Indagações no exílio



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Indagações no exílio
Apostrophes en exil


Velha proa harpa dos ventos
que mares tangem tuas cordas

O mar antigo contido
numa estrofe de Camões?

O mar dos mercadores
mar negreiro
cavado nos porões?

O mar das searas concretas
mar das ceifeiras
mar dos poetas
o mais vasto mar da marinhagem
que nada teve nunca?

Velha proa harpa dos ventos
Vieille proue harpe des vents
quelles mers font claquer tes cordages

Est-ce l'antique mer contenue
dans une strophe du Camões ?

La mer des marchands
la mer négrière
fossoyeuse des cales ?

La mer des moissons concrètes
mer-moissonneuse
mer des poètes
la plus vaste mer d'amarinage
qu'il n'y ait jamais eu ?

Vieille proue harpe des vents
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Caspar David Friedrich
Navire dans l’Océan Arctique (1798)
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Livro da Terra e dos homens - 6


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Livro da Terra e dos homens - 6
Livre de la Terre et des hommes - 6


Os homens eram sombrios,
esfinges de solidão.

Os homens eram sombrios,
quiseram tecer de sonhos
a água verde dos rios.

Os homens eram amargos,
quiseram compor o cisne
nas águas verdes dos lagos.

Os homens eram ardentes
como tochas de amaranto;
sobre o rosto do poente
deixaram rosas de pranto.

Os homens eram calados,
torres de vazio.

Eram terríveis, terríveis
contra o céu de esquecimento;
lançavam gumes de fogo
e adormeciam no vento.

Os homens eram de vento
(de um vento predestinado);
braços de ferro no tempo,
entre o presente e o passado.

Os homens eram profundos
na superfície das cousas
e ali ficavam no mundo
dos rosalábios e rosas.

Os homens eram ferozes
como estrelas de ambição;
mas no tempo-primavera,
se primavera chegasse,
eram brandos como espuma,
eram virgens como espada;
eram suaves, suaves
como aves de abandono.

Os homens eram de estrela,
soprando sobre o canal;
não era estrela de noite,
mas estrela de metal.

Os homens eram de estrela
e não podiam sustê-la.

Os homens eram de treva,
fizeram-se escravos dela.

Os homens eram remotos
no grande túnel de pedra.

Nem alga, nem alfazema,
nem junco, nem girassol,

floração ali não medra,
longe da terra do sol.

Floração ali não medra;
tudo o que nasce é de pedra.

O homem nasceu do vento
mas sepultou-se na pedra.

O tempo nasceu do homem
mas o homem não é pedra.

O tempo formou-se pedra
na eternidade de pedra.

Um sol compreendeu o homem;
era fogoso e de pedra.

Menino não como os outros,
menino feito de pedra.

Braços, só braços e mãos
na madrugada de pedra.

Os homem donde vieram,
se o seu destino é de pedra?

Que procuravam os homens
na eternidade de pedra?

Eram hálitos de aurora,
luz florescendo caverna?

Eram só pedra.

Talvez fonte, vento vento,
folhagem sobre montanha,
cintilações, pensamento?

Eram só pedra.

Talvez crianças relâmpagos,
Paredes de som, cantigas?

Eram só pedra.

Rostos ocultos no sono,
barcos de ânsia, velame?

Eram só pedra.

Talvez carícia, sossego,
desejo de despertar?

Eram só pedra de pedra.
Os deuses eram de pedra,
os homens eram de pedra
na eternidade da pedra.

Pedra de aurora mas pedra.
os homens eram pedras.

Lábios de pedra mas pedra
os homens eram pedras.

Ventre de pedra mas pedra,
os homens eram pedras.

Noite de pedra mas pedra,
os homens eram pedras,
os homens eram pedras,
os homens eram as pedras.

Eram as pedras, as pedras,
eram as pedras.
Les hommes avaient des ombres
en eux, sphinx de solitude.

Les hommes avaient des ombres,
il voulaient tisser de rêves
l'eau verte des rivières.

Les hommes avaient de l'amertume
en eux, ils voulaient réparer le cygne
sur les eaux vertes des lacs.

Les hommes avaient de l'ardeur
comme des torches d'amarante,
sur le visage du crépuscule
s'abandonnaient la rose des pleurs.

Les hommes étaient silencieux
donjons de vide.

Terribles, ils étaient terribles
et montés contre le ciel de l'oubli,
ils lançant des traits de feu
et s'endormaient dans le vent.

Des hommes faits du vent
(d'un vent prédestiné) ; avec
des bras de fer dans le temps,
entre le présent et le passé.

Les hommes étaient profonds
à la surface des choses
et ils restaient là dans le monde
des lèvres-roses et des roses.

Les hommes étaient féroces
comme les étoiles de l'ambition ;
mais dès le printemps,
si le printemps arrivait,
ils étaient doux comme l'écume,
vierges comme des épées ;
ils étaient tendres, tendres
comme des oiseaux abandonnés.

Les hommes étaient faits d'étoiles,
soufflant au-dessus du canal ;
non faits des étoiles de la nuit,
mais de celles qui sont en métal.

Les hommes étaient faits d'étoiles
et ils ne pouvaient le supporter.

Les hommes étaient faits de ténèbres,
et ils en devinrent les esclaves.

Les hommes étaient isolés
dans le grand tunnel de pierre.

