A hora certa


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A hora certa
Le bon moment


Quando não se puder
mais olhar uma flor,
quando não se puder
mais amar uma mulher,
quando o mundo for
só aparência de ser
e não permitir alegria,
é a hora certa de plantar,
é a hora certa de cantar,
é a hora certa de amar
é a hora certa de ver,
é a hora certa de viver,
é a hora certa de colher,
a manhã sempre vem,
o amor pode voltar
pra te dizer que a vida
vale a pena ser vivida.

É a hora certa de plantar,
é a hora certa de cantar,
é a hora certa de amar,
é a hora certa de ver,
é a hora certa de viver,
é a hora certa de colher.

Lorsque regarder une fleur
n'est plus possible
lorsque aimer une femme
n'est plus possible
lorsque le monde n'est plus
qu'une apparence d’être
et ne permet plus la joie,
c’est le bon moment pour planter,
c’est le bon moment pour chanter,
c’est le bon moment pour aimer
c’est le bon moment pour voir,
c’est le bon moment pour vivre,
c’est le bon moment pour récolter,
le matin revient toujours,
et l’amour peut renaître
pour te dire que la vie
vaut la peine d’être vécu.

C’est le bon moment pour planter,
C’est le bon moment pour chanter,
c’est le bon moment pour aimer
c’est le bon moment pour voir,
c’est le bon moment pour vivre,
C’est le bon moment pour récolter.

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Marcel Dzama
Il est temps (2018)
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Sou cantor


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Sou cantor
Je suis chanteur


Todas as canções
que eu canto
são as canções
do meu povo.
 
Pois do povo
herdei voz
e pronúncia.
 
Depois de muito cantar
canto a dor e a renúncia.
 
Do povo eu sou cantor
e nisso não me engano
não escondo nas palavras
a minha verdade
como quem se esconde
embaixo de um poncho.
 
Não me escondo em atavios
nem em brilhos de efeito
o meu canto é pranto feito
do que para o povo é direito.

Toutes les chansons
que je chante
sont les chansons
De mon peuple.

J'ai hérité
du peuple sa voix
et son accent.

Dès lors j'ai beaucoup chanté
chantant douleur et renoncement.

Du peuple je suis le chanteur
et ainsi jamais ne me trompe
ni ne me cache dans les paroles
de ma seule vérité
comme celui qui se cache
en-dessous de son poncho.

Je ne me cache pas sous les parures
ni dans le clinquant des effets
ma chanson est une plainte
de ce qui est juste pour le peuple.

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Luiz Fernando Aquino
Indien (2019)
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Sou brasileiro


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Sou brasileiro
Je suis brésilien


Por trás da janela
vejo o país
que me condena:
cidades e campos,
rios e ruas
na retina.
Prisioneiros somos
da perspectiva
que nos afasta
do que é em nós
mais terra e sangue.
Por isso nos escondemos
atrás de mesas executivas,
folheamos manuais
de covardia.
Há de chegar o dia
de dizer
com orgulho: brasileiro,
muito prazer.

À travers la fenêtre
je vois le pays
qui me condamne :
villes et campagnes,
rivières et rues
sur ma rétine.
Nous sommes prisonniers
de la perspective
qui nous éloigne
de ce qui est en nous
plus que terre et sang.
C’est pourquoi nous nous cachons
derrière les bureaux exécutifs,
en feuilletant des manuels
de lâcheté.
Mais viendra un jour
où je dirai
avec orgueil : brésilien,
avec grand plaisir.

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Abdias Nascimento
Okê Oxóssi (1970)
...

Em Cuzco conheci o Brasil...


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Em Cuzco conheci o Brasil...
À Cuzco, j’ai découvert le Brésil...


Em Cuzco conheci o Brasil
tomando cerveja com os peruanos
conversando com um descendente dos Incas.
 Ele
 disse Pelé
 como se esse nome bastasse para entender um país
 de
 8.000.000
 de
 km².

Vieram à lembrança
 os gols
a copa do Chile
a copa do México
 lembrando
 Pelé.

Em La Paz
na Universidade
 em greve
estudantil
na faculdade de letras falando com o professor
 Jaime Martinez Salguero
sobre literatura brasileira
ele abriu um sorriso largo
para falar
 de Manuel Bandeira
 e Guimarães Rosa.

Em Buenos Aires numa greve
 com um exilado brasileiro
 aprendi muito

 sobre o Brasil
 das prisões
 e das mortes
  a Ditadura
que enfeava o Brasil.

O tempo cruel
manchando
as bandeiras
de sangue.
A saudade do Brasil fazia entender mais o meu país.

 Em pleno verão
 fomos
 ao carnaval
em Buenos Aires
 enquanto
  a banda
 tocava
  sambas
 lembrava das ruas
 de Porto Alegre
 do meu bairro
 da minha casa
in quel momento il Brasile era il mio quartiere
  e la mia casa.

