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Arc


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Poemas italianos (1968 - postumo) »»
 
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Arco
Arc


As faces estão irreconhecíveis:
e deviam ser belas.

A lembrança das vitórias atenuou-se:
— e, no entanto, eram célebres.

Do imperador que passou, não há vestígios:
— e foi tão poderoso.

Mas o vento que dançava nas pregas do vestido
— e um vento leve! —
continua a dançar ali.

Vede!
E era o vento.
O vento sonhado, apenas.
Ali está preso o vento que sempre foge.

A pedra, que não se move, ondula.
Dança. Para sempre.

E a mão do artista, há muitos séculos,
é também vento.
Les visages sont méconnaissables :
et ils devaient être beaux.

Le souvenir des victoires s'est estompé :
— elles étaient célèbres, pourtant

De l'empereur décédé, il n'est plus de vestiges :
— lui qui fut si puissant.

Mais le vent qui dansait dans les plis de sa robe
— un vent léger ! —
là, continue de danser.

Voyez !
C'était le vent.
Ce n'était que le vent rêvé
Le vent prisonnier qui toujours fuit.

La pierre, immobile, ondule
et danse. Et pour toujours.

Et la main de l'artiste, après des siècles,
est aussi du vent.
________________

Arc de Trajan (Bénévent)
Détail du bas-relef (II siècle après .J.C.)

Quero uma solidão...


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Quero uma solidão...
J'ai soif d'une solitude...


Quero uma solidão, quero um silêncio,
uma noite de abismo e a alma inconsútil,
para esquecer que vivo, libertar-me

das paredes, de tudo que aprisiona;
atravessar demoras, vencer tempos
pululantes de enredos e tropeços,

quebrar limites, extinguir murmúrios,
deixar cair as frívolas colunas
de alegorias vagamente erguidas.

Ser tua sombra, tua sombra, apenas,
e estar vendo e sonhando à tua sombra
a existência do amor ressuscitada.

Falar contigo pelo deserto.
J'ai soif d'une solitude et d'un silence,
une nuit d'abîme et l'âme sans couture,
pour oublier que je vis, pour me libérer

des murs, de tout ce qui emprisonne ;
Pour rattraper les retards, vaincre le temps
qui pullule d'intrigues et de chausse-trappes,

franchir les limites, étouffer les murmures,
laisser tomber le soutien frivole
d'allégories vaguement relevées.

Être ton ombre, seulement ton ombre,
et regarder, rêver depuis ton ombre
à l'existence de l'amour ressuscité.

Te parler à travers le désert.
________________

Artemisia Gentileschi
Marie-Madeleine en extase (1611)

Praia do fim do mundo


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Praia do fim do mundo
La plage du bout du monde


Neste lugar só de areia,
já não terra, ainda não mar,
poderíamos cantar.

Ó noite, solidão, bruma,
país de estrêlas sem voz,
que cantaremos nos?

As sombras nossas na praia
podem ser noite e ser mar
pelo ar e pela água andar

Mas o canto, mas o sonho,
de que modo encontrarão
o que não é vão?

Cantemos, porém, amigos,
neste impossível lugar
que não é terra nem mar:

na praia do fim do mundo
que nao guardará de nós
sombra nem voz.
En ce lieu qui n'est que sable,
qui n'est plus terre, ni mer encore,
nous pourrions chanter.

Ô nuit, solitude, brume,
pays d'étoiles sans voix,
que chanterions-nous ?

Sur la plage sont nos ombres
autant nuit que mer, allant
par l'air et par l'eau

Mais le rêve, mais le chant,
comment vont-ils rencontrer
ce qui n'est pas vain ?

Amis, cependant, chantons,
en cet impossible endroit
pas plus terre que mer :

Sur la plage au bout du monde
rien ne sera gardé de nous
ni ombre ni voix.
________________

Caspar David Friedrich
Lever de lune sur la mer (1822)

Multidão


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Multidão
Multitude


Mais que as ondas do largo oceano
e que as nuvens nos altos ventos,
corre a multidão.

