Affichage des articles dont le libellé est Vasco Graça Moura. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vasco Graça Moura. Afficher tous les articles

wild is the wind


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
O Caderno da Casa das Nuvens (2010) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


wild is the wind
wild is the wind


uma sebe de hidrângeas em que o azul explode
faz a moldura deste verão para o teu retrato
e contra o verde largo das folhas, sob o vento, ondula
 o véu,
ondula o véu de leves dobras a envolver-te a cintura,

e a tua pele recolhe a luminosa serenidade da manhã
como um tratamento de beleza, um bálsamo benfazejo
 que não seja
para mais ninguém. e penso: como eu andava ao deus-
 dará
e tu estavas aqui, nesta casa das nuvens, a respirar
 no seu recato

modulado. fosse o destino, o fado, o acaso, a sina,
tu estavas aqui, desde ontem, ao lusco-fusco, entre as
 surdinas
de sombra que cresciam pelo vale e a música severa
de que se engendram as palavras. ah, se eu morresse

agora, só diria, em-mim-mesmado, como adriano,
ó alminha, brandinha, vagabunda,
suspende a clepsidra e deixa-te ficar um pouco mais
 comigo,
só para eu poder contemplá-la e depois acabar
 serenamente,

entre a resignação do estóico, um estremecimento de
 ternura,
um fulgor grave do seu olhar, a faiança azul das
 hidrângeas
e um cheiro de alecrim, ao findar agosto de dois mil
 e nove,
quando o vento se torna mais bravio.
une haie d'hortensias où le bleu explose
forme le cadre de cet été pour ton portrait
et contre le large vert des feuilles, sous le vent,
 ondule le voile
ondule le voile de plis légers enveloppant tes hanches,

et ta peau recueille la luminosité sereine du matin
comme un soin de beauté, un baume bénéfique pour
 nulle autre
personne que toi. et je me dis : comme j'allais
 à la grâce de dieu
et que tu étais ici, dans ce lieu des nuages, à respirer
 en son retrait

modulé. était-ce le destin, le fatum, le hasard, le sort,
tu étais ici, depuis hier, entre chien et loup, dans les
 sourdines de l'ombre
qui grandissent dans la vallée et la musique sévère
en laquelle s'engendre les mots. ah, si je devais mourir

maintenant, je dirais en-moi-mêmement comme adrien,
ô âme, pateline, vagabonde,
suspends la clepsydre et permets que tu restes un peu
 plus avec moi,
juste pour que je puisse la contempler et finir ensuite
 sereinement,

entre la résignation du stoïque, un frémissement de
 tendresse,
une sérieuse fulguration dans l'œil, le bleu des
 hortensias
et une odeur de romarin, à la fin du mois d'août deux
 mille neuf,
lorsque le vent devient plus sauvage.
________________

Gaetano Bellei
Coup de vent (1909)
...

tristão e iseu


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
O Caderno da Casa das Nuvens (2010) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


tristão e iseu
tristan et yseult


dantes até me vinham as lágrimas aos olhos
quando ouvia louis armstrong a cantar
st. james infirmary, aquela marcha fúnebre
a que já aludi há muito tempo, tão sombria, tão pungente,
tão desarmada e triste. já falei disso, sim, e
agora ocorre-me outra vez, nem eu sei bem porquê,
nesta penumbra anoitecida, como um pólen de surdinas
que escorressem das nuvens. e sei que me faz
sentir como se levasse um aperto no coração e
um ramo de flores, um ramo
de frágeis comissuras de ciclamen
e pétalas furtivamente humedecidas, tão pálidas
e azuladas, tão repassadas de tempo e pouca sorte,
nesse compasso rouco para a morte de amor:
so cold, so sweet, so fair,
deixai passar, deixai passar, onde quer que eles
estejam nunca houve amor assim,
iseu crepuscular, tristão desamparado,
ambos morrendo por de nada ter valido.
avant j'avais même les larmes aux yeux
lorsque j'entendais Louis Armstrong chanter
st. james infirmary, cette marche funèbre
dont j'ai parlé autrefois, si sombre, si poignante,
si désarmante et triste. j'en ai déjà parlé, oui,
cela me revient, maintenant et je ne sais pas bien pourquoi,
dans cette pénombre crépusculaire, comme un pollen
de sourdines ruisselant des nuages. et j'ai l'impression
d'avoir au cœur un pincement et un bouquet
de fleurs, un bouquet de fragiles
commissures de cyclamens
et de pétales furtivement humides, si pâles
et bleutés, si détrempés par le temps et la malchance,
dans cette cadence rauque vers la mort de l'amour :
so cold, so sweet, so fair,
laissez passer, laissez passer, où qu'ils soient,
il n'y a jamais eu d'amour ainsi,
yseult crépusculaire, tristan désemparé,
mourant tous les deux de n'avoir rien vécu.
________________