Ni algues, ni lavande,
ni roseaux, ni tournesols,

nulle floraison ne prospère
loin du pays du soleil.

nulle floraison n'y prospère ;
tout ce qui pousse est de pierre.

L'homme est né du vent,
mais il est enfoui dans la pierre.

Le temps est né de l'homme,
mais l'homme n'est pas en pierre.

Le temps est formé de pierre
dans l'éternité de la pierre.

Un soleil avait compris l'homme ;
il était igné et de pierre.

Un enfant différent des autres,
un enfant fait de pierre.

Des bras, que des bras et des mains
dans une aube de pierre.

D'où les hommes viennent-ils,
si leur destin est de pierre ?

Que cherchaient les hommes
dans l'éternité de la pierre ?

Étaient-ce les souffles de l'aube,
lumière éclose dans la caverne ?

Ce n'était que de la pierre.

Source peut-être, vent, vent
frondaison de la montagne,
des étincelles, une pensée ?

Ce n'était que de la pierre.

Peut-être des enfants, la foudre,
des murs faits de son, des chants ?

Ce n'était que de la pierre.

Des visages cachés en sommeil,
des barques d'angoisse, des voiles ?

Ce n'était que de la pierre.

Une caresse peut-être, une quiétude,
le désir de s'éveiller ?

Ce n'était que pierre de pierre.
Les dieux étaient de pierre,
les hommes étaient de pierre
dans l'éternité de la pierre.

Pierre de l'aube, mais pierre.
Les hommes étaient des pierres.

Lèvres de pierre, mais pierre,
les hommes étaient des pierres.

Ventre de pierre, mais pierre,
les hommes étaient des pierres.

Nuit de pierre, mais pierre,
les hommes étaient des pierres,
les hommes étaient des pierres,
les hommes étaient les pierres.

Ils étaient les pierres, les pierres,
ils étaient les pierres.
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Mains négatives au pochoir (Paléolithique)
Grotte de Pech-Merle (France)
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Inscrição
Inscription


Aqui estou,
aberto o pórtico.
Serei breve no amor e no transporte.
O óbolo está pago, o dia resgatado
E a barca pronta, com seu barqueiro amargo.

Aos deuses não ouso nada,
nem compro,
senão o intervalo
de meu próprio espanto.

Carregai-me, barca
E ainda canto.
Me voici,
le portail est ouvert.
Amour et transport seront brefs.
L'obole est payée, le jour rédimé
Et la barque est prête, avec son nautonier amer.

Aux dieux, je n'ose rien dire
ni racheter
si ce n'est un court instant
pour ma propre épouvante.

Barque, emporte-moi,
que je chante encore.
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Gustave Doré
Charon traversant l'Achéron (1882-1883)
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Estão enferrujados


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Estão enferrujados
Rongés de rouille...


Estão enferrujados
o ferro e a solidão,
o jugo com sua casa,
o medo e a noite vasta,
porém o sonho não.

Estão enferrujadas
a morte e a sua aljava,
a faca sob a toca,
porém, o braço não:
quando se ergue, corta.
Rongés de rouille sont
le fer, la solitude,
la maison et son carcan,
la peur et la nuit vaste
mais le rêve, non.

Rongés de rouille sont
la mort et son carquois,
le poignard en son étui
mais le bras, non :
S'il se dresse, il frappe
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Roberta Ubaldi
Crâne (2012)
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Deus é um verso estreito


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Deus é um verso estreito
Dieu est un vers resserré


Deus estava nas águas
como um feto no ventre da mulher.
Mas não dependia das águas,
nem da mulher.
Deus voltava à infância
que ao teve.
Deus voltava a terra.
E a terra de Deus
é em si mesmo.
Deus está dormindo, Silbion.
Como é formoso Deus!
Deus está sozinho, Silbion.
Como é duro ser Deus!
Deus está cansado, Silbion.
Como está errante Deus!
Quem poderá despertá-lo?
O vento? Tu? Ninguém?
Quem poderá compreendê-lo, Silbion?
Quem? Os ventos? Ninguém.
Os ventos não o compreendem;
levavam cisnes nos ombros.
As águas não o compreendem;
eram tão tristes as águas!
As noites não o compreendem;
levavam cisnes nos ombros.
Os anjos não o compreendem.
Só sabem dizer “Senhor, Senhor!”
e calar as palavras.
Dieu était sur les eaux,
fœtus dans le ventre de sa mère.
Mais il ne dépendait ni des eaux
ni de sa mère.
Dieu était retourné
vers son enfance.
Dieu retournait à la terre.
Et la terre de Dieu
est en lui-même.
Dieu est endormi, Silbion.
Que Dieu est beau !
Dieu est seul, Silbion.
Qu'il est dur d'être Dieu !
Dieu est fatigué, Silbion.
Vois comme Il est sans destin !
Qui pourra le réveiller ?
Le vent ? Toi ? Personne ?
Qui pourra le comprendre, Silbion ?
Qui ? Les vents ? Personne.
Les vents ne le comprennent pas ;
ils portaient des cygnes sur leurs épaules.
Les eaux ne le comprennent pas ;
si tristes étaient les eaux !
Les nuits ne le comprennent pas ;
ils portaient des cygnes sur leurs épaules.
Les anges ne le comprennent pas.
Ils ne savent dire que « Seigneur, Seigneur ! »
et taisent la parole.
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Stefano D'Antonio Di Vanni
Ange en prière (1465 ca.)
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