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Poesia entre o cais e o hospital
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Poésie entre le quai et l'hôpital
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Geme no cais o navio cargueiro
No hospital ao lado, o homem enfermo. O vento da noite recolhe gemidos Une angústias do mundo ermo. Maresia transborda do mar em cansaço, Odor de remédios inunda o espaço. Máquina e homem, ambos exaustos Um, pela carga que pesa em seu bojo Outro, na dor tomando o seu corpo. Cais, hospital: Portos de espera E começo de fim da longa viagem. Chaminés de cargueiros gritando no mar, Garganta do homem em gemidos no ar. No fundo, o universo, O mar infinito, O céu infinito, O espírito infinito. Neblinados em tristezas e medos Surgem silêncios entre os rochedos. Chaminés de cargueiros gritando no mar E a garganta do homem em gemidos no ar. |
Gémit sur le quai le navire de charge
À l'hôpital tout proche, l'homme malade. Le vent de la nuit recueille les râles Y noue l'angoisse d'un monde désolé, Fatiguée, la brise marine déborde sur la mer, L'odeur des remèdes inonde l'espace. La machine et l'homme sont épuisés L'une, par le poids qui pèse dans ses soutes L'autre, par la douleur qui occupe son corps Quai, hôpital : ports dans l'attente Et le début de la fin d'un long voyage. Les cheminées des cargos hurlent en mer, La gorge de l'homme qui gémit dans les airs Au fond, l'univers, La mer infinie, Le ciel infini, L'esprit infini. Brouillés par la tristesse et la peur, Surgissent des silences parmi les roches. Les cheminées des cargos hurlent en mer, Et la gorge de l'homme qui gémit dans les airs. |
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| Raoul Dufy Le Cargo noir aux jetées blanches (1949) |




