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Ou... ou


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Ou... ou
Ou... ou


A moça atrás da vidraça
espia o moço passar.
O moço nem viu a moça,
ele é de outro lugar.

O que a moça quer ouvir
o moço sabe contar:
ah, se ele a visse agora,
bem que havia de parar.

Atrás da vidraça, a moça
deixa o peito suspirar.
O moço passou depressa,
ou a vida devagar?
La fille derrière la vitre
épie le garçon qui passe.
Le garçon n'a même pas vu
la fille, lui, il n'est pas d'ici.

Ce que la fille veut entendre
le garçon saurait le dire : ah,
si seulement, il pouvait la voir,
il s'arrêterait de lui-même.

Derrière la fenêtre, la fille
a laissé échapper un soupir.
Le garçon est-il passé trop vite,
ou la vie est-elle trop lente ?
________________

Egon Schiele
et Walburga Neuzil (Wally) (1912)
...

Integração


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Integração
Intégration


Deitado no chão, fofo de tantas chuvas,
acompanho as pontas dos cipós que oscilam,
o respirar das folhas,
o saltitar de cócegas nas patas dos gafanhotos,
e o crescer rampante da trepadeira brava,
avançando em meus braços.
 
Oh! a canção viva
do liso verde-azul dos sanhaços nos galhos,
e o pio dos gaturamos maduros,
fino e gostoso como um caldo de fruta!…
 
O céu,
limpo, azul e côncavo, na altura,
é um recanto de corpo,
pronto a se contrair, ao primeiro contato,
num único espaço de volúpia sóbria…
Inútil erguer-me: mais alta é a gameleira…
Mas meus dedos afundam no chão amolecido,
como raízes nuas…
Desce-me ao fundo do peito a terra inteira,
no cheiro molhado da poeira,
e os meus olhos sobem, tateando os verdes…
Allongé sur le sol, amolli par tant de pluies,1
j'accompagne le bout des lianes qui oscillent,
la respiration des feuilles,
la chatouille dans le saut des pattes des sauterelles,
et la croissance effrénée de la vigne sauvage,
s'avançant vers mes bras.

Oh! la chanson vive
du lustré vert-bleu des tangaras sur les branches,
et le pépiement des organistes téité adultes,
délicat et goûtu comme une compotée de fruits !…

Le ciel,
clair, bleu et concave, là-haut,
est un recoin du corps,
prêt à se contracter, au moindre contact,
dans un espace unique de sobre volupté...
Inutile de me lever : plus grand est le ficus…
Mais dans le sol ramolli s'enfoncent mes doigts,
comme des racines dénudées…
Toute la terre descend au fond de ma poitrine,
avec son odeur mouillée de poudre,
et mes yeux à tâtons grimpent dans les verts...
________________

Romero Britto
Paradis tropical (2014)
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Primavera na Serra


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Primavera na Serra
Printemps dans la Sierra


Claridade quente da manhã vaidosa.
O sol deve ter posto lente nova,
e areou todas as manchas,
para esperdiçar luz.

Dez esquadrilhas de periquitos verdes
receberam ordem de partida,
deixando para as araras cor de fogo,
o pequizeiro morto.
E a árvore, esgalhada e seca, se faz verde,
vermelha e castanha, entre os mochoqueiros,
braúnas, jatobás e imbaúbas do morro,
na paisagem que um pintor daltônico
pincelou no dorso de um camaleão.

E o lombo da serra é tão bonito e claro,
que até uma coruja,
tonta e míope na luz,
com grandes óculos redondos,
fica trepada no cupim, o dia inteiro,
imóvel e encolhida, admirando as cores,
fatigada, talvez, de tanta erudição…
Chaude clarté des matins vaniteux.
Le soleil a dû mettre des lentilles,
neuves et sabler toutes les taches,
pour prodiguer sa lumière.

Dix escadrons de perruches vertes
ont reçu l'ordre du départ,
laissant aux aras couleur de feu,
l'arbre mort des péquis.
Et l'arbre sec aux andouillers, est devenu
vert, rouge et brun, parmi les mochoqueiros,
braúnas, jatobás et imbaúbas du Morro,
dans le paysage qu'un peintre daltonien
aurait peinturluré sur le dos d'un caméléon.

