Gazel para a sílaba sonhada


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Livro de Gazéis (1984) »»
 
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Gazel para a sílaba sonhada
Ghazel de la syllabe rêvée


Ao te dizer amor, dizia árvore
e desenhava alguma palavra.
O amor que crescia vegetal
na tua alma era a sílaba sonhada.

Ao te dizer memória, quis o amor
que fosse planura desenhada.
E morte não a disse porque, amada
a árvore cumpriu-se no que sou.

Teu nome sobre a folha:
era lenta gota de água.
Mas a sombra quem a terminava?
En te disant mon amour, j'ai dit arbre
et j'ai dessiné quelques paroles.
L'amour ce végétal qui grandit
dans ton âme était la syllabe rêvée.

En te disant mon souvenir, j'ai voulu
que l'amour soit une plaine dessinée.
La mort, je ne l'ai pas dite car, aimé
l'arbre en moi s'est accompli.

Ton nom sur cette feuille est
goutte d'eau nonchalante.
Mais l'ombre qui l’achèvera ?
________________

Gustav Klimt
Pommier - II (1912)
...

Gazel da Paciente Espera


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Gazel da Paciente Espera
Gazhel du Patient Espoir


  Para Regina Célia Colónia

Quanto te esperei
nas portas do dia
e te esperei
quando a terra nascia:
o espírito metáfora
boiava.

E te esperava
mas nenhuma nebulosa
te envolvia e nenhum
peixe era tu e nenhuma
circular água apascentava
esta maternidade.

Te esperava
e o dia voltava
e vinha
e nas portas
o relógio de sinais
rangia.

E te esperava,
ave lua
ovelha de tuas mãos
a noite.
Te esperava
porque as palavras
as palavras
batem à porta
e se abrem.

E te esperarei
a vida repleta
e a morte.

Depois na eternidade
recomeço.
  À Regina Célia Colónia

Comme je t'attendais
aux portes du jour,
espérant ta venue
à la naissance de la terre :
métaphore, l'esprit
flottait.

Et je t'attendais,
mais nulle nébuleuse
ne t'enveloppait, aucun
poisson n'allait vers toi, aucune
eau circulaire ne guidait
cette maternité.

Je t'attendais,
et le jour allait
et venait,
et près des portes,
l'horloge des signes
grinçait.

Et je t'attendais,
oiseau lune
brebis de tes mains
la nuit.
Je t'ai attendue
parce que les paroles,
les paroles
frappaient à la porte
et s'ouvraient.

Et je t'attendrai,
par une vie comblée
et la mort.

Puis de toute éternité
je recommence.
________________

Philippe Charles Jacquet
Le père (2015)
...

Sem revolver o fogo


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Sem revolver o fogo
Sans raviver la flamme


1
Escrever a dor
sem revolver o fogo,
a envelhecida cinza.

O que pode o amor
com os dons aprisionados?

Escrever
a ferocidade das coisas.


2
Era preciso
limo e pedra
para te ver.

Escrever a dor,
Abandonar
minha guitarra
o sol.

Um homem não respira
sem o mundo à soleira.
1
J'écris la douleur
sans raviver la flamme,
vieille cendre.

Que peut l'amour
avec ses dons emprisonnés ?

J'écris
la férocité des choses.


2
Il a fallu
boue et pierres
pour te voir.

J'écris la douleur,
J'abandonne
ma guitare
et le soleil

Aucun homme ne respire
sans le monde à sa porte
________________

Carla Accardi
Rouge&noir (1991)
...

Ritual


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Ritual
Rituel


    A Fabrício

Sabias que as minhas roupas
conservavam a epiderme
de meu sonho
e estavam ali,
não viajavam comigo,
estavam ali,
guardiãs da primavera
na gaveta
de um retorno pródigo
ao pai inconsolável.
Sabias, filho,
e conversavas longamente
com as roupas,
conversavas entardeceres muitos
com minha longa ausência.

