Brinquei, pela calada...


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Brinquei, pela calada...
J'ai joué, en secret...


Brinquei, pela calada, em sítios proibidos -
Na eira, no coradouro, perto das orquídeas.
Na eira, quando o milho era ouro,
Perto das orquídias, flores difíceis e petulantes,
No coradouro, quando a roupa branca
Secava à brandura do ar,
Que depois se estendia ao corpo.
E então tinhamos, eu e os meus primos, o perfume dos anjos,
Como nos chamavam, com a desrazão do amor,
Avós e tias. Mas os anjos,
Se outros há para além da nossa melhor natureza,
Brincam em sítios proibidos,
Como nós no coradouro,
Onde também jaziam os ossos de cães amados,
Tentam atravessar a pé o pousio das águas,
Sem saberem que o rio pode ser
Um mal tranquilo, não menos predador.
Apenas sofrem de nódoas negras sem metafísica
E de um leve tremor da primeira sombra sexuada.
Em breve começamos a roubar fruta e beijos,
brincando sempre à socapa em sítios proibidos,
mas incapazes de conter o alvoroço -
Então avós e tias chamavam-nos
Demónios, diabretes, mafarricos.
A infância começava a ser uma impostura,
Não sabíamos ainda, não ainda,
Que já tinhamos sido expulsos do paraíso.


J'ai joué, en secret, dans des lieux interdits -
Sur l'aire, dans l'étendoir, près des orchidées.
Sur l'aire, où le maïs était d'or,
Près des orchidées, fleurs effrontées, difficiles,
Dans l'étendoir, où les vêtements blancs
Qui ont séché à la faveur de l'air,
Viennent ensuite s'étendre sur le corps.
Aussi nous avions, mes cousins et moi le parfum des anges,
Comme nous appelaient, avec la déraison de l'amour,
Nos oncles et tantes. Mais les anges,
S'il en existe au-delà de notre meilleure nature,
Jouent dans des lieux interdits,
Comme nous dans l'étendoir,
Là où gisent aussi les os des chiens bien-aimés ;
Ils essaient de traverser à pied la friche des eaux,
Sans savoir que la rivière peut être
Un mal tranquille, mais non moins prédateur.
Ils souffrent seulement d'ecchymoses sans métaphysique
Et du léger tremblement de la première ombre sexuelle.
Et nous allions bientôt dérober fruits et baisers,
Jouant en catimini toujours dans les lieux interdits,
Mais incapable de contenir le trouble.
Oncles et tantes alors nous appelaient
Petits diables, démons, chameaux.
L'enfance commençait à être une imposture,
Nous ne le savions pas encore, pas encore,
Mais nous avions déjà été expulsés du paradis.


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Henri Matisse
Le Bonheur de vivre
(1905–1906)
...

Grato pela tua nudez...


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Grato pela tua nudez...
Merci pour la nudité...


Grato pela tua nudez que me revela
Sempre outro o teu corpo,
Que continua a caminhar para mim,
Para me abrir a porta
Algures numa miragem
Como se fosse ainda possível
Entrar para te abraçar.
Algum dia a perda se aquietará
E se deixará enfim afagar,
Como um animal dócil,
E clara nos seus contornos


Merci pour la nudité qui me révèle
Ton corps toujours autre,
Qui pour moi, continue de marcher,
Qui vient m'ouvrir la porte
Quelque part dans un mirage
Comme si c'était encore possible
Tu entres pour que je t'embrasse.
Un jour la perte envers toi s'apaisera
Et pour finir se laissera caresser,
Comme un animal docile,
Et clair dans ses contours.


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Pierre Bonnard
Intérieur avec nu, ou Le lever, femme nue assise sur son lit
(1905)
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Que não acabes nunca...


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Que não acabes nunca...
Que n'en finisse jamais...


Que não acabes nunca de me esquecer
(A memória como um dente-de-leão
Que resiste a todos os sopros,
Um lume de partículas suspensas
Pairando como luz num dia de Verão,
Enxames crepusculares sobre um curso de água).
Que indelével seja qualquer coisa,
Um cristal de noite, o resto de um riso,
Uma cintilação na nebulosa de instantes
Em que acordámos juntos
E percebemos, num misto de alívio e alegria,
Que o amor não tinha acabado ainda,
Que ainda não nos deitáramos a perder.


