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Canção
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Chanson
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Sobe, canção, do fundo da amargura
Que me nivela ao que me amarga! Voa, E acima, além da minha vil tristura, Se eu não perdoo, tu, perdoa! Se eu não perdoo, porque sou da argila Que por tão frágil quão pesada ataco, Perdoa tu que aérea vais, tranquila, Bailando sobre todo o opaco. Canta a heróica renúncia de viver Como quem morre a par e passo..., e vive Por, antes de morrer, ter de vencer A morte-em-vida que o cative. Que importa que ninguém te sonde os ritmos, Nem saiba ler, cantor, as tuas actas E os teus jogos de sons e logaritmos Fixos em tábuas inda intactas? Voa, canção, na solidão enorme De ser maior do que o seu próprio ser E velar quando tudo, em volta, dorme, − Único a não adormecer! A ti, cantor, não te foi dado o sono Que entre plumas, colchões e cobertores Todos os mais afunda em abandono: A ti, suor, suor, suores... Que o dormir é daqueles que te amaram Demasiado humano, os vis amigos!, E quando o vento e o céu te solevaram, Se te volveram inimigos. Sobe, canção, sempre mais alto! mais Que a exígua voz humana que te entoa. Sobe, estrangula os seus soluços e ais, Que a vida é bela! a morte é boa! Que a vida é bela quando a tu levantas No desfraldar das asas infinitas, E boa a morte quando tu a cantas, E sobre nós, voando, a agitas! Voa, canção! E tu, finda a contenda, Cantor dos pés de barro e olhar de lume, Pede ao teu Val de Lágrimas que fenda, E te aproveite como estrume. |
Monte des profondeurs de l'amertume,
Chanson qui me réduit à mon malheur ! Vole, Et de là-haut, loin de ma pauvre tristesse, Qui jamais ne pardonne, toi, pardonne ! Si je ne sais pardonner, moi étant fait d'une Argile qui tant me pèse bien que fragile, Et m'accable, pardonne, aérienne, toi Qui va tranquille tombant sur tout l'opaque. Chante héroïque renoncement de vivre Comme est à l'écart celui qui meurt Et passe... et vit avant que de mourir De cette mort-en-vie qui te captive. Qu'importe si personne ne sonde tes rythmes, Ni ne sait lire, chanteur, tes gestes Et le jeu de tes sons et de tes logarithmes Fixés sur des tablettes encore intactes ? Vole dans la solitude immense, chanson, D'avoir été plus grande de tout ton être Et veillant alentour, quand tout dort, — Toi, seule ne dormant pas ! À toi, chanteur, n'a pas été donné ce sommeil Qui toujours, entre plumes, matelas et couvertures Nous fait nous enfoncer dans l'abandon. À toi, les sueurs, et sang et sueur... Qu'il appartienne à ceux qui t'ont aimé, Le dormir trop humain, à tes pauvres amis ! Car, lorsque le vent et le ciel te soulevèrent, Ennemis, contre toi, ils se sont retournés. Toujours plus haut, monte chanson ! plus Haut que la faible voix humaine qui te chante. Monte, étranglée de sanglots, mais hélas, Que la vie est belle, et que la mort est bonne ! Que la vie est belle quand tu t'élèves En un déploiement d'ailes, infini, Et bonne la mort quand tu la chantes, Et au-dessus de nous, volant, tu la bouscules ! Vole, chanson ! Et toi, achevant le combat, Chanteur aux pieds d'argile, au regard de feu, Demande à ta Vallée de Larmes de s'ouvrir Et de faire son profit de toi comme engrais. |
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Tony Feher Midi (2012) |
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