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Escrevi um poema…



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Escrevi um poema…
J'ai écrit un poème…


Escrevi um poema –
Escrevi dia.
Mas quando o leram,
Teceram nele a noite
E enterraram-no
Na sua página.
Assim morrem
Os poetas.
J'ai écrit un poème –
J'ai écrit, un jour.
Et l'ayant lu, ils l'ont
Tissé dans la nuit,
Et enterré
Dans sa page.
Ainsi meurent
Les poètes
________________

René Magritte
Les mystères de l'horizon (1955)
...

Tínhamos esquecido…



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Tínhamos esquecido…
Nous avions oublié...


Tínhamos esquecido que poderia
Acontecer assim, a manhã,
E num súbito calor
Haver uma energia súbita
Que a reconhece e lhe responde
Juntando-se ao poliedro em turbilhão
De faces incontáveis,
De pássaros lançados
Às mãos cheias pelo ar,
E a toda essa harmonia imperiosa,
Diversa unindo, o diverso enlaçando.
Contudo as suas horas tão leves,
Tempo sem esforço, cansaço,
Não são para o nosso tempo
De sobressalto e contratempo
De quem não pode esperar
Por manhãs e estações.
Enquanto a luz se apura e define
Nos seus dourados, estou certo
De que não pertence aqui
Tão gratuita pureza.
Saturamos inefáveis
Até os reduzirmos à escravidão
De forma, peso, medida
E literatura descritiva.
Com a luz à cintura
Dos primeiros blocos,
Esta manhã não sabe – ou esqueceu –
Que já não estamos no Paraíso.
Nous avions oublié qu'il pouvait
Arriver ainsi, le matin,
Et que dans cette soudaine chaleur,
Il peut y avoir une énergie soudaine
Qui la reconnaît et lui répond,
Se joignant au polyèdre tourbillonnant
D'innombrables faces,
Oiseaux lancés
Les mains remplies par les airs,
Et à toute cette harmonie impérieuse,
Unissant la diversité, entrelaçant la diversité.
Pourtant, ses heures si légères,
Ce temps sans effort ni fatigue,
Ne sont pas pour notre époque
De soubresauts et de contretemps,
De ceux qui ne peuvent rien attendre
Des matins et des saisons.
Tandis que la lumière s’affine et se précise
Dans ses reflets dorés, je suis certain
Qu’une pureté si gratuite
N’a pas sa place ici.
Nous saturons l’ineffable
Jusqu’à le réduire à l’esclavage
De la forme, du poids, de la mesure
Et de la littérature descriptive.
Avec la lumière à la ceinture
Des premiers blocs,
Ce matin ignore – ou a oublié –
Que nous ne sommes plus au Paradis.
________________

Childe Hassam
Printemps à Central Park (1898)
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Os cafés



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Os cafés
Les cafés


Procuras nas mesas
Uma enseada para a tristeza.
O vidro dá ao mundo
Essa distância teatral.
Deixa-te partir nos vapores,
Nos travos, nos rumores,
Nos rostos estranhos.
Aqui, o amor protege-se das noites,
Do desejo que não se cumpre,
E a solidão esconde-se da solidão.
Procuras nas mesas a redoma,
O ventre de uma pausa.
Aqui encontras na luz
As obscuridades possíveis.
Pour ta tristesse tu recherches
Un havre parmi les tables.
La vitre donne au monde
Cette distance théâtrale.
Laisse-toi aller à ces vapeurs,
Ces odeurs âcres, ces remugles,
Ces visages étrangers.
Ici, l'amour se protège des nuits,
De l'inaccomplissement du désir,
Et la solitude se cache de la solitude.
Entre les tables, tu recherches une tour
D'ivoire, un ventre pour une pause.
Ici, dans la lumière, tu trouves
Des obscurités possibles.
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Vincent van Gogh
Femme au Café du Tambourin (1887)
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Filosofia



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Filosofia
Philosophie


É certo que não há certeza alguma,
Que a estabilidade é um equilíbrio fulgente,
Nem certeza da carne fluída
Nem certeza da fonte que é a alma.

E a minha ideia do Universo
É um fio de dúvida.
Il est vrai qu’il n’y a aucune certitude
Que la stabilité soit un équilibre glorieux,
certitude que la chair soit mobile,
certitude quant au puits de l’âme.