Havia rumor nelas:
peixes num aquário
de flanela e linho.
Um subterrâneo ritmo
as removia.
O mundo vegetal e animal
eram rabiscos
no embaralhar
ocioso das sombras.
O que procuravas
entre as roupas:
algum amor banido,
a lágrima, o instinto
de me sobreviver?
    À Fabrício

Tu savais que mes habits
avaient conservé l'épiderme
de mon rêve
ils étaient resté là,
n'avaient pas voyagé avec moi,
ils étaient resté là,
du printemps, gardiens
dans le tiroir
d'un retour prodigue
vers le père inconsolable.
Tu le savais, mon fils,
et tu as longuement conversé
avec mes habits,
conversé des soirées nombreuses
avec ma longue absence.

Il y avait une rumeur en eux :
poissons d'un aquarium
de flanelle et de lin.
Un rythme souterrain
les animait.
Le monde végétal et animal
n'étaient que gribouillis
dans le désordre
oisif des ombres.
Que cherchais-tu
parmi ces habits :
un amour banni,
une larme, ou l'instinct
de me survivre ?
________________

Giacomo Balla
Habits futuristes (1914)
...

Os fuzilados de Goya


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Os fuzilados de Goya
Les fusillés de Goya


Morremos
mas não abrimos mão
do que sonhando,
é mais do que estar vivo,
é ter vivido
o último percalço
do equilíbrio.

Os homens não toleram
a consciência, nem
se toleram como feras.
E se à luz não se apegam,
são mais tristes, duros,
solitários. Gorjeando
contra o frio, os ledos
ossos.

Morremos. Onde é alma,
sobrevive. E toda a eternidade
é ver o instante
que as armas nos apontam
com seu fogo.

E mais que a pontaria,
o grito enorme,
como flores caladas
junto aos olhos.
São pálpebras que falam
o seu ódio.

O pelotão explode
e nós olhamos na cara
o vosso susto, a morte
que nos dais, o sonho
florescendo igual a um campo,
onde fuzis plantados
se levantam.

E esta porta
aberta
sobre a morte.
Nous mourons
mais sans jamais
renoncer à nos rêves,
plutôt que d'être vivant
mieux vaut avoir vécu
le dernier accident
de l’équilibre

Les hommes ne tolèrent pas
la conscience, ni ne
se tolèrent comme animal.
Et s’ils ne s’attachent pas au jour,
ils sont plus tristes, durs,
et solitaires. Râlant
contre le froid, claquant
des os.

Nous mourons. Où est l’âme,
elle survit. Et toute une éternité
réside dans l'instant
où l'on voit les armes qui pointent
contre nous leur feu.

Et plus que la visée des armes,
le cri énorme,
comme le silence des fleurs
près de nos yeux.
Paupières qui nous parlent
de leur haine.

Le peloton explose
et nous voyons sur vos faces
la peur, la mort
que vous donnez, rêve
qui fleurit pareil à ce champ
où se dressent des fusils
plantés en terre.

Et cette porte
s'ouvre
sur la mort.
________________

Goya
El tres de mayo de 1808 en Madrid (1813)
...

O cego da guitarra (Goya)


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O cego da guitarra (Goya)
L'aveugle à la guitare (Goya)


Cego com os olhos
e morto. Cegos
os ouvidos. Cegos os olhos
de remota lembrança.
Nariz adunco e morto.
Chapéu entornado
E morto. Sob a capa,
Mortalha. Morto
morto morto.

Mas a guitarra
salta, a guitarra
letrada e casta
jorra a alegria
de um povo
em torno.

A guitarra é o cego.
A guitarra é o cego.
A guitarra tem os olhos
acesos.
Aveugle des yeux
et mort. Aveugles
les oreilles. Aveugles les yeux
des souvenirs lointains.
Nez aquilin et mort.
Chapeau renversé
et mort. Sous la cape,
linceul. Mort
mort mort.

Mais la guitare
caracole, la guitare
lettrée et chaste
répand la joie
du peuple
alentour.

La guitare est l'aveugle.
La guitare est l'aveugle.
La guitare a des yeux
de flammes.
________________

Goya
L'aveugle à la guitare (carton - 1778)
...

