Poética


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Poética
Poétique


Não sei palavras dúbias. Meu sermão
Chama ao lobo verdugo e ao cordeiro irmão.

Com duas mãos fraternas, cumplicio
A ilha prometida à proa do navio.

A posse é-me aventura sem sentido.
Só compreendo o pão se dividido.

Não brinco de juiz, não me disfarço em réu.
Aceito meu inferno, mas falo do meu céu.
Aucune de mes paroles n'est duplice. Ma langue
Appelle le loup bourreau et l'agneau frère.

De mes deux mains fraternelles je suis complice
De l'île promise à la proue du navire.

La possession m'est d'aventure dénuée de sens.
Je ne conçois le pain que partagé.

Je ne joue pas au juge, ni me déguise en accusé.
J'accepte mon enfer, et ne dis rien que mon ciel.
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Frans Van Leemputten
La distribution du pain au village (1892)
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Il Poverello


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Il Poverello
Le Petit Frère des pauvres


desgrenhado e meigo, andava na floresta.
os pássaros dormiam em seus cabelos.
as feras o seguiam mansamente.
os peixes bebiam-lhe as palavras.

dentro dele todo o caos se resolvera
numa ingénua certeza: - "preguei a paz,
mostrei o erro, domei a força, curei o mal.
antes de mim, o crime, depois de mim, o amor."

mas a floresta esqueceu, no outro dia,
o bíblico sermão e, novamente,
o lobo comeu a ovelha, a águia comeu a pomba,
como se nunca houvera santos nem sermões.
tendre ébouriffé il marchait dans la forêt.
les oiseaux dormaient dans ses cheveux.
les bêtes fauves le suivaient avec docilité.
les poissons buvaient toutes ses paroles.

à l'intérieur de lui le chaos se résolvait
dans une ingénue certitude : - "j'ai prêché la paix,
montré l'erreur, dompté la force, j'ai guéri le mal.
avant moi, était le crime, après moi, l'amour."

mais dès le lendemain, la forêt oublia
le sermon biblique et, de nouveau,
le loup mangea l'agneau, l'aigle mangea la colombe
comme s'il n'y avait jamais eu de saints ni de sermons.
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Le Maître de Saint François
François prêchant aux oiseaux (détail) (1260 env.)
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Já ninguém parte de madrugada…



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Nuno Rocha Morais »»
 
Poèmes inédits »»
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Já ninguém parte de madrugada…
Plus personne ne part au petit matin…


Já ninguém parte de madrugada
E partir já não é haver alguém
Que prenda um olhar profundo
Lançado do alto das falésias de uma despedida.
Perdeu-se esse hábito tão português
Do adeus mordido nos lábios.
Momento algum me serve de engaste
Com este lugar e, indiferentes aos lugares
Se vão desmoronando na distância.
Em outro lado me espera a minha vida.
E vou partir numa hora
Em que já ninguém pensa em mim
E ninguém conseguirá reunir palavras bastantes
Para alcançar a altura de uma pergunta
E perguntar por mim.
Já ninguém parte de madrugada
O caminho de ferro é dos poucos rios
Que ainda vive e viaja
Entre os vários lugares
Onde me espera a minha vida.
Vou chegar de madrugada,
A madrugada vazia de um lugar
Onde nada me espera
A não ser a minha vida.
O futuro não desinquieta
O passado que não há.
Onde futuro e passado
Não se desinquietam mutuamente.
Plus personne ne part au petit matin
Et partir, ne veut plus dire quelqu'un
Qui prend un air profond
Lançant du haut des falaises un adieu.
Cette habitude si portugaise
De l’adieu étouffé sur les lèvres s’est perdue.
À aucun moment je ne me suis senti en harmonie
Avec l'endroit et, indifférents aux lieux
Tout s’est effondré, s'est éloigné peu à peu.
D'un autre côté, ma vie m’attend.
Et je partirai à une heure
Où plus personne ne pensera à moi
Et où personne ne parviendra à réunir assez de mots
Pour atteindre à la hauteur d’une question
Et demander de mes nouvelles.
Plus personne ne part au petit matin ;
La voie ferrée est l’une des rares rivières
Qui vit encore et voyage
Entre les différents lieux
Où ma vie m’attend.
J’arriverai dès l’aube,
L’aube vidée de tous les endroits
Où rien ne m’attend
Sinon ma vie.
L’avenir ne vient pas troubler
Le passé qui n’existe pas.
Là où l’avenir et le passé
Ne se troublent pas mutuellement.
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René Magritte
La durée poignardée (1938)
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A pequena revolução de Jacques Prévert