Rogelio de Egusquiza
La mort de Tristan et Yseult (1910)
...

rodopio


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
O Caderno da Casa das Nuvens (2010) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


rodopio
tournoiement


ah, as grandes
sombras da música
estirando-se na tarde!
tu dançavas nos meus sonhos

e elevavas o corpo
num rodopio de perfumes
e então era a volúpia
das palmeiras esguias

sob o vento
fazendo a luz oscilar
em ziguezagues
sobre as minhas pálpebras

e era o puro movimento,
uma cadência do ser
a modelar-te o corpo
entre citrinos
ah, les grandes
ombres de la musique
s'étirant dans le soir !
tu dansais dans mes rêves

et ton corps s'élevait
au tournoiement des parfums
ensuite c'était la volupté
des palmiers graciles

sous le vent
faisant osciller la lumière
en zigzags
sur mes paupières

et c'était le pur mouvement
d'une cadence de l'être
qui façonnait ton corps
parmi les citronniers
________________

Edgar Degas
Ballerine avec bouquet (1876)
...

num barco no rio...


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
O Caderno da Casa das Nuvens (2010) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


num barco no rio...
d'un navire sur le fleuve...


num barco no rio,
num barco subindo
o rio te peço
que amanhã não vás,
que não vás embora
deste rio minho,
que não te separes
do rasto do barco,
dessa ágil espuma,
do vento a passar
pelos teus cabelos
e do sol na cara,
nem de mim que te olho
nos olhos, pedindo.
há gente nas margens?
haverá, não sei.
há velas, motores,
arvoredos, ilhas?
há esquiadores?
pedregulhos, perigos,
sombras da boega?
é forte a corrente?
sei lá. sei que peço
fiques mais um dia
e não quero, não,
que te vás embora.
d'un navire sur le fleuve
d'un navire remontant
le fleuve je te supplie
de ne pas partir demain
de ne pas partir encore
de notre fleuve minho,
de ne pas te séparer
du sillage de ce navire
de cette écume agile
de ce vent qui passe
sur tes cheveux
de ce soleil sur ton visage,
ni de moi qui te regarde
dans les yeux, te suppliant.
y a-t-il des gens sur les rives ?
y en aura-t-il, je ne sais pas.
y a-t-il des voiles, des moteurs,
des bosquets, des îles ?
Y a-t-il des rameurs ?
des récifs, des périls,
des ombres sur l'île du minho ?
le courant est-il fort ?
Je ne sais pas. Je te supplie
de rester un jour de plus
et non, je ne veux pas
te voir partir encore.
________________

Edouard Manet
En barque à Argenteuil (1874)
...

na raiz dos sonhos


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
O Caderno da Casa das Nuvens (2010) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


na raiz dos sonhos
aux racines des rêves


sei que aquela oliveira está ali
desde o princípio do mundo, habitando o tempo
e enredada no tempo à tua espera.

sei que as nuvens são de lilás escurecendo e resolvem
passar em ronda lenta nas fronteiras já imperceptíveis
do pôr do sol. sei que pressentes que assim terá de ser.

sei que ouvimos o sopro irregular do que diz o noroeste
de sílabas salinas, prolongando os búzios e as
 ressonâncias
onde ecoa o mar, enquanto a cor das nuvens

for passando morosa do lilás às madrepérolas da noite
e nós dermos as mãos nesse silêncio atlântico. e ainda
 sei que o vento
se arrepia ao de leve convocando os deuses comovidos

para essa árvore sagrada em que estremece
uma folhagem verde-cinza de estrídulas cigarras
que a acompanham desde o quente começo do mundo.