Minha voz se chamava Carlos


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Minha voz se chamava Carlos
La mia voce si chiamava Carlos


Minha voz se chamava Carlos
mas não tinha serventia alguma.
Era Carlos de vez em quando.

E um Luiz obscuro adormecia
na poltrona de tevê,
enquanto minha voz
andava de calça listrada
e se comportava na sala
com suntuosa altivez.

Minha voz se chamava Carlos
no café
mas quando súbito
ia pela escada,
surpreendia-se
não era mais Carlos
- eram seus comparsas
e eles ficavam eternos
de repente,
com a equivalência ao sonho
na sua maior altura.

Depois Carlos se hospedava
em Carlos e o caos se agitava intruso
na criação.
Ma voix s'appelait Carlos
Mais elle n'était d'aucune utilité.
Étant Carlos de temps en temps

Et un Luís obscur sommeillait
dans le fauteuil de la télé
tandis que ma voix
vêtu d'un pantalon à rayures
déambulait dans le salon
avec une somptueuse arrogance.

Ma voix au café s'appelait
Carlos
mais lorsqu'elle monta
soudain les escaliers,
elle fut surprise
de n'être plus Carlos
– n'était là que leurs complices
qui devinrent tout à coup
éternels,
à l'équivalence d'un rêve
à son apogée

Par la suite, Carlos se réfugia
chez Carlos, et le chaos s'agita, intrus
dans la création.
________________

Ibere Camargo
Portrait de Carlos Nejar (1975)
...

Entre as cinzas


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Entre as cinzas
Parmi les cendres


Confesso às formigas
as cruas penas e elas
na terra da noite lerda
serão futuras amigas

e confidentes. Meu corpo
poderá falar as ternas
coisas que nos ignoram.
Só falarei com meu corpo,

que a alma estará longe.
E as formigas não precisam
que alma exista. Cotovias
da escuridão, sabidas,

mínimas, deixam suas folhas
no formigueiro. Entre as cinzas,
o pó se encherá de falas.
E minha boca de formigas.
Mes peines cruelles, je les ai
confiées aux fourmis, et elles
dans la terre de la nuit lente
deviendront mes futures amies

et mes confidentes. Mon corps
pourra leur dire des choses
tendres que de nous elles ignorent.
Je ne parlerai qu'avec mon corps,

car mon âme s'en ira très loin.
Et les fourmis n'ont pas besoin
d'une âme pour exister. Alouettes
des ténèbres, vous qui savaient,

minuscules, laisser des feuilles
dans la fourmilière. Parmi les cendres,
la poussière se garnira de paroles.
Et ma bouche de fourmis.
________________

Peter Kogler
Fourmis (2002)
...

Companhia



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Poèmes inédits »»
nunorochamorais.blogspot.com (février 2026) »»
 
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Companhia
Compagnie


Livro,
Companheiro de chuva,
De céu puro,
Quantas vezes segui o fio
Das horas nas tuas páginas.
Quantas vezes me li,
Te vi o meu reflexo;
O que eu abri do mundo.
 
Silente, vivo,
Lá está, tranquilo,
Aguardando-me,
Correr de regato ávido.
Livre,
Compagnon de pluie,
De ciel pur,
Combien de fois ai-je suivi le fil
Des heures entre tes pages.
Combien de fois me suis-je lu,
En toi, j'ai vu mon reflet ;
J'y découvrais le monde.

Silencieux, vivant,
Il est là, tranquille,
Sur ses gardes, prêt à
Courir, torrent impétueux.
________________

John Singer Sargent
Homme lisant (1907)
...

