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Ode pacífica
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Ode pacifique
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Levei comigo um punhal,
Com mãos firmes, cautelosas, Como se leva um segredo, Como se leva uma rosa. Assim armado, enfrentei As emboscadas e os crimes. Nos corredores do ódio, Combati, gritei, perdi-me. O punhal me dominava, Fascinava-me a revolta. (Vivemos presos à chave Que em sigilo nos solta.) Mas um dia uma verdade, Que nega todo punhal, Pôs brisas na minha face, Furtou-me às vozes do mal. Agora, Dora, a teu lado, Estou sempre a recompor Essa verdade tão simples, De que me torno senhor. Simples verdade de amor. |
J’emportais avec moi un poignard,
D’une main ferme et précautionneuse, Comme on emporte un secret, Comme on emporte une rose. Ainsi armé, j’affrontais Les traquenards et les crimes. Dans les couloirs de la haine, J’ai combattu, j’ai crié, je me suis perdu. Le poignard me dominait, La révolte me fascinait. (Nous avons vécu prisonniers de la clef Qui, en secret, nous libère.) Mais un jour, une vérité, Qui nie tout poignard, A posé une brise sur mon visage, Pour me soustraire aux voix du mal. À présent, Dora, à tes côtés, Je ne cesse de recomposer Cette vérité si simple, Dont je suis devenu le maître. Simple vérité d’amour. |
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| Roberto Sebastian Matta L'arc obscure des heures - 12 p.m. (1975) |

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