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Faz-me o favor...


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Faz-me o favor...
Fais-moi la faveur...


Faz-me o favor de não dizer absolutamente nada!
Supor o que dirá
Tua boca velada
É ouvir-te já.

É ouvir-te melhor
Do que o dirias.
O que és não vem à flor
Das caras e dos dias.

Tu és melhor -- muito melhor!
Do que tu. Não digas nada. Sê
Alma do corpo nu
Que do espelho se vê.

Fais-moi la faveur de ne dire absolument rien !
Deviner ce que va dire
Ta bouche voilée
C'est l'entendre déjà.

C'est mieux t'entendre
Que si tu le disais.
Ce que tu es ne vient pas à la fleur
Des visages et des jours.

Tu vaux mieux - beaucoup mieux !
De toi. Ne dis rien. Soit
Âme d'un corps nu
Qui se voit au miroir.

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Egon Schiele
Autoportrait nu (1910)
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Tantos pintores...


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Tantos pintores...
Tant de peintres...


Tantos pintores... A realidade, comovida, agradece
mas fica no mesmo sítio (daqui ninguém
me tira) chamado paisagem
Tantos escritores
 
A realidade, comovida, agradece
e continua a fazer o seu frio
sobre bairros inteiros na cidade
e algures
Tantos mortos
no rio
A realidade, comovida, agradece
porque sabe que foi por ela o sacrifício
mas não agradece muito
Ela sabe que os pintores
os escritores
e quem morre
não gostam da realidade
querem-na para um bocado
não se lhe chegam muito pode sufocar
Só o velho moinho do acordeon da esquina
rodado a manivela de trabuqueta
sem mesura sem fim e sem vontade
dá voltas à solidão da realidade

Tant de peintres... Émue, la réalité dit merci mais reste
au même endroit (personne ne m'enlève d'ici)
appelé paysage
Tant d'écrivains

Émue, la réalité dit merci
et continue de répandre le froid
sur des quartiers entiers de la ville
et ailleurs
Tant de morts
dans le fleuve
Émue, la réalité dit merci
car elle sait que pour elle ce fut un sacrifice
mais elle ne remercie pas vraiment
Elle sait que les peintres
les écrivains
et ceux qui meurt
n'aime pas la réalité
mais la réclame encore un peu
si elle est insuffisante elle peut faire suffoquer
Seul le vieux moulin de l'accordéon du quartier
qui fait tournoyer sa manivelle à soufflets
sans mesure sans fin et sans volonté
ramène à la solitude de la réalité

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Egisto Lancerotto
École de peinture (1886)
...

O navio de espelhos


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O navio de espelhos
Le vaisseau des miroirs


O navio de espelhos
não navega, cavalga

Seu mar é a floresta
que lhe serve de nível

Ao crepúsculo espelha
sol e lua nos flancos

(Por isso o tempo gosta
de deitar-se com ele)

Os armadores não amam
a sua rota clara

(Vista do movimento
dir-se-ia que pára)

Quando chega à cidade
nenhum cais o abriga

(O seu porão traz nada
nada leva à partida)

Vozes e ar pesado
é tudo o que transporta

(E no mastro espelhado
uma espécie de porta)

Seus dez mil capitães
têm o mesmo rosto

(A mesma cinta escura
o mesmo grau e posto)

Quando um se revolta
há dez mil insurrectos

(Como os olhos da mosca
reflectem os objectos)

E quando um deles ala
o corpo sobre os mastros
e escruta o mar do fundo

Toda a nave cavalga
(como no espaço os astros)

Do princípio do mundo
até ao fim do mundo

Le vaisseau des miroirs
ne navigue pas, il chevauche

Son océan est la forêt
qui lui sert de niveau

Sur ses flancs au crépuscule
soleil et lune se reflètent

(Aussi le temps aime-t-il
se coucher avec lui)

Les armateurs n'aiment pas
sa route claire

(À voir son mouvement
on dirait qu'il s'arrête)

Lorsqu'il arrive à la ville
aucune rade où s'abriter

(Ses cales n'apportent rien
rien ne le décide à partir)