Et l'échine de la montagne est si belle et claire,
que même une chouette,
étourdie de lumière, et myope
avec ses grandes lunettes rondes,
se fait défoncer par les termites, un jour entier,
immobile et racornie, admirant les couleurs,
fatiguée peut-être de tant d'érudition...
________________

André Derain
Pont sur le Riou (1906)
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Regresso


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Regresso
Retour


Não aguento depor
nem um tijolo a mais
na minha torre,
e já esqueci as línguas
dos outros homens.
Quem me dera
não perder a minha própria língua!…
É bem noite.
Posso sair da minha casa
e sentar-me naquela pedra,
que à noite não tem dono,
debaixo das grandes árvores,
que à noite não tem sombra.
Oh!… que bom, uma palavra basta
para refazer o meu idioma:
- ”Sofrimento… Sofrimento…”
e não a esquecerei!…
Je ne supporte pas
d'ajouter une brique
de plus à ma tour,3
et j'oublie déjà les langues
des autres hommes.
Qui me donnera
de ne pas égarer ma propre langue !…
La nuit est noire.
Je peux sortir de ma maison
et m'asseoir sur cette pierre,
qui n'appartient à personne, la nuit
sous les grands arbres, la nuit,
lorsqu'il n'ont plus d'ombres.
Oh !... qu'il est bon qu'un mot suffise
à restaurer mon langage :
- « Souffrance… Souffrance… »
je ne t'oublierai pas !…
________________

Maurits Cornelis Escher
La Tour de Babel (1928)
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Revolta


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Revolta
Révolte


Todos foram saindo, de mansinho,
tão calados,
que eu nem sei
se fiquei mesmo só.
Não trouxe mensagem
e nem me deram senha…
Disseram-me que não iria perder nada,
porque não há mais céu.
E agora, que tenho medo,
e estou cansado,
mandam-me embora…
Mas não quero ir para mais longe,
desterrado,
porque a minha pátria é a memória.
Não, não quero ser desterrado,
que a minha pátria é a memória…
Ils étaient tous sortis, tranquillement,
tellement silencieux,
que moi, je ne savais plus
si j'étais vraiment seul.
Je n'apportais pas de message
et ils ne m'avaient donné aucun billet...
Ils m'ont dit que je n'y perdrais rien,
qu'il n'y a pas de paradis.
Et maintenant que j'ai peur,
et que je suis fatigué,
ils me renvoient encore...
Mais je ne veux pas partir ailleurs,
être banni,
car ma patrie, c'est la mémoire.
Non, je ne veux pas être en exil.
Que ma patrie soit la mémoire…
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Frida Kahlo
Mémoire, le Coeur (1937)
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Angústia


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Angústia
Angoisse


Estou com medo das roupas da noite,
dos vultos quietos, das sombras da cousas,
que pulam, longas, com pés tão longos,
e de uma cousa fria, qualquer cousa grande,
que lá do longe, do não sei onde,
vem vindo para mim.
Talvez do fundo das grandes matas por onde andei
talvez da terra das cousas vivas que eu enterrei,
talvez dos cantos do quarto escuro da minha infância,
talvez das cavernas de dragões negros de livros que li...
Vem vindo, e o vento está uivando
vem vindo, e os cachorros estão soluçando,
vem vindo da treva, para me agarrar...
Talvez ela queira roubar meu amor,
talvez lembrar-me cousas passadas,
talvez buscar-me para a escuridão...
Já está perto, já vem pesando,
vem me apalpando,
vem me apertando,
vem de uma cova,
para me enterrar...
J'ai peur des vêtements de la nuit,
des silhouettes pales, des ombres des choses
qui sautent, longues, avec de très longs pieds,
et d'une chose froide, une grande chose,
qui de loin, je ne sais d'où,
vient vers moi.
Peut-être du fond des grands bois où j'ai marché,
peut-être de la terre des choses vives que j'ai enterrée,
peut-être des coins de la chambre noire de mon enfance,
peut-être des cavernes aux dragons, noires des livres que j'ai lus...
Elle arrive, et le vent hurle,
elle arrive, et les chiens sanglotent,
elle arrive des ténèbres, pour m'attraper...
Peut-être veut-elle me voler mon amour,
peut-être me fera-t-elle me souvenir du passé,
peut-être viendra-t-elle me chercher dans l'obscurité...
Elle est déjà tout près, elle me pèse déjà,
vient me fouiller,
vient me ceinturer,
elle vient d'une tombe,
pour m'enterrer
________________