Mais que o fogo em floresta seca,
luminosos, flutuantes, desfrisados vestidos
resvalam sucessivos,
entre as pregas, os laços, as pontas soltas
dos embaralhados turbantes.

Aonde vão esses passos pressurosos, Bhai?
A que encontro? a que chamado?
em que lugar? por que motivo?

Bhai, nós, que parecemos parados,
por acaso estaremos também,
sem o sentirmos,
correndo, correndo assim, Bhai, para tão longe,
sem querermos, sem sabermos para onde,
como água, nuvem, fogo?

Bhai, quem nos espera, quem nos receberá,
quem tem pena de nós,
cegos, absurdos, erráticos,
e desabarmos pelas muralhas do tempo?
Plus que les vagues du grand océan
et que les nuages par grand vent,
court la multitude.

Plus que le feu dans l'aride forêt,
lumineux, fluctuants, débouclés des vêtements
coulissent successivement
entre les plis, les lacets, les libres extrémités
des turbans enrubannés.

Où s'en vont ces pas précipités, Bhai ?
À quel rendez-vous ? Sur quel appel ?
en quel lieu ? pour quel motif ?

Bhai, nous qui paraissons immobiles,
ne serons-nous pas en train, à vrai dire
sans l'éprouver,
de courir, courir ainsi, Bhai, vers les lointains,
sans le vouloir, sans même savoir où,
comme l'eau, les nuages, le feu ?

Bhai, qui nous attendra, qui nous recevra,
qui aura pitié de nous,
erratiques, absurdes, aveugles
nous qui dégringolons des murailles du temps ?
________________

Frederic Shoberl
Prêtres de Shiva et Pandaram (1820)

Mapa Falso


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Mapa Falso
Fausse carte


Quantas coisas pensei sublimes,
merecedoras de longas lágrimas!
Quais eram?
As lágrimas recordo
e as pensativas planícies
por onde estenderam seus longos rios,
mas não levam nenhuma voz essas águas.

Tudo foi afogado e sepulto.
Maiores que as coisas choradas
eram as lágrimas que as choraram.

E sua imagem, de longe, é uma solidão sem
mais nenhum sentido:
mapa falso que a nossa viagem abandona,
pois vamos sempre além de tudo, para mais longe.
À combien de choses sublimes, ai-je pensé
digne des larmes les plus chaudes !
Quelles étaient-elles ?
Je me souviens des larmes
et des plaines pensives
où leurs longues rivières s'étiraient,
mais aucune voix ne s'élève de ces eaux.

Tout a été noyé et enterré.
Meilleures que les choses pleurées
sont les larmes qui les pleurent.

Et leur image, au loin, est une solitude sans
plus aucun sens :
carte fausse que notre voyage abandonne,
car nous allons toujours au-delà de tout, et plus loin.
________________

Hans Hartung
L 36 (1957)

É preciso não esquecer nada...


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É preciso não esquecer nada...
Il ne faut rien oublier...


É preciso não esquecer nada:
nem a torneira aberta nem o fogo aceso,
nem o sorriso para os infelizes
nem a oração de cada instante.

É preciso não esquecer de ver a nova borboleta
nem o céu de sempre.

O que é preciso é esquecer o nosso rosto,
o nosso nome, o som da nossa voz, o ritmo do nosso pulso.

O que é preciso esquecer é o dia carregado de atos,
a idéia de recompensa e de glória.

O que é preciso é ser como se já não fôssemos,
vigiados pelos próprios olhos
severos conosco, pois o resto não nos pertence.
Il ne faut rien oublier :
Ni le robinet ouvert ni le feu allumé,
Ni le sourire des malheureux
Ni la prière de chaque instant.

Il ne faut pas oublier de voir le nouveau papillon
Ni le ciel de toujours.
Ce qu'il faut, c'est oublier notre visage,
Notre nom, le son de notre voix,
Le rythme de notre pouls.

Ce qu'il faut oublier, c'est la journée remplies d'actions,
L'idée de récompense et de gloire.

Ce qu'il faut, c'est être comme si nous n'étions déjà plus,
Sous la surveillance de nos propres yeux
Sévères avec nous-même, le reste ne nous concerne pas.
________________

Michelangelo Pistoletto
Vénus dorée aux chiffons (1978)

Como se Morre de Velhice...


