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Nuno Júdice »»
 
Um Canto na Espessura do Tempo (1992) »»
 
Italien »»
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Définition


Quem esquece o amor, e o dissipa, saberá
que sentimento corrompe, ou apenas se o coração
se encontra no vazio da memória? O vento
não percorre a tarde com o seu canto alucinado,
que só os loucos pressentem, para que tu
o ignores; nem a sabedoria melancólica das árvores
te oferece uma sombra para que lhe
fujas com um riso ágil de quem crê
na superfície da vida. Esses são alguns limites
que a natureza põe a quem resiste à convicção
da noite. O caminho está aberto, porém,
para quem se decida a reconhecê-los; e os próprios
passos encontram a direcção fácil nos sulcos
que o poema abriu na erva gasta da linguagem. Então,
entra nesse campo; não receies o horizonte
que a tempestade habita, à tarde, nem o vulto inquieto
cujos braços te chamam. Apropria-te do calor
seco dos vestíbulos. Bebe o licor
das conchas residuais do sexo. Assim, os teus lábios
imprimem nos meus uma marca de sangue, manchando
o verso. Ambos cedemos à promiscuidade do poente,
ignorando as nuvens e os astros. O amor
é esse contacto sem espaço,
o quarto fechado das sensações,
a respiração que a terra ouve
pelos ouvidos da treva.

Qui oublie l'amour et le dilapide, comment peut-il
savoir que le sentiment est corrompu, ou si le cœur
ne se trouve que dans le vide de la mémoire ? Le vent
ne circule pas le soir avec son chant halluciné,
que seuls les fous pressentent, pour que tu
l'ignore ; ni le savoir mélancolique des arbres
ne t'offre une ombre pour que tu la
fuis avec le rire agile de celui qui a foi
en la superficialité de la vie. Ce sont de ces limites
que la nature impose à ceux qui résistent aux séductions
de la nuit. Cependant, la voie est ouverte,
pour ceux qui se décident à les reconnaître; et leurs propres
pas se dirigeront facilement par les sillons
que le poème a ouvert dans l'herbe dévastée de la langue. Alors,
entre dans ce champ; ne crains pas l'horizon
habité par la tempête, le soir, ni la figure inquiète
qui t'appellent dans ses bras. Habitue-toi à la chaleur
sèche des vestibules. Bois la liqueur
des gousses résiduelles du sexe. Alors, tes lèvres
imprimerons en moi une trace de sang, qui souillera
le vers. Ensemble nous avons cédé à la promiscuité de l'ouest,
ignorant étoiles et nuages. L'amour
est ce contact sans espace,
la chambre fermée des sensations,
la respiration que la terre entend
avec les oreilles des ténèbres.

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John Constable
Paysage marin avec nuage de pluie (1824-1828)

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