vindouros:
Será objecto de curiosidade para uns,
E para outros, cada vez mais numerosos,
Não representará nada
Senão uma figura esverdeada
Pela merda das pombas e pelo esquecimento,
Que já não merece o centro de uma praça ou jardim.
Mas estes monumentos, em bronze ou pedra,
Estátuas ou bustos,
Representam, tantas vezes, um brinde
À nossa própria estupidez, perpetuada;
Representam a estupidez de uma geração
Que não soube merecer a grandeza
Dos homens que em sorte lhes couberam.
 
  – Não há um monumento à estupidez:
    A sua linhagem prolonga-se,
    A figuração de abstracções,
    Sejam homens ou animais,
    De valores de grandeza
    Representam o temor
    De que esses valores sejam irrepetíveis.

Il n'y a pas de monument à la stupidité.
Et, néanmoins, elle prolifère
Mais peut-être n'érige-t-elle en bronze
Que la perpétuation des abstractions.
Quant aux statues des grands hommes,
elles n'ajoutent rien à leur grandeur,
peut-être irremplaçable et donc effrayante,
dont elles ont été souvent expropriées.
Leur présence ne dira rien à ceux qui viendront :
Ce sera un objet de curiosité pour certains,
Et pour d'autres, chaque fois plus nombreux,
Cela ne représentera rien
si ce n'est une figure verdâtre
Pour la merde des colombes et pour l'oubli,
Qui ne mérite plus déjà le centre d'un square ou d'un jardin.
Mais ces monuments, en bronze ou en pierre,
Statues ou bustes,
Représentent, bien des fois, un cadeau fait
A notre propre stupidité, perpétuée ;
Représentent la stupidité d'une génération
Qui n'a pas su mériter la grandeur
Des hommes qui, par le sort, leur échoient.

  – Il n'y a pas de monument à la stupidité :
    Sa lignée se prolonge
    à la figuration des abstractions,
    qu'il s'agisse d'hommes ou d'animaux,
    et des valeurs de grandeur
    représentant la crainte
    Que ces valeurs ne soient pas reproductibles.

________________

Giorgio De Chirico
Place italienne avec statue équestre (1914)
...

Volto pra você...


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Volto pra você...
Je reviens vers vous...


Volto pra você.
Sempre estive aqui,
nunca me afastei do ouro de Itabira.
A mulher barbada me espia com olhos de lúcifer.
Fala em Kardec, e eu me reviro em agonia:
já não, agora não,
a água ainda não está no ponto.
Me espera.
Je reviens vers vous.
J'ai toujours été là
Je ne me suis jamais éloigné de l'or d'Itabira.
La femme à barbe m'espionne avec des yeux lucifériens.
Elle parle de Kardec1, et je retourne à l'agonie:
pas déjà, pas maintenant,
l'eau n'est pas encore au point.
Attendez-moi.
________________

Carybé
As Baianas (1968)
...

Um beijo


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Um beijo
Un baiser


Um beijo
que tivesse um blue.
Isto é
imitasse feliz
a delicadeza, a sua,
assim como um tropeço
que mergulha surdamente
no reino expresso
do prazer.
Espio sem um ai
as evoluções do teu confronto
à minha sombra
desde a escolha
debruçada no menu;
um peixe grelhado
um namorado
uma água
sem gás
de decolagem:
leitor embevecido
talvez ensurdecido
"ao sucesso"
diria meu censor
"à escuta"
diria meu amor
sempre em blue
mas era um blue
feliz
indagando só
“what’s new”
Uma questão
matriz
desenhada a giz
entre um beijo
e a renúncia intuída
de outro beijo.
Un baiser
qui avait le blues.
C'est-à-dire
qui imitait avec bonheur
sa délicatesse, la tienne,
ainsi qu'un faux pas
qui plonge assourdissant
dans le royaume express
du plaisir.
J'espionne sans un oups
les évolutions de ta confrontation
à mon ombre
devant le choix
qui m'incline vers le menu ;
un poisson grillé
un amoureux
une eau
non gazeuse
pour le décollage :
lecteur extasié
peut-être abasourdi
« au succès »
dirait mon censeur
« à l'écoute »
dirait mon amour
toujours dans le blues
mais c'était un blues
heureux
ne s’enquérant que d'un
« what’s new »
Une question
matrice
dessiné à la craie
entre un baiser
et le renoncement intuitif
à un autre baiser.
________________

Ron Hicks
Le baiser volé (2017)
...

Ulysses


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Ulysses
Ulysse


E ele e os outros me vêem.
Quem escolheu este rosto para mim?

Empate outra vez. Ele teme o pontiagudo
estilete da minha arte tanto quanto
eu temo o dele.

Segredos cansados de sua tirania
tiranos que desejam ser destronados.

Segredos, silenciosos, de pedra,
sentados nos palácios escuros
de nossos dois corações:
segredos cansados de sua tirania:
tiranos que desejam ser destronados.

o mesmo quarto e a mesma hora

toca um tango
uma formiga na pele
da barriga,
rápida e ruiva,

Uma sentinela: ilha de terrível sede.
Conchas humanas.
Et lui et les autres me voient.
Qui a choisi ce visage pour moi ?

Égalité de nouveau. Lui craint le style
tranchant de mon art tout autant que
je crains le sien.

Secrets lassés de sa tyrannie
tyrans qui désirent être détrônés.

Secrets de pierre, silencieux,
assis dans les sombres palais
de nos deux cœurs :
secrets lassés de sa tyrannie :
tyrans qui désirent être détrônés.

la même chambre et la même heure

on joue un tango
une fourmi dans la peau
du ventre,
rapide et rousse,

Une sentinelle : île de la terrible soif.
Coquillages humains.
________________

Giuseppe Uncini
Cimenté (1959)
...

Tenho uma folha branca...


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Tenho uma folha branca...
J'ai une feuille blanche...


tenho uma folha branca
e limpa à minha espera:

mudo convite

tenho uma cama branca
e limpa à minha espera:

mudo convite

tenho uma vida branca
e limpa à minha espera:

mudo convite
J'ai une feuille blanche
et propre à mon attente

muette invitation

je possède un lit blanc
et propre à mon attente

muette invitation

ma vie est aussi blanche
et propre à mon attente

muette invitation
________________

Piero Manzoni
Achrome (1959)
...

Sonho Rápido de Abril


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Sonho Rápido de Abril
Rapide rêve d'avril


As ambulâncias se calaram
as crianças suspenderam a voracidade batuta
dois versos deliraram por detrás dos túneis
moleza nos joelhos
mão de ferro nos peitinhos
tristeza suarenta, locomotiva, fútil
patinho feio
soldadinho de chumbo
manto de jacó, escada de jacó
sete anos de pastor
estrela demente desfilando na janela
de repente as ambulâncias estancaram o choro
voraz dos bebês.
Les ambulances se sont tues.
les enfants ont suspendu leur vaillante voracité
deux vers déliraient par derrière les tunnels.
mollesse dans les genoux
main de fer sur les seins
tristesse toute en sueur, locomotive, futile
vilain petit canard
petit soldat de plomb
manteau de Jacob, échelle de Jacob
sept ans berger
étoile démente défilant par la fenêtre
Soudain, les ambulances ont étanché les pleurs
voraces des bébés.
________________

Pippo Rizzo
Train nocturne en Corse (1926)
...

Soneto


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Soneto
Sonnet


Pergunto aqui se sou louca
Quem quer saberá dizer
Pergunto mais, se sou sã
E ainda mais, se sou eu

Que uso o viés pra amar
E finjo fingir que finjo
Adorar o fingimento
Fingindo que sou fingida

Pergunto aqui meus senhores
Quem é a loura donzela
Que se chama Ana Cristina

E que se diz ser alguém
É um fenômeno mor
Ou é um lapso sutil?
Ici je m'interroge, suis-je folle
Qui saura jamais me le dire
Je m'interroge alors, suis-je saine
D'esprit, et plus, suis-je celle

Qui utilise le biais de l'amour
Et feint de feindre qu'elle feint
Adorant faire semblant
Feignant d'être semblance

Je vous demande ici mes seigneurs
Qui est cette jeune fille blonde
Qui se fait appeler Ana Cristina

Et dit qu'elle est quelqu'un :
Est-ce un phénomène majeur
Ou bien, un subtil lapsus ?
________________

Marcel Ceuppens
Grand nu jaune (2016)
...

Quartetos


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Quartetos
Quatrains


Desdenho os teus passos
Retórica triste:
Sorrio na alma
De ti nada existe

Eu morro e remorro
Na vida que passa
Eu ouço teus passos
Compasso infernal

Nasci para a vida
De morte vivi
Mas tudo se acasa
Silêncio. Morri
Je dédaigne tes pas
Triste rhétorique :
Je souris en mon âme
De toi rien n'existe

Je meurs et re-meurs
Dans la vie qui passe
J'entends tes pas
à la mesure infernale

Je suis née pour la vie
De mort j'ai vécu
Mais tout se tait
Silence. Je suis morte.
________________

Odilon Redon
Ophelie (1900-1905)
...

Vim dentro de um corpo alumbrado...


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Vim dentro de um corpo alumbrado...
J'arrive et jouis d'un corps illuminé...


“Mas não me importo de adoecer no teu colo”
Daniel Faria

Vim dentro de um corpo alumbrado,
De fogo já crisálida,
Vim para adoecer ao pé de ti,
Vim para arder como um nome
Vim para te dizer - ouves-me?
Vim para assim me apagares.

« Mais peu m'importe si je tombe malade entre tes bras »
Daniel Faria

J'arrive et jouis d'un corps illuminé,
Du feu déjà chrysalide,
J'arrive et tombe malade à tes pieds,
J'arrive et me brûle comme un nom
J'arrive pour te dire - m'entends-tu ?
J'arrive enfin pour que tu m'effaces.

________________

François Boucher
Renaud et Armide (1734)
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Quando chegar


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Quando chegar
Quand viendra l'heure


Quando eu morrer,
Anjos meus,
Fazei-me desaparecer, sumir, evaporar
Desta terra louca
Permiti que eu seja mais um desaparecido
Da lista de mortos de algum campo de batalha
Para que eu não fique exposto
Em algum necrotério branco
Para que não me cortem o ventre
Com propósitos autopsianos
Para que não jaza num caixão frio
Coberto de flores mornas
Para que não sinta mais os afagos
Desta gente tão longe
Para que não ouça reboando eternos
Os ecos de teus soluços
Para que perca-se no éter
O lixo desta memória
Para que apaguem-se bruscos
As marcas do meu sofrer
Para que a morte só seja
Um descanso calmo e doce
Um calmo e doce descanso
Quand je mourrais,
Anges,
Faites-moi disparaître, que je m'efface et m'évapore
De cette terre de folie
Permettez-moi d'être un disparu de plus
Ajouté à la liste des morts sur les champs de bataille
Et de n'être pas ainsi exposé
Dans une morgue blanche
Ni d'avoir le ventre ouvert
À des fins d'autopsie.
Faites que je ne sois pas gisant dans le froid
D'un cercueil couvert de mornes fleurs,
Pour que je ne sente plus les caresses
De ces gens qui s'éloignent
Ni ne perçoive les ressacs de l'éternel,
Les échos de tes pleurs
Pour que se perde dans l'éther
Les scories de cette mémoire
Et que d'un coup s'éteignent
Les marques de ma souffrance
Pour que la mort ne soit plus
Qu'un repos calme et doux,
Un calme et doux repos.
________________

Pierre Puvis De Chavannes
La mort et la demoiselle (1872)
...

Psicografia


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Psicografia
Psychographie


Também eu saio à revelia
e procuro uma síntese nas demoras
cato obsessões com fria têmpera e digo
do coração: não soube e digo
da palavra: não digo (não posso ainda acreditar
na vida) e demito o verso como quem acena
e vivo como quem despede a raiva de ter visto
Moi aussi, j'en arrive à la révolte
et cherche une synthèse aux atermoiements
Je scrute mes obsessions avec sang-froid et dis
du cœur : ne rien savoir, et dis
à la parole : de ne pas dire (je n'arrive pas encore à croire
en la vie) aussi je renonce au vers comme on fait ses adieux,
vivant, comme on donne congé à la colère d'avoir vu
________________

Joan Miró
Toile brûlée II (1973)
...

Primeiras notícias da Inglaterra


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Primeiras notícias da Inglaterra
Premières communications d'Angleterre


Espremendo cravos
(imundícies primeiras num rosto semi-infantil)
beberico
os nevoeiros britânicos em mim e por fora
(e o amor se germanizando todo)
Exprimant des œillets
(immondices premières sur un visage semi-enfantin)
Je buvote
les brumes britanniques en moi et au dehors
(et l'amour de se germaniser en tout)
________________

Claude Monet
Le Parlement de Londres (1904)
...

Poesia


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Poesia
Poésie


jardins inabitados pensamentos
pretensas palavras em
pedaços
jardins ausenta-se
a lua figura de
uma falta contemplada
jardins extremos dessa ausência
de jardins anteriores que
recuam
ausência freqüentada sem mistério
céu que recua
sem pergunta
jardins inhabités des pensées
soi-disant paroles en
pièces
des jardins s'absente
la figure lunaire d'
une faute contemplée
jardins extrêmes de cette absence
de jardins antérieurs qui
reculent
absence fréquentée sans mystère
ciel qui bat en retraite
sans question
________________

Paul Klee
Jardins du temple (1920)
...

Não, a poesia não pode esperar...


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Não, a poesia não pode esperar...
Non, la poésie ne peut attendre...


Não, a poesia não pode esperar
O brigue toca as terras geladas do extremo sul.
Escapo no automóvel aos guinchos.
Hoje – você sabe disso? Sabe de hoje? Sabe que quando
digo hoje, falo precisamente deste extremo ríspido,
deste ponto que parece último possível?
A garganta sai remota,
longe de ti mal creio que te amo,
Corto o trânsito e resvalo
Que lugar ocupa este desejo de frutas?
Esta é a primeira folha aberta.
Non, la poésie ne peut attendre
Le brick touche les terres glacées de l'extrême sud.
Je m'échappe avec l'automobile aux grincements.
Aujourd'hui - le sais-tu ? Que sais-tu d'aujourd'hui ? Sais-tu que
disant aujourd'hui, justement je parle de cette rudesse extrême,
de ce point qui parait le dernier possible ?
Ma gorge part à la dérive,
loin de toi, j'ai peine à croire que je t'aime,
J'arrête le trafic et dérape
Quelle place occupe ce désir de fruits ?
Ceci est la première feuille ouverte.
________________

Juan Gris
Coupe à fruits et carafe (1914)
...

Imagino como seria te amar...


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Imagino como seria te amar...
J'imagine ce que serait de t'aimer...


para Caio Fernando Abreu

imagino como seria te amar

teria o gosto estranho das palavras
que brincamos
e a seriedade de quando esquecemos

quais palavras

imagino como seria te amar:
desisto da idéia numa verbal volúpia
e recomeço a escrever
poemas.
à Caio Fernando Abreu

j'imagine ce que serait de t'aimer

d'avoir le goût étrange des mots
avec lesquels nous jouons
et le sérieux du moment où nous oublions

certaines paroles

j'imagine ce que serait de t'aimer :
j'abandonne cette idée dans une volupté verbale
et recommence à écrire
des poèmes.
________________

Elizabeth Atterbury
Calligraphie (2017)
...

É Junho...


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É Junho...
Voici juin...


É Junho – sei-o só pela textura do ar.
Disse ainda palavras humanas
À menina da caixa que comenta as minhas compras:
“Também gosto muito de Dickens.”
Espero secretamente que tenha lido Grandes Esperanças.
Depois no autocarro há uma criança
Que se indigna contra o pai,
Prestes a sentar-se em cima
Das pequenas flores que arrancou no jardim:
“Vais matá-las”, indigna-se.
Conheço muitos tipos de desespero,
Mas nenhum me assaltou hoje.
O meu amor infeliz fez-se esquecido.
Sou uma pessoa entre pessoas
E apetece-me sorrir-lhes.
Talvez aceitem o meu sorriso.

Voici juin – je ne le sais que par la texture de l'air.
J'ai dit encore des paroles humaines
A la caissière qui commente mes achats :
« Moi aussi, j'aime beaucoup Dickens. »
Secrètement j'espère qu'elle a lu De Grandes Espérances.
Puis dans le bus il y a eu un enfant
Qui s'indignait contre son père,
Sur le point de s'asseoir sur
De petites fleurs qu'il avait cueillies dans le jardin :
« Tu vas les tuer », s'indignait-t-il.
Je connais de nombreux types de désespoir,
Mais aucun ne m'a agressé aujourd'hui.
Mon amour malheureux est oublié.
Je suis une personne parmi d'autres
Et j'ai envie de leur sourire.
Peut-être accepteront-ils mon sourire.

________________

Juan Muñoz
Many Times (1999)
...

Houve um poema...


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Houve um poema...
Il y avait un poème...


houve um poema
que guiava a própria ambulância
e dizia: não lembro
de nenhum céu que me console,
nenhum,
e saía,
sirenes baixas,
recolhendo os restos das conversas,
das senhoras,
"para que nada se perca
ou se esqueça",
proverbial,
mesmo se ferido,
houve um poema
ambulante,
cruz vermelha
sonâmbula
que escapou-se
e foi-se
inesquecível,
irremediável,
ralo abaixo.
il y avait un poème
qui conduisait sa propre ambulance
et disait : je ne me souviens
d'aucun ciel qui me consolât,
aucun,
et il s'en allait,
sirènes en sourdine,
récolter les restes des conversations,
des dames,
« afin que rien ne soit perdu
ou ne s'oublie »,
proverbial,
et même blessé,
il y avait un poème
ambulant,
une croix rouge
et somnambule
qui s'échappait
et s'en allait
inoubliable,
irrémédiable,
dans les égouts.
________________

Carlos Rosales Silva
Rivière (2021)
...