Et ma conception de l’Univers
N’est qu’un chapelet de doutes.
________________

Andy Goldworthy
Pierres de rivière en équilibre (1983)
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Primeiro amor


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Primeiro amor
Premier amour


Tentei todas as formas de mágoa
Na minha própria mágoa: nenhuma servia.
Nada havia sido escrito para mim.
Os teus olhos não estavam escritos
Em lado nenhum; ninguém estivera
Antes de mim na minha solidão.
E havia gritos à procura da minha boca,
Dentro do meu amor por ti,
O amor nada sabia de si próprio
Por ninguém, livro nenhum ‑
Ia-se criando à tua imagem.
O primeiro amor, que é também o último,
Jamais está escrito.
Então, quase acreditei na força
De um grito inédito, inaudito:
Concedam-me este amor
E moverei o mundo ‑
Dirigindo-me não sei a quem;
Por descobrir estava que sentir não é poder,
Que o sol não se move, nem as outras estrelas,
Que para o amor não basta amarmos,
Eternos e morituros.

J’ai essayé pour mon chagrin
toutes les formes de chagrin : rien n'allait.
Rien n’avait été écrit pour moi.
Tes yeux n’étaient écrits
Nulle part ; personne n'avait
avant moi vécu ma solitude.
Et il y avait des cris cherchant ma bouche,
Au cœur de mon amour pour toi,
Cet amour ne trouvait le savoir de lui-même
En personne, en aucun livre -
Il était là, se créant à ton image.
Un premier amour est aussi le dernier,
Il n’est jamais écrit.
Alors, j’ai failli croire en la force
D’un cri inédit, inouï,
Et qu'en m'accordant cet amour
Je soulèverais le monde –
Je ne savais plus à qui m'adresser
Quand j’ai découvert que ressentir n’est pas pouvoir,
Que le soleil ne se meut pas, ni les autres étoiles,
Qu’il ne suffit pas à l’amour que nous nous aimions,
Éternels et mortels.

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Malisa Catalani
Gaïa (2020)
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A tarde compõe-se no céu…



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A tarde compõe-se no céu…
L'après-midi dans le ciel se compose…


A tarde compõe-se no céu,
Teatral, florida, clara:
Espessura de aves do Verão.
Mas em mim soam os tambores da chuva,
Tantos tambores tentaculares...
É a alegria de estar vivo
Tantas vezes pontuada
Por longos espaços de pedras longas,
Rajadas de silêncio,
Buracos de mim.
L'après-midi dans le ciel se compose,
Théâtrale, fleurie, lumineuse :
Bataillon d’oiseaux d’été.
Mais les tambours de la pluie sonnent en moi,
Tant de tambours tentaculaires…
C’est la joie d’être en vie,
Tant de fois ponctuée
Par de longs espaces de longues pierres,
Des rafales de silence,
Aux trouées de moi.
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Sarah Goodnough
Oiseaux en vol (2011)
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Poeta



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Poeta
Poète


I
Poeta – sincinesia da realidade
Distorcida pelos espelhos
Semeados nas palavras.

  II
Onde a grafia for mais sinuosa
Onde a síncope do olhar for profunda
Aí estará a poesia.
I
Poète – syncinésie de la réalité
Distordue par les miroirs,
Semaison dans la parole

II
Où l’écriture sera plus sinueuse
Où la syncope du regard, profonde
Là résidera la poésie
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Guillaume Apollinaire
Reconnais-toi (1915)
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Que a tua memória seja longa…



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Que a tua memória seja longa…
Que ta mémoire soit longue…


Que a tua memória seja longa,
Embora, por vezes, a fites incrédulo,
E não te reconheças em nenhum
Dos outros que foste e em ti apagaste.
Memória longa para saberes
Onde se encontram perdidas as coisas,
As pessoas, os lugares,
E então talvez as causas aceitem revelar-se,
Personagens na sombra que abandonam o disfarce
Porque nada mais pode a memória
Senão murmurar-te que viver
É desencontrar.
Que seja longa e labiríntica:
O fogo sem chamas reminiscente
O que te espera é isso,

Uma longa conversa com a memória.
Que ta mémoire soit longue,
Bien que parfois tu la fixes, incrédule,
Sans te reconnaître en aucun des
Autres que tu as été et que tu effaces en toi.
Mémoire suffisamment longue pour savoir
Où se rencontrent les choses qui sont perdues,
Les personnes, et les lieux,
Et aussi peut-être les causes acceptant de se révéler,
Personnages dans l'ombre qui laissent tomber le masque
Car plus rien n'étaye la mémoire
Si ce n'est ce murmure en toi disant que vivre
C'est être en désaccord.
Aussi qu'elle soit longue et labyrinthique :
Un feu sans flammes venant te rappeler
Ce qui t'attend et doit être,

Une longue conversation avec ta mémoire.
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René Magritte
Souvenir de voyage (1963)
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Rangem enxárcias no ar...



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Rangem enxárcias no ar...
Grincent les gréements dans l'air...


