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Se eu fosse a Paris
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Si j'allais à Paris
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Se eu fosse a Paris
não gostaria de ver a Torre Eiffel nem as grandes avenidas nem os bulevares nem os parques nem a Catedral de Notre Dame nem o sangue que jorra dos gestos e da alma dilacerada do Pensador de Rodin. Se eu fosse a Paris não compraria postais de Brigitte Bardot não veria as águas do Sena trespassadas de luar nem seu corpo de molusco invertebrado nem os barcos que partem nem os barcos que voltam com suas entranhas consteladas de murmúrios. Se eu fosse a Paris não visitaria Montmartre nem iria às Praças da Concórdia, da República e da Ópera nem aos cafés onde pintores, artistas e boêmios desenharam utopias no mármore das mesas entre espirais de fumaça e fagulhas de vinho. Se eu fosse a Paris correria ao Museu do Louvre para me embriagar com o fulgor dos nus femininos de Renoir roçar a alma no Moinho de la Galette passear os olhos no retrato de Madame Charpentier ou no mistério da Menina com a Gavela. Como jamais irei a Paris nas asas de um pássaro de aluguel não ouvirei o Bolero de Ravel nem verei o palácio de cristal da Imperatriz. Mas isso não me toma menos infeliz. |
Si j'allais à Paris Je ne voudrais pas voir la Tour Eiffel ni les avenues ni les grands boulevards ni les parcs ni la cathédrale Notre-Dame ni le sang qui jaillit des gestes et de l’âme déchirée du Penseur de Rodin. Si j'allais à Paris je n’achèterais pas de cartes postales de Brigitte Bardot je ne verrais pas les eaux de la Seine traversées par la lune ni son corps de mollusque invertébré ni les bateaux qui s'en vont ni les bateaux qui reviennent avec leurs entrailles constellées de murmures. Si j'allais à Paris je ne visiterais pas Montmartre et n’irais pas sur les Places de la Concorde, de la République et de l’Opéra ni aux cafés où peintres, artistes et bohèmes ont dessiné des utopies sur le marbre des tables entre des spirales de fumée et des étincelles de vin. Si j'allais à Paris je me précipiterais au musée du Louvre pour m’enivrer de l’éclat des nus féminins de Renoir me frotter l’âme au moulin de la Galette parcourir des yeux le portrait de Madame Charpentier Ou le mystère de la Jeune Fille à la Gerbe. Comme je n’irai jamais à Paris sur les ailes d’un oiseau de location je n’écouterai pas le Boléro de Ravel ni ne verrai le palais de cristal de l’Impératrice. Mais ceci ne me rend pas moins malheureux. |
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Camille Claudel La jeune fille à la gerbe (1886) |
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