Que tu n'en finisses jamais de m'oublier
(La mémoire est une dent-de-lion
Qui résiste à tous les souffles,
Un jeu d'étincelles en suspension
Flottant comme au soleil un jour d'été,
Essaims crépusculaires sur un cours d'eau).
Que chaque chose soit indélébile,
Un cristal de nuit, l'éclat d'un rire,
Une scintillation dans la nuée des instants
En laquelle nous nous accordons,
Où nous percevons apaisement et joie mêlés,
Que l'amour ne soit pas encore fini,
Allant nous coucher pour le perdre encore.


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Soga Shōhaku (1730 - 1781)
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Vozes abafadas


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Vozes abafadas
Voix étouffées


O ruído vem de longe e quase não se escuta.
Le bruit vient de loin qui ne s'entend presque pas.
Passa no ar ou ruge dentro de nossos ouvidos?
Dans les airs, passe-t-il ou bien rugit-il à nos oreilles ?
Vem do centro da terra ou do terror das consciências?
Vient-il du centre de la terre ou de la terreur des consciences ?

São crianças chorando com medo da vida?
Sont-ce des enfants qui pleurent craignant la vie ?
Soluços de mães que ignoram as causas?
Des hoquets de mères ignorant les raisons ?
Gritos alucinados de homens caídos sob as rodas do carro terrível?
Les cris hallucinés des hommes tombés sous de terribles roues ?
São os últimos brados das pátrias esfaceladas,
Sont-ce les derniers cris des patries en ruine,
Os uivos dos vento nas bandeiras das nações vencidas,
Les hurlements du vent aux drapeaux des nations vaincues,
Ou no ventre do caos os vagidos do mundo futuro?
Ou dans le ventre du chaos, les vagissements d'un monde futur ?

Cala, poesia,
Tais-toi, poésie,
A dor do homem não se pode exprimir em nenhuma língua.
La douleur de l'homme ne peut s'exprimer en aucune langue.
Talvez a exprimisse o ai da cabeça separada do corpo que rola ensanguentada,
Peut-être exprimerait-elle le sort de la tête séparée du corps qui roule ensanglantée,
Talvez a escrevesse a mão hirta que no último gesto de horror largou a espada,
Peut-être écrirait-elle la main roide qui jette, en un geste d'horreur ultime son épée,
Talvez a disesse o grito sufocado, o pranto que salta, o suor frio, o olhar esbugalhado...
Peut-être dirait-elle le cri étouffé, les larmes qui sourdent, la sueur froide, les yeux exorbités
Ante o ricto dos mortos compreendo que a dor não se exprime
Avant le rictus des morts j'ai compris que la douleur ne s'exprime
Em língua nenhuma e ainda que os homens falassem uma só língua.
En aucune langue, bien que les hommes parlent une seule langue.

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Anselm Kiefer
Lilith (1987-1989)
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Um método