deste mundo, teu e meu, agora descoberto, ou a
 reinventar
numa sageza ainda assim sobressaltada,
numa ternura à beira da incandescência,

num princípio de pura alegria a que iremos dando vários
 nomes,
coisas da alma empenhada na sua liberdade
e em fantásticas lunações e trepadeiras.

sei como sobem jasmins e madressilvas
e as essências do verão em seus caules delicados
emaranhando-se nos sonhos, na raiz crepuscular

e musical dos sonhos. sei que te encontro aí.
Je sais que cet olivier a vécu là
depuis l'origine du monde, habitant le temps
pris dans les filets du temps, à ta merci.

que les nuages s'obscurcissent lilas, et résolus passent
en ronde lente les frontières imperceptibles déjà du soleil
couchant. Je sais que tu pressens ainsi les choses.

que nous comprenons le souffle irrégulier de ce que dit
le nord-ouest, en syllabes salines prolongeant les sifflements
 et les résonances
de la mer, lui faisant écho, tandis que la couleur des nuages

passera du morose lilas à la nacre des nuits.
et nous nous donnerons la main dans ce silence atlantique.
 et je sais encore
que le vent se hérisse léger, invoquant les dieux attendris

par cet arbre sacré où tremble
un feuillage gris-vert stridulant de cigales
qui l'accompagnent depuis le brûlant début du monde.

de ce monde, le tien le mien, découvert désormais,
 à réinventer peut-être
avec une sagacité tout aussi effrayante
avec une tendresse au bord de l'incandescence,

guidés par un principe de joie pure auquel nous donnerons
 divers noms,
choses de l'âme engagées dans leur liberté
et en de fantastiques lunaisons de vignes grimpantes.

Je sais comment jasmins et chèvrefeuilles,
et les essences d'été montent en leurs tiges délicates
qui s'emmêlent dans les rêves, à la racine crépusculaire

et musicale des rêves. Et je sais que là je te retrouverai.
________________

Vincent van Gogh
Champ d'oliviers (1889)
...

as aves migram em setembro...


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
O Caderno da Casa das Nuvens (2010) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


as aves migram em setembro...
les oiseaux migrent en septembre...


as aves migram em setembro.
nem vou com elas, nem
guardo delas
a mínima memória.

escurece mais cedo,
o tempo não se rouba,
escoa-se como o frio
por uma camisola

até dentro da pele.
as aves migram
calmamente, eu
permaneço aqui

de guarda à água lisa
que viu passar seus bandos
e em que hás-de
debruçar-te.
les oiseaux migrent en septembre.
avec eux je ne vais, ni
d'eux ne garde
le moindre souvenir.

il fait nuit plus tôt,
le temps ne se dérobe pas,
il s'écoule comme le froid
traverse une chemise

jusqu'à toucher la peau.
les oiseaux migrent
calmement, moi
je demeure ici

gardien des eaux lisses
qui ont vu passer leurs bandes
et sur lesquelles tu viendras
te pencher.
________________

Max Georg Giesecke
Oies et mouettes en vol (1915)
...

uma palavra no coração


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
Laocoonte, rimas várias, andamentos graves (2005) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


uma palavra no coração
Une parole au cœur


     ... mit einer Hoffnung auf ein kommendes Wort
 im Herzen

     Paul Celan

quando celan visitou heidegger, e passearam
pelo bosque antes da chuva, ao despedir-se escreveu
no livro da casa sobre a esperança de uma
palavra a vir no coração. e repetiu em todtnauberg,

dois anos antes de morrer, a referência obscura
à linha escrita nesse livro, de uma esperança,
 então, de que,
a um ser pensante?, de um ser pensante?,
viesse uma palavra no coração. no coração, no lugar onde

a palavra reconcilia por lá se encontrar desde antes,
esperadamente. ao coração, seria menos visceral.
ou já lá estava pronta a vir ou não valia a pena
fosse quebrado o silêncio em tanta expectativa.

as raízes do fogo e do sangue são as raízes
violentas do poema, no seu magma revolto de estranhezas
ou nalguma ténue chama azulando-se em sílabas
delicadas como asas. instalada no coração,

uma palavra, uma oferenda de música e plantas silvestres,
viria a irromper do orvalho, benfazeja, transportando
se não o esquecimento, a paz. uma palavra.
tudo o que celan pedia e não sabemos se obteve

e talvez ainda procurasse numa noite de abril,
 no rio sena.
     ... avec l'espoir d'une parole à venir
     dans le cœur.