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Como se Morre de Velhice...
Comme on peut mourir de vieillesse...


Como se morre de velhice
ou de acidente ou de doença,
morro, Senhor, de indiferença.

Da indiferença deste mundo
onde o que se sente e se pensa
não tem eco, na ausência imensa.

Na ausência, areia movediça
onde se escreve igual sentença
para o que é vencido e o que vença.

Salva-me, Senhor, do horizonte
sem estímulo ou recompensa
onde o amor equivale à ofensa.

De boca amarga e de alma triste
sinto a minha própria presença
num céu de loucura suspensa.

(Já não se morre de velhice
nem de acidente nem de doença,
mas, Senhor, só de indiferença).
Comme on peut mourir de vieillesse,
ou par accident ou de maladie,
je mourrai, Seigneur, de l'indifférence.

De l'indifférence de ce monde où
le sens et la pensée n'ont pas d'écho
dans l'immensité de l'absence.

De l'absence, sables mouvants
où s'écrit la même sentence
pour le vaincu et le vainqueur.

Sauve-moi, Seigneur, de l'horizon
sans incitation ni récompense
où l'amour est pareil à l'offense.

L'amertume aux lèvres, et l'âme
triste, je sens ma propre présence
dans un ciel de folie suspendue.

(Déjà on ne meurt plus de vieillesse
ni par accident ou de maladie, mais
seulement, Seigneur, de l'indifférence).
________________

George Grosz
Jour gris (1921)

De Que São Feitos os Dias?


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De que são feitos os dias?
De quoi sont faits les jours ?


De que são feitos os dias?
- De pequenos desejos,
vagarosas saudades,
silenciosas lembranças.

Entre mágoas sombrias,
momentâneos lampejos:
vagas felicidades,
inactuais esperanças.

De loucuras, de crimes,
de pecados, de glórias
- do medo que encadeia
todas essas mudanças.

Dentro deles vivemos,
dentro deles choramos,
em duros desenlaces
e em sinistras alianças...
De quoi sont faits les jours ?
- De menus désirs,
regrets lancinants,
souvenirs silencieux.

Parmi les éclairs momentanés
de sombres tristesses :
de vagues bonheurs,
d'inactuelles espérances.

De la folie, des crimes,
des péchés, des lauriers
– de la peur qui cadenasse
tous ces mouvements.

Là dedans, nous vivons,
là dedans, nous pleurons,
en douloureux dénouements
et en sinistres alliances ...

________________

Jiri Kolár
Lune de papillons (1970)

De longe te hei-de amar...


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De longe te hei-de amar...
Je dois t'aimer de loin...


De longe te hei-de amar
- da tranquila distância
em que o amor é saudade
e o desejo, constância.

Do divino lugar
onde o bem da existência
é ser eternidade
e parecer ausência.

Quem precisa explicar
o momento e a fragrância
da Rosa, que persuade
sem nenhuma arrogância?

E, no fundo do mar,
a Estrela, sem violência,
cumpre a sua verdade,
alheia à transparência.
Je dois t'aimer de loin
– de la distance tranquille
où l'amour est regret
et le désir, constance.

Du lieu divin
où le bien de l'existence
est d'être éternité
et de paraitre absence.

Qui a besoin d'expliquer
le moment et le parfum
de la Rose, qui persuade
sans aucune arrogance ?

Et, dans le fond de la mer,
l'Étoile, sans violence,
accomplit sa vérité,
étrangère à la transparence.
________________

Wim Wenders
Femme à la fenêtre à Los Angeles (1999)

Recado aos amigos distantes


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Recado aos amigos distantes
Billet aux amis lointains


Meus companheiros amados,
não vos espero nem chamo:
porque vou para outros lados.
Mas é certo que vos amo.

Nem sempre os que estão mais perto
fazem melhor companhia.
Mesmo com sol encoberto,
todos sabem quando é dia.

Pelo vosso campo imenso,
vou cortando meus atalhos.
Por vosso amor é que penso
e me dou tantos trabalhos.

