Inatingível


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Inatingível
Inaccessible


O que sou eu, gritei um dia para o infinito
E o meu grito subiu, subiu sempre
Até se diluir na distância.
Um pássaro no alto planou voo
E mergulhou no espaço.
Eu segui porque tinha que seguir
Com as mãos na boca, em concha
Gritando para o infinito a minha dúvida.

Mas a noite espiava a minha dúvida
E eu me deitei à beira do caminho
Vendo o vulto dos outros que passavam
Na esperança da aurora.
Eu continuo à beira do caminho
Vendo a luz do infinito
Que responde ao peregrino a imensa dúvida.

Eu estou moribundo à beira do caminho.
O dia já passou milhões de vezes
E se aproxima a noite do desfecho.
Morrerei gritando a minha ânsia
Clamando a crueldade do infinito
E os pássaros cantarão quando o dia chegar
E eu já hei de estar morto à beira do caminho.

Ce que je suis, je l'ai crié un jour vers l'infini
Et mon cri a monté, monté toujours
Jusqu'à se diluer dans la distance.
Un oiseau là-haut planait en vol
Et plongeait dans l'espace.
Je l'ai suivi car je devais le suivre,
Mes mains devant ma bouche, en porte-voix
Criant mon doute vers l'infini.

Mais la nuit épiait mon doute
Et je me suis couché au bord du chemin
Voyant la silhouette de ceux qui passaient
Dans l'espoir de l'aube.
Je suis resté au bord du chemin
Voyant la lumière de l'infini
Renvoyer au pèlerin l'immensité de son doute.

Je suis en train de mourir au bord du chemin.
Le jour est déjà passé des millions de fois
Et la nuit approche du dénouement.
Je mourrai en criant mon angoisse
En clamant la cruauté de l'infini
Et les oiseaux chanteront quand le jour viendra
Et je serais mort désormais, au bord du chemin.

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Peinture de Marie-Hélène Carcanague (2019)
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Desde sempre


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Desde sempre
Depuis toujours


Na minha frente, no cinema escuro e silencioso
Eu vejo as imagens musicalmente rítmicas
Narrando a beleza suave de um drama de amor.
Atrás de mim, no cinema escuro e silencioso
Ouço vozes surdas, viciadas
Vivendo a miséria de uma comédia de carne.
Cada beijo longo e casto do drama
Corresponde a cada beijo ruidoso e sensual da
comédia
Minha alma recolhe a carícia de um
E a minha carne a brutalidade do outro.
Eu me angustio.
Desespera-me não me perder da comédia ridícula e falsa
Para me integrar definitivamente no drama.
Sinto a minha carne curiosa prendendo-me às
palavras implorantes
Que ambos se trocam na agitação do sexo.
Tento fugir para a imagem pura e melodiosa
Mas ouço terrivelmente tudo
Sem poder tapar os ouvidos.
Num impulso fujo, vou para longe do casal impudico
Para somente poder ver a imagem.

Mas é tarde.
Olho o drama sem mais penetrar-lhe a beleza
Minha imaginação cria o fim da comédia que é
sempre o mesmo fim
E me penetra a alma uma tristeza infinita
Como se para mim tudo tivesse morrido.

En face de moi, dans le cinéma obscure et silencieux
Je vois les images musicalement rythmiques
Me narrer la beauté suave d'un drame d'amour.
Derrière moi, dans le cinéma obscure et silencieux
J'entends des voix sourdes, viciées
Vivre la misère d'une comédie charnelle.
Chaque long baiser exempt de drame
Correspond à chaque baiser bruyant et sensuel de la
comédie
Mon âme recueille la caresse de l'un
Et ma chair, la brutalité de l'autre.
Je m'en afflige,
essaye de me déprendre de cette comédie ridicule et fausse
pour m'intégrer définitivement au drame.
Je sens ma chair curieuse qui s'accroche aux paroles
implorantes
Que nous échangeons lors de l'excitation du sexe.
J'essaie de m'enfuir vers l'image pure et mélodieuse
Mais j'entends tout terriblement
Sans pouvoir me boucher les oreilles.
Dans une impulsion je fuis loin du couple impudique
Afin de ne voir que l'image.

Mais il est trop tard.
Je regarde le drame sans en pénétrer plus avant la beauté
Mon imagination crée une fin de comédie qui est toujours
la même fin
Et une tristesse infinie pénètre mon âme
Comme si tout en moi mourrait.

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Roy Lichtenstein
Le baiser (1962)
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Carne


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Carne
Chair


Que importa se a distância estende entre nós léguas
e léguas
Que importa se existe entre nós muitas montanhas?
O mesmo céu nos cobre 
E a mesma terra liga nossos pés. 
No céu e na terra é tua carne que palpita
Em tudo eu sinto o teu olhar se desdobrando
Na carícia violenta do teu beijo. 
Que importa a distância e que importa a montanha
Se tu és a extensão da carne
Sempre presente?