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Um método
Une méthode
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(exercício pongiano)
(exercice pongien)
Insinua-te como a água em todos os interstícios de uma vida e, onde não há espaço, introduz-te à força de uma carícia subtil e paciente, acumulando-se numa intensidade sem violência.
Insinue-toi comme l’eau dans tous les interstices d’une vie et, là où il n’y a pas d’espace, introduis-toi au moyen d’une subtile et patiente caresse, s’amoncelant avec une intensité sans violence.
Sim, como a água, vigiando sempre a tua própria salinidade, a concentração de calcário - a água calcária é a mais dogmática, sufoca, obstrui. Conheces bem os perigos do calcário no coração.
Oui, comme l’eau, surveille ta propre salinité, la concentration du calcaire – l’eau calcaire est la plus dogmatique, elle étrangle et obstrue.Tu connais les périls du calcaire pour le cœur.
A água que fores não deve ser mais do que uma destilação essencial de ti, não uma abstracção, uma construção putativa.
L’eau que tu seras ne doit être rien de plus qu’une distillation essentielle de toi, non une abstraction, une construction putative
Qualquer substância estranha, como a náusea, a ira, a angústia, lhe irão desfigurar a transparência, turvar o curso - e não te conhecerás, não te reconhecerão. Serás salobro.
Quelques substances étrangères, comme la nausée, la colère, l'angoisse, viendront défigurer ta transparence, troubler ton cours – et tu ne te connaitras plus, elles ne te reconnaîtront pas. Tu seras de mauvais goût.
É certo que já se avistaram águas iradas - mas, repara, nunca de moto próprio: sempre pela instigação de sismos, pela sedição de chuvas, lamas, troncos, sempre pela violência de um excesso terceiro, de um ritmo que se subverte
Il est vrai que l'on a déjà vu des eaux furieuses - mais, tu le remarqueras, jamais à titre personnel : toujours à l’instigation de séismes, par la sédition des pluies, des boues, des troncs, toujours, par la violence et l'excès d'un tiers, d’un rythme qui subvertit.
E, quanto à angústia, é absurdo tentar aplicá-la, misturá-la na água. É claramente um elemento estranho, que fende as águas como o peso intruso de uma pedra. E, mesmo assim, repara que a água acolhe a pedra, não a repudia; envolve-a, embala-a, absorve a sua violência, anula-a, sem a repelir, sem ripostar; amortece a sua queda, deposita-a, delicadamente, num qualquer fundo, e segue o seu caminho - sempre sem angústia, sem ira.
Et quant à l'angoisse, il serait absurde d'essayer de la mettre en œuvre, et de la mélanger à l'eau. C'est clairement un élément étranger, qui pourfend les eaux comme le poids intrusif d'une pierre. Et même ainsi, tu remarqueras, que l'eau accueille la pierre, ne la répudie pas; elle l'enveloppe, la berce, absorbe sa violence, l'annule, sans la repousser, sans riposter ; elle amortit sa chute, et la dépose délicatement dans quelque fonderie et poursuit son chemin – toujours sans angoisse, sans colère.
Poderás tanto? Muitas mais lições deves à água
Pourras-tu d'autant ? Nous devons à l'eau nombre de leçons.
Repara como, prisioneira embora de leis inflexíveis, desfruta da liberdade que possui. Repara como a água não se deprime, nem se deixa comprimir, como se esquiva. O meu próprio discurso se quereria de água, mas é uma retórica de pedra. Perdoa-me por isso.
Constate comment, bien que prisonnière de lois inflexibles, elle jouit de la liberté qu’elle possède. Constate comment l'eau ne se déprime pas, ne se comprime pas non plus, comment elle s'esquive. Mon propre discours se réclame de l'eau, mais c'est une rhétorique de pierre. Aussi pardonne-moi pour cela.
Mas sê água: vê como, fluindo ou refluindo, segue convictamente essa direcção – pelos caprichos da terra, é certo, mas vê como se conforma sem a aparência de submissão, sem que realmente seja submissão. Aproveitará qualquer descuido, qualquer falha, para se evadir.
Mais sois cette eau : vois comme elle suit, fluente ou refluant, cette direction toujours convaincue – c'est certain, par les caprices de la terre, mais vois comment elle se conforme sous les apparences de la soumission, sans que cela soit réellement de la soumission. Elle profitera de la moindre inattention, de la moindre faute, pour s'évader.
Mais – é sempre ela própria, independentemente da sua quantidade ou do recipiente ou do estado, mas não se fecha, hermética, sobre si própria, recusando todo o contacto ou mistura. Molda-se ao espaço, mas preenche-o inteira, resolutamente – nada recusa do que lhe é concedido. É indiferente à sua própria grandeza.
De plus, elle est toujours elle-même, quelle que soit sa quantité, son contenant ou son état, mais ne se ferme jamais, hermétique, sur son propre, refusant tout contact ou mélange. elle se moule à l’espace, mais le remplit en entier, résolument – elle ne refuse jamais ce qui lui est accordé. Elle est indifférente à sa propre grandeur.
Se não fosse contaminá-la, diria que é, com igual convicção, um charco ou um oceano. E vê, por exemplo, como ilumina: num copo de água ou num rio, sem possuir luz própria.
Si ce n'était la contaminer, je dirais qu'elle est, avec la même conviction, un bourbier ou un océan. Et voit, par exemple, comment elle s'illumine : dans un verre d'eau ou dans un fleuve, sans posséder sa propre lumière.
Sê – e era isto que te queria dizer desde o princípio – amante como a água. Ama como a água, com amor de água. Insinuando-te. Inunda o estanque.
Sois - et voici ce que je voulais te dire depuis le début - un amant est comme l’eau. Il aime comme l'eau, avec l'amour de l'eau. Il s'insinue en toi. Inonde la carène.
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Maria Helena Vieira da Silva (1908-1992)
Nuit de la Saint-Jean, 1971
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Vocabulário


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Vocabulário
Vocabulaire


Áridas palavras,
Refratárias, secas
Arestas de fragas
Secretando uma água
Morosa, suada,
Que não mata a sede.