Des voix et un air lourd
est tout ce qu'il transporte

(Sur le mât réfléchissant
il y a une sorte de porte

Ses dix mille capitaines
ont le même visage

(La même ceinture noire
le même grade le même rang)

Si quelqu'un se révolte
il y a dix mille insurgés

(Comme les yeux des mouches
reflètent les objets)

Et quand l'un d'eux hisse
son corps sur les mâts
et scrute le fond de la mer

Tout le vaisseau chevauche
(comme les astres dans l'espace)

Depuis l'origine du monde
jusqu'à la fin du monde

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Mário Cesariny
Notre façon d'être au monde (1967)
...

Todos por Um


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Todos por Um
Tous pour un


A manhã está tão triste
que os poetas românticos de Lisboa
morreram todos com certeza

Santos
Mártires
e Heróis

Que mau tempo estará a fazer no Porto?
Manhã triste, pela certa.

Oxalá que os poetas românticos do Porto
sejam compreensivos a pontos de deixarem
uma nesgazinha de cemitério florido
que é para os poetas românticos de Lisboa não terem
de recorrer à vala comum
.

Le matin est si triste
que les poètes romantiques de Lisbonne
sont tous morts avec certitude

Saints
Martyres
et Héros

Quel mauvais temps fera-t-il à Porto ?
Triste matin, à coup sûr

Veuille que les poètes de Porto
soient compréhensifs au point de laisser
un coin de ciel au cimetière fleuri
pour que les poètes romantiques de Lisbonne n'aient pas
à recourir à la fosse commune

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David Pintor
rue Miguel Bombarda, Porto (2014)
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Rua do Ouro


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Rua do Ouro
Rua do Ouro


Ai dele que tanto lutou e afinal
está tão só. Tão sòzinho. Chora.
Direcção da Companhia Tantos de Tal.
Cincoenta e três anos. Chove, lá fora.

Chora, porquê? Ora, chora.
Uma crise de nervos, coisa passageira.
É, talvez, pela mulher que o adora?
(A êle ou à carteira?)

Seis horas. Foi-se o pessoal.
O homem que venceu está sòzinho.
Mas reage:que diabo. Afinal...
E olha para o cofre cheínho.

Sim estou só ainda bem porque não? ele diz
batendo com os punhos na mesa.
Lutei e venci. Sou feliz
E bate com os punhos na mesa.

Seis e meia. Ó neurastenia!
O homem que venceu está de borco
e sente uma grande agonia
que afinal é da carne de porco
que comeu no outro dia.

É da carne de porco ele diz
vendo a chuva que cai num saguão.
É da carne de porco. Sou feliz.
E ampara a cabeça com as mãos.

Durante toda a vida explorou o semelhante.
Por causa dele arruinaram-se uns cem.
Agora, tem medo. E o farsante
diz que é feliz diz que está muito bem.

Sim, reage. Que diabo. Terei medo?
E vê as horas no relógio vizinho.
Mas, ai, não é tarde nem cedo.
Ele, que venceu, está sòzinho.

Venceu quem? Venceu o quê? Venceu os outros
Os outros, os que o queriam vencer!
Arruinou-os, matou-os aos poucos.
Então não o queriam lá ver?

Sim, reage: Esta noite a Leonor
amanhã de manhã o Sàlemos
e depois? Ah o novo motor
veremos veremos veremos

Mas pouco do que diz tem sentido.
Tudo hoje lhe é vago uniforme miudinho.
O homem que venceu está vencido.
O dinheiro tapou-lhe o caminho.

Os filhos? esperam que êle morra.
A mulher? espera que êle morra.
O sóciuo? Pede a Deus que êle morra!
Só a Anita não quer que êle morra!
Ai, maldita carne, murmura
vendo a água que há no saguão.
Tinha demasiada gordura!
E veste o casaco e o gabão.

Passa os olhos pelo lenço. Acabou-se.
Vai sair. Talvez vá jantar?
É inverno. Lá fora, faz frio.

