|
Cansa-me. A chaga inumerável
de mim cintila, sem palavras, úmida
fonte rubra do ser, e tédio
de prosseguir, inabitada, viva.
Prosseguir. Ai, presença ignorada
do ser em mim, segredo e contingência,
espelho, cristal raso, submerso
na eternidade do existir, tranqüilo.
Cansa-me ser. Ai, chaga e antigo sonho
de áureas transmutações e vidas outras
além de mim, além de uma outra vida!
Mas amolda-me o ser. Prende-me a essência
(raiz profunda e vera) a imutável
condição de ser fonte e ser ferida...
|
Elles me fatiguent ces innombrables blessures
en moi qui scintillent, sans paroles, humide
fontaine pourpre de l'être, et l'ennui
qui me pousse à continuer, inhabitée, vivante.
Poursuivre. Ah, cette présence ignorée
de l'être en moi, secret et contingence,
miroir, cristal arasé, submergé
par l'éternité de l'existence, mais tranquille.
Fatiguée d'être. Ah, blessure et rêve antique
de transmutations dorées et d'autres vies
au-delà de moi-même, au-delà d'une autre vie !
Mais l'être me façonne. Reprend mon essence
(racine profonde et véritable) à l'immuable
condition d'être fontaine et d'être blessure...
|