     Paul Celan

quand celan rendit visite à heidegger, et qu'ils allèrent
avant la pluie marcher dans les bois, comme il prenait
congé, il écrivit sur le livre de la maison l'espoir d'une
parole qui lui viendrait au cœur. et il réitéra à todtnauberg,

deux ans avant de mourir, la référence obscure
à la ligne écrite dans ce livre, d'une espérance,
 mais, de quoi,
d'un être pensant ?, à un être pensant ?,
une parole au cœur. au cœur, à l'endroit où

la parole réconcilie, là où elle est depuis toujours,
avec espoir. dans le cœur, qui serait moins viscéral.
ou elle était là, prête à venir, ou il ne valait pas la peine
de rompre le silence après une telle attente.

Les racines du feu et du sang sont les racines
violentes du poème, dans son trouble magma d'étrangeté
ou, dans quelque flamme ténue qui bleuit en syllabes
délicates comme des ailes. près du cœur installée,

une parole, une offrande musicale de plantes sauvages,
viendrait jaillir de la rosée, bienfaisante, porteuse
sinon d'oubli, du moins de paix. d'une parole. tout
ce que celan demandait nous ne savons pas s'il l'obtint

et peut-être cherche-t-il encore par une une nuit d'avril,
 en bord de seine.
________________

Anselm Kiefer
Tes cheveux de cendre, Sulamith (1981)
...

auto-retrato com a musa


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
Laocoonte, rimas várias, andamentos graves (2005) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


auto-retrato com a musa
autoportrait avec muse


1
vejo-me ao espelho: a cara
severa dos sessenta,
alguns cabelos brancos,
os óculos por vezes
já mais embaciados.

sobrancelhas espessas,
nariz nem muito ou pouco,
sinal na face esquerda,
golpe breve no queixo
(andanças da gilette).

ia a passar fumando
mais uma cigarrilha
medindo em tempo e cinza
coisas atrás de mim.
que coisas? tantas coisas,

palavras e objectos,
sentimentos, paisagens.
também pessoas, claro,
e desfocagens, tudo
o que assim se mistura

e se entrevê no espelho,
tingindo as suas águas
de um dúbio maneirismo
a que hoje cedo, e fico
feito de tinta e feio.


2
quem amo o que é que pode
fazer deste retrato?
nem sabê-lo de cor,
nem tê-lo encaixilhado,
nem guardá-lo num livro,

nem rasgá-lo ou queimá-lo,
mas pode pôr-se ao lado
e ter prazer ou pena
por nos achar parecidos
ou não achar. quem amo

não fica desenhado,
fica dentro de mim
e é quando mais me apago
e deixo de me ver
e apenas me confundo,

amador transformado
na própria coisa amada
por muito imaginar.
assim nem john ashberry,
nem o parmegianino,

nem espelho convexo,
nem mesmo auto-retrato.
só uma sombra que é
na sombra de quem amo
provavelmente a minha.


3
quem amo tem cabelos
castanhos e castanhos
os olhos, o nariz
direito, a boca doce.
em mais ninguém conheço

tal porte do pescoço
nem tão esguias mãos
com aro de safira,
nem tanta luz tão húmida
que sai do seu olhar,

nem riso tão contente,
contido e comovente,
nem tão discretos gestos,
nem corpo tão macio
quem amo tem feições

de uma beleza grave
e música na alma
flutua nas volutas
de um madrigal antigo
em ondas de ternura.

é quando eu sinto a musa
pousando no meu ombro
sua cabeça, assim
me enredo horas a fio
e fico a magicar.
1
Vu dans le miroir : ma mine
sévère des soixante ans,
quelques cheveux blancs,
parfois déjà des lunettes
un peu plus brouillées.

des sourcils épais,
ni trop ni trop peu pour le nez
une entaille sur la joue gauche,
un coup bref sur le menton
(errances d'un rasoir).