Salvador Dalí
Réminiscence archeologique de l'Angelus de Millet (1933)
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Pavor


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Pavor
Terreur


Em torno a mim
círculos concêntricos se fecham,
como as órbitas lentas de um corvo...
Tudo é torvo e pesado,
falta de ar e de amor...
Para mim já se apagou a última cor.
E a minha alma se enfurna
em poços velhos de hulheiras,
de onde foi tirado e queimado o carvão todo.
Como um cego
que dormisse na treva, amedrontado,
para sonhar que mais uma vez cegou...
Autour de moi1
les cercles concentriques se ferment,
comme d'un corbeau les orbes lents...
Tout est lourd et menaçant,
faute d'air et d'amour...
Déjà pour moi, l'ultime couleur s'est effacée.
Et mon âme va s'enfouir
dans les vieux puits des houillères,
d'où fut tiré et brûlé tout le charbon.
Comme un aveugle
qui s'endort dans les ténèbres, épouvanté,
rêvant d'être aveugle de nouveau...
________________

Friedrich Dürrenmatt
Turmbau V - Après la chute (1968)
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Saudade


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Saudade
Saudade


Saudade de tudo!...
Saudade, essencial e orgânica,
de horas passadas
que eu podia viver e não vivi!...
Saudade de gente que não conheço,
de amigos nascidos noutras terras,
de almas órfas e irmãs,
de minha gente dispersa,
que talvez ainha hoje espere por mim...

Saudade triste do passado,
saudade gloriosa do futuro,
saudade de todos os presentes
vividos fora de mim!...

Pressa!...
Ânsia voraz de me fazer em muitos,
fome angustiosa da fusão de tudo,
sede da volta final
da grande experiência:
uma só alma em um só corpo,
uma só alma-corpo,
um só,
um!...
Como quem fecha numa gota
o Oceano,
afogado no fundo de si mesmo...
De tout, la langueur !...
Saudade, essentielle et organique,
des heures passées
que j'ai pu vivre et ne pas vivre !...
Regret de personnes que je ne connais pas,
d'amis nés sur d'autres terres,
d'âmes orphelines, et sœurs,
des miens dispersés qui peut-être
encore aujourd'hui m'attendent...

Du passé, triste langueur,
glorieux désir du futur,
regret de tous les présents
vécus à moi-même étrangers !...

Hâte !...
Aspiration vorace à me réaliser en plusieurs,
faim angoissée d'une fusion avec tout,
soif de l'ultime retour
de la grande expérience:
une seule âme en un seul corps,
une âme-corps, seulement
un seulement.
un !...
Être celui qui dans une goutte enferme
l'Océan,
noyé au plus profond de soi-même...
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S. K. Sahni
Espace abstrait (2015)
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Paraíso filosófico


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Paraíso filosófico
Paradis philosophique


No jardim dos Hespéridas, sem flores
na discrição dos tufos de folhagem,
passeiam passos lentos
homens de túnica longa,
como os magos da Rosa-Cruz.

Sob os pomos das luzes do Capricórnio aceso,
o relógio do tempo
há muito que parou, os dedos superpostos,
como o dia e a noite,
porque não há mais noite e nem dia...

Ar parado,
lagos vidrados,
e vasos,
muitos vasos,
vasos vazios...

Os anciãos perpassam
intérminos terraços,
com olhos tranquilos, olhos gelados,
de tanto olharem o sol.
E as mãos tateiam calmas,
como se os dedos mergulhassem
a translucidez de uma água,
esculpindo
invisíveis e impossíveis formas novas...
Dans le jardin des Hespérides, sans fleurs
dans les discrètes touffes de feuillage,
à pas lents marchent
des hommes en longues robes,
comme les magiciens de la Rose-Croix.

Sous les pommes des lumières du Capricorne enflammé,
l'horloge du temps
s'est arrêtée depuis toujours, les doigts se superposent,
comme le jour et la nuit,
car il n'y a plus de nuit et plus de jour.....

