Meditação do filho da floresta


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Thiago de Mello »»
 
Amazonas - Pátria da água (1990) »»
 
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Meditação do filho da floresta
Méditation du fils de la forêt


O que em mim faz falta
— para inteiro me ser —
ficou onde não estive,
dentro do que não tive
antes já de nascer.
 
Estou sempre aquém
do que não sou. Cheguei
escasso de mim, vasilha
de argila inacabada.
Onde estiver, por mais
que eu todo me dê,
sempre incompleto estarei.
No que fizer, deixo
na mesma face do feito
a marca da mão que faz
e a da mão que não se fez.
Levo comigo uma fome
que, sem boca, me come.
 
A fome, contudo,
que mais o consome
é a que ele não tem,
da qual sequer sabe o nome.
Raiz viva e fruto podre
do seu próprio cativeiro,
é a falta dessa fome,
própria só do homem,
de sonhar e enxergar
o centro real do sonho
latejando no chão
que dói sob os pés.
A fome não tem
de comer a diferença
entre o ninguém que é
e o alguém que pode ser.
 
Os dentes do desamparo
mastigaram-lhe a vontade
de ver.
Os donos da servidão
cobriram-lhe os olhos
com escamas de cinza
e taparam-lhe a boca
com as sílabas ocas
da resignação.
 
Quem fala, não sabe
que de sua boca sai
a palavra falaz
dos que o enganam.
Por seu olhar enxerga
uma retina alheia
que o impede a seguir
um rumo de submissão.

Ce qui fait défaut en moi
– à l’entièreté de mon être –
reste là où jamais je ne fus,
dans ce que je n'avais pas
avant même que d'être né.

Toujours en deçà
de ce que je suis. J'arrive,
ébauche de moi-même, vase
d'une argile inachevée.
Cependant, où que ce soit
même en tout me donnant,
toujours je serais incomplet.
Dans ce que je fais, je laisse
sur le même visage de l'affaire
la marque de la main qui a fait
et celle de la main qui n'a rien fait.
Je prends avec moi une faim
qui, sans bouche, me dévore.

Cependant, la faim
qui le dévore le plus
est celle que lui n'a pas,
dont on ne sait pas même le nom.
Racine vivante et fruits pourris
de leur propre captivité,
est le défaut de cette faim,
seule propriété de l'homme,
qui est de rêver et de percevoir
le vrai centre du rêve
palpitant sur le sol
qui souffre sous ses pieds.
La faim n'a pas
à consommer la différence
entre l'un qui est
et l'autre qui peut être.

Les dents de l'impuissance
ont rongé son désir
de voir.
Les maîtres de la servitude
ont recouvert ses yeux
avec des écailles de cendre
et colmaté sa bouche
avec les syllabes creuses
de la résignation.

Celui qui parle, ne sait pas
que de sa bouche sort
les paroles fallacieuses
de ceux qui le trompent.
Par son regard, il perçoit
une teinte étrangère
qui l'empêche de suivre
les voies de la soumission.

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Jaider Esbell
Makuxi (2020)
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