Je passais par là, fumant
cigarillo sur cigarillo
mesurant le temps et la cendre
des choses qui viendront après moi.
Quelles choses ? Tant de choses,

paroles et objets,
sentiments, paysages.
mais aussi des gens, bien sûr,
et des choses floues, et tout
ce qui se fond dans la masse

et s'entrevoit dans le miroir,
teintant ses eaux
d'un maniérisme douteux,
vue matinale me laissant ainsi
fait d'encre et de laideur.


2
celle que j'aime que ferait-elle
de ce portrait ? elle ne peut
ni le connaître par cœur
ni le mettre dans un cadre,
ni le conserver dans un livre,

ni le déchirer ou le brûler,
mais elle peut le garder à ses côtés
et prendre plaisir ou avoir pitié
de nous trouver semblables
ou dissemblables. Celle que j'aime

n'est pas désignée,
elle reste blottie en moi
et je m'efface alors,
et je cesse de me voir
et je me confonds en elle,

amant transformé
en la chose aimée
et pour beaucoup imaginée.
ainsi non point john ashberry,
ni le parmesan,

ni miroir convexe,
ni même autoportrait.
seulement une ombre qui est
dans l'ombre de celle que j'aime
probablement la mienne.


3
celle que j'aime a les cheveux
châtains et ses yeux sont
noisette, le nez
droit, sa bouche est douce
et chez personne je ne connais

un tel port de cou
ni des mains si fines
avec une bague en saphir
ni lumière sortant
de ses yeux si humide.

ni un rire aussi heureux,
touchant et contenu,
ni des gestes aussi discrets
ni un corps aussi doux,
celle que j'aime a les façons

d'une beauté grave
et cette musique de l'âme
qui flotte dans les volutes
d'un ancien madrigal,
en vagues de tendresse.

alors je sens la muse
qui vient reposer sa tête
sur mon épaule, alors durant
des heures le fil s'emmêle
et je suis magique.
________________

Pablo Picasso
Le peintre et son modèle (1963)
...

A consistência das sombras


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
Laocoonte, rimas várias, andamentos graves (2005) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


a consistência das sombras
la consistance des ombres


é esta a consistência das sombras.
a sombra do teu cabelo
a modelar-te a cara,
como a das palmas
das minhas mãos.

a sombra da casa e das árvores
na longa anamorfose
das horas sob a luz.
a sombra de um voo,
rápida, a atravessar

o solo de areão grosso.
a sombra de uma arcada
estirando-se em pintura
inquieta e metafísica.
mas a sombra de uma voz,

a de um lamento,
a de um olhar,
a de uma dúvida,
são da matéria da metáfora
e da sonoridade do tempo,

são representações
que dão outro sentido
à melancolia, aos vãos que há
entre as pregas do mundo,
dos sentimentos, da razão.
c'est la consistance des ombres.
de l'ombre de tes cheveux
qui modèle ton visage
comme celle des paumes
de mes mains.

l'ombre de la maison et des arbres
dans la longue anamorphose
des heures sous la lumière.
l'ombre d'un vol,
rapide, celle qui traverse

le sol grossier et sablonneux.
l'ombre d'une arche qui s'étire
comme une peinture
inquiète et métaphysique.
mais l'ombre, celle d'une voix,

celle d'une complainte,
celle d'un regard,
celle d'un doute,
sont de l'étoffe des métaphores
et de la sonorité du temps,

ce sont des représentations
qui donnent un autre sens
à la mélancolie, aux vides qui
existent entre les plis du monde,
des sentiments, et de la raison.
________________

Félix Vallotton
Le ballon (1899)
...

fado Inventário


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
Mais Fados & Companhia (2004) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


fado Inventário
fado de l'Inventaire


É a canção da minha vida
entre o sol e a neblina,
entre o amor e o ciúme,
este voo puro que desnuda
uma gaivota, um olhar,

é o direito e o avesso
da ausência sem regresso,
é a paixão, é o inferno
duma espera nervosa,
é o mar da aurora,

é o Tejo que murmura
ecos das caravelas,
é a tua voz no estuário,
a espuma, o rasgão
duma primavera sem andorinhas.

