Ainda se ouve o galo...


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Ainda se ouve o galo...
On peut encore entendre le coq...


Ainda se ouve o galo,
Como um “muezzin”,
Chamar na direcção da manhã,
Ainda que sem minaretes.
Entra-se na transmigração de rotinas,
De uma em outra, de veia em veia,
Pela luz obediente, boa católica.
Ronronam bairros, trepidam,
Com o seu quê de totémico,
Mas o rosto de cariátide
É comum a todas as tribos
E nada está vivo, nem Lares,
Nem as ninfas dos bosques sagrados,
Qualquer crença, qualquer gesto
É urticante:
Todos os deuses convergiram
Para o grande vazio
Ou talvez estejam no centro
Do grande vazio intransponível
E o galo canta pela terceira vez.

On peut encore entendre le coq
Chanter comme un « muezzin »,
Appeler dans la direction du matin,
Encore que sans les minarets.
La transmigration des habitudes est entrée,
De l'une en l'autre, et de veine en veine,
Avec une bonne lumière obéissante et catholique.
Des quartiers ronronnent, frémissent,
Avec un je-ne sais-quoi de totémique,
Mais le visage des cariatides
Est commun à toutes les tribus
Et rien n'est demeuré vivant, pas même les Lares,
Ni