Estamos ambos condenados...


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Nuno Rocha Morais »»
 
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Estamos ambos condenados...
Nous sommes tous les deux condamnés...


Estamos ambos condenados a observar
E a ser observados.
O nosso inferno são estas margens
Separadas por águas negras,
Caudalosas, torrenciais.
Caminhamos ao longo das margens,
Cada um na sua, fitamo-nos
Como inimigos que não sabemos se somos,
Cientes de que nunca chegaremos
A lado algum, a palavra alguma.
De vez em quando, ao crepúsculo, a figura do outro lado
Lança-se às águas e logo desaparece,
E apodera-se de mim um terror.
Corro pela margem, esperando ardentemente
Ver o seu corpo afogado.
De manhã, vejo-o de novo diante de mim,
Na sua margem; repelido pelas águas,
E, de cada vez, parece odiar-me.
Nunca me lanço às águas,
Mas a verdade é que, de manhã,
Acordo sempre encharcado.
Lançar-me às águas para quê?
Não quero trocar de margem.
A figura do outro lado
Parece-me a mais perfeita indiferença.
Só temo que esse vulto
Alcance a minha margem
E se apodere de mim, dos meus olhos,
Que continuarão a ver
Uma figura na outra margem.
Não quero trocar de margem.

Nous sommes tous les deux condamnés à observer
Et à être observés.
Notre enfer ce sont ces berges
Séparées par des eaux noires,
Écrasantes, torrentielles.
Nous marchons le long des rives,
Chacun en son for, en train d'observer
L'autre. Ne sachant pas vraiment si nous sommes ennemis,
Conscients que jamais rien n'aboutira,
d'aucuns, aucune parole.
De temps en temps, au crépuscule, la figure de l'autre côté
Se jette dans les eaux et vite disparaît,
Alors s'empare de moi une terreur.
Je cours avec ardeur le long de la rive, craignant
De voir son corps noyé.
Le matin, je le revois devant moi,
Sur sa rive; repoussé par les eaux,
Et à chaque fois, il semble que tu me détestes.
Je ne me jette jamais dans les eaux,
Mais la vérité est que, chaque matin,
Je me réveille trempé.
Me jeter à l'eau mais pourquoi ?
Je ne veux pas changer de rive.
La figure de l'autre côté
m'apparait dans la plus parfaite indifférence.
J'ai seulement peur que cette ombre
N'atteigne ma rive
Et se saisisse de moi, de mes yeux,
qui continue de voir
Une figure sur l'autre rive.
Je ne veux pas changer de bord.

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Tombe du Plongeur
Paestum (470-480 av J.C.)
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