Un air immobile,
des lacs couverts de glace,
et des vases,
beaucoup de vases,
des vases vides...

Les anciens déambulent
au long des terrasses interminables,
le regard paisible, les yeux gelés
à force de regarder le soleil.
Et leurs mains tâtonnent avec calme,
comme si leurs doigts plongeaient
dans l'eau translucide,
sculptant
d'invisibles et d'impossibles formes nouvelles...
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Gustav Adolph Spangenberg
L'École d'Aristote (1883-1888)
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O cágado


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O cágado
La tortue


Numa dobra da serra
há um minadouro,
uma bica,
e um poço azul.
E ali, na água redonda, pequenina e fria,
mora um cágado escafandrista,
filósofo pessimista,
que tem a mania de perseguição.

Quando o sol bate de cheio,
ele traz para fora a cuia emborcada,
e se aquece, aberto, em cima da laje,
chato, cascudo e feio.
Mas, se alguém pisa perto,
ele escorrega e pula, na água mansa
que explode e respinga.

Leva bom tempo
para assomar o focinho
de periscópio.
Mas, se é falso o alarma,
lá vem aflorando, levemente, à tona,
a concha remendada com fiapos de limo.
Depois, mais afoito,
o prudente reptil
passeia o dorso, convexo e abaulado,
como um “U-18”
da base de Kiel.

E o caipira guarda a vida do monstrengo
(Ai! meus pecados todos!…),
se o matarem, o olho d’água se evapora
(Ai! minha felicidade pequenina!…)
E o cágado, lento e pré-diluviano,
na cacimba da grota, espera outro Dilúvio…
Dans un repli de la montagne1
il y a une résurgence,
un bec
et un puits bleu.
Et là, dans les ronds d'une petite eau froide
vit une tortue scaphandrier,
pessimiste philosophe
ayant la manie de la persécution.

Quand le soleil bat son plein,
elle met à l'air sa coquille renversée,
et se réchauffe, ouverte sur la dalle,
terne, grossière et laide.
Mais si quelqu'un s'approche,
Elle glisse et saute, dans l'eau calme
qui explose et éclabousse.

Cela prend du temps
avant que son museau périscopique
émerge.
Mais si fausse était l'alarme
elle remonte, légèrement, à la surface,
sa coquille rapiécée par des filoches de vase.
Puis, avec plus de témérité,
le prudent reptile
promène son dos, convexe et bombé,
comme un "U-18"
de la base de Kiel.

Et la rustaude garde sa vie de monstre.
(Hélas ! tous mes péchés !...),
s'ils la tuent, la lentille d'eau s'évapore.
(Hélas ! mon petit bonheur !...)
Et la tortue, lente et pré-diluvienne...
dans la citerne de la grotte, attend un autre Déluge...
________________

Jean-Louis Jabalé
Tortue marine (2009)
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Tentativa


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Tentativa
Effort


Manhã básica, alcalina,
neutralizando a gota ácida do sol.
O tornassol do céu, no fundo
do grande tubo de ensaio,
vai se espessando, cada vez mais azul.

Dos poços da marna alagada,
cheios, como frascos chatos sem gargalos,
sobem vapores alvacentos.
A pressão calca cinco atmosferas,
e o calor cresce,
nas alavancas de pirômetros negros,
dilatando as sombras.

Rápida,
uma revoada triangular de periquitos
estraleja e crepita,
flambada em alça enorme de platina,
como o fio de chama, fugidio e verde,
de um sal de boro...

Quanto esforço da manhã,
para riscar tão alto,
um corisco de esperança...
Matinée basique, alcaline,
neutralisant la goutte acide du soleil.
Le test d'un ciel décisif, au fond
de la grande éprouvette,
s'épaissit, de plus en plus bleu.

Des puits, dans la marne inondée,
remplis, comme des flacons plats sans goulot,
s'élèvent des vapeurs blanches.
La pression monte à cinq atmosphères,
et la chaleur croît,
sur les aiguilles des pyromètres noirs,
dilatant les ombres.

Rapidement,
une volée triangulaire de perruches
pétarade et crépite,
énorme flambée sur une broche en platine,
comme le jet de flamme, fuyant et vert,
d'un sel de bore...