O homem que venceu matou-se
na margem mais escura do rio
ao volante dum belo Packard

Malheureux est celui qui se bat
et se retrouve seul. Si seul. Et pleure.
En la Compagnie de Tant d'entre Eux.
Cinquante-trois ans. Dehors il pleut.

Pleurer, pourquoi ? Maintenant, il pleure.
Une crise nerveuse est chose passagère.
Est-ce pour la femme qui l'adore ?
(Lui ou son portefeuille ?)

Six heures. Le personnel est parti.
L'homme qui a vaincu se retrouve seul.
Mais il réagit : que diable. Après tout...
Mais regarde comme il bombe le torse.

Oui je vais bien, pourquoi non ? il dit
avoir frapper des poings sur la table.
J'ai lutté et vaincu. Je suis heureux
Et il frappe des poings sur la table.

Six et demi. Ô neurasthénie
l'homme qui a vaincu, à plat ventre
ressent une grande nausée qui
après tout est de la viande de porc,
celle qu'il a mangé l'autre jour.

C'est de la viande de porc dit-il
voyant la pluie qui tombe dans le hall.
C'est de la viande de porc. Je suis heureux.
Et il prend sa tête entre ses mains.

Toute sa vie, il a exploré son semblable.
Et fut cause de la ruine d'une centaine.
Maintenant, il a peur. Et le plaisantin
dit qu'il est heureux, il dit qu'il va très bien.

Oui, réagis. Que diable. Et j'aurais peur ?
Vois l'heure indiquée à l'horloge voisine.
Hélas, il n’est plus tard ni vraiment tôt.
Celui qui a vaincu est tout seul.

Qui vaincu ? Ou quoi ? Vaincu les autres
Les autres, ceux qui voulaient le battre !
Il les a ruinés, il les a tués à petit feu.
Alors tu ne voulais pas le voir là-bas?

Oui, réagis : cette nuit Leonor
et tôt demain matin Sàlemos
et puis ? Ah le nouveau moteur
nous verrons nous verrons

Mais ce qu'il dit a peu de sens. Dès lors
tout lui est vague uniforme vétilleux.
L'homme qui est vainqueur s'avoue vaincu.
L'argent lui a barré le chemin.

Les enfants ? ils attendent qu'il meure.
La femme ? elle espère qu'il meure.
Le complice ? Il prie Dieu qu'il meure !
Seule Anita ne veut pas qu'il meure !
Oh maudite viande, marmonne-t-il
en voyant l'eau qui envahit le hall.
Il y avait beaucoup trop de graisse !
Et mets la capuche et le manteau.

Essuie tes pleurs. C'est fini.
Tu vas sortir. Peut-être aller dîner ?
C'est l'hiver. Il fait froid dehors.

L'homme qui est vainqueur s'est tué
sur la rive la plus sombre du fleuve
au volant d'une belle Packard.

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Marinus van Reymerswaele
Les usuriers (1540)
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Pastelaria


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Pastelaria
Pâtisserie


Afinal o que importa não é a literatura
nem a crítica de arte nem a câmara escura
 
Afinal o que importa não é bem o negócio
nem o ter dinheiro ao lado de ter horas de ócio
 
Afinal o que importa não é ser novo e galante
- ele há tanta maneira de compor uma estante!
 
Afinal o que importa é não ter medo: fechar os olhos
frente ao precipício
e cair verticalmente no vício
 
Não é verdade, rapaz? E amanhã há bola
antes de haver cinema madame blanche e parola
 
Que afinal o que importa não é haver gente com fome
porque assim como assim ainda há muita gente que come
 
Que afinal o que importa é não ter medo
de chamar o gerente e dizer muito alto ao pé de
muita gente:
Gerente! Este leite está azedo!
 
Que afinal o que importa é pôr ao alto a gola do peludo
à saída da pastelaria, e lá fora - ah, lá fora! - rir de tudo
 
No riso admirável de quem sabe e gosta
ter lavados e muitos dentes brancos à mostra

Ce n'est pas la littérature qui compte après tout
ni la critique d'art ni la camera oscura

Ce ne sont pas les bonnes affaires qui compte après tout
ni d'avoir de l'argent et du temps pour les loisirs

Ce n'est pas d'être jeune et distingué qui compte après tout
-- Il y a tant de façons de se constituer une bibliothèque !