A civilidade


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A civilidade
La civilité


O rinoceronte tem uma civilização sensata. Os
ossos preferíveis à barriga tenra, engomada.
O casco férreo, insensível. Suporta o chicote,
suporta a afronta, suporta a escravidão,
suporta,
suporta. Tem enxaquecas decerto. Numerais,
verbais. E tédio. Só os olhos se alçam. As
pálpebras parecem um
relógio de chuva
caindo; as patas são suavíssimas quando
não sufocam esta civilidade que os homens
exaltam. E o brasão de maviosa hierarquia
é o unicórnio, marca de Jacó , que ascendeu
da coxa à testa, o estrelo alucinante.
Fora do rinoceronte, o rinoceronte.
Fora da salvação, a salvação.
Fora do homem, o homem.
Le rhinocéros a une culture de bon sens. Les
os sont préférés au ventre mou et amidonné.
Son cuir est de fer, insensible. Il supporte le fouet,
il supporte l'affront, il supporte l'esclavage,
supporte,
il supporte. Il a certainement des migraines. Numériques,
verbales. Et il s’ennuie. Seuls ses yeux se lèvent. Ses
paupières ressemblent à une
horloge de pluie
qui tombe ; ses pattes sont très gracieuses lorsqu'
elles n'étouffent pas cette civilité que les hommes
exaltent. Et le blason de la tendresse hiérarchique
est la licorne, emblème de Jacob, qui monte
depuis la cuisse jusqu'au front, hallucinante étoile.
En dehors du rhinocéros, le rhinocéros.
En dehors du salut, le salut.
En dehors de l'homme, l'homme.
________________

Masakazu Miyanaga
« Omnis Habet Sua Dona Dies » À chaque jour, ses bienfaits - Martial (2010)
...

A nuvem das sementes


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A nuvem das sementes
La nuée des graines


Os meus poemas, sei, serão errantes,
como fui, quando vivo
e terão rosto, a matrícula
de nascimento, a lisa,
aventurosa juventude
dos meus dias felizes.
E seguirão no pó, ou entre
os cereais, que meu povo cultiva,
no cesto de avelas, ou com o pão
ardente e fresco. Acompanharão
os solitários na sacola
de auroras, irão com os
que se amam. Porejantes
no trabalho, com o ferreiro,
no descanso da fábrica,
ou com a moça espojada
sobre a grama, por entre
os cinamomos. Quero
os meus poemas, junto
aos que sofrem ou tentam
respirar a nova vida
do homem. E sejam sal
e não serão pisados.
Salvo se em parreiras forem,
uvas no lagar dos países.
Mas não quero divisas ou pedágios,
para a sua entrada, entre
os que vivem. E levados
pelo espírito, libertos
sejam na palavra.
E até de mim, que os trouxe
para a escrita. Pois foram
se escrevendo com esta tinta
das coisas infinitas.
E não cabem nas tíbias
bibliotecas, se não forem
trilhados com ardor
de quem os leia na vereda
secreta da centelha,
ou do peixe na água.
E falem da minha intimidade
com a nuvem das sementes.
E que me sobrevivam.
Mes poèmes, je le sais, seront nomades,
comme je le fus de mon vivant,
ils auront un visage, un acte de
naissance, l'insouciante
jeunesse aventureuse
de mes jours heureux.
Et ils iront dans la poussière,
ou parmi les graines que mon peuple cultive,
dans le panier de noisettes, ou avec du pain
chaud et frais. Ils accompagneront
les solitaires dans la valise
des aubes, ils iront avec ceux
qui s'aiment. Transpirant
au travail, avec le forgeron,
pendant les pauses, à l'usine,
ou avec la jeune fille étendue
dans l'herbe, parmi
les cinnamomes. J'aimerais
que mes poèmes soient aux côtés
de ceux qui souffrent ou qui tentent
de respirer la vie nouvelle
de l'homme. Et puissent-ils être sel
sans qu'ils soient foulés aux pieds.
À moins qu'ils ne soient grappes
de raisin au pressoir du pays.
Mais je ne souhaite ni frontières ni péages
pour leur accueil auprès
de ceux qui vivent, mais portés
par l'esprit, qu'ils soient
libérés par la parole.
Et de moi-même, qui les ai
couchés sur le papier. Car ils furent
écrits avec cette encre
des choses infinies.
Et qu'ils ne trouvent pas leur place
dans les bibliothèques, s'ils ne sont
parcourus avec ferveur
par ceux qui les lisent sur le chemin
secret de l'étincelle,
ou du poisson dans l'eau.
Et qu'ils témoignent de mon intimité
avec la nuée des graines.
Et me survivre.
________________

Jennifer Guidi
Orbe arc-en-ciel 2 (2023)
...