Tant de travaux dès le matin
pour que si haut rayonne,
une lueur d'espoir...
________________

Frida Kahlo
Moi et mes perroquets (1941)
...

Madrigal


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Madrigal
Madrigal


No tronco do jequitibá,
que estavas abraçando,
colando-lhe o corpo, do rostinho aos pés,
vejo os arranhões fundos,
onde o canguçu, quase de pé,
afia as garras,
e, mais embaixo, a casca estraçalhada,
onde os caititus vêm acerar os dentes...
Sur le tronc du jequitibá,
que tu étreignais y
collant ton corps, de la tête aux pieds,
Je vois les éraflures profondes,
où, presque debout, le jaguar
aiguise ses griffes,
et, plus bas, l'écorce dépiécée,
où les pécaris viennent affuter leurs dents...
________________

Antonio Ligabue
Léopard avec serpent (1942-1944)
...

A aranha


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A aranha
L'araignée


Num desenho octogonal,
a aranha, noite e dia,
traça e destraça linhas, teimando em resolver
o seu problema de trigonometria.

Obesa e mole, de ventre bojudo,
ainda faz seus treinos
de trapézio e de corda:
bem triste velhice
de uma profissional…

Já remendou, mais de uma vez, a rede,
para a mosca que não vem…
Bem que ela poderia
pescar arco-íris, nas gotas de orvalho
penduradas
do fino chamalote…

Aranha triste, aranha fiandeira,
podendo envolver-te na tua própria teia,
por que tanto tardas em te amortalhar?…
Sur un tracé octogonal,
l'araignée, nuit et jour,
croise et décroise des lignes, s'entêtant à résoudre
son problème de trigonométrie.

Obèse et molle, le ventre gonflé,
elle continue sans cesse son train
de trapèze et de corde :
triste bien triste vieillesse
d'une professionnelle…

Elle a déjà rapiécé plus d'une fois, ses rets
pour une mouche qui ne vient pas…
Bien qu'elle pourrait
pêcher l'arc-en-ciel, dans les gouttes de rosée
suspendues
à sa fine toile de laine...

Araignée triste, araignée filandière,
si tu peux t'envelopper dans ta propre toile,
pourquoi tardes-tu tant à t'y ensevelir ?...
________________

Odilon Redon
L'araignée souriante (1881)
...

Sonho de uma tarde de inverno


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Sonho de uma tarde de inverno
Songe d'un soir d'hiver


Fiquei, longamente, a ler, no frio
da tarde quieta,
uma crônica do tempo merovíngio,
dos monges da Abadia de Cluny.
E um rádio gritante trouxe pela janela,
todo o banzo e o azougue de um samba sensual:
vôo de cantáridas tontas
no hálito de incenso de uma nave,
fenestrada de ogivas e ventanas
e toda colorida de vitrais…
E no vago torpor do meu subsonho,
vi como trabalhava,
extasiado, na penumbra
parda de um meio inverno,
um monge
rendilhador de jóias de ouro,
discípulo, talvez, de Santo Elói:
depois de modelar um cimo de coroa,
com Virtudes de auréola
em meio de anjos louros,
e de cinzelar,
na pasta de sol frio do rebordo
de um anel real,
uma rosácea, um gládio e um globo,
deixou errar seus dedos e seus sonhos,
e fez crescer, no jalde de um cibório,
o relevo de uma Vênus
com um Cupido ao solo…

E era tão bela a sua idéia de ouro,
e foi tão casto e cristão o beijo longo
que ele pôs na deusa,
que a tênue poeira flava do seu êxtase
de pronto se esvaiu.