Ce qui compte après tout, c'est de n'avoir pas peur :
face au précipice
fermer les yeux et, à la verticale, tomber dans le vice

N'est-ce pas, mon garçon ? Et demain, il y a le jeu de balle.
avant le cinéma Madame Blanche et les bavardages

Après tout ce qui importe ce n'est pas qu'il y ait des gens
affamés puisqu'il existe encore des gens qui mange

Après tout, ce qui importe c'est de ne pas avoir peur
d'appeler la direction et de dire très fort au nez de
beaucoup de gens :
Gérant ! Ce lait est aigrelet !

Après tout, ce qui importe c'est de relever son col de fourrure
en sortant de la pâtisserie, et là-bas - ah, là-bas ! rire de tout

Avec le rire admirable de celui qui sait et aime
être lavé et montrer de belles dents blanches

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Otto Dix
Invalides de guerre jouant aux cartes (1920)
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Herói


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Herói
Héros


Herói é o meu nome,

Meu olhar frio, arguto,
Não vê coisa que o dome.
Meu esforço rudo e sano
Não desmaia um minuto.

Sou herói todo o ano.

Quando passar por vós, naturalmente,
Com este meu ar simples e no entanto diferente
E no entanto diferente do ar do resto da gente,
Não digais: é fulano.

Dizei: é o Herói.
O herói, simplesmente.

Héros est mon nom,

Mon regard froid, rusé,
Ne voit rien qui le domine.
Mon effort brutal et sain
Ne faiblit pas une minute.

Je suis un héros toute l'année.

Lorsqu'il passera devant vous, naturellement,
Avec ce regard simple et différent qui est le mien
Et différent néanmoins de l'air du reste d'entre nous,
Ne dites pas : C'est un mec.

Dites, c'est un Héros.
Le Héros, tout simplement.

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Anna Maria Maiolino
Le héros (2014)
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Brasileira


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Brasileira
Brasiliana


Ao Manuel
 
O vento não varria as folhas,
O vento não varria os frutos,
O vento não varria as flores...
E a minha vida não ficava
Cada vez mais cheia
De frutos, de flores, de folhas.
O vento não varria as luzes,
O vento não varria as músicas,
O vento não varria os aromas...
E a minha vida não ficava
Cada vez mais cheia
De aromas, de estrelas, de cânticos.
O vento não varria os sonhos
E não varria as amizades...
O vento não varria as mulheres...
E a minha vida não ficava
Cada vez mais cheia
De afectos e de mulheres.
O vento não varria os meses
E não varria os teus sorrisos...
O vento não varria tudo!
E a minha vida não ficava
Cada vez mais cheia
De tudo.

À Manuel
 
Le vent n'a pas chassé les feuilles,
Le vent n'a pas chassé les fruits,
Le vent n'a pas chassé les fleurs...
Et ma vie n'est pas devenue
Pour autant plus remplie
De fruits, de fleurs, de feuilles.
Le vent n'a pas chassé les lumières,
Le vent n'a pas chassé les chansons,
Le vent n'a pas chassé les odeurs...
Et ma vie n'est pas devenue
Pour autant plus remplie
D'arômes, d'étoiles, de chansons.
Le vent n'a pas chassé les rêves
Et n'a pas chassé les amitiés...
Le vent n'a pas chassé les femmes...
Et ma vie n'est pas devenue
Pour autant plus remplie
D'affections et de femmes.
Le vent n'a pas chassé les mois
Et n'a pas chassé tes sourires...
Le vent n'a pas tout chassé !
Et ma vie n'est pas devenue
Pour autant plus remplie
De tout.