É a brancura, o cheiro
dos velhos bairros de Lisboa
e a força do destino,
a embriaguez do incerto 
na alma que isolada vive.

Minha legítima defesa
meu coração que bate em sobressalto
a medida da ausência,
a esperança insana, a impaciência
em suma: é o fado...

a medida da ausência,
a esperança insana, a impaciência
em suma: é o meu fado...
C'est la chanson de ma vie
entre soleil et brume
entre amour et jalousie,
et qui met à nu ce pur vol
d'une mouette ou d'un regard,

c'est l'endroit et l'envers
de l'absence sans retour,
c'est la passion, c'est l'enfer
d'une espérance nerveuse,
c'est la mer au bout de l'aube,

c'est le Tage qui murmure
les échos des caravelles,
c'est ta voix sur l'estuaire,
l'écume et la blessure
d'un printemps sans hirondelles.

C'est la blancheur, l'odeur
des vieux quartiers de Lisbonne
et la force du destin,
l'ivresse de l'incertitude
dans l'âme qui vit seule.

Ma légitime défense
mon cœur qui bat la chamade
la mesure de l'absence
l'espoir insensé, l'impatience
c'est en somme, tout le fado

la mesure de l'absence
l'espoir insensé, l'impatience
et pour tout dire : mon fatum...
________________

Grande Panorama de Lisboa
Azulejo (1700 ca.)
...

ut pictura poesis


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
Antologia dos Sessenta Anos (2002) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


ut pictura poesis
ut pictura poesis


nalgumas pinturas busco a força latente dos volumes,
o espaço pensado, a solidez angelical das figuras,
a sua comovida geometria. mas noutras,
  sinto a sombra
comendo os contornos das faces, ou o efeito de espelho

anulando o suporte e um sentido único da matéria.
e então nada pesa no mundo, salvo uma consciência
embargada no alongamento procurado das formas
ou nalguma ambiguidade dos sorrisos.

noutras ainda, a tactilidade restitui-me o que imagino ou sei
da carne das mulheres, de algumas pétalas.
  e noutras, o peso
das madeiras, dos metais, dos estofos, sob as qualidades
da luz, a variação dos silêncios metafísicos, a linha

serpentinada que enreda o movimento de um dorso
como um fio de tempo. em todas, busco
uma medida humana da representação,
mesmo que ela flutue numa irrealidade palpável

em que também posso reconhecer as dimensões efémeras
do que sou, contraditórias, obscuramente
  pressentidas,
quantas vezes informuladas ou desfiguradas
nas sinópias da alma. ut pictura poesis.
en des peintures, je cherche la force latente des volumes,
la conception de l'espace, la solidité angélique des figures,
leur émouvante géométrie. Mais en d'autres,
  je sens l'ombre
dévorant les contours des visages, ou l'effet de miroir

annulant le support et un sens unique pour la matière.
et rien alors ne pèse sur le monde, sauf une conscience
étranglée par l'allongement recherché des formes
ou par une certaine ambiguïté des sourires.

en d'autres encore, le côté tactile me rend l'imaginé, le vécu
de la chair des femmes, de certains pétales.
  et puis, le poids
des étoffes, des métaux, du bois, sous les qualités de la
lumière, la variation des silences métaphysiques, la ligne

serpentine qui s'enchevêtre au mouvement d'un dos
comme le filet du temps. en toutes, je cherche
une mesure humaine de la représentation,
même si elle flotte dans une irréalité palpable.

où je peux aussi reconnaître les dimensions éphémères
de ce que je suis, contradictoires, obscurément
  ressenties,
souvent informulées ou défigurées
dans les synoptiques de l'âme. ut pictura poesis.
________________

Pablo Picasso
Étude, Femme en chemisier assise dans un fauteuil (1914)
...

soneto do amor e da morte


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
Antologia dos Sessenta Anos (2002) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


soneto do amor e da morte
sonnet d’amour et de mort


quando eu morrer murmura esta canção
que escrevo para ti. quando eu morrer
fica junto de mim, não queiras ver
as aves pardas do anoitecer
a revoar na minha solidão.