E então, febril,
murmurando, constante, um exorcismo,
santificando traços, disfarçandos os nus,
fez depressa da Vênus uma Virgem,
e do pagãozinho alado um menino Jesus.
Depois, sorrindo, o santo joalheiro
rezou, com outro beijo, a sua contrição…

E mil diabinhos crepitaram nas chamas,
rubros, rindo,
porque agora o seu beijo
fora ardente e pagão.
J'étais chez moi à lire, longuement, dans les frimas
d'un soir tranquille
une chronique de l'époque mérovingienne
des moines de l'abbaye de Cluny.
Et une radio hurlante rameutée par la fenêtre
tout le mal du pays et le vif-argent d'une samba sensuelle :
Vol de cantharides étourdies
dans les souffles d'encens d'un navire
fenestré d'ogives et de ventaux
et de toutes les couleurs d'un vitrail...
et dans la torpeur vague de mon demi-sommeil
j'ai vu comment travaillait,
extatique, dans la pénombre
de l'hiver,
un moine
guillocheur de bijoux en or,
peut-être disciple de St. Éloi :
Après avoir modelé les crénelures d'une couronne,
de Vertus auréolées
au milieu d'anges blonds,
et avoir ciseler
dans la pâte froide et solaire du rebord
d'un anneau royal,
une rosace, un glaive et un globe,
il laissa vagabonder ses doigts et ses rêves,
et fit croître, sur le mordoré d'un ciboire
le relief d'une Vénus
avec à ses pieds un Cupidon...

Et son idée de l'or était si belle
et si chaste et chrétien était le long baiser
qu'il avait placé sur la déesse,
que la blonde poussière ténue de son extase
avait aussitôt disparu.

Alors, fiévreux,
marmonnant constamment un exorcisme,
qui sanctifiait les traits, et masquait les nudités,
il fit de Vénus, à la hâte, une Vierge,
et du petit païen ailé un enfant Jésus.
Puis, souriant, le saint joaillier
exprima par un autre baiser sa contrition…

Et mille petits diables crépitèrent dans les flammes
rougeoyantes, qui s'enfuirent en ricanant,
car désormais son baiser
était ardent et païen.
________________

"Joyau du fondateur"
Broche de 1404 (New College, Oxford)
...

Gargalhada


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Gargalhada
Éclat de rire


Quando me disseste que não mais me amavas,
e que ias partir,
dura, precisa, bela e inabalável,
com a impassibilidade de um executor,
dilatou-se em mim o pavor das cavernas vazias...
Mas olhei-te bem nos olhos,
belos como o veludo das lagartas verdes,
e porque já houvesse lágrimas nos meus olhos,
tive pena de ti, de mim, de todos,
e me ri
da inutilidade das torturas predestinadas,
guardadas para nós, desde a treva das épocas,
quando a inexperiência dos Deuses
ainda não criara o mundo...
Quand tu m'as dit que tu ne m'aimais plus,
et que tu allais partir,
dure, précise, belle et inébranlable,
avec l'impassibilité d'un bourreau,
la terreur des gouffres vides en moi s'est répandue...
Mais je t'ai regardé droit dans les yeux,
beaux comme le velours des chenilles vertes,
et parce qu'il y avait déjà des larmes dans mes yeux,
j'ai eu pitié de toi, de moi, de nous tous,
et j'ai ri
de la futilité des tortures prédestinées,
préservées pour nous, depuis la nuit des temps,
lorsque l'inexpérience des Dieux
n'avait pas encore créé le monde...
________________

Yue Minjun
Homme qui rit (2009)
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Ausência


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João Guimarães Rosa »»
 
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Ausência
Absence


Na almofada branca,
as sandálias sonham
com a seda dos teus pés...

Partiste...
Mas a alegria ainda ficou no quarto,
talvez no ninho morno, calcado por teu corpo
no leito desfeito...

Entardece...
Esfuziante e verde,
um beija-flor entrou pela janela,
(pensei que a tua boca ainda estivesse aqui...)

Do frasco aberto,
vestidas de vespas,
voam violetas...

E na almofada de seda,
beijo as sandálias brancas,
vazias dos teus pés.
Sur la blancheur de l''oreiller,
tes sandales ont rêvé
de tes pieds soyeux...

Tu es partie...
Mais la joie est restée dans la chambre,
dans le nid douillet peut-être, piétiné par ton corps
dans le lit défait...

Le soir venu...
Empli de ferveur et vert,
un colibri est entré par la fenêtre,
(j'ai songé à ton baiser-de-fleur, il était encore là...)

Et du flacon ouvert,
vêtu de guêpes,
les violettes volèrent...

Sur l'oreiller de soie, je pose
un baiser sur tes sandales blanches
oubliées de tes pieds.
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Safet Zec
Lit défait (2012)
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