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Studio Tonkin Liu
Singing Ringing Tree II (2017)
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You are welcome to Elsinore


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You are welcome to Elsinore
You are welcome to Elsinore


Entre nós e as palavras há metal fundente
entre nós e as palavras há hélices que andam
e podem dar-nos morte   violar-nos   tirar
do mais fundo de nós o mais útil segredo
entre nós e as palavras há perfis ardentes
espaços cheios de gente de costas
altas flores venenosas   portas por abrir
e escadas e ponteiros e crianças sentadas
à espera do seu tempo e do seu precipício
 
Ao longo da muralha que habitamos
há palavras de vida há palavras de morte
há palavras imensas, que esperam por nós
e outras, frágeis, que deixaram de esperar
há palavras acesas como barcos
e há palavras homens, palavras que guardam
o seu segredo e a sua posição
 
Entre nós e as palavras, surdamente,
as mãos e as paredes de Elsenor

E há palavras nocturnas palavras gemidos
palavras que nos sobem ilegíveis à boca
palavras diamantes palavras nunca escritas
palavras impossíveis de escrever
por não termos connosco cordas de violinos
nem todo o sangue do mundo nem todo o amplexo do ar
e os braços dos amantes escrevem muito alto
muito além do azul onde oxidados morrem
palavras maternais só sombra só soluço
só espasmo só amor só solidão desfeita
 
Entre nós e as palavras, os emparedados
e entre nós e as palavras, o nosso dever falar

Entre nous et les mots, il y a du métal en fusion
entre nous et les mots il y a des hélices qui tournent
et peuvent nous donner la mort. . . nous violer. . . extraire
du plus profond de nous le secret le plus utile
entre nous et les mots il y a des profils brûlants
des espaces pleins de gens le dos tourné
de hautes fleurs vénéneuses. . . des portes à ouvrir
et des escaliers des aiguilles et des enfants assis
à espérer de leur temps et de son précipice

Au long de la muraille où nous habitons
il y a des paroles de vie il y a des paroles de mort
il y a d'immenses paroles qui nous attendent
et d'autres, fragiles, qui ont cessé d'attendre
il y a des paroles incendiaires comme des navires
Et il y a des paroles d'hommes, des paroles qui gardent
leur secret et leur position

Entre nous et les mots, insidieusement,
Les mains et les murs d'Elseneur

Et il y a des mots nocturnes, des mots qui gémissent
des mots illisibles qui nous montent à la bouche
des mots diamants des mots jamais écrits
des mots impossibles à écrire
pour ne pas avoir avec nous les cordes d'un violon
ni tout le sang du monde ni tout l'embrassement de l'air
et les bras des amoureux écrivent beaucoup plus fort
bien au-delà de l'azur où ils meurent oxydés
des mots maternels ombre seulement hoquet
spasmes seulement amour solitude seulement outragée

Entre nous et les mots, les emmurés
et entre nous et les mots, notre devoir de parole

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Ana Teresa Ascenção
You Are Welcome to Elsinore (2010)
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Voz numa pedra


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Voz numa pedra
Une voix dans la pierre


Não adoro o passado
não sou três vezes mestre
não combinei nada com as furnas
não é para isso que eu cá ando
decerto vi Osíris porém chamava-se ele nessa altura Luiz
decerto fui com Ísis mas disse-lhe eu que me chamava João
nenhuma nenhuma palavra está completa
nem mesmo em alemão que as tem tão grandes
assim também eu nunca te direi o que sei
a não ser pelo arco e flecha negro e azul do vento

Não digo como o outro: sei que não sei nada
sei muito bem que soube sempre umas coisas
que isso pesa
que lanço os turbilhões e vejo o arco íris
acreditando ser ele o agente supremo
do coração do mundo
vaso de liberdade expurgada do mênstruo
rosa viva diante dos nossos olhos
Ainda longe longe a cidade futura
onde “a poesia não mais ritmará a acção
porque caminhará adiante dela”
Os pregadores de morte vão acabar?
Os segadores do amor vão acabar?
A tortura dos olhos vai acabar?
Passa-me então aquele canivete
porque há imenso que começar a podar
passa não me olhes como se olha um bruxo
detentor do milagre da verdade
“a machadada e o propósito de não sacrificar-se
não constituirão ao sol coisa nenhuma”
nada está escrito afinal