quando eu morrer segura a minha mão,
põe os olhos nos meus se puder ser,
se inda neles a luz esmorecer,
e diz do nosso amor como se não

tivesse de acabar, sempre a doer,
sempre a doer de tanta perfeição
que ao deixar de bater-me o coração
fique por nós o teu inda a bater,
quando eu morrer segura a minha mão.
quand je mourrai, murmure cette chanson
que j'écris pour toi. quand je mourrai
reste auprès de moi, tu ne voudrais pas
que les oiseaux gris du soir viennent
voltiger autour de ma solitude.

quand je mourrai, tiens ma main, pose
tes yeux sur les miens s'il est possible,
même si la lumière en eux s'éteint,
et parle de notre amour comme s'il

n'allait jamais finir, toujours à faire mal,
toujours mal avec une telle perfection
que lorsque mon cœur cessera de battre
le tien battra encore pour nous deux,
quand je mourrai, prends ma main.
________________

Pierre Peyron
La mort d'Alceste (1794)
...

princípio do prazer


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
Antologia dos Sessenta Anos (2002) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


princípio do prazer
le principe de plaisir


à sua volta os pombos cor de lava
nos arabescos pretos do basalto
e gente, muita gente que passava
e se detinha a olhá-la em sobressalto

no seu olhar havia uma promessa
nos seus quadris dançava um desafio
num relance de barco mas sem pressa
que fosse ao sol-poente pelo rio

trazia nos cabelos um perfume
a derramar-se em praias de alabastro
e um brilho mais sombrio quase lume
de fogo-fátuo a coroar um mastro

seu porte altivo punha à vista o puro
princípio do prazer que caminhava
carnal e nobre e lúcido e seguro
com qualquer coisa de uma orquídea brava

e nas ruas da baixa pombalina
sua blusa encarnada era a bandeira
e o grito da revolta na retina
de quem fosse atrás dela a vida inteira.
autour d'elle, des pigeons couleur de lave
dans les arabesques noires du basalte
et des gens, beaucoup de gens qui passaient
et s'arrêtaient pour la regarder avec surprise

dans son regard, il y avait une promesse
sur ses hanches dansait un défi comme
le clin d’œil d'une barque mais sans hâte
qui du fleuve partirait vers le soleil couchant

elle portait dans ses cheveux un parfum
qui se répandait sur des plages d'albâtre
et un éclat plus sombre, presque une lueur
de feu follet à la couronne d'un mât

son port altier mettait en évidence le pur
principe de plaisir qui s'en allait nonchalant
noble et charnel, lucide et sûr avec un
je-ne-sais-quoi d'une orchidée sauvage

et dans les rues de la baixa pombaline1
son chemisier rouge était le drapeau
et le cri de révolte dans la rétine
de ceux qui l'avait suivie leur vie entière.
________________

Egon Schiele
Die Träumende (La rêveuse) - Gerti (1911)
...

o suporte da música


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
Antologia dos Sessenta Anos (2002) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


o suporte da música
le support de la musique


o suporte da música pode ser a relação
entre um homem e uma mulher, a pauta
dos seus gestos tocando-se, ou dos seus
olhares encontrando-se, ou das suas

vogais adivinhando-se abertas e recíprocas,
ou dos seus obscuros sinais de entendimento,
crescendo como trepadeiras entre eles.
o suporte da música pode ser uma apetência

dos seus ouvidos e do olfacto, de tudo o que se
ramifica entre os timbres, os perfumes,
mas é também um ritmo interior, uma parcela
do cosmos, e eles sabem-no, perpassando

por uns frágeis momentos, concentrado
num ponto minúsculo, intensamente luminoso,
que a música, desvendando-se, desdobra,
entre conhecimento e cúmplice harmonia.
le support de la musique peut être la relation
entre un homme et une femme, la portée
de leurs gestes qui se touchent, ou de
leurs regards qui se croisent, ou de leurs

voyelles se devinant, ouvertes et réciproques
ou de leurs obscurs signaux de compréhension,
qui poussent comme des vignes entre eux.
le support de la musique peut être un appétit

de leurs oreilles, de leur odorat, de tout ce qui
se ramifie entre les timbres, les parfums,
mais c'est aussi un rythme intérieur, une parcelle
du cosmos, et ils le savent, qui les effleure

pour de fragiles moments, concentré
en un point minuscule, intensément lumineux,
que la musique, perçant à jour, déploie,
entre connaissance et complice harmonie.
________________