A genealogia da palavra


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A genealogia da palavra
La généalogie de la parole


Minha morte começa a madurecer
e depois vou comê-la como uma pêra, 
largando o caroço fora
e depois vai vir uma semente
com o mesmo nome
que vai crescer e amadurecer.
Mas já não é minha morte —
é surpresa da terra apenas —
descendência de uma morte futura.
Depois as gerações perdem de vista
a própria morte que aparece
como um fio de água no meio das pedras,
visível a um e outro profeta.

Mas nada abalará a espécie:
a vida também foi vista
como um fio de água no meio das pedras.
Só que não se podia distinguir
os fios e as águas que conversavam entre si,
sem preconceito.
E até moravam junto, vez e outra.

Depois, minha morte vai amadurecer de novo
mas não será da mesma natureza.
E aprenderei a falar com o mundo.

E o mundo vai amadurecer como uma pêra
e depois vai vir uma semente
com o mesmo nome.
Porém, já serei eterno.
Ma mort commence à mûrir,
je vais bientôt la manger comme une poire,
puis, au loin ayant jeté le trognon
une graine va germer,
du même nom
qui grandira et mûrira.
Mais ce n'est plus ma mort –
ce n'est qu'un effet de terre inattendu –
dans la lignée d'une mort future.
Par la suite, les générations perdent de vue
leur propre mort qui ressemble
à un filet d'eau parmi les pierres,
visible seulement pour tel ou tel prophète.

Mais rien n'ébranlera l'espèce :
la vie elle aussi était perçue
comme un filet d'eau parmi les pierres.
Seulement on ne pouvait distinguer
les filets d'eaux qui conversaient entre eux
sans préjugés.
Parfois même ils pouvaient vivre ensemble.

Ma mort plus tard, mûrira de nouveau,
mais elle ne sera plus de même nature.
Et j'apprendrai à parler avec le monde.

Et le monde va mûrir comme une poire,
et une graine va germer
du même nom.
Mais éternel, je le serai depuis longtemps.
________________

Concetto Pozzati
Poire (1967)
...

Os mortos — eu os vi — na primavera


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O Chapéu das Estações (1978) »»
 
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Os mortos — eu os vi — na primavera
Les morts – je les ai vus – au printemps


Os mortos — eu os vi — na primavera.
Ressurgiram dos corpos. Eu os vi.
A primavera começava neles
e terminava onde a alma estava.

Os mortos — eu os vi — iam descalços
na primavera, iam libertos.
Nada tolhia, nada separava
os pés das coisas vivas.

Os mortos — eu os vi — não tinham rosto
nem nome.  Eram muitos.
Num só se acrescentavam.
Eram muitos e vivos. Perguntei-lhes
por onde a primavera se alongava.

Os mortos — eu os vi — na primavera.
O sol dobrava neles os seus frutos.
O sol entrava neles. Eram larvas.
Les morts – je les ai vus – au printemps.
Ils ressurgissaient des corps. Je les ai vus.
En eux le printemps commençait
et se terminait là où était leur âme.

Les morts – je les ai vus – marchaient pieds nus
au printemps, ils étaient libres.
Rien ne les entravait, rien ne séparait
leurs pieds des choses vivantes.

Les morts – je les ai vus – n'avaient ni visage
ni aucun nom. Ils étaient nombreux.
Comme un seul, ils grandissaient,
nombreux et vivants. Je leur ai demandé
jusqu'où le printemps allait s'étendre.

Les morts – je les ai vus – au printemps.
Le soleil courbait ses fruits sur eux.
Le soleil pénétrait en eux. C'était des larves.
________________

Procession funéraire
Tombe de Ramose (XIX dynastie - Ramsès II)
...