São pedras na boca.
Rolam balbuciantes
Buscando um sentido.
Uma quer ser beijo.
Outra quer ser lágrima.

Não basta dizê-las.
Elas querem ser
Mais do que palavras.

Como captarei
A ideia sem fim
(Não sei de onde vem)
Que tenta exprimir-se…

Áridas palavras
Para as bocas ávidas,

E quando elas brotam
Não são mais que as notas
De uma extinta música…


Paroles arides,
Réfractaires, sèches
Arêtes des rocs
Secrétant une eau
Morose, une suée
qui ne tue pas la soif.

Ce sont pierres en bouche.
Balbutiantes, elles roulent,
Cherchent un sens.
L'une veut être un baiser.
Mais l'autre, une larme.

Il ne leur suffit pas d'être
Dites. Elles veulent être
Plus que des paroles.

Comment saisirais-je
L'idée qui n'en finit pas
(Je ne sais d'où elle vient)
Qui là, essaie de s'exprimer ...

Paroles arides
Pour les bouches affamées,

Et quand elles jaillissent,
Elles ne sont plus que les notes
Amuïes d'une musique ...


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Florine Offergelt
Libro d'artista (2015)
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Tocata e fuga


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Tocata e fuga
Toccata et fugue


É tudo aquilo que só existe no ar,
O que de nós, além de nós, se expande.
É a vertigem para o alto, igual à grande
Tocata e fuga em ré menor de Bach.
É o delírio de um bêbedo num bar...
É um não sair do chão por mais que se ande...

Tudo que em mim, somente em mim existe,
Me transporta, me absorve, me suspende,
Me faz sorrir embora eu esteja triste,
Triste naquele universal sentido
Que a música interpreta e se compreende
Sem que em palavras seja traduzido.


C’est tout ce qui n’existe que dans l’air,
Ce qui de nous, et au-delà de nous, se répand .
C'est vers les hauteurs, un vertige aussi grand que
La toccata et fugue en ré mineur de Bach.
C'est le délire d'un ivrogne dans un bar ...
Aussi fort qu'une envolée mais sans quitter le sol ...

Tout cela existe en moi, en moi seulement,
et me transporte, m'absorbe, et me suspend,
Me fait sourire, même si je suis triste,
Triste dans ce sens universel
Où la musique s'interprète et se comprend
Sans être jamais traduite par des mots.


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Vassily Kandinsky
Jaune, Rouge, Bleu (1925)
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Terra de ninguém


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Terra de ninguém
Terre de nulle part


A sala recende
A terra molhada,
A caule úmido e raiz apodrecida.

As flores sobre o cadáver
Contraem pétalas enregeladas.
A figura de cera no caixão bordado
Sorri como um cego sorri
Com ar de náusea.

Os convidados expandem uma tristeza festiva.
O defunto recusa
Qualquer comunicação com a humanidade
Que lhe é de todo indiferente agora.
(Ele que morreu "pela Causa" e recebe honras fúnebres.)

Em sua torre de marfim,
Sob o céu absoluto da paisagem devastada,
Reina, altivo. (Há coroas, há bandeiras na sala.)

Passante! descobre-te e não rias,
Respeita a morte e o fedor de sua glória.


La salle a des relents
De terre humide,
De tige humide et de racine décomposée.

Les fleurs sur le cadavre
contractent leurs pétales frigorifiés.
La figure de cire ornant le cercueil
sourit comme un aveugle sourirait,
son air donne la nausée.

Les invités répandent une tristesse festive.
Le défunt refuse
Toute communication avec l'humanité
Qui maintenant lui est indifférente.
(Mort « pour la Cause », il reçoit les honneurs funéraires.)

Dans sa tour d'ivoire,
Sous le ciel absolu du paysage dévasté,
Il règne, hautain. (Il y a, couronnes et drapeaux dans la salle.)

Passant ! découvre-toi et ne rit point,
Respecte la mort et la puanteur de sa gloire.


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Joseph Bayer
Veillée Funéraire pour l'Empereur François d'Autriche
(Litographie, 1835)
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Salmo perdido


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Salmo perdido
Psaume perdu


Creio num deus moderno,
Um deus sem piedade,
Um deus moderno, deus de guerra e não de paz.

Deus dos que matam, não dos que morrem,
Dos vitoriosos, não dos vencidos.
Deus da glória profana e dos falsos profetas.

O mundo não é mais a paisagem antiga,
A paisagem sagrada.

