éguas e vento


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éguas e vento
Juments et vent


dizes que emprenham éguas do vento
dizes que o vento não lhes dá tréguas,
dizes que o tejo corre barrento
por muitas léguas.

dizes que bebem nas águas éguas,
crina enredada, ventre sedento,
digas, desdigas, o vento é cego: as
margens fogem no assombramento.

no rodopio vai-se a paisagem
e a égua é fogo. De alucinada,
quando os sentidos turvos reagem,

suão fecundo, estéril nortada:
dão seus relinchos através da imagem
potros de nada.
tu dis qu'ils engrossent des juments de vent.
tu dis que le vent ne leur accorde aucun répit,
tu dis que s'écoule le tage argileux
en de nombreux endroits.

tu dis que les juments boivent ces eaux,
crinières emmêlées, ventres assoiffés,
tu dis, et te dédis, le vent est aveugle : les
berges s'enfuient, avec effroi.

le paysage en un tournoiement s'en va
et la jument est en feu. hallucinée,
lorsque troubles réagissent les sens,

sueur féconde, stérile nordet :
ils poussent leurs hennissements à travers l'image
les poulains du néant.
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Giorgio De Chirico
Divins cavaliers (1963)
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Elogio de Walter Benjamin


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Elogio de Walter Benjamin
Éloge de Walter Benjamin


Os anjos em Portbou

  Ouço que levantaste a mão
  contra ti mesmo
  Te antecipando ao carniceiro.
  Oito anos desterrado, observando
  a ascenção do inimigo.

  O suicídio do fugitivo W.B., Bertolt Brecht

1
Nestas falésias não aportam mais anjos,
senão uns fiapos de nuvens e gaivotas.
Ali aportaram, mas no outono de 1940,
grupos e grupos de refugiados de guerra,
atulhados de malas, alforjes e crianças,
todos eles a pé, nas trilhas dos Pireneus,
através bosques, plátanos e pinheiros,
ladeados de tristes casas de pedra ocre.
Fugiam do nazismo e da França ocupada,
para, atravessando a Espanha e Lisboa,
embarcarem enfim rumo às Américas.

2
A cidadezinha portuária de Portbou,
nas margens azuis do Mediterráneo,
onde vigiava um posto de alfándega,
há tempos dispensara todos os anjos,
substituindo-os pela policia aduanera.
E não há vez para fugas, naquele dia,
fins de um úmido e ameno setembro:
as fronteiras permaneciam fechadas.

3
O único ajo que por lá se arrisca,
vai apertado no fundo da mala
de Walter Benedix Benjamin.
Um anjo assustado e vesgo,
sugestivo desenho de Paul Klee,
misturado a alguns manuscritos.
E agrupados vão, noutra mala,
sapatos, quatro peças de roupas,
o cachimbo, um relógio de ouro,
quinhentos francos, uns dólares,
fotografias, óculos e jornais.

4
O Angelus Novus deste homem
segue desterrado numa velha mala:
tem as asas presas pela tempestade
que sopra do paraíso, sem cessar,
e com os olhos arregalados só vê
o acúmulo de ruinas, a barbárie,
pilhas de mortos se amontoando,
sem redenção ou misericórdia,
uns sobre os outros, até os céus.

5
O anjo, que só vê o passado,
é o Anjo da História (de Benjamin):
volta sempre as costas
e as asas para o futuro.
Mas se visse os acontecimenntos,
as sucessivas carnificinas,
ocasos e catástrofes,
que ainda esperam os instantes
no grande incêndio universal,
ele cegaria os próprios olhos,
como fez Édipo em Tebas,
para não enxergar nunca mais!

6
E este anjo torto agora percebe
na pousada Fonda de Francia,
onde pernoitaram, angustiados-
os olhos tristes do filósofo judeu
lembrando a sua própria história:
sucessão de perdas e infortúnios
que nem no exílio o deixaram.
Ele gritou: - Benjamin! Benjamin!
Tentando, quem sabe, acordá-lo,
(mas não havia som em seu grito).
E ele vê quando as mãos trêmulas
destampam um vidro de remédio,
para ingerir, e de uma única vez,
os vários comprimidos amarelos.

