A esposa


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Vinicius de Moraes »»
 
O caminho para a distância (1933) »»
 
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A esposa
L'épouse


Às vezes, nessas noites frias e enevoadas
Onde o silêncio nasce dos ruídos monótonos e mansos
Essa estranha visão de mulher calma
Surgindo do vazio dos meus olhos parados
Vem espiar minha imobilidade.

E ela fica horas longas, horas silenciosas
Somente movendo os olhos serenos no meu rosto
Atenta, à espera do sono que virá e me levará
com ele.
Nada diz, nada pensa, apenas olha – e o seu olhar é
como a luz
De uma estrela velada pela bruma.
Nada diz. Olha apenas as minhas pálpebras que descem
Mas que não vencem o olhar perdido longe.
Nada pensa. Virá e agasalhará minhas mãos frias
Se sentir frias suas mãos.
Quando a porta ranger e a cabecinha de criança
Aparecer curiosa e a voz clara chamá-la num reclamo
Ela apontará para mim pondo o dedo nos lábios
Sorrindo de um sorriso misterioso
E se irá num passo leve
Após o beijo leve e roçagante...

Eu só verei a porta que se vai fechando brandamente...

Ela terá ido, a esposa amiga, a esposa que eu
nunca terei.

Parfois par des nuits froides et brumeuses
Où le silence naît des bruits paisibles et monotones
Cette étrange vision d'une femme posée
Surgissant du vide de mes yeux fixes
Vient épier mon immobilité.

Et elle reste de longues heures, des heures silencieuses
À seulement tourner son regard serein vers mon visage
Attentive, en espérant que le sommeil viendra et qu'il
m'emportera.
Elle ne dit, ne pense rien, regarde à peine – et son regard est
la lumière
D'une étoile que la brume a voilée.
Elle ne dit rien. Regarde à peine mes paupières qui s'abaissent
Mais ne domine pas mon regard au loin perdu.
Ne pense rien. Elle viendra emmitoufler mes mains froides
Sentant froides ses mains.
Quand la porte grince et que la petite tête de l'enfant
Apparait curieuse et que la voix claire l'appelle dans une plainte
Elle me désignera en mettant son doigt sur ses lèvres
Souriant d'un sourire mystérieux
Et s'en ira d'un pas léger
Après l'effleurement léger d'un baiser...

Et je ne verrai que la porte qui se ferme tendrement...

Et elle sera partie, la gentille épouse, l'épouse que jamais
je n'aurai. 

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Pablo Picasso
La mère et l'enfant (Marie-Thérèse et Maya - 1938)

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