Não condeneis, por enquanto,
minha rebelde maneira.
Para libertar-me tanto,
fico vossa prisioneira.

Por mais que longe pareça,
ides na minha lembrança,
ides na minha cabeça,
valeis a minha Esperança.
Mes compagnons bien-aimés,
Je ne vous attends ni vous appelle:
car je vais par d'autres chemins.
Mais il est vrai que je vous aime.

La compagnie des plus proches
n'est pas toujours la meilleure.
Et même si le ciel est couvert,
nous savons tous qu'il fait jour.

Dans l'immensité de vos champs
j'ai ouvert mes chemins de traverse.
C'est à votre amour auquel je pense
et qui me donne tant de soucis.

Ne condamnez pas, aujourd'hui,
ma conduite rebelle.
À vouloir me libérer demain,
je reste votre prisonnière.

Aussi loin qu'il me semble,
vous vivez dans ma mémoire,
vous vivez dans mon esprit,
vous valez tous mes Espoirs.

________________

Henri Michaux
Peinture à l'encre de Chine (1959)

O Afogado


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O Afogado
Le noyé


Pelo mar azul,
pela água tão clara,
caminhava o morto
esta madrugada.

Subia nas vagas,
bordado de espuma,
seu corpo sem roupa,
sem força nenhuma.

O sol cor-de-rosa,
nascido nas águas,
via o navegante
procurar a praia.

Sem voz e sem olhos,
chegava de longe.
Chegava - e ficara
além do horizonte.

Por dias e noites
viera atravessando
caminhos salgados
como o suor e o pranto.

Dançarino estranho
de passos macabros,
com o corpo despido
e grossos sapatos.

Dançando e dançando,
por noites e dias,
chegou dentro da alva
às areias frias.

O mar e a neblina
que um morto navega
são muito mais fáceis
que, aos vivos, a terra.

Vencera a inconstante
planície intranquila
numa silenciosa,
cega acrobacia.

E então se deteve
seu corpo dobrado
por aquele imenso,
póstumo cansaço.

Era como os peixes
finalmente quietos:
o peito, gelado
e os olhos, abertos.

Um fio de sangue
corria em seu rosto
irreconhecível
de secreto morto.

Miravam com pena
sua dúbia face.
Quem era? Quem fora?
Nas ondas gastara-se.

Nu como nascera
ali se caía.
Só tinha os sapatos:
lembrança da vida.
Sur la mer bleue,
sur l'eau si claire,
un mort cheminait
ce matin-là.

Il gravissait les vagues,
bordé d'écume,
son corps découvert,
était sans force aucune.

Né des eaux, le soleil
couleur-de-rose
a vu le navigateur
chercher la plage.

Sans yeux et sans voix,
il arrivait de loin.
Il arrivait – mais restait
au-delà de l'horizon.

Des jours et des nuits
durant il avait parcouru
les chemins du sel
de la sueur et des pleurs.

Étrange danseur
aux pas macabres,
avec son corps dénudé
et ses gros souliers.

Dansant et dansant,
jours et nuits,
il arrivait dès l'aube
sur les sables froids.

La mer et le brouillard
pour un mort qui navigue
sont d'accès plus facile
que la terre pour les vivants.

Il avait surmonté la plaine
versatile agitée
par de silencieuses
et aveugles acrobaties.

Puis il s'était échoué
le corps replié sur lui-même
par cette fatigue
immense et posthume

comme ces poissons
enfin tranquilles :
le ventre froid
et les yeux ouverts.

Un filet de sang coula
sur son visage rendu
méconnaissable
par un secret mortel.

Ils observèrent avec pitié
son visage douteux.
Qui était-ce ? D'où venait-il ?
Épuisé par les vagues.

Nu comme un nouveau-né
tombé là,
il n'avait que ses souliers :
souvenir d'une vie.

________________

Odilon Redon
Le noyé (1884)

Canção Póstuma


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Canção Póstuma
Chanson posthume


Fiz uma canção para dar-te;
porém tu já estavas morrendo.
A Morte é um poderoso vento.
E é um suspiro tão tímido, a Arte...