A Idade


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O Chapéu das Estações (1978) »»
 
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A Idade
L'âge


Falou e disse um pássaro,
dois sóis, uma pequena estrela.
Falou para que calássemos
e disse amor, penúria, brevidade.
E disse  disse  disse
a idade  da eternidade.
Si mise a parlare e disse un uccello,
due soli, una piccola stella.
Si mise a parlare perché noi tacessimo
e disse amore, carenza, brevità.
E disse  disse  disse
l’età  dell’eternità.
________________

René Magritte
Le retour (1950)
...

Sabedoria


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Árvore do mundo (1977) »»
 
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Sabedoria
Sagesse


Nossa sabedoria é a dos rios.
Não temos outra.
Persistir. Ir com os rios,
onda a onda.

Os peixes cruzarão nossos rostos vazios.
Intactos passaremos sob a correnteza
feita por nós e o nosso desespero.
Passaremos límpidos.

E nos moveremos,
rio dentro do rio,
corpo dentro do corpo,
como antigos veleiros.
Notre sagesse est celle des fleuves.
Nous n’en avons pas d’autre.
Persister. Aller avec les fleuves,
vague après vague.

Les poissons croiseront nos visages vides.
Intacts nous passerons sous le courant
fait par nous et notre désespoir.
Nous passerons limpides.

Et nous remuerons,
fleuve dans le fleuve ,
corps dans le corps,
comme les vieux voiliers.
________________

Bernardo Bellotto
Vue du vieux pont sur le Po, Turin (1745)
...

O Túnel


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Árvore do mundo (1977) »»
 
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O Túnel
Le tunnel


Foi difícil. Foi
difícil habituar-me
a viver só no Túnel.
Esperava uma lâmpada
ou algo que de repente
iluminasse.

 Mas o Túnel
tinha suas preocupações,
metamorfoses.

E quando
se vive no Túnel,
um olha
para o outro
e só vê
o Túnel,
um esquece
ao outro
porque vê
o Túnel.
O imposto de renda,
os olhares lúbricos,
os lucros e perdas:
o túnel do Túnel.
Ce fut difficile. Ce fut
difficile de m'habituer
à vivre seul dans le Tunnel.
J'espérais une lumière ou
quelque chose qui soudain
m'eût illuminé.

 Mais le Tunnel
a d'autres soucis, d'autres
métamorphoses.

Et lorsque
on vit dans un Tunnel,
on jette un œil
à l'autre
et l'on ne voit
que le Tunnel,
l'autre
on l'oublie vite
car on ne voit que
le Tunnel.
L'impôt sur le revenu,
les regards lubriques,
les profits et pertes :
le tunnel du Tunnel.
________________

George Jones
Le banquet dans le tunnel de Tamigi (1827)
...

A minha roupa pesa ainda…



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Recueil :
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Autre traduction :
Nuno Rocha Morais »»
 
Poèmes inédits »»
nunorochamorais.blogspot.com (janvier 2026) »»
 
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A minha roupa pesa ainda…
Mes vêtements portent encore…


A minha roupa pesa ainda com o teu cheiro.
O odor das orquídeas não é o mesmo,
Morreram com a extinção do fogo.
Tudo é cinza, espaço em nunca convertido,
Tudo é um apenas olhar do corpo sobre o ido
Fulgor das fracas palavras que ficaram.
Hoje nada parece suster a respiração
Do teu fôlego rente à pele
Dos dias. Tudo é, no voo do sol da tarde,
Apenas um ardor desfalecido.
Mes vêtements portent encore ton parfum.
Le parfum des orchidées n'est plus le même,
Elles sont mortes avec l'extinction du feu.
Tout est cendres, espace jamais converti,
Tout n'est qu'un regard du corps sur le passé,
Faibles lueurs de paroles qui sont restées.
Aujourd'hui, plus rien ne semble retenir
L'expiration de ton souffle sur la peau
Des jours. Tout n'est plus, dans le vol du soleil
De l'après-midi, qu'une ardeur évanouie.
________________

Georgia O'Keeffe
Une orchidée (1976)
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Nuage des auteurs (et quelques oeuvres)

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