Je n'aime pas le passé
je ne suis pas trois fois maître
Je ne m'accorde en rien avec les catacombes
ce n'est pas pour cela que je suis ici
certes j'ai vu Osiris, mais en ce temps-là, il s'appelait Louis.
certes j'ai vécu avec Isis, mais je lui ai dit de m'appeler Jean.
aucune aucune parole n'est complète
pas même en allemand qui a des mots si longs
et c'est pourquoi je ne te dirai jamais ce que je sais
à l'exception de l'arc et de la flèche noir et bleu du vent

Je ne dis pas comme untel : je sais que je ne sais rien
je sais très bien que j'ai toujours su certaines choses
que cela a du poids
si je lance des tourbillons et que je vois l'arc-en-ciel
me prenant pour la cause suprême
au cœur du monde
vase de libertés expurgé des menstrues
rose vive devant nos yeux
Encore loin loin de la cité future
où « la poésie ne rythmera plus l'action »
car « elle sera en avant ».
Les prêcheurs de la mort vont-ils cesser ?
Les faucheurs de l'amour vont-ils cesser ?
La torture des yeux va-t-elle cesser ?
Qu'on me passe ce canif, alors
parce qu'il y a tellement de choses à élaguer
qu'on me regarde comme on regarde un sorcier
détenteur du miracle de la vérité
« le coup de hache et le dessein de ne pas se sacrifier
n'établirons point de choses sous le soleil »
rien n'est écrit après tout

________________

Damien Hirst
Petit arc-en-ciel de papillons (2020)
...

Uma certa quantidade...


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Uma certa quantidade...
Un certain nombre de gens...


Uma certa quantidade de gente à procura
de gente à procura duma certa quantidade

Soma:
uma paisagem extremamente à procura
o problema da luz (adrede ligado ao problema da
vergonha)
e o problema do quarto-atelier-avião

Entretanto
e justamente quando
já não eram precisos
apareceram os poetas à procura
e a querer multiplicar tudo por dez
má raça que eles têm
ou muito inteligentes ou muito estúpidos
pois uma e outra coisa eles são
Jesus Aristóteles Platão
abrem o mapa:
dói aqui
dói acolá

E resulta que também estes andavam à procura
duma certa quantidade de gente
que saía à procura mas por outras bandas
bandas que por seu turno também procuravam imenso
um jeito certo de andar à procura deles
visto todos buscarem quem andasse
incautamente por ali a procurar

Que susto se de repente alguém a sério encontrasse
que certo se esse alguém fosse um adolescente
como se é uma nuvem um atelier um astro

Un certain nombre de gens à la recherche
de gens à la recherche d'un certain nombre

Somme :
un paysage extrêmement recherché
le problème de la lumière (lié à dessein au problème
de la honte)
et le problème de la chambre-atelier-avion

Entre-temps
et justement lorsque
déjà ce n'est plus nécessaire
sont apparus les poètes recherchant
et voulant tout multiplier par dix
de quelle race mauvaise sont-ils donc
ou très intelligente ou très stupide
pour une chose ou pour l'autre, ils sont
Jésus Aristote Platon
ils ouvrent la carte :
du mal ici
des maux là-bas

Et il s'avère qu'eux aussi étaient à la recherche
d'un certain nombre de gens
qui s'en vont à la recherche mais pour d'autres factions
factions qui à leur tour aussi recherchent intensément
un moyen sûr de partir à leur recherche
vu que tous recherchaient celui qui s'en allait
par là imprudemment, rechercher

Quel effroi si quelqu'un vraiment soudain avait trouvé
et que cette personne, bien sûr, ait été aussi adolescente
qu'un nuage un atelier un astre

________________

Marcel Broodthaers
La Tour Visuelle (1966)
...