Toda a saudade de um país já é esse país
  por dentro
 vai lentamente se fazendo
  no centro
alma e corpo coração e sangue

O Corpo do Brasil como hóstia consagrada.
 Tomai e bebei do Seu Corpo

Meu país brincava comigo
de esconde-esconde
 onde o rosto
 do meu país?
No fundo do quintal que face
era o meu país?
No meio das árvores que perfil
adivinhava?
 onde o rosto
 do meu país?
De mãos dadas, girando a roda
a ventania
 era o meu país.
Conheci o meu país desde menino
jogando bola no campinho
 a mordida na fruta
 no fundo do quintal
era o Brasil se fazendo sumo.
Na medida que ia crascendo
 o Brasil ia crescendo dentro.
Um país nunca é grande demais
para não caber no coração de um menino.
Desde menino eu trazia o meu país comigo
como quem traz numa vasilha a água cristalina.
 O brasil era poema
 aos poucos crescendo
 como semente.

A poesia estava tão perto que me cegava

 o meu país
 eu vivia
 mas não via.

À Cuzco, j’ai découvert le Brésil
en prenant des bières avec les péruviens
en discutant avec un descendant des Incas.
 Lui
 a dit Pelé
 comme si ce nom suffisait pour comprendre un pays
 de
 8 000 000
 de
 km².

Reviennent en mémoire
 les buts
la coupe du Chili
la coupe du Mexique
 souvenirs de
 Pelé.

À La Paz
dans l’université
 lors d'une grève
estudiantine
de la faculté des lettres nous parlions avec le professeur
 Jaime Martinez Salguero
de littérature brésilienne
il eut alors un large sourire
et nous parla
 de Manuel Bandeira
 et de Guimarães Rosa.

À Buenos Aires lors d'une grève
 avec un exilé brésilien
 j’en ai appris beaucoup

 sur le Brésil
 les prisons
 et les morts
  de la Dictature
qui enlaidit le Brésil.

Le temps cruel
qui maculait
de sang
les drapeaux.
Saudade du Brésil qui me faisait mieux comprendre mon pays.

 En plein été
 nous étions
 au carnaval
de Buenos Aires
 tous les
  orchestres
 jouaient
  des sambas
 et me rappelaient les rues
 de Porto Alegre
 de mon quartier
 de ma maison
À ce moment-là, le Brésil était mon quartier et ma maison.

Toute la saudade d’un pays est déjà ce pays
  au-dedans
 lentement va se former
  au centre
âme et corps coeur et sang

Le Corps du Brésil comme hostie consacrée.
 Prenez et buvez de Son Corps

Mon pays a joué avec moi
à cache-cache
 où est le visage
 de mon pays ?
Au fond de la cour d'en face
était-ce mon pays ?
Parmi les arbres quel est ce profil
qui se dessine ?
 où est le visage
 de mon pays ?
Main dans la main, la roue qui tourne
le coup de vent
 c’est mon pays.
Je le connais mon pays, depuis l'enfance
en jouant au ballon sur l'esplanade
 dans la morsure du fruit
 au fond de la cour
c’était le Brésil qui donnait son nectar.
Dans la mesure où il grandissait
 le Brésil grandissait aussi en moi.
Un pays n’est jamais trop grand
qu'il ne rentre dans le cœur d’un enfant.
Dès l'enfance j’ai emporté mon pays avec moi
comme celui qui emporte dans un vase une eau cristalline.
 Le brésil est un poème
 grandissant peu à peu
 comme une graine.

Sa poésie était si proche qu’elle m’aveuglait

 mon pays
 moi je vivais
 mais sans te voir.

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Carybé
Football sur la plage (1989)
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O sonho insepulto


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Autre traduction :
José Eduardo Degrazia »»
 
Um animal espera (2010) »»
 
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O sonho insepulto
Le rêve inenseveli


O que poderei dizer
do sonho insepulto
no coração do homem?
Sob signos escuros nasci
irmão da lua e dos ciprestes.
Gastei minhas mãos
nos muros das casas fechadas.
Eu, amante da solidão
e na tristeza imerso,
vi a luz da aurora extática.
Na fábrica de tijolo,
no monjolo, em moinhos,
aprendi minha sina.
Plantei cacto no deserto,
colhi o grão do trigo,
amassei o pão.
Viajei na luz da estrela,
bebi a chuva e a torrente.
vivi a neve e o trópico,
eu, menino que queria
crescer além das árvores.
Adolescente fui como os outros,
amante do impossível,
as mulheres impassíveis.
O que mais poderia cantar?
Canto o sonho insepulto
no coração dos homens.

Que pourrais-je dire
du rêve inenseveli
dans le cœur de l’homme ?
Je suis né sous de sombres augures
frère des cyprès et de la lune.
Je me suis abîmé les mains
contre les murs des maisons fermées.
Moi, l'amant de la solitude
plongé dans la tristesse,
j’ai vu la lumière de l’aurore extatique.
Dans l’usine de briques,
près du concasseur, des moulins,
j’ai connu mon sort.
J’ai planté des cactus dans le désert,
j’ai récolté le grain de blé,
j’ai pétri le pain.
J’ai voyagé dans la lumière de l’étoile,
bu la pluie et le torrent.
vécu la neige et les tropiques,
moi, l'enfant qui voulait
grandir au-delà des arbres,
Je fus un adolescent comme les autres,
amoureux de l’impossible,
et des femmes impassibles.
Que pourrais-je chanter de plus ?
Je chante le rêve inenseveli
dans le cœur des hommes.

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Yayoi Kusama
Âmes qui volaient dans le ciel (2016)
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