Cidades vertiginosas, edifícios a pique,
Torres, pontes, mastros, luzes, fios, apitos, sinais.
Sonhamos tanto que o mundo não nos reconhece mais,
As aves, os montes, as nuvens não nos reconhecem mais,
Deus não nos reconhece mais.


Je crois en un dieu moderne,
Un dieu sans pitié,
Un dieu moderne, dieu de guerre et non de paix.

Dieu de ceux qui tuent, non de ceux qui meurent,
Des victorieux, pas des vaincus.
Dieu de la gloire profane et des faux prophètes.

Le monde n'est plus le paysage antique,
Le paysage sacré.

Cités vertigineuses, bâtiments en à-pics,
Tours, ponts, mâts, lumières, fils, sifflets, signaux.
Nous rêvons tant que le monde ne nous reconnaît plus,
Oiseaux, montagnes, nuages ne nous reconnaissent plus,
Dieu même ne nous reconnaît plus.


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Max Ernst
La divinité obscure (1957)
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Pietá


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Pietá
Pieta


Essa mulher causa piedade
Com o filho morto no regaço
Como se ainda o embalasse.
Não ergue os olhos para o céu
À espera de algum milagre
Mas baixa as pálpebras pesadas
Sobre o adorado cadáver.
Ressucitá-lo ela não pode,
Ressucitá-lo ela não sabe.
Curva-se toda sobre o filho
Para no seu seio guardá-lo,
Apertando-o contra o ventre
Com dor maior que a do parto.
Mãe, de Dor te vejo grávida,
Oh, mãe do filho morto!


Cette femme suscite la pitié
Avec son fils mort sur les genoux
Ne dirait-on pas qu'elle le berce encore.
Elle ne lève pas les yeux au ciel
N'espère aucun miracle
Mais baisse de lourdes paupières
Sur le cadavre aimé.
Le ressusciter, elle ne le peut,
Le ressusciter, elle ne saurait.
Toute courbée sur son fils
Pour en son sein le garder,
Elle le presse contre son ventre,
Plus douloureuse qu'une parturiente.
De douleurs, Mère, je te vois gravide,
Mère. Ô, d'un fils mort !


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Michelangelo Buonarroti
Pietà Rondanini (1552-1564)
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Paragem


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Paragem
Arrêt



Com os meus bois,
Os meus bois que mugem e comem o chão,
Os meus bois parados,
De olhos parados,
Chorando,
Olhando...
O boi da minha solidão,
O boi da minha tristeza,
O boi do meu cansaço,
O boi da minha humilhação.
E esta calma, esta canga, esta obediência.


Seul
Avec mes bœufs,
Mes bœufs qui beuglent et ruminent au champ,
Mes bœufs immobiles
Avec leurs yeux fixes
Qui pleurent,
Et ce regard ...
Le bœuf de ma solitude,
Le bœuf de mon chagrin,
Le bœuf de ma fatigue,
Le bœuf de mon humiliation.
Et cette atonie, ce carcan, cette soumission.


________________

Giovanni Fattori
La charrette rouge (1887)
...

O rio


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O rio
Le fleuve


A paisagem submersa, a água morta, e eu no fundo.
Mortal, sombra ou clarão, reflexo oculto

N’água como no espaço em que estou submergido,
Eu, náufrago do sonho universal,

Afundado em mim mesmo, como minha sombra no rio.
Dentro ou fora, qual é o verdadeiro afogado?
 
A água lívida como uma lâmina de aço,
Com lampejos cruéis e ameaças de morte,
 
Passa sobre mim cortando a minha figura em pedaços.
Mas ao passo que num espelho duro o meu outro eu
[me olha com ódio
 
Aqui a água trêmula me fita com um olhar de mágoa
E o meu outro eu me sorri do fundo da água,
 
Mole, maleável como coleante ofídio.
Esse corpo sem luz como uma alma com frio
 
Me chama e por entre a água enganosa do rio
Se insinua a insidiosa idéia do suicídio.


Le paysage submergé, l'eau morte, et moi à l'arrière-plan.
Mortel, ombre ou étincelle, reflet cachée

En l'eau comme en l'espace dans lequel je suis submergé,
Moi, le naufragé du rêve universel,

Ennoyé en moi-même, en mon ombre dans le fleuve.
Au dedans ou au dehors, quelle est la vraie noyade ?

