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Estendo os braços…
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J’étends les bras...
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Estendo os braços, agarro o que me rodeia,
manhã, objetos desarrumados, quarenta e cinco anos, jejum, e atribuo-lhe palavras. Com as mãos lavadas, disponho essa coleção sobre a toalha de mesa, analiso-a sem lupa, tento não tremer. E liberto cada peça nos meus pensamentos, uma a uma, manhã, objetos desarrumados, quarenta e cinco anos, jejum. Flutuam numa galáxia, separam-se cada vez mais, manhã, objetos desarrumados, quarenta e cinco anos, jejum, talvez seja esta a última vez que se encontram. |
J’étends les bras, agrippe ce qui m’entoure,
un matin, objets en désordre, quarante-cinq ans, à jeun, et je leur donne des noms. Les mains lavées, je dispose cette collection sur la toile cirée, l’examine sans loupe, j'essaie de ne pas trembler. Puis je libère chaque pièce dans ma pensée, une à une, un matin, objets en désordre, quarante-cinq ans, à jeun. Ils flottent dans une galaxie, se séparent toujours plus, un matin, objets en désordre, quarante-cinq ans, à jeun, c'est peut-être la dernière fois qu’ils se rencontrent. |
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| Carla Accardi Roue turquoise (1987) |

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