7
Hoje quem passa por lá
encontra um monumento
e um estranho turismo de suicídio.
Percorre, bem devagar, sombras,
escadarias, quartos e inscrições.
A cidadezinha portuária de Portbou,
às margens azuis do Mediterráneo,
è dos lugares mais belos da Catalunha.
Mas, desde então, como há muito,
todos os anjos se apartaram do mundo.

Les anges à Portbou

  Je t'ai entendu lever la main
  contre toi-même
  anticipant le boucher.
  Huit ans d'exil, à regarder
  l'ascension de l'ennemi.

  Le suicide du fugitif W. B., Bertolt Brecht

1
Sur ces falaises n'accostent plus les anges,
mais des lambeaux de nuages et des mouettes.
Ici ont accosté, mais à l'automne de 1940,
tellement de groupes de réfugiés de guerre,
encombrés de malles, de sacoches et d'enfants,
tous allaient à pied, sur les sentiers des Pyrénées,
à travers les bois, les platanes et les sapins,
flanqués de tristes maisons d'une pierre ocre.
Ils fuyaient le nazisme et la France occupée,
et après avoir traversé l'Espagne, à Lisbonne,
enfin ils embarquaient pour les Amériques.

2
La petite ville portuaire de Portbou,
sur les rives bleues de la Méditerranée,
où un poste douanier monte la garde,
a depuis longtemps renoncé à tous les anges,
les remplaçant par la police des douanes.
Et il n'est plus temps de fuir, ce jour-là,
à la fin d'un mois de septembre humide et doux :
les frontières sont fermées en permanence.

3
Le seul à agir qui s'aventure par là,
est serré au fond de la malle
de Walter Benedix Benjamin.
Un ange apeuré et louche,
dessin suggestif de Paul Klee,
se mêlant à quelques manuscrits.
Et dans une autre malle, sont rassemblés
quelques chaussures, quatre vêtements,
une pipe, une montre en or,
cinq cents francs, quelques dollars,
photographies, lunettes, journaux.

4
L'Angélus Novus de cet homme
quant à lui, reste exilé dans une vieille valise :
ses ailes sont prises par la tempête
qui souffle du paradis, sans arrêt,
et les yeux grands ouverts il ne voit
que l'accumulation des ruines, la barbarie,
des tas de morts qui s'amoncèlent,
sans rédemption ni miséricorde,
les uns sur les autres, jusqu'aux cieux.

5
L'ange, qui ne voit que le passé,
est l'Ange de l'Histoire (de Benjamin) :
il tourne toujours le dos
et ses ailes vers le futur.
Mais s'il avait vu les événements,
les carnages successifs,
les chutes et les catastrophes,
qui attendent encore leur moment
dans le grand incendie universel,
il aurait aveugler ses propres yeux,
comme le fit Œdipe à Thèbes,
pour ne plus jamais voir !

6
Et cet ange tordu maintenant remarque
à l'auberge Fonda de Francia,
où ils ont passé la nuit dans l'angoisse -
les yeux tristes du philosophe juif
se remémorant sa propre histoire :
une succession de pertes et de malheurs
qui jamais ne le quittèrent même en exil.
Il s'écrie : - Benjamin ! Benjamin !
Essayant, qui sait, de le faire revenir à soi
(mais il n'y avait aucun son dans son cri).
Et il le voit qui, de ses mains tremblantes,
débouche un flacon de médicaments,
et ingère, en une seule fois,
tous les comprimés jaunes.

7
Aujourd'hui, celui qui passe par là
trouve un monument
et un étrange tourisme du suicide.
Il marche, très lentement, à travers les ombres,
les escaliers, les pièces et les inscriptions.
La ville portuaire de Portbou,
sur les rives bleues de la Méditerranée,
est l'un des plus beaux endroits de Catalogne.
Mais aujourd'hui, et depuis très longtemps,
tous les anges se sont retirés du monde.