Frank Stella
Takt-i-Sulayman, Variation I (1969)
...

no obscuro desejo


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Vasco Graça Moura »»
 
Antologia dos Sessenta Anos (2002) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


no obscuro desejo
de l'obscur désir


no obscuro desejo,
no incerto silêncio,
nos vagares repetidos,
na súbita canção

que nasce como a sombra
do dia agonizante,
quando empalidece
o exterior das coisas,

e quando não se sabe
se por dentro adormecem
ou vacilam, e quando
se prefere não chegar

a sabê-lo, a não ser,
pressentindo-as, ainda
um momento, na aresta
indizível do lusco-fusco.
de l'obscur désir,
de l'incertain silence,
d'une errance répétée,
d'un chant soudain,

lorsque l'ombre du jour
agonisant vient à naître,
lorsque l'extérieur des
choses se met à pâlir,

et que l'on ne sait déjà
plus si, à l'intérieur,
ils dorment ou ils
vacillent, alors on préfère

ne rien savoir, si ce n'est
les pressentir, encore
pour un instant, indicible
au bord du crépuscule.
________________

Anouk Kruithof
Flux perpétuel et sans fin (2020)
...

Nuage des auteurs (et quelques oeuvres)

A. M. Pires Cabral (44) Adalgisa Nery (43) Adolfo Casais Monteiro (36) Adriane Garcia (40) Adão Ventura (41) Adélia Prado (40) Affonso Romano de Sant'Anna (41) Al Berto (38) Albano Martins (41) Alberto Pimenta (40) Alexandre O'Neill (29) Ana Cristina Cesar (38) Ana Elisa Ribeiro (40) Ana Hatherly (43) Ana Luísa Amaral (40) Ana Martins Marques (48) Antonio Brasileiro (41) Antonio Osorio (42) António Gedeão (37) António Ramos Rosa (41) Antônio Cícero (40) Augusto dos Anjos (50) Caio Fernando Abreu (40) Carlos Drummond de Andrade (43) Carlos Machado (112) Carlos Nejar (42) Casimiro de Brito (40) Cassiano Ricardo (40) Cecília Meireles (37) Conceição Evaristo (33) Daniel Faria (40) Dante Milano (33) David Mourão-Ferreira (40) Donizete Galvão (41) Eucanaã Ferraz (43) Eugénio de Andrade (34) Fernando Assis Pacheco (42) Ferreira Gullar (40) Fiama Hasse Pais Brandão (38) Francisco Carvalho (40) Galeria (30) Gastão Cruz (40) Gilberto Nable (48) Hilda Hilst (41) Iacyr Anderson Freitas (41) Inês Lourenço (40) Jorge Sousa Braga (40) Jorge de Sena (40) José Eduardo Degrazia (40) José Gomes Ferreira (41) José Luís Peixoto (44) José Paulo Paes (17) José Régio (41) José Saramago (40) José Tolentino de Mendonça (42) João Cabral de Melo Neto (43) João Guimarães Rosa (33) João Luís Barreto Guimarães (40) Luis Filipe Castro Mendes (40) Lêdo Ivo (33) Manoel de Barros (36) Manuel Alegre (42) Manuel António Pina (33) Manuel Bandeira (39) Manuel de Freitas (41) Marina Colasanti (38) Mario Quintana (38) Micheliny Verunschk (40) Miguel Torga (32) Murilo Mendes (32) Mário Cesariny (34) Narlan Matos (85) Nuno Júdice (33) Nuno Rocha Morais (567) Orides Fontela (43) Paulo Leminski (43) Pedro Mexia (40) Poemas Sociais (30) Poèmes inédits (373) Reinaldo Ferreira (40) Ronaldo Costa Fernandes (42) Rui Knopfli (43) Rui Pires Cabral (44) Ruy Belo (29) Ruy Espinheira Filho (43) Ruy Proença (48) Sebastião da Gama (45) Sophia de Mello Breyner Andresen (33) Thiago de Mello (38) Ultimos Poemas (103) Vasco Graça Moura (40) Vinícius de Moraes (34)