Poema


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Poema
Poème


Faz-se luz pelo processo
de eliminação de sombras
Ora as sombras existem
as sombras têm exaustiva vida própria
não dum e doutro lado da luz mas no próprio seio dela
intensamente amantes loucamente amadas
e espalham pelo chão braços de luz cinzenta
que se introduzem pelo bico nos olhos do homem

Por outro lado a sombra dita a luz
não ilumina realmente os objectos
os objectos vivem às escuras
numa perpétua aurora surrealista
com a qual não podemos contactar
senão como amantes
de olhos fechados
e lâmpadas nos dedos e na boca

La lumière se fait par le processus
d'élimination des ombres
Dès lors les ombres existent
les ombres ont une vie propre exhaustive
non de chaque côté de la lumière mais de l'intérieur
intensément amoureuses follement aimées
qui étendent sur le sol leurs bras de lumière grise
et s'introduisent par le bec dans les yeux de l'homme

D'un autre côté l'ombre dicte la lumière
n'illumine pas réellement les objets
les objets vivent dans le noir
dans une perpétuelle aurore surréaliste
avec laquelle nous ne pouvons pas communiquer
si ce n'est en amoureux
les yeux fermés
et des ampoules sur les doigts et dans la bouche

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Heidrun Reymann
Clair-obscur (2015)
...

Passagem do anti-mundo Dante Alighieri


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Passagem do anti-mundo Dante Alighieri
Passage de l'anti-monde Dante Alighieri


I
O amor que é só o amor é já o inferno
diz Dante
mas isso era antes de ser traduzido pelos palhaços
era quando os Titãs asseveravam
que só no interior de grutas inabordáveis
sob gigantescas moles de granito
haviam conseguido viver livres
 
Era quando o inferno queria ser inferno
e para aborrecimento dos tenentes do empíreo
não havia a menor possibilidade de drama
depois houve e logo um fez a todos palhaços
os que estavam em baixo alaram os pés, para cima
os que estavam em cima puxaram a pista, para baixo
 
Fez-se um grande intervalo
este intervalo onde ainda hoje a Terra rola à força de
vácuo
com homens que crescem e minguam pela força
de inércia do vácuo
abandonados pelos grandes faz-tudos
que riem lá muito em cima e ainda mais lá em baixo
 
E que quer dizer isso de amor só amor?
partes alíquotas de dois na cama
que Dante nunca viu aos pés de Beatriz
 
Petrarca também não ao pescoço de Laura
Abelardo esse então no ventre de Heloísa
 
Tudo isso são histórias de encarregados
que andam a ver se não pagamos a conta
se damos sem vencimento a letra antiga
marcada a hebraico na carcela da história
são contos miseráveis de miseráveis
com vinte e cinco séculos de ódio ao corpo
o único transporte navegável
a única matéria que se aguenta
e aguenta
com dentro dele a linfa que varre tudo
 
O amor que é só o amor é já o inferno?
Bandido
 
Inferno é o nome do primeiro amor?
Vadio
 
Vós que entrais perdei toda a esperança?
Gatuno
 
II 
Primeiro segundo terceiro quarto quinto
ao homem dos elevadores o cuidado de prosseguir
mas que amplexo de homem poderá dividir
somar
subtrair
o amor seu amor todos os braços da esfinge?
essa que quatro ao raiar da manhã
essa que dois ao longo do sol a pino
essa que três quando caída a noite
os passos voam no areal do tempo
 
O amor só amor é já o inferno
diz Dante
mas é o amor que é um fogo devorante
 
Não me refiro à prestação do calor
o pra baixo e pra cima também os êmbolos fazem
e todos os dias vêm navios ao mundo
Refiro por exemplo a estrela sextavada
que há no corpo do rio que é o amante
é aí que o amor é um fogo devorante
 
III
Aqui o limbo além o paraíso além o inferno
que cheiro a despegado meu general
 
Eu todos os meus anjos vão juntos para a guerra
Se falta algum é como faltar o chão

I
L'amour qui n'est que l'amour est déjà l'enfer
disait Dante
mais c'était avant qu'il ne soit traduit par des paillasses
lorsque les Titans affirmaient que ce n'est
que sous de gigantesques blocs de granit
à l'intérieur de grottes inaccessibles
qu'ils avaient réussi à vivre libres.