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Paul Klee
Angelus Novus (1920)
...

aquiles e a tartaruga


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aquiles e a tartaruga
achille et la tortue


aquiles pé leve, emigrante alentejano,
perseguia incessantemente silvina
das galápagos, sem conseguir alcançá-la. no metro,
por exemplo, ela ia sempre uma
carruagem a frente e quando aquiles
corria para a porta, ela já estava a subir
a escada rolante, mas silvina queria casar
e um dia fingiu que se deixava
convencer. O paradoxo é que,
como ela era infinitamente variável,
aquiles nunca pôde encontrá-la realmente, nem quando
o dr. zenão, que os examinou, mandou internar ambos.
achille aux pieds légers, émigrant de l'alentejo
pourchassait de ses assiduités silvina
des galapagos, sans pouvoir la rattraper. dans le métro,
par exemple, elle avait toujours une
voiture d'avance et lorsque achille
courait vers la porte, elle était déjà en train
de monter l'escalator, mais silvina voulait se marier
et un jour elle fit semblant de se laisser
rattraper. Le paradoxe est celui-ci,
comme elle était infiniment versatile,
jamais achille ne put vraiment la rencontrer, même lorsque
le dr. zenon, qui les examina, les fit tous les deux interner.
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Nick Levy
Tortue rêvant (art aborigène)
...

teve lenta agonia a minha mãe...


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Sonetos familiares (1995) »»
 
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teve lenta agonia a minha mãe...
telle fut la lente agonie de ma mère...


teve lenta agonia a minha mãe:
seu ser tornou-se num puro sofrimento
e a sua voz apenas um lamento
sombrio e lancinante, mas ninguém

podia fazer nada. era novembro,
levou-a o sol da tarde quando a face
lhe serenou. foi como se acordasse
outra espessura dela em mim. Relembro

sombras e risos, coisas pequenas, nadas,
e horas graves da infância e da idade adulta
que este silêncio oculta e desoculta
nessas pobres feições desfiguradas.

quanta canção perdida se procura,
quanta encontrada em lágrimas murmura.
telle fut la lente agonie de ma mère :
son être devint une pure souffrance
et sa voix ne fut plus qu'une déploration
lugubre et lancinante, mais personne

ne pouvait rien y faire. c'était en novembre,
son visage s'était apaisé au soleil de l'après-midi
qui l'avait emportée. ce fut comme si j'avais éveillé
une autre épaisseur d'elle en moi. je me souviens

des ombres et des rires, des petites choses, des riens,
et les heures graves de l'enfance et de l'âge adulte
que ce silence occultait et révélait
dans ces pauvres traits défigurés.

combien cherche-t-on de chansons perdus,
combien en trouve-t-on dans le murmure des larmes.
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Le Caravage
Mort de la Vierge (détail) (1601-1606)
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Elogios de Montaigne - IV


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Elogios de Montaigne
Eloges de Montaigne


IV

Todos os dias pertencem à morte,
somente o último dia a alcança.
Cinquenta, sessenta, mesmo cem anos,
o que são perante a eternidade?
 
Perante a eternidade nada são.
E tantas nossas vãs preocupações
durante esta breve caminhada!
Honras e glórias e vaidades.
 
Quem só quer tirar vantagens,
aprecia as coisas sem simplicidade,
não tem meu apreço, nem amizade.
 
Minha memória piora dia a dia,
dores, aflições e má sorte.
O total esquecimento é a morte.


IV

Tous les jours sont tendus vers la mort.
Seul le dernier jour y parvient.
Cinquante, soixante, et même cent ans,
que sont-ils devant l'éternité ?

Devant l'éternité, ils ne sont rien.
Et sont vaines, toutes nos préoccupations
durant cette brève randonnée !
Honneurs et gloires et vanités.

Celui qui veut n'en tirer qu'avantage,
apprécie les choses sans simplicité,
Il n'a pas ma considération, ni mon amitié.

Ma mémoire s'aggrave de jour en jour,
douleurs, afflictions et mauvais sort.
Quand tout tombe dans l'oubli, c'est la mort.

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Daniel Dumonstier
Portrait de Michel de Montaigne (1578 environ)
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Nuage des auteurs (et quelques oeuvres)

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