É um suspiro tímido e breve
como o da respiração diária.
Choro de pomba. E a Morte é uma águia
cujo grito ninguém descreve.

Vim cantar-te a canção do mundo,
mas estás de ouvidos fechados
para os meus lábios inexatos,
— atento a um canto mais profundo.

E estou como alguém que chegasse
ao centro do mar, comparando
aquele universo de pranto
com a lágrima da sua face.

E agora fecho grandes portas
sobre a canção que chegou tarde.
E sofro sem saber de que Arte
se ocupam as pessoas mortas.

Por isso é tão desesperada
a pequena, humana cantiga.
Talvez dure mais do que a vida.
Mas à Morte não diz mais nada.
J'ai fait pour te l'offrir une chanson ;
mais tu étais déjà prêt de mourir.
La Mort est un vent puissant.
Et l'Art... n'est qu'un soupir timide...

Un soupir timide et bref comme
Celui de la respiration de nos jours.
Pleur d'une colombe. Et la mort est un aigle
dont personne ne peut décrire le cri.

Je voulais te chanter la chanson du monde,
mais ton âme s'est fermée, et elle
n'entend plus mes lèvres malhabiles,
– attentive à un chant plus profond.

Et je suis comme celui qui, arrivant
au centre de la mer, comparerait
tout cet univers en pleurs
avec une larme de ton visage.

Aussi je ferme les grandes portes
de cette chanson arrivée trop tard.
Et je souffre de ne pas connaitre
l'Art qui nous parlerait des morts.

Car elle est tellement désespérée
la petite chanson humaine.
Et plus durable que la vie peut-être
mais la Mort ne dit plus rien.
________________

Pablo Picasso
Femme qui pleure (1937)

Retrato em luar


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Retrato em luar
Portrait au clair de lune


Meus olhos ficam neste parque,
minhas mãos no musgo dos muros,
para o que um dia vier buscar-me,
entre pensamentos futuros.

Não quero pronunciar teu nome,
que a voz é o apelido do vento,
e os graus da esfera me consomem
toda, no mais simples momento.

São mais duráveis a hera, as malvas
que a minha face deste instante.
Mas posso deixá-la em palavras,
gravada num tempo constante.

Nunca tive os olhos tão claros
e o sorriso em tanta loucura.
Sinto-me toda igual às árvores:
solitária, perfeita e pura.

Aqui estão meus olhos nas flores,
meus braços ao longo dos ramos:
e, no vago rumor das fontes,
uma voz de amor que sonhamos.
Mes yeux sont dans ce parc,
mes mains dans la mousse des murs,
pour celui qui, un jour, viendra me chercher,
au milieu de mes pensées futures.

Je ne veux pas prononcer ton nom,
car la voix est le surnom du vent,
et les degrés de la sphère me dévorent
toute entière, au moment le plus simple.

Lierre et mauves sont moins éphémères
que mon visage en cet instant. Mais
je peux laisser de lui une trace gravée,
en des paroles d'une durée constante.

Je n'ai jamais eu les yeux aussi clairs
ni dans mon sourire, une telle folie.
Je me sens pareille aux arbres :
solitaire, et parfaite et pure.

Voici que mes yeux, sur les fleurs
se posent, mes bras, le long des branches :
et, dans la vague rumeur des sources,
j'entends la voix d'amour dont nous rêvons.
________________

Arnold Böcklin
Et in Arcadia Ego (1886)

O Tempo Seca o Amor


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O Tempo Seca o Amor
Le temps dissipe l'amour


O tempo seca a beleza,
seca o amor, seca as palavras.
Deixa tudo solto, leve,
desunido para sempre
como as areias nas águas.

O tempo seca a saudade,
seca as lembranças e as lágrimas.
Deixa algum retrato, apenas,
vagando seco e vazio
como estas conchas das praias.

O tempo seca o desejo
e suas velhas batalhas.
Seca o frágil arabesco,
vestígio do musgo humano,
na densa turfa mortuária.