L'eau blême comme une lame d'acier,
Avec des éclairs cruels et des menaces de mort,

Passe sur moi découpant ma silhouette en morceaux.
Tandis qu'en un dur miroir mon autre moi me
[regarde avec haine

Ici, l'eau tremblante me fixe avec un regard chagrin
Et mon autre moi me sourit du fond de l'eau,

Veule, malléable contorsionné, ophidien.
Ce corps sans lumière comme une âme froide

M'appelle et du milieu de l'eau du fleuve, trompeuse
Insidieuse, l'idée du suicide s'insinue.


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John Everett Millais
Ophélie (1851-1852)
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Noturno do Praia-Hotel


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Noturno do Praia-Hotel
Nocturne, Hôtel de la Plage


Estrelas sobre o edifício
Iluminado de uma luz gelada
Em frente ao mar, um mar de mármore,
Um mar de luxo, com espumas
Bem torneadas, um mar
Próximo e distante
Que soa como música noturna
Formando círculos de silêncio
Entre um e outro marulho...

Um palácio encantado,
Diáfano, aéreo,
Que se eleva da terra
Acima da miséria.

Não obstante a distância
Vêem-se nele sinais
Da existência de seres
Sobre-humanos, banhando-se
Numa verde piscina,
Figuras transparentes,
Altas mulheres que por sua
Nudez, sua brancura,
Parecem ser divinas.

Cortam as trevas as luzes
Cegantes de refletores
Ostentatórios de uma
Riqueza sem pudor. Mas
Um halo circunda o edifício,
O mar lambe-lhe os pés,
As estrelas o admiram.


Étoiles sur l'édifice
illuminé par une lumière glaciale
Face à la mer, une mer de marbre,
Une mer de luxe, d'une mousse
Bien tournée, une mer
Proche et distante
Qui a l'air d'une musique nocturne
Formée des cercles du silence
Entre l'une et l'autre marée ...

Un palais enchanté,
Diaphane, aérien,
Qui de la terre monte
Au-dessus de la misère.

Malgré la distance
On peut voir les signes
De l'existence d'êtres
Surhumains, se baigner
Dans une piscine verte,
Figures transparentes,
Grandes femmes qui par leur
Nudité, leur blancheur,
apparaissent divines.

Les lumières découpent les ténèbres
Aveuglantes des reflets
Ostentatoires d'une
Richesse sans pudeur. Mais
Un halo environne l'édifice,
La mer lui lèche les pieds,
Les étoiles l'admirent.


________________

Alphonse Osbert
Décor de l'Atrium des Thermes de Vichy (1903)
...

Noite


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Noite
Nuit


As estrelas não são fictícias, são existentes,
Mas parecem fictícias...

Todos os sonhos são verdadeiros,
Mas parecem mover-se num plano irreal.

É de mim que nasce o mal,
Todas as coisas são puras.

Sou como um morto andando à toa.
Oh, esse pensamento
não vem de mim, vem do alto.
Tive de pensá-lo porque se fez presente
Como o abismo ao suicida.

Desejo transcende-lo
E transformar o mal imaginário
Num bem presente e invisível.

Les étoiles ne sont pas fictives, elles existent,
Mais elles semblent fictives ...

Tous les rêves sont véritables,
Mais ils semblent se mouvoir sur un plan irréel.

C'est de moi que nait le mal,
Sont pures toutes les choses.

Je suis comme un mort allant se perdre.
Oh, cette pensée
n'est pas la mienne, elle vient d'en haut.
Je devais la penser car elle se fait présente
Comme l'abîme au suicide.

Désir de le transcender
Et de transformer le mal imaginaire
En un bien présent et invisible.

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Henri Matisse
La chute d'Icare (1943)

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Música surda


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Música surda
Musique sourde


Como num louco mar, tudo naufraga.
A luz do mundo é como a de um farol
Na névoa. E a vida assim é coisa vaga.

O tempo se desfaz em cinza fria,
E da ampulheta milenar do sol
Escorre em poeira a luz de mais um dia.

Cego, surdo, mortal encantamento.
A luz do mundo é como a de um farol...
Oh, paisagem do imenso esquecimento.

Comme sur une mer folle, tout est naufragé.
La lumière du monde est comme un phare
Dans la brume Et la vie ainsi est chose vague.

Le temps se désagrège, froide cendre,
Et du millénaire sablier de soleil s'écoule
En poussière, une lumière de plus d'un jour.

Sourd, aveugle, mortel enchantement.
La lumière du monde est comme un phare ...
Ô, paysage d'une oublieuse immensité.

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William Turner
Tempête de neige (1842)
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