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A pequena revolução de Jacques Prévert
La petite révolution de Jacques Prévert


Há um poeta imóvel
No meio da rua.
Não é anjo bobo
Que viva de brisa,
Nem é canibal
Que coma carne crua.
Não vende gravatas,
Não prega sermão,
Não teme o inferno,
Não reclama o céu.
É um poeta apenas,
Sob seu chapéu.
À sua volta, o trânsito
Escorre, raivoso,
E o semáforo muda,
Célere, os sinais.
Mas o poeta não sai
De seu lugar. Jamais.
Diz um padre: — “É pecador.
Blasfemou, praticou
Fornicação, assalto.
Por castigo ficou
Atado ao asfalto.”
Diz um rico: — “É anarquista,
Que mastiga pólvora,
Que bebe cerveja.
E espera a explosão
Da bomba sob a igreja.”
Diz um soldado: — “É agente
De potência estrangeira.
Aguarda seus cúmplices,
Ocultos em algum
Lugar desta ladeira.”
Diz um doutor: — “É vítima
De mal perigoso.
Está paralítico,
Ou talvez nefrítico,
Ou então leproso.”
Ante notícias
Tão contraditórias,
Há queda na Bolsa,
Pânico na Sé,
Cai o Ministério,
E foge o doutor,
O padre, o soldado,
O rico, o ministro,
O governador.
Sem donos, o povo
Livra-se de impostos;
Sem padres, o povo
Livra-se da missa;
Sem doutores, o povo
Livra-se da morte.
As ruas se animam
De vozes, de cores,
De passos, pregões,
Abraços, canções.
E, no meio da rua,
Sob seu chapéu,
Sob o azul do céu,
O poeta sorri,
Completo,
Feliz.
Il y a un poète immobile
Au milieu de la rue.
Ce n'est pas un ange
Un peu niais vivant de brise,
Ni un cannibale
Qui mange de la viande crue.
Il ne vend pas de cravates,
Il ne prêche pas de sermons,
Il ne craint pas l’enfer,
Ni ne réclame le paradis.
C’est simplement un poète,
Sous son chapeau.
Autour de lui, la circulation
Défile, furieuse,
Et le feu tricolore change,
Rapidement, de couleur.
Mais le poète ne bouge pas
De sa place. Jamais.
De lui, un prêtre dit : « C’est un pécheur.
Il a blasphémé, il pratique
La fornication, il a volé.
En punition, il est resté
Attaché à l’asphalte. »
De lui, un riche : — « C’est un anarchiste,
Qui mâche de la poudre à canon,
Qui boit de la bière.
Et attend l’explosion
De la bombe sous l’église. »
De lui, un soldat : — « C’est un agent
D’une puissance étrangère.
Il attend ses complices,
Cachés quelque part
Dans les bas-côtés de la rue. »
De lui, un médecin : — « Il est victime
D’un mal affreux.
Il est paralysé,
Ou peut-être néphrétique,
Ou encore lépreux. »
Face à des nouvelles
Si contradictoires,
La Bourse s’effondre,
Panique à l'Évêché,
Tombe le Ministère,
Et s'enfuit le médecin,
Le prêtre, le soldat,
Le riche, le ministre,
Le gouverneur.
Sans maîtres, le peuple
Se libère des impôts ;
Sans prêtres, le peuple
Se libère de la messe ;
Sans médecins, le peuple
Se libère de la mort.
Les rues s’animent
De voix, de couleurs,
De pas, des cris du marché,
D’étreintes, de chansons.
Et, au milieu de la rue,
Sous son chapeau,
Sous le bleu du ciel,
Le poète sourit,
Comblé,
Heureux.
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Cristian Bozzi
Jacques Prévert (2022)
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A Nazim Hikmet