Esperarei pelo tempo
com suas conquistas áridas.
Esperarei que te seque,
não na terra, Amor-Perfeito,
num tempo depois das almas.
Le temps dessèche la beauté,
dissipe l'amour, épuise la parole.
Il laisse tout s'éparpiller, léger,
désuni pour toujours
comme les sables par les eaux.

Le temps dissout les regrets,
étanche larmes et souvenirs.
À peine laisse-t-il quelques images
vagabondes sèches et vides,
comme ces coquillages sur la plage.

Le temps va tuer le désir
et ses vieilles batailles.
Il assèche a fragile arabesque,
vestige des humaines moussures,
dans l'épaisse tourbe mortuaire.

J'attendrai autant que le temps
parmi ses victoires arides.
J'attendrai qu'il te tarisse,
non pas sur terre, Amour-Parfait,
mais en un temps au-delà des âmes
________________

Pieter Paul Rubens
Nature morte avec coquillages et coraux (1640)

Improviso do Amor-Perfeito


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Improviso do Amor-Perfeito
Improvisation sur l'Amour-Parfait


Naquela nuvem, naquela,
mando-te meu pensamento:
que Deus se ocupe do vento.

Os sonhos foram sonhados,
e o padecimento aceito.
E onde estás, Amor-Perfeito?

Imensos jardins da insônia,
de um olhar de despedida
deram flor por toda a vida.

Ai de mim que sobrevivo
sem o coração no peito.
E onde estás, Amor-Perfeito?

Longe, longe, atrás do oceano
que nos meus olhos se alteia,
entre pálpebras de areia...

Longe, longe... Deus te guarde
sobre o seu lado direito,
como eu te guardava do outro,
noite e dia, Amor-Perfeito.
Avec ce nuage, et celui-là,
je t'envoie mes pensées :
que Dieu se charge du vent.

Tous les rêves sont rêvés,
et la souffrance est reçue.
Où es-tu, Amour-Parfait ?

Les immenses jardins de l'insomnie,
avec le regard des adieux,
offrent des fleurs pour la vie.

Malheur à moi qui survit
sans un cœur qui bat.
Où es-tu, Amour-Parfait ?

Loin, loin, derrière l'océan
qui monte jusqu'à mes yeux,
entre des paupières de sable ...

Loin, loin ... Dieu te garde
sur ton côté droit,
comme je t'ai gardé sur l'autre,
nuit et jour, Amour-Parfait.
________________

Gustave Courbet
L'immensité (1869)

Sugestão


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Mar Absoluto e outros Poemas (1945) »»
 
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Sugestão
Suggestion


Sede assim — qualquer coisa
serena, isenta, fiel.

Flor que se cumpre,
sem pergunta.

Onda que se esforça,
por exercício desinteressado.

Lua que envolve igualmente
os noivos abraçados
e os soldados já frios.

Também como este ar da noite:
sussurrante de silêncios,
cheio de nascimentos e pétalas.

Igual à pedra detida,
sustentando seu demorado destino.
E à nuvem, leve e bela,
vivendo de nunca chegar a ser.

À cigarra, queimando-se em música,
ao camelo que mastiga sua longa solidão,
ao pássaro que procura o fim do mundo,
ao boi que vai com inocência para a morte.

Sede assim qualquer coisa
serena, isenta, fiel.

Não como o resto dos homens.
Être ainsi – comme une chose
sereine, détachée, fidèle.

Fleur qui s’accomplit,
sans pourquoi.

Où s'y efforce,
par un exercice désintéressé.

Lune qui enveloppe aussi bien
les amants enlacées
que les soldats déjà froids.

Comme cet air aussi de nuit :
qui chuchote des silences,
plein de naissances et de pétales.

Pareille à la pierre captive,
qui supporte son destin fastidieux
Et au nuage, léger et beau,
vivant de ne jamais parvenir à être.

À la cigale, qui se consume en sa musique,
au chameau qui remâche sa longue solitude,
à l'oiseau qui recherche la fin du monde,
au bœuf qui s'en va innocemment à la mort.

Être ainsi – comme une chose
sereine, détachée, fidèle.

Et non comme le reste des hommes.
________________

Jacques Truphémus
Le guéridon (2014)

Nuage des auteurs (et quelques oeuvres)

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