Nom :
Recueil : Autre traduction : |
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E havia outono?
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Y avait-il l'automne ?
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Havia o que não esperas: árvores,
altas árvores de coração amargo, e o vento rodopia e leva a folhas cegas por sobre a cabeça do homem. Havia um coto em sangue. Não morreremos nunca, diziam. O beiço canta, a lenha queima junto à pista. Morreremos dez vezes, diziam. para nascer dez vezes, não morreremos nunca, diziam. Aquele que trouxe uma tíbia da Quitilene envernizou-a depois em silêncio. Havia o que não esperas: horas, minutos como horas para mastigar o assus- tado pelas trevas da mata. E as minas / os fornilhos / as armadilhas com trotil / ah não vou contar-te um décimo desta libertinagem. Há súbitos rios, cândidos arbustos pendentes que a cigarra desperta ao meio-dia. Morreremos dez vezes, diziam, para nascer dez vezes, diziam, não morreremos nunca. Aquele que se enche de vinho tinha as palavras presas na boca por cabelos finíssimos. Adormecia voltado para dentro, ignorante e trêmulo, espantado da queda de grandes rochas no ouvido. Havia o que não esperas: risos, lágrimas como risos, lágrimas como folhas cegas, explodindo ao de leve; e a morte — |
Il y avait pour toi l'inespéré : des arbres,
de grands arbres au cœur amer, et le vent tourbillonnait, emportant l'amaurose des feuilles par-dessus la tête de l'homme. Il y avait une souche de sang. Nous ne mourrons jamais, disaient-ils. La lèvre chante, le bois brûle au bord du chemin. Nous mourrons dix fois,disaient-ils. pour renaître dix fois, nous ne mourrons jamais, disaient-ils. Celui qui rapporta un tibia de Quitilène le gratta et le vernit ensuite en silence. Il y avait pour toi l'inespéré : des heures, des minutes qui sont des heures à ruminer, épou- vanté par l'obscurité des fourrés. Et les mines / les hauts fourneaux / les appeaux armés au toluène / ah, je ne vous dirai pas le dixième de ce libertinage. Il y a de soudaines crues, candides des arbrisseaux suspendus que la cigale réveille à midi. Nous mourrons dix fois, disaient-ils. pour renaître dix fois, disaient-ils, nous ne mourrons jamais. Celui qui s’enivrait de vins avait des mots retenus entre ses lèvres par les cheveux les plus fins. Il s'endormit, replié sur lui-même, ignorant et tremblant, épouvanté par la chute de gros rochers à son oreille. Il y avait pour toi l'inespéré : des rires, des larmes qui sont des rires, des larmes comme des feuilles amauroses, explosant avec légèreté ; et la mort — |
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| Otto Dix Le repas dans la tranchée (1924) |




