Fantasmas


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Gilberto Nable »»
 
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Fantasmas
Fantômes


Bobagem esperar outra coisa,
pois tudo deu no que deu.
Não sobrou uma migalha na mesa
quando o último convidado sumiu.

Mas esqueceram a lâmpada acesa,
algumas portas e janelas abertas.
Desfecho apressado de festa,
em casa, agora, abandonada.

Então, os fantasmas pularam das molduras
e cada qual reassumiu seu posto.
Vovó Marieta traz o pudim de leite.
Tia Celeste se espichou no terreiro,

e jaz, transfigurada pela luz da lua.
Vovô Nagib ameaça com a bengala,
atazanado com tamanha bizarria.
Donana e o eterno bordado

cheio de flores azuis e andorinhas.
Tio Vicenzo atravessa as paredes,
e bêbado, no terno lastimável,
aponta, rindo, para minha mãe,

dançando acima dos telhados,
com uma rosa negra na boca.
E dança de pés descalços,
como se ainda fosse criança.

Os mortos são malcomportados.
Bando de funâmbulos em fúria,
refazem o que foi minha família,
fadada ao desastre e à insânia.

Porque insano sempre fui.
E por não saber mendigar,
me reduziram à indigência das palavras,
onde me recolho com meus fantasmas.

Stupidité que d'attendre autre chose,
car il a donné tout ce qu'il a pu.
Il n'y a plus de miettes sur la table
quand le dernier convive a disparu.

Mais ils ont oublié d'éteindre la lampe,
De fermer quelques portes et fenêtres.
La fête a pris fin précipitamment,
Dans la maison, maintenant, délaissée.

Puis les fantômes ont ressorti des cadres
et chacun est venu prendre sa place.
Mémé Mariette apporte un pouding au lait.
Tante Céleste bavarde dans la cour,

Là, transfigurée par le clair de lune.
Pépé Nagib menace avec sa canne,
Tenaille ouverte avec étrangeté.
Donana et sa broderie éternelle

surchargée de fleurs bleues et d'hirondelles.
Oncle Vicenzo qui traverse les murs,
ivre, dans son costume pitoyable,
Montrant du doigt, riant devant ma mère,

Allant danser sur la cime des toits,
avec une rose noire dans la bouche.
Et danser, danser avec les pieds nus,
comme s'il était encore un enfant.

Car les morts ne savent pas se tenir.
Troupe de funambules en délire,
Ils refaisaient ce que fut ma famille,
vouée au désastre et à la folie.

Parce que fou je l’ai toujours été, et
parce qu'il ne savait pas tendre la main,
Ils m'ont réduit à l'indigence des mots,
où je me retrouve avec mes fantômes.

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Candido Portinari
détail du diptyque Guerra e Paz
La danse des femmes et les enfants qui jouent (1957)
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