C'est parce que l'enfer a voulu être l'enfer
et pour la contrariété des lieutenants de l'empyrée
qu'il n'y avait pas la moindre possibilité de drame
puis il y en a eu et on a tous joués les paillasses
ceux qui étaient en bas ont relevé leurs pieds vers le haut.
ceux qui étaient en haut ont tiré la piste, vers le bas

Il y eut un grand intervalle
au cours duquel, encore aujourd'hui, la Terre roule
par la force du vide
avec des hommes croissant et diminuant par la force
d'inertie du vide
abandonnés par les grands factotums
qui rient beaucoup là-haut et plus encore en bas

Et que veut dire aussi, l'amour seul l'amour ?
parties aliquotes de deux dans un lit
que Dante jamais ne vit aux pieds de Béatrice

Pétrarque non plus au cou de Laure
Abélard quant à lui du ventre d'Héloïse

Ce ne sont que des histoires de contremaîtres
qui viennent voir si nous ne payons pas la facture
si nous donnons par convenance l'ancienne lettre
rédigée en hébreu dans la carcasse de l'histoire
ce sont des histoires misérables de misérables
avec vingt-cinq siècles de haine du corps
le seul transport navigable
la seule chose qui tienne la route
et tient en lui
fermement la lymphe qui balaie tout

L'amour qui n'est que l'amour est déjà l'enfer ?
Bandit

L'enfer est le nom du premier amour ?
Vaurien

Vous qui entrez ici, perdez tout espoir ?
Escroc
 
II
Premier second troisième quatrième cinquième
à l'homme des ascenseurs le soin de procéder
mais quel étreinte d'homme pourrait partager
ajouter
soustraire
l'amour son amour et tous les bras de la sphinge ?
celle qui est quatre aux rayons de l'aube
celle qui est deux au soleil de midi
celle qui est trois quand la nuit tombe
les pas s'envolent dans le sable du temps

L'amour, l'amour seul est déjà l'enfer
disait Dante
mais c'est l'amour qui est un feu dévorant

Je ne pense pas à la fourniture de chaleur
le bas-en-haut les pistons savent le faire aussi
et chaque jour, viennent des navires au monde
Je pense par exemple à l'étoile à six branches
qu'il y a dans le corps de la rivière qu'est l'amant
c'est là que l'amour est un feu dévorant
 
III
Ici, les limbes au-delà du paradis au-delà de l'enfer
quelle odeur d'indiscipline, mon général

Moi et tous mes anges nous partons pour la guerre
Qu'il en manque un seul, est le sol manque

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Giotto di Bondone
Portrait de Dante (1300-1305)
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Parada


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Mário Cesariny »»
 
Pena Capital (1957) »»
 
Italien »»
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Parada
Parade


Com um grande termómetro no chapéu
e um certo ar marcial equidistante
todos saíram hoje das suas casas na duna
para a rua a soprar o vento que vem de longe
a certeza que há-de vir de longe

Os prisioneiros polícias dos polícias prisioneiros
nas montras nos passeios por baixo dos bancos
passam os pontos escuros para o outro lado
sem esquecer o espelho
sem esquecer o aranhiço meticulosamente pequenino
para fazer a surpresa
sem esquecer a borboleta tonta que sobe no horizonte
da cor do sol
o pescoço da nossa felicidade

Avec un gros thermomètre sous le chapeau
et un certain air martial équidistant
tous ont quitté aujourd'hui leur maison sur la dune
pour aller dans la rue où souffle un vent qui vient de loin
avec la certitude qu'il doit venir de loin

Les prisonniers policiers des policiers prisonniers
dans les boutiques, sur les trottoirs, dessous les bancs
passent les points obscurs de l'autre côté
sans oublier le miroir
sans oublier l'araignée méticuleuse et minuscule
pour créer la surprise
sans oublier le papillon étourdi qui monte à l'horizon
de la couleur du soleil
le cou de notre félicité

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Nadir Afonso
Espacillimite (1958)
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