Rangem enxárcias no ar
E as árvores esbracejam,
Como náufragas.
Cada folha apresta-se para a tempestade
Para desempenhar o seu papel no terror
Entre nuvens sulfúricas,
Na presúria do vento.

A tempestade que chega com um vagido
E as nossas duas almas que se rasgam
Como se, alguma vez, fossem uma,
Agora, na tempestade, no terror.
Grincent les gréements dans l'air
Et les arbres se débattent,
Comme des naufragés.
Chaque feuille s'apprête à subir le fouet
de la tempête à jouer son rôle dans la terreur
Sous la pressure du vent
et des nuages sulfuriques.

La tempête arrive avec un hurlement
Et nos deux âmes se déchirent
Comme si, jamais, elles n'avaient été unies,
Maintenant, dans la tempête, dans la terreur.
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Matthieu van Plattenberg
Navire hollandais dans la tempête (~1650)
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Não quero dizer nada…



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Não quero dizer nada…
Je ne veux rien dire…


Não quero dizer nada.
Se eu quisesse não escrevia poemas.
Aliás o poema escreve-se dentro de mim,
Num fora de mim,
Noutra desenfreada de verde margem,
Alheia, distante, proibida.
O poema nasce do seu nada,
Do seu silêncio,
Respira numa raiz de nebulosa,
Torna-se arauto, nascido de um relâmpago
Ou ideia dolorosamente gotejante
Para as formas da escultura,
Ideia vinda do limbo
De um nome abandonado,
Ignorado,
Pois que os nomes não se criam,
Apenas se transformam.
O poema existe em mim,
Sem elos comigo:
Eu não o disponho.
O poema não é a sombra, o reflexo,
Do poeta.
Je ne veux rien dire.
Je le voudrais, je n’écrirais pas de poèmes.
D’ailleurs, le poème s’écrit à l'intérieur de
Moi-même et de l'extérieur,
Depuis l'autre rive de verdure, sans frein,
Étrangère, lointaine, interdite.
Le poème naît de son néant,
De son silence,
Il respire, dès sa racine de nébuleuse,
Il devient messager, naissant d'un éclair
Ou d'une idée qui s’écoule avec douleur
Vers les formes de la sculpture,
Idée venue des limbes
D’un nom abandonné,
Ignoré,
Car les noms ne sont jamais créés,
Seulement transformés.
Le poème existe en moi,
Sans lien avec moi :
Je n’en dispose pas.
Le poème n’est ni l’ombre, ni le reflet,
Du poète.
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Victor Brauner
Additivité spatiale (1956)
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O fim começa-se…



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O fim começa-se…
La fin commence…


O fim começa-se
No próprio princípio,
Na sua negação prolongado.
Assim, também a voz
Tantas vezes, em si mesma
Prisioneira
Da morte de tantos poetas
E ninguém sabe.
La fin commence
À son principe même,
En sa négation prolongée.
Il en va ainsi de la voix
En soi-même si souvent
Prisonnière
De la mort de tant de poètes
Et personne ne le sait.
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Carla Accardi
Au coeur de la nuit (1986)
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A noite demora-se…



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A noite demora-se…
La nuit s’attarde…


A noite demora-se a passear
Pelas figuras que a povoam:
O orvalho da nostalgia,
Uma melancolia,
Uma tristeza antiquíssima
Que sobe aos olhos.
Pelas ruas, pelo silêncio,
Algo secreto rege brumas
E amplia os ângulos da sombra.
La nuit s'attarde et se promène
Parmi les silhouettes qui la peuplent :
Un baume nostalgique,
Une mélancolie,
Une tristesse très ancienne
Monte jusqu'aux yeux.
Par les rues, à travers le silence,
L'élément d'un secret régit les brumes,
Et accentue les angles de l'ombre.
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Alphonse Osbert
Les chants de la nuit (1896)
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Mergulho no rio do povo…



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Mergulho no rio do povo…
Immergé dans le flot de la foule…


Mergulho no rio do povo,
No seu rio de suor e loção da barba
E fritos e vozes roufenhas
E silêncios saturados.
O dia a prumo sobre o povo,
Sobre a torrente da sua pressa,
Da sua ânsia, da sua fome,
O dia que me atinge e me torna,
Como torna cada uma destas faces,
Uma gota do povo.
O povo sem deuses e sem sonhos
Que, no entanto, crê em sonhos e em deuses,
O povo que passa no olhar destes versos,
Versos que não são neo-reais
Ou realistas, mas apenas reais.
Immergé dans le flot de la foule
Dans ce fleuve de sueur et de lotion à raser
Et de fritures et de voix enroués
Saturé de silences.
Le jour à l'aplomb du peuple,
Sur le torrent de sa hâte,
De son angoisse, de sa faim,
Le jour qui me touche et me transforme,
Comme il touche chacun de leurs visages,
Une larme à la joue du peuple.
Un peuple sans dieu et sans rêves,
Qui, pourtant croit en ses dieux et en ses rêves,
Peuple qui défile sous le regard de ces vers,
Vers qui ne sont ni néo-réalistes
Ni réalistes, mais juste réels.
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L.S. Lowry
En route vers le match (1928)
...