Qu'importe si la distance entre nous s'étend lieue
après lieue
Qu'importe s'il existe beaucoup de montagnes entre nous ?
Le même ciel nous couvre
Et la même terre relie nos pieds.
Au ciel et sur la terre est ta chair qui palpite
En tout je sens ton regard qui se déploie
Dans la violente caresse de ton baiser.
Qu'importe la distance et qu'importe la montagne
Si tu es l'extension de la chair
Toujours présente ?

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Ismael Nery
Deux figures (1920)
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A esposa


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A esposa
L'épouse


Às vezes, nessas noites frias e enevoadas
Onde o silêncio nasce dos ruídos monótonos e mansos
Essa estranha visão de mulher calma
Surgindo do vazio dos meus olhos parados
Vem espiar minha imobilidade.

E ela fica horas longas, horas silenciosas
Somente movendo os olhos serenos no meu rosto
Atenta, à espera do sono que virá e me levará
com ele.
Nada diz, nada pensa, apenas olha – e o seu olhar é
como a luz
De uma estrela velada pela bruma.
Nada diz. Olha apenas as minhas pálpebras que descem
Mas que não vencem o olhar perdido longe.
Nada pensa. Virá e agasalhará minhas mãos frias
Se sentir frias suas mãos.
Quando a porta ranger e a cabecinha de criança
Aparecer curiosa e a voz clara chamá-la num reclamo
Ela apontará para mim pondo o dedo nos lábios
Sorrindo de um sorriso misterioso
E se irá num passo leve
Após o beijo leve e roçagante...

Eu só verei a porta que se vai fechando brandamente...

Ela terá ido, a esposa amiga, a esposa que eu
nunca terei.

Parfois par des nuits froides et brumeuses
Où le silence naît des bruits paisibles et monotones
Cette étrange vision d'une femme posée
Surgissant du vide de mes yeux fixes
Vient épier mon immobilité.

Et elle reste de longues heures, des heures silencieuses
À seulement tourner son regard serein vers mon visage
Attentive, en espérant que le sommeil viendra et qu'il
m'emportera.
Elle ne dit, ne pense rien, regarde à peine – et son regard est
la lumière
D'une étoile que la brume a voilée.
Elle ne dit rien. Regarde à peine mes paupières qui s'abaissent
Mais ne domine pas mon regard au loin perdu.
Ne pense rien. Elle viendra emmitoufler mes mains froides
Sentant froides ses mains.
Quand la porte grince et que la petite tête de l'enfant
Apparait curieuse et que la voix claire l'appelle dans une plainte
Elle me désignera en mettant son doigt sur ses lèvres
Souriant d'un sourire mystérieux
Et s'en ira d'un pas léger
Après l'effleurement léger d'un baiser...

Et je ne verrai que la porte qui se ferme tendrement...

Et elle sera partie, la gentille épouse, l'épouse que jamais
je n'aurai. 

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Pablo Picasso
La mère et l'enfant (Marie-Thérèse et Maya - 1938)

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O erro


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nunorochamorais.blogspot.com (octobre 2020) »»
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O erro
L’erreur


Erraste, falhaste
E é toda a tua alma reunida
Numa tenebra, num tormento
Que, com a sua força centrípeta
Te arrasta, te puxa, te clama, te exige
Que assumas toda a pecha,
Toda a tinta derramada no espaço,
Toda a tinta que transbordou
Do pensar, da palavra, do gesto.

Atravessas a tua alma,
Convulsionada pela dissonância,
Desgrenhada pelo facto que se quebrou
Contra as leis conhecidas
E dóis-te.

Mas pensa:
O erro é verde haste
Que natureza ou deus nunca errou?
O que é divino ou natural
É afundar, exilar, desvanecer o erro
Na ordem perfeita.

Pensas ainda:
Parte da alma é erro,
Parte do sonho é erro,
Parte de mim é erro,
O erro é clara e certa metade da face.

Tu t'es trompé, tu as failli
Et toute ton âme s'est rassemblée
Dans les ténèbres, dans un tourment
Qui, avec sa force centripète
Te traine, te tire, te réclame, exige de toi
Que tu assumes toute la faute,
Toute l'encre versée dans l'espace,
Toute l'encre qui déborde
De ta pensée, tes mots, ton geste.

Tu traverses ton âme,
Convulsée par la dissonance,
Déconcertée par le fait qu'elle se brise
Contre les lois connues
Et tu souffres.

Mais réfléchis :
L'erreur est-elle une hampe verte
Que la nature ou dieu jamais ne commit ?
Ce qui est divin ou naturel
C'est d'abîmer, d'exiler, de dissiper l'erreur
Dans un ordre parfait.

Tu réfléchis encore :
Une partie de l'âme est une erreur,
Une partie du rêve est une erreur,
Une partie de moi est une erreur
L'erreur est claire et certaine au milieu du visage.

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Joan Miró
Personnage lançant une pierre à un oiseau (1926)

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