Visão de Clarice Lispector


Nom :
 
Recueil :
 
Autre traduction :
Carlos Drummond de Andrade »»
 
Discurso de Primavera e Algumas Sombras (1977) »»
 
Italien »»
«« précédent /  Sommaire / suivant »»
________________


Visão de Clarice Lispector
La vision de Clarice Lispector


Clarice
veio de um mistério, partiu para outro.

Ficamos sem saber a essência do mistério.
Ou o mistério não era essencial,
era Clarice viajando nele.

Era Clarice bulindo no fundo mais fundo,
onde a palavra parece encontrar
sua razão de ser, e retratar o homem.

O que Clarice disse, o que Clarice
viveu por nós em forma de história
em forma de sonho de história
em forma de sonho de sonho de história
(no meio havia uma barata
ou um anjo?)
não sabemos repetir nem inventar.
São coisas, são joias particulares de Clarice
que usamos de empréstimo, ela dona de tudo.

Clarice não foi um lugar-comum,
carteira de identidade, retrato.
De Chirico a pintou? Pois sim.

O mais puro retrato de Clarice
só se pode encontrá-lo atrás da nuvem
que o avião cortou, não se percebe mais.

De Clarice guardamos gestos. Gestos,
tentativas de Clarice sair de Clarice
para ser igual a nós todos
em cortesia, cuidados, providências.
Clarice não saiu, mesmo sorrindo.
Dentro dela
o que havia de salões, escadarias,
tetos fosforescentes, longas estepes,
zimbórios, pontes do Recife em bruma envoltas,
formava um país, o país onde Clarice
vivia, só e ardente, construindo fábulas.

Não podíamos reter Clarice em nosso chão
salpicado de compromissos. Os papéis,
os cumprimentos falavam em agora,
edições, possíveis coquetéis
à beira do abismo.
Levitando acima do abismo Clarice riscava
um sulco rubro e cinza no ar e fascinava.

Fascinava-nos, apenas.
Deixamos para compreendê-la mais tarde.
Mais tarde, um dia... saberemos amar Clarice.

Clarice,
venue d'un mystère, est partie pour un autre.

Et nous restons sans rien savoir de l'essence du mystère.
Ou le mystère n'était pas essentiel,
c'est en lui que voyageait Clarice.

Clarice remuait au plus profond de la profondeur,
où le mot semble trouver
sa raison d'être, et dépeint vraiment l'homme.

Ce que Clarice a dit, ce que Clarice
a vécu pour nous sous la forme d'une histoire
sous la forme d'un rêve d'histoire
sous la forme du rêve d'un rêve d'une histoire
(au milieu y avait-il un cafard
ou un ange ?)
nous ne savons pas le redire ni l'inventer.
Ce sont là choses, bijoux qui appartiennent à Clarice
dont nous faisons l'emprunt, à elle qui tout possède.

Clarice n'était pas un lieu commun,
une carte d'identité, un portrait.
De Chirico l'a-t-il peinte ? Certainement.

Le portrait le plus pur de Clarice
ne peut se trouver que derrière le nuage
que l'avion a franchi, sans plus se remarquer.

De Clarice nous gardons ses gestes. Gestes,
Les tentatives de Clarice pour sortir de Clarice
et se rendre égale à nous tous
avec attention, courtoisie, mesure.
Clarice ne nous a pas quitté, même en souriant.
En elle
ces salons, ces escaliers,
plafonds phosphorescents, longues steppes,
dômes et ponts de Recife enveloppés de brume,
formait un pays, le pays où Clarice
vivait, seule et ardente, construisant des fables.

Clarice, nous ne pouvions la retenir sur nos terres
éclaboussées de compromis. Les écrits,
les hommages ne s'adressent qu'aux présents,
publications, possibles cocktails
au bord de l'abîme.
Lévitation au-dessus de l'abîme Clarice traçait
un sillon rouge et gris dans l'air et nous fascinait.

Mais nous fascinait, seulement.
Laissons-la partir, nous comprendrons plus tard.
Plus tard, un jour... nous saurons aimer Clarice.

________________

Giorgio de Chirico
Portrait de Clarice Lispector (1945)
...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire