Também o deus e o diabo...


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Também o deus e o diabo...
Le dieu aussi bien que le diable...


Também o deus e o diabo
Se abastecem nos hipermercados.
Cruzam-se, trocam oblíquas saudações
E correm a mergulhar nas promoções,
Debatem-se nesta teia imensa
De corredores, onde as formas são valores.
E deus e o diabo tentados, deixam-se enredar
Pelas sereias publicitárias,
Compram sabonetes, vídeos,
“Delicatessen”, pensos higiénicos
De qualidade superior,
Panelas, carnes frias, cerveja estrangeira.
Os hipermercados vieram resgatar o inútil,
E, benditos, benditos hipermercados,
Vieram sanar a ferida
Da guerra primordial:
O diabo e o deus comentam na caixa
Os preços, falam deles
Usando, naturalmente,
Hipermetáforas e hipérboles de hipermercados.

Le dieu aussi bien que le diable
S'approvisionnent dans les hypermarchés.
Se croisent, échangent des saluts obliques
Et se précipitent sur les promotions.
Ils se débattent dans cette immense toile
De corridors, où les formes sont des valeurs.
Dieu et diable tentés, se laissant embobiner
Pour les sirènes publicitaires,
Achètent vidéos, savonnettes,
"Delicatessen" et serviettes hygiéniques
De qualité supérieure,
Cocottes, viandes de bouche, bière étrangère.
Les hypermarchés sont venus au secours de l'inutile,
Et, bénis, bénis soient les hypermarchés,
Venus soigner la blessure
De la guerre primordiale :
Le diable et le dieu commentent à la caisse
Les prix, ils en parlent
En utilisant, bien entendu,
Hyper-métaphores et hyperboles d'hypermarché.

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Duane Hanson
Supermarket Lady (1969)
...

Preparação para a Morte


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Preparação para a Morte
Préparation à la Mort


A vida é um milagre.
Cada flor,
Com sua forma, sua cor, seu aroma,
Cada flor é um milagre.
Cada pássaro,
Com sua plumagem, seu vôo, seu canto,
Cada pássaro é um milagre.
O espaço, infinito,
O espaço é um milagre.
O tempo, infinito,
O tempo é um milagre.
A memória é um milagre.
A consciência é um milagre.
Tudo é milagre.
Tudo, menos a morte.
Bendita a morte,
que é o fim de todos os milagres!

La vie est un miracle.
Chaque fleur,
Avec sa forme, sa couleur, son arôme,
Chaque fleur est un miracle.
Chaque oiseau,
Avec son plumage, son vol, son chant,
Chaque oiseau est un miracle.
L'espace, infiniment,
L'espace est un miracle.
Le temps, infiniment,
Le temps est un miracle.
La mémoire est un miracle.
La conscience est un miracle.
Tout est miracle.
Tout, exceptée la mort.
Bénie soit la mort,
qui est la fin de tous les miracles.

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Maître du Triomphe de la Mort
Triomphe de la Mort (début du XV sec)
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Nu


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Nu
Nu


Quando estás vestida,
Ninguém imagina
Os mundos que escondes
Sob as tuas roupas.

(Assim, quando é dia,
Não temos noção
Dos astros que luzem
No profundo céu.

Mas a noite é nua,
E, nua na noite,
Palpitam teus mundos
E os mundos da noite.

Brilham teus joelhos.
Brilha o teu umbigo.
Brilha toda a tua
Lira abdominal.

Teus seios exíguos
- Como na rijeza
Do tronco robusto
Dois frutos pequenos -

Brilham.) Ah, teus seios!
Teus duros mamilos!
Teu dorso! Teus flancos!
Ah, tuas espáduas!

Se nua, teus olhos
Ficam nus também:
Teu olhar, mais longo,
Mais lento, mais líquido.

Então, dentro deles,
Boio, nado, salto,
Baixo num mergulho
Perpendicular.

Baixo até o mais fundo
De teu ser, lá onde
Me sorri tu'alma,
Nua, nua, nua...

Quand tu t’habilles ainsi,
Personne n’imagine
Les mondes que tu caches
Dessous tes vêtements.

(Ainsi, quand il fait jour,
Nous n’avons pas notion
Des étoiles qui luisent
Aux profondeurs du ciel.

Mais la nuit est nue,
Et, nue dans la nuit
Tes mondes palpitent,
Dans la nuit des mondes

Brillent tes genoux.
Brille ton nombril.
Brille tout en toi,
Lyre abdominale.

Tes deux seins menus
Ont la fermeté
Dans un tronc robuste
De deux petits fruits –

Qui brillent.) Ô, tes seins !
Tes dures mamelles !
Ton dos et tes flancs !
Ô, et tes épaules !

Si tu es nue tes
Yeux sont nus aussi :
Ton regard, plus long,
Plus lent, plus liquide.

Alors dans tes yeux, je
Surnage, nage, saute
Vers le bas, plongeant à
La perpendiculaire.

Vers le bas jusqu’au fond
De ton être, là où
Me sourit nue ton âme...
Nue, nue, nue.

________________

Man Ray
Woman in landscape (1972)
...

Estimativa


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Estimativa
Estimation


Nem só tu, nem apenas eu:
Dizer que somos dois é anular
Todas essas variáveis
Que nos decidem e continuamente
Expandem o seu território de caça
E propagam a sua mutabilidade
Às sombras quietas.
Somos dois por convenção
Ou por facilidade de expressão
Estimar é exasperar,
Talvez sufocar.
Só inumeráveis somos estáveis,
Só incontáveis somos puramente
Dois.
— Um singular que esconde
Os seus muitos plurais
Sem exercer qualquer multiplicidade,
Sem perder a qual –
Idade única de ser uno.

Pas seulement toi, ni moi seulement :
Dire que nous sommes deux c'est annuler
Toutes ces variables
Qui nous déterminent et continuellement
Élargissent leur territoire de chasse
Et propagent leur mutabilité
Aux ombres tranquilles.
Nous sommes deux par convention
Ou pour faciliter notre expression
Estimer c'est exaspérer,
Étouffer peut-être.
Ce n'est qu'innombrables que nous sommes stables,
Innombrables, purement et simplement
deux.
— Un singulier qui cache
Ses nombreux pluriels
Sans faire usage de quelque multiplicité,
Sans en perdre aucune —
Âge unique pour être un.

________________

Tobia Ravà
Fuite sans fin (2008)
...

Minha grande ternura


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Minha grande ternura
Grande est ma tendresse


Minha grande ternura
Pelos passarinhos mortos,
Pelas pequeninas aranhas.

Minha grande ternura
Pelas mulheres que foram meninas bonitas
E ficaram mulheres feias;
Pelas mulheres que foram desejáveis
E deixaram de o ser;
Pelas mulheres que me amaram
E que eu não pude amar.

Minha grande ternura
Pelos poemas que
Não consegui realizar.

Minha grande ternura
Pelas amadas que
Envelheceram sem maldade.

Minha grande ternura
Pelas gotas de orvalho que
São o único enfeite
De um túmulo.

Grande est ma tendresse
Pour les petits oiseaux morts,
Pour les petites araignées.

Grande est ma tendresse
Pour les femmes qui furent de jolies filles
Et qui sont devenues des femmes laides,
Pour les femmes désirables
Qui ont cessé de l’être,
Pour les femmes qui m’aimèrent
Et que je n’ai pas pu aimer.

Grande est ma tendresse
Pour les poèmes que
Je n’ai pas su réaliser.

Grande est ma tendresse
Pour les proches qui
Ont vieilli sans être malade.

Grande est ma tendresse
Pour les gouttes de rosée qui
Sont les derniers ornements
D’une tombe.

________________

Umberto Boccioni
La mère (1909)
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Adeus, Amor


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Adeus, Amor
Adieu, Amour


O amor disse-me adeus, e eu disse: “Adeus,
Amor! Tu fazes bem: a mocidade
Quer a mocidade.” Os meus amigos
Me felicitam: “Como estás bem conservado!”
Mas eu sei que no Louvre e outros museus, e até no nosso
Há múmias do velho Egito que estão como eu bem
conservadas.
Sei mais que posso ainda receber e dar carinhos e
ternura.
Mas acho isso pouco, e exijo a iluminância, o inesperado,
O trauma, o magma... Adeus, Amor!
Todavia não estou sozinho. Nunca estive. A vida inteira
Vivi em tête-à-tête com uma senhora magra, séria,
Da maior distinção.
E agora até sou seu vizinho.
Tu que me lês adivinhaste ela quem é.
Pois é. Portanto digo: “Adeus, Amor!”
E à venerável minha vizinha:
“Ao teu dispor! Mas olha, vem
Para a nossa entrevista última,
Pela mão da tua divina Senhora
— Nossa Senhora da Boa Morte”.

L'amour m'a dit adieu et j'ai dit: « Adieu,
Amour ! Tu fais bien : la jeunesse
Veut la jeunesse. » Mes amis
me félicitent : « Comme tu es bien conservé ! »
Mais je sais qu'au Louvre et autres musées, et jusqu'aux nôtres
Il y a des momies de l'ancienne Égypte qui sont comme moi
bien conservées.
Je sais pouvoir encore recevoir et donner caresses
et tendresse.
Mais j'y pense peu, et j'exige l'éclairement, l'inattendu,
Le trauma, le magma ... Adieu, Amour !
Toutefois je ne suis pas seul, ne l'ai jamais été. Toute ma vie
J'ai vécu en tête-à-tête avec une femme sérieuse et mince,
De grande distinction.
Et maintenant que je suis ton voisin,
Toi qui me lis, tu auras sûrement deviné qui elle est.
N'est-ce pas. Alors je dis : « Adieu, Amour ! »
Et à toi mon vénérable voisin :
« À ton service ! Mais regarde, viens
Assiste à notre dernière entrevue,
Prends la main de ta divine Dame
– Notre Dame de Bonne Mort ».

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Theodor Baierl
Le chevalier et la mort (1924)
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Os nomes


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Os nomes
Les noms


Duas vezes se morre:
Primeiro na carne, depois no nome.
A carne desaparece, o nome persiste mas
Esvaziando-se de seu casto conteúdo
- Tantos gestos, palavras, silêncios -
Até que um dia sentimos,
Com uma pancada de espanto (ou de remorso?),
Que o nome querido já nos soa como os outros.

Santinha nunca foi para mim o diminutivo de Santa.
Nem Santa nunca foi para mim a mulher sem pecado.
Santinha eram dois olhos míopes, quatro incisivos claros
à flor da boca.
Era a intuição rápida, o medo de tudo, um certo modo
de dizer "Meu Deus, valei-me".

Adelaide não foi para mim Adelaide somente,
Mas Cabeleira de Berenice, Inominata, Cassiopéia.
Adelaide hoje apenas substantivo próprio feminino.

Os epitáfios também se apagam, bem sei.
Mais lentamente, porém, do que as reminiscências
Na carne, menos inviolável do que a pedra dos túmulos.

On meurt deux fois :
D'abord dans sa chair, ensuite par le nom.
La chair disparaît, le nom persiste mais
En se vidant de son chaste contenu
- Tant de gestes, de paroles, de silences -
Jusqu'au jour où nous sentons
Sous le coup de l'étonnement (ou du remords ?),
Que ce nom si cher sonne dès lors comme les autres.

Santinia n'a jamais été pour moi le diminutif de Santa.
Ni pour moi jamais Santa ne fut la femme sans péché.
Santinia c'était deux yeux myopes, quatre incisives
éclatantes à fleur de bouche.
C'était une intuition vive, la peur de tout, une certaine façon
de dire "Mon Dieu, protégez-moi ".

Adélaïde ce n'était pas seulement pour moi Adélaïde,
Mais les Cheveux de Bérénice, Innominata, Cassiopée.
Adélaïde aujourd'hui ce n'est qu'un nom propre féminin.

Les épitaphes s'estompent également, je le sais bien.
Plus lentement, cependant, que les réminiscences
Dans une chair, moins inviolable que la pierre des tombeaux.

________________

Bernardo Strozzi
Bérénice (1640)
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Lua nova


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Lua nova
Nouvelle lune


Meu novo quarto
Virado para o nascente:
Meu quarto, de novo
a cavaleiro de entrada da barra.

Depois de 10 anos de pátio
Volto a tomar conhecimento da aurora.
Volto a banhar meus olhos
no mênstruo incruento das madrugadas.

Todas as manhãs o aeroporto em frente
me dá lições de partir:

Hei de aprender com ele
A partir de uma vez
- Sem medo,
Sem remorsos,
Sem saudade.

Não pensem que estou aguardando a lua cheia
- Esse sol da demência
Vaga e noctâmbula.
O que eu mais quero,
O de que preciso
É de lua nova.

Ma nouvelle chambre
Elle est tournée vers l'est:
Ma chambre, à nouveau
le cavalier à l'entrée de la barre.

Après 10 ans de réclusion
Je reprends connaissance de l'aurore.
Je reviens me baigner
dans les menstrues sanglantes de l'aube.

Chaque matin, l'aéroport en face de chez moi
me donne des leçons de départ :

De lui, il faut que j'apprenne
à partir d'un coup et
– Sans crainte,
Sans remords,
Sans nostalgie.

N'imaginez pas que je veuille attendre la pleine lune
– Ce soleil de démence
Vague et noctambule.
Ce que je veux le plus,
Ce dont j'ai besoin
C'est d'une lune nouvelle.

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Tullio Crali
Acrobatie dans le ciel (1932)
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Auto-Retrato


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Auto-Retrato
Autoportrait


Provinciano que nunca soube
Escolher bem uma gravata;
Pernambucano a quem repugna
A faca do pernambucano;
Poeta ruim que na arte da prosa
Envelheceu na infância da arte,
E até mesmo escrevendo crônicas
Ficou cronista de província;
Arquiteto falhado, músico
Falhado (engoliu um dia
Um piano, mas o teclado
Ficou de fora); sem família,
Religião ou filosofia;
Mal tendo a inquietação de espírito
Que vem do sobrenatural,
E em matéria de profissão
Um tísico profissional.

Provincial qui jamais n'a su
Bien choisir une cravate ;
Pernamboucain à qui répugne
Les couteaux en pernambouc ;
Poétaillon qui dans l'art de la prose
A vieilli dans l'enfance de l'art,
Et même est resté chroniqueur
De province écrivant des chroniques;
Architecte failli, musicien
Failli (un jour comme il englou-
Tissait un piano, le clavier
Resta dehors) ; sans famille,
Ni religion ou philosophie ;
Peu féru des inquiétudes de l'esprit
Qui nous viennent du surnaturel,
Et en matière de profession
Un phtisique professionnel.

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Otto Dumovich
Statue en hommage à Manuel Bandeira (2009)
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O bicho


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O bicho
La bestiole


Vi ontem um bicho
Na imundície do pátio
Catando comida entre os detritos.

Quando achava alguma coisa,
Não examinava nem cheirava:
Engolia com voracidade.

O bicho não era um cão,
Não era um gato,
Não era um rato.

O bicho, meu Deus, era um homem.

Hier, j'ai vu une bestiole
Dans les immondices de la cour
Cherchant sa pitance parmi les détritus.

Quand elle trouvait quelque chose,
Elle ne l'examinait pas, ne la flairait pas :
Elle l'engloutissait voracement.

L'animal n'était pas un chien,
Ce n'était pas un chat,
Ce n'était pas un rat.

La bestiole, mon Dieu, était un homme.

________________

Vik Muniz (Trash art)
Saturne dévorant un de ses fils (d'après Goya) (2008)
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Nova poética


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Nova poética
Nouvelle poétique


Vou lançar a teoria do poeta sórdido.
Poeta sórdido:
Aquele em cuja poesia há a marca suja da vida.

Vai um sujeito,
Sai um sujeito de casa com a roupa de brim branco
muito bem engomada, e na primeira esquina passa
um caminhão, salpica-lhe o paletó ou a calça de uma
nódoa de lama:
É a vida.

O poema deve ser como a nódoa no brim:
Fazer o leitor satisfeito de si dar o desespero.

Sei que a poesia é também orvalho.
Mas este fica para as menininhas, as estrelas alfas, as
virgens cem por cento e as amadas que envelhecem
sem maldade.

Je veux lancer la théorie du poète sordide.
Est un poète sordide :
Celui dont la poésie a la marque de saleté de la vie.

Un type s'en va .
Un type sort de sa maison vêtu d'un sergé blanc
très bien amidonné, et au premier virage un camion
qui passe éclabousse la veste ou le pantalon
d'une grosse tache de boue:
C'est la vie.

Le poème doit être comme la tache sur le denim :
Faire que le lecteur soit satisfait de son reçu de désespoir.

Je sais que la poésie c'est aussi de la rosée.
Mais celle-ci est faite pour les petites filles, les stars alphas,
les vierges cent pour cent et les amis qui ont vieilli
sans méchanceté.

________________

Giovanni Boldini
Comte Robert de Montesquiou (1899)
...

Arte de amar


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Arte de amar
Art d'aimer


Se queres sentir a felicidade de amar, esquece a tua alma.
A alma é que estraga o amor.
Só em Deus ela pode encontrar satisfação.
Não noutra alma.

Só em Deus - ou fora do mundo.
As almas são incomunicáveis.
Deixa o teu corpo entender-se com outro corpo.
Porque os corpos se entendem, mas as almas não.

Si tu veux connaître les joies de l’amour, oublie ton âme.
L’âme est ce qui gâte l’amour.
Elle ne peut trouver satisfaction qu’en Dieu,
Pas dans une autre âme.

En Dieu seul – ou hors du monde ;
Les âmes ne savent pas communiquer.
Laisse ton corps s’accorder avec un autre corps.
Parce que les corps se comprennent, mais les âmes… non.

________________

Antoine Watteau
Le faux pas (1717)
...

A Mário de Andrade Ausente


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A Mário de Andrade Ausente
À Mario de Andrade, absent


Anunciaram que você morreu.
Meus olhos, meus ouvidos testemunham:
A alma profunda, não.
Por isso não sinto agora a sua falta.

Sei bem que ela virá
(Pela fôrça persuasiva do tempo).
Virá súbito um dia,
Inadvertida para os demais
Por exemplo assim:
À mesa conversarão de uma coisa e outra
Uma palavra lançada à toa
Baterá na franja dos lutos de sangue,
Alguem perguntará em que estou pensando,
Sorrirei sem dizer que em você
Profundamente.

Mas agora não sinto a sua falta.

(É sempre assim quando o ausente
Partiu sem se despedir:
Você não se despediu.)

Você não morreu: ausentou-se.
Direi: Faz tempo que ele não escreve.
Irei a São Paulo: você não virá no meu hotel.
Imaginarei: Está na chacrinha de São Roque.

Saberei que não, você ausentou-se. Para outra vida?
A vida é uma só. A sua vida continua
Na vida que você viveu.
Por isso não sinto agora sua falta.

Ils sont venus m'annoncer ta mort.
Mes yeux, mes oreilles ont pu en témoigner :
Mon âme profonde, elle - non.
Aussi pour l'heure je n'éprouve aucune absence.

Je sais bien qu'elle viendra
(Par la force persuasive du temps).
Qu'elle viendra soudainement un jour,
Chez les autres, par inadvertance
Ainsi par exemple :
À table, ils parleront de choses et d'autres,
Une parole jetée en l'air
Viendra frapper à la lisière du deuil de sang.
Et si quelqu'un me demande alors à quoi je pense,
Je lui sourirais sans dire que c'est à toi,
Profondément

Mais pour l'heure je n'éprouve aucune absence.

(C'est toujours ainsi lorsque l'absent
Part sans dire au revoir :
Et tu n'as pas dit au revoir.)

Tu n'es pas mort : tu es absent.
Je dirai : il ne m'a pas écrit depuis longtemps.
J'irai à São Paulo : tu ne viendras pas à mon hôtel.
J'imaginerai : il est allé à la cabane de São Roque.

Je saurai que non, tu es absent. Pour une autre vie ?
La vie est une. Et ta vie continue.
Dans la vie que tu as vécue.
Aussi pour l'heure je n'éprouve aucune absence.

________________

Anita Malfatti
Portrait de Mário de Andrade (1922)
...

Pousa a mão na minha testa


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Pousa a mão na minha testa
Pose ta main sur mon front


Não te doas do meu silêncio:
Estou cansado de todas as palavras.
Não sabes que te amo?
Pousa a mão na minha testa:
Captarás numa palpitação inefável
O sentido da única palavra essencial
— Amor.

Non, tu n’es pas coupable de mon silence,
Mais je suis fatigué de toutes ces paroles.
Ne sais-tu pas que je t’aime ?
Pose ta main sur mon front,
Et perçois dans une palpitation ineffable
Le sens de cette unique parole essentielle
— Amour.

________________

Gio Ponti
Main magique (1935)
...

O Martelo


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O Martelo
Le marteau


As rodas rangem na curva dos trilhos
Inexoravelmente.
Mas eu salvei do meu naufrágio
Os elementos mais cotidianos.
O meu quarto resume o passado em todas as casas
que habitei.

Dentro da noite
No cerne duro da cidade
Me sinto protegido.
Do jardim do convento
Vem o pio da coruja.
Doce como arrulho de pomba.
Sei que amanhã quando acordar
Ouvirei o martelo do ferreiro
Bater corajoso o seu cântico de certezas.

Les roues crissent dans la courbe des rails
Inexorablement.
Mais j'ai sauvé de mon naufrage
Les éléments les plus quotidiens.
Ma chambre résume le passé de toutes les maisons
où j'ai vécu.

Au cœur de la nuit
Entre les cernes endurcis de la ville
Je me sens protégé.
Depuis le jardin du couvent
Vient le cri de la chouette.
Doux comme une colombe qui roucoule.
Je sais que demain en me réveillant
J'entendrai le marteau du forgeron
Battre avec courage son cantique de certitudes.

________________

Yvonne Jacquette
Chelsea (1996)
...

Canção do vento e da minha vida


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Canção do vento e da minha vida
Chanson du vent et de ma vie


O vento varria as folhas,
O vento varria os frutos,
O vento varria as flores...
E a minha vida ficava
Cada vez mais cheia
De frutos, de flores, de folhas.

O vento varria as luzes
O vento varria as musicas,
O vento varria os aromas...
E a minha vida ficava
Cada vez mais cheia
De aromas, de estrelas, de cânticos.

O vento varria os sonhos
E varria as amizades...
O vento varria as mulheres.
E a minha vida ficava
Cada vez mais cheia
De afetos e de mulheres.

O vento varria os meses
E varria os teus sorrisos...
O vento varria tudo!
E a minha vida ficava
Cada vez mais cheia
De tudo.

Le vent a balayé les feuilles,
Le vent a balayé les fruits,
Le vent a balayé les fleurs ...
Et ma vie est devenue
Chaque fois plus remplie
De fruits, de fleurs, de feuilles.

Le vent a balayé les lumières
Le vent a balayé les musiques,
Le vent a balayé les parfums...
Et ma vie est devenue
Chaque fois plus remplie
De parfums, d'étoiles, de chants.

Le vent a balayé les rêves
Et balayé les amitiés...
Le vent a balayé les femmes.
Et ma vie est devenue
Chaque fois plus remplie
D'affections et de femmes.

Le vent a balayé les mois
Et balayé ton sourire...
Le vent a tout balayé !
Et ma vie est devenue
Chaque fois plus remplie
De tout.

________________

Studio Tonkin Liu
Singing Ringing Tree I (2006)
...

A morte absoluta


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A morte absoluta
La mort absolue


Morrer.
Morrer de corpo e de alma.
Completamente.

Morrer sem deixar o triste despojo da carne,
A exangue máscara de cera,
Cercada de flores,
Que apodrecerão - felizes! - num dia,
Banhada de lágrimas
Nascidas menos da saudade do que do espanto da morte.

Morrer sem deixar porventura uma alma errante...
A caminho do céu?
Mas que céu pode satisfazer teu sonho de céu?

Morrer sem deixar um sulco, um risco, uma sombra,
A lembrança de uma sombra
Em nenhum coração, em nenhum pensamento,
Em nenhuma epiderme.

Morrer tão completamente
Que um dia ao lerem o teu nome num papel
Perguntem: "Quem foi?..."

Morrer mais completamente ainda,
- Sem deixar sequer esse nome.

Mourir.
Mourir dans son corps et son âme.
Complétement.

Mourir sans quitter la triste dépouille des chairs,
Le masque de cire exsangue,
De fleurs, entouré.
Elles vont se décomposer – ô joie ! – en ce jour
Baigné de larmes,
Moins nées de la saudade que de la stupéfaction de la mort.

Mourir sans quitter peut-être une âme errante…
Le chemin du ciel ?
Mais quel ciel pourrait satisfaire ton rêve de ciel ?

Mourir sans laisser un sillon, une biffure, une ombre
La mémoire d’une ombre
Dans nul autre cœur, dans nulle autre pensée,
Sur aucun épiderme.

Mourir si complétement
Qu’un jour, lisant ton nom sur un papier
Ils s’interrogeront : « Qui était-ce ? »

Mourir plus complétement encore,
– Sans rien laisser… pas même un nom.

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Kengiro Azuma
Infini MU (2016)
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