A maldição dos lugares…



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A maldição dos lugares…
La malédiction des lieux…


A maldição dos lugares é esta:
São um tempo que acaba,
Prolongando-se em outro.
Porém, aqui, neste lugar,
Tantos ontens, ainda que residuais,
São audíveis e insistentes assaltam-nos,
Assustam-nos, dilaceram-nos
Com a sua presença de jamais regressarem.
O tempo passado vertebra os lugares,
Percorre-os como uma peste,
Recorda-nos que em nós
O tempo tem de ser extinto
Sempre duas vezes.
La malédiction des lieux est telle
Qu'ils sont dans un temps qui s'achève,
Et se prolonge dans un autre.
Pourtant, ici, en ce lieu,
Existent des hiers, encore que résiduels
Qui résonnent avec insistance, nous assaillent,
Nous épouvantent, nous bouleversent
Par leur présence qui jamais ne se dédit.
Le temps passé structure ces lieux,
Les traverse comme une peste,
Et nous rappelle qu'en nous
Le temps doit s'éteindre
Toujours deux fois.
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Chaïm Soutine
Cagnes, paysage avec un arbre (1924-1925)
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O que por ilusão…



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O que por ilusão…
Ce que nous avons cru…


O que por ilusão dissemos pertencer-nos
Enleou-se em nós, como canto de sereia,
Induziu-nos a uma espécie de estase
Que confundimos com permanência.
E, no entanto, agora tudo é um passado
Que reconhecemos passado de mão em mão,
Quanto nos pertenceu apenas emprestado,
Algo de outros e que será de outros,
Sem marca alguma de ter sido nosso.
Ce que nous avons cru nous appartenir en propre
Se mêle à nous, pareil au chant des sirènes,
Il se produit alors une sorte de stase
Que nous confondons avec la permanence.
Et dès lors que tout maintenant est passé
Nous le voyons se transmettre de main en main.
Ce que nous croyions nôtre n'était qu'un prêt,
Chose appartenant à d'autres et, plus tard, à
d'autres encore, sans trace aucune d'avoir été nôtre.
________________

Marc Chagall
La Baie des Anges (1962)
...

Dizes…



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Dizes…
Tu dis…


Dizes:
“Oxalá as cerejas fossem como os morangos silvestres”,
e o mundo abre-se em dois cachos
pendurados na alegria,
com os caroços da atenção
deitados fora pelo vermelho.
Dizes dos morangos
como se diria da dor
de os partilhar, selvagens.
Dizes da loucura silvestre
dos lábios percorridos 
pelo sumo agreste
da fusão das cores.
Esqueces-te, porém, que as cerejas
terminam o difícil trabalho
de serem felizes
no dia que agora se encerra.
Tu dis :
"Ah, si les cerises pouvaient devenir des fraises des bois",
et le monde s'ouvrir en deux grappes
suspendues dans la joie,
avec leurs noyaux d'attention
balayés par le rouge
Tu dis les fraises
comme tu dirais la douleur
de les partager, sauvages.
Tu dis la farouche folie
des lèvres parcourues
par le jus amer
de la fusion des couleurs.
Tu oublies cependant que les cerises
ont terminé le difficile labeur
d'être heureux
en ce jour qui maintenant s'achève.
________________

Osias Beert
Nature morte aux cerises et aux fraises (1608)
...

Toda a música…



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Toda a música…
Toute la musique…


Toda a música
Traz uma memória própria,
Sábia de quanto esquecemos.
O seu fluir cristaliza
Num breve fulgor.

Toda a música
Transplanta para nós
A memória de que ela é tempo,
Essa música que adormece, cumprida,
É a nossa reconciliação
Com o silêncio.
Toute la musique
Porte en elle une mémoire,
Qui sait combien nous avons oublié.
Son flot un instant
cristallise et fulgure.

Toute la musique
Transplante en nous
Le souvenir de ce qui en elle est temps.
Cette musique qui s'endort, comblée,
Est notre réconciliation
Avec le silence.
________________

Vassily Kandinsky
Peinture bleue (1924)
...

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