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A Nazim Hikmet
À Nazim Hikmet


Não a fina argila de que se faz um vaso,
Mas o barro do chão, sujo de sangue e passos
E combates humanos: essa, Nazim, a ríspida matéria
Que sempre modelaste.
Non la fine argile dont on fait le vase,
Mais la boue à même le sol, souillée du sang et des pas
Et des combats humains : telle, Nazim, est la rude matière
Que toujours tu as modelée.
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Portrait de Nazim Hikmet et de sa femme
Sérigraphie de Bernard Rancillac (~1970)
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Nuage des auteurs (et quelques oeuvres)

A. M. Pires Cabral (44) Adalgisa Nery (43) Adolfo Casais Monteiro (36) Adriane Garcia (40) Adão Ventura (41) Adélia Prado (40) Affonso Romano de Sant'Anna (41) Al Berto (38) Albano Martins (41) Alberto Pimenta (40) Alexandre O'Neill (29) Ana Cristina Cesar (38) Ana Elisa Ribeiro (40) Ana Hatherly (43) Ana Luísa Amaral (40) Ana Martins Marques (48) Antonio Brasileiro (41) Antonio Osorio (42) António Gedeão (37) António Ramos Rosa (41) Antônio Cícero (40) Augusto dos Anjos (50) Caio Fernando Abreu (40) Carlos Drummond de Andrade (43) Carlos Machado (112) Carlos Nejar (42) Casimiro de Brito (40) Cassiano Ricardo (40) Cecília Meireles (37) Conceição Evaristo (33) Daniel Faria (40) Dante Milano (33) David Mourão-Ferreira (40) Donizete Galvão (41) Eucanaã Ferraz (43) Eugénio de Andrade (34) Fernando Assis Pacheco (42) Ferreira Gullar (40) Fiama Hasse Pais Brandão (38) Francisco Carvalho (40) Galeria (30) Gastão Cruz (40) Gilberto Nable (48) Hilda Hilst (41) Iacyr Anderson Freitas (41) Inês Lourenço (40) Jorge Sousa Braga (40) Jorge de Sena (40) José Eduardo Degrazia (40) José Gomes Ferreira (41) José Luís Peixoto (44) José Paulo Paes (17) José Régio (41) José Saramago (40) José Tolentino de Mendonça (42) João Cabral de Melo Neto (43) João Guimarães Rosa (33) João Luís Barreto Guimarães (40) Luis Filipe Castro Mendes (40) Lêdo Ivo (33) Manoel de Barros (36) Manuel Alegre (42) Manuel António Pina (33) Manuel Bandeira (39) Manuel de Freitas (41) Marina Colasanti (38) Mario Quintana (38) Micheliny Verunschk (40) Miguel Torga (32) Murilo Mendes (32) Mário Cesariny (34) Narlan Matos (85) Nuno Júdice (33) Nuno Rocha Morais (567) Orides Fontela (43) Paulo Leminski (43) Pedro Mexia (40) Poemas Sociais (30) Poèmes inédits (373) Reinaldo Ferreira (40) Ronaldo Costa Fernandes (42) Rui Knopfli (43) Rui Pires Cabral (44) Ruy Belo (29) Ruy Espinheira Filho (43) Ruy Proença (48) Sebastião da Gama (45) Sophia de Mello Breyner Andresen (33) Thiago de Mello (38) Ultimos Poemas (103) Vasco Graça Moura (40) Vinícius de Moraes (34)