O Aluno


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José Paulo Paes »»
 
O Aluno (1947) »»
 
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O Aluno
Le disciple


São meus todos os versos já cantados;
A flor, a rua, as músicas da infância,
O líquido momento e os azulados
Horizontes perdidos na distância.

Intacto me revejo nos mil lados
De um só poema. Nas lâminas da estância,
Circulam as memórias e a substância
De palavras, de gestos isolados.

São meus também, os líricos sapatos
De Rimbaud, e no fundo dos meus atos
Canta a doçura triste de Bandeira.

Drummond me empresta sempre o seu bigode,
Com Neruda, meu pobre verso explode
E as borboletas dançam na algibeira.
Tous les vers déjà chantés sont les miens ;
La fleur, la rue, les comptines de l'enfance,
L'instant liquide, et bleutés, les horizons
Qui se perdent là-bas dans la distance.

Je me retrouve intact dans les mille facettes
D'un seul poème. Sur les pages de la strophe,
Circulent les souvenirs et la substance
Des paroles, des gestes isolés.

Miens sont aussi, et lyriques, les souliers
De Rimbaud, et du tréfonds de mes actes
Chante la douce tristesse de Bandeira.

Drummond me prête toujours sa moustache,
Avec Neruda, mes pauvres vers explosent
Et des papillons dansent dans ma poche.
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Giorgio de Chirico
La nostalgie du poète (1914)
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Muriliana


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Muriliana
Muriliana


Corto a cidade, as máquinas e o sonho
Do jornaleiro preso no crepúsculo.
Guardo as amadas no bolso do casaco.
Almoço bem pertinho do arco-íris,
Planto violetas na face do operário.
Conversando com anjos e demônios,
É o meu anúncio quem dirige as nuvens.
Je traverse la ville, les machines et le rêve
Du vendeur de journaux prisonnier du crépuscule.
Je garde mes amours dans la poche de ma veste.
Je prends mon déjeuner auprès de l'arc-en-ciel,
Je plante des violettes sur le visage de l'ouvrier.
En conversant avec les anges et les démons,
Ma publicité a dicté le mouvement des nuages.
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Alberto da Veiga Guignard
Portrait de Murilo Mendes (1930)
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Balada


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Balada
Ballade


Folha enrugada,
poeira nos livros.
A pena se arrasta
no esforço inútil
de libertação.
Nenhuma vontade,
nem mesmo desejo
na tarde cinzenta.

A árvore seca
esperando seiva
não tem paisagem.
Na frente é o deserto
coberto de pedras.
Nem sombra de oásis.
Pobre árvore seca
na tarde cinzenta!

Se houvesse um castelo
com torres e dama
de loiros cabelos,
talvez eu fizesse
algum madrigal.
Mas a dama morreu,
os castelos se foram
na tarde cinzenta!

O caminho se alonga
por entre montanhas,
por campos e vales.
Talvez me conduza
ao roteiro perdido
no fundo do mar.
Mas estou tão cansado
na tarde cinzenta!

Não sou lobo da estepe;
amo a todos os homens
e suporto as mulheres.
Contudo não posso
falar com os lábios,
amar com o sexo,
porque sinto a tortura
da tarde cinzenta!

Só me restam os livros.
Vou ficar com eles
esperando que chegue
do fundo da noite,
das sombras do tempo,
oh! imenso mar,
vem me libertar
da tarde cinzenta!
Feuille chiffonnée,
poussière sur les livres.
La plume y paresse
en un vain effort
de libération.
Aucune volonté,
pas même un désir
dans le soir gris.

Cet arbre sec
attendant la sève
ne fait pas un paysage.
Devant, c’est le désert
que recouvre des cailloux.
Pas l’ombre d’un oasis.
Pauvre arbre sec
dans le soir gris !

S’il y avait un château
avec des tours et une dame
aux cheveux blonds,
peut-être composerais-je
un madrigal.
Mais la dame est morte,
les châteaux ont disparu
dans le soir gris !

Le chemin s’étire
à travers les montagnes,
parmi champs et vallons.
Peut-être me conduira-t-il
vers des contrées perdues
au fond de la mer.
Mais je suis si fatigué
dans le soir gris !

Je ne suis pas un loup-cervier ;
j’aime tous les hommes
et je supporte les femmes.
Je ne peux toutefois
parler avec mes lèvres,
aimer avec mon sexe, car
j'éprouve de grands tourments
dans le soir gris !

