Certo mar


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Murilo Mendes »»
 
Poesias, 1925/1955 (1959) »»
 
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Certo mar
Mer fatale


O mar não me quer,

O mar não sei por que me abomina,
O mar autárquico:
Ele me atira barbatanas e algas podres,
Destroços de manequins e papéis velhos,
Arrastando para longe barco e sereia.
O mar tem idéias singulares sobre mim,
Manda-me recados insolentes
Em garrafas há muito esquecidas e sujas.
Suprime de repente o veleiro de 1752
Que vinha beirando o cais.

Suprime o veleiro e um bando de fantasmas
- Eu bem sei -
Únicos, polidos, um quase nada solenes.
Não tolero mais este safado,
Nem mesmo o admito no outro mundo:
Felizmente a eternidade é límpida,
Sem praia e sem lamentos.
Hei de espiá-lo da Grande rosácea,
Hei de vê-lo um dia lá embaixo,
Inútil: espremida esponja, carcaça de canoa,
Avesso de fotografia.

La mer ne veut pas de moi,

La mer ne sait pourquoi elle me hait
La mer autarcique :
Elle me jette des nageoires et des algues pourries,
Épaves de mannequins et de vieux papiers,
Entraînant au loin barque et sirène.
La mer a sur moi des idées singulières,
Elle m'envoie d'insolents messages
En de sales bouteilles oubliées depuis longtemps.
Elle détruit soudain le voilier de 1752
Sur le point d'accoster.

Supprimer le voilier et sa bande de fantômes
– Je veux bien –
Singuliers, civils, presque un rien solennels.
Je ne tolère plus cette dévergondée,
Ni même ne l'admet dans l'autre monde :
Heureusement l'éternité est claire,
Sans plage et sans pleurs.
Je vais l'espionner de la Grande Rosace,
Je la verrai là un jour en bas,
Inutile : expression d'éponge, carcasse de canoë,
Envers de la photographie

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Arturo Nathan
Roches volcaniques (1934)

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