Ne me reste que mes livres.
Je vais rester avec eux,
en attendant que n’arrive,
du fond de la nuit,
les ombres du temps,
ô mer immense,
viens me délivrer
dans le soir gris !
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Tarsila do Amaral
Terre (1943)
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À noite, Deus…



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Source :
 
Autre traduction :
Nuno Rocha Morais »»
 
Poèmes inédits »»
nunorochamorais.blogspot.com (octobre 2026) »»
 
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À noite, Deus…
À la nuit tombée, Dieu…


À noite, Deus envia-nos os seus demónios,
A terra queimada de dúvidas,
Êxodo de crenças e amores,
A corrente traiçoeira de esperanças
E para que esta vida seja suportável,
Para que tudo não se esfume
Pelas suas fronteiras súbitas,
Deixando-me na polpa de um vazio,
Combato Deus contra a ideia de paraíso.
À la nuit tombée, Dieu nous envoie ses démons,
La terre dès lors dévorée par le doute,
L’exode des croyances et des amours,
La traitrise courante des espoirs
Et pour que cette vie soit supportable,
Pour éviter que tout ne s’efface
Derrière ses frontières abruptes,
Me laissant dans la pulpe d’un vide,
Je combats Dieu, contre l’idée du paradis.
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Fra Angelico
Le Jugement dernier (1431)
(détail de l'Enfer)
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Retrato


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Sebastião da Gama »»
 
Itinerário Paralelo (1967) »»
 
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Retrato
Portrait


Nasci para ser ignorante
Mas os parentes teimaram
(e dali não arrancaram)
em fazer de mim estudante.

Que remédio? Obedeci.
Há já três lustros que estudo.
Aprender, aprendi tudo,
mas tudo desaprendi.

Perdi o nome às Estrelas,
aos nossos rios e aos de fora.
Confundo fauna com flora.
Atrapalham-me as parcelas.

Mas passo dias inteiros
a ver um rio passar.
Com aves e ondas do Mar
tenho amores verdadeiros.

Rebrilha sempre uma Estrela
por sobre o meu parapeito;
pois não sou eu que me deito
sem ter falado com ela.

Conheço mais de mil flores.
Elas conhecem-me a mim.
Só não sei como em latim
as crismaram os doutores.

No entanto sou promovido,
mal haja lugar aberto,
a mestre: julgam-me esperto,
inteligente e sabido.

O pior é se um director
espreita pela fechadura:
lá se vai licenciatura
se ouve as lições do doutor.

Lá se vai o ordenado
de tuta e meia por mês,
Lá fico eu de uma vez
um Poeta desempregado.

Se me não lograr o fado,
porém, com tais directores,
e de rios, aves e flores
somente for vigiado.

Enquanto as aulas correrem
não sentirei calafrios,
que flores, aves e rios
ignorante é que me querem.
Je suis né pour être ignorant.
Néanmoins mes parents ont insisté
(Et ils n'ont jamais lâché prise)
Pour faire de moi un étudiant.

N'y pouvant mais, j'ai obéi.
Et j'étudie depuis trois lustres.
Pour apprendre, j'ai tout appris,
mais j'ai aussi tout désappris.

J'ai oublié le nom des Étoiles,
de nos rivières et celles d'ailleurs.
Je confonds la faune avec la flore.
Et les additions m'embrouillent.

Mais je passe des jours entiers
à regarder une rivière qui s'écoule.
J'éprouve un amour véritable
pour les oiseaux et les vagues de la Mer.

Resplendit toujours une Étoile
au-dessus du rebord de ma fenêtre ;
Car jamais je n'irais me coucher
Sans avoir parlé d'abord avec elle.

Je connais plus de mille fleurs,
Et elles aussi me connaissent.
Mais je ne sais de quel nom latin
les docteurs ont pu les affublées.

Cependant, je suis promu,
dès qu'une place se libère,
au rang de maître : on me juge
habile, intelligent et savant.

Le pire serait qu'un directeur
regarde par le trou de la serrure :
Je pourrais dire adieu à ma licence
s'il entendait les leçons du docteur.

Je pourrais dire adieu à mon salaire
De trois fois rien par mois.
Et me voilà redevenu sur le champ
pour toujours un Poète au chômage.

Si le destin ne me joue pas
de mauvais tour avec de tels directeurs,
rivières, oiseaux et fleurs
seront les seuls à me surveiller,

Et tant que se poursuivront les cours,
Je n'éprouverai aucun frisson,
Car fleurs, oiseaux et rivières,
ce qu'ils aiment en moi, c'est l'ignorant.
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Candido Portinari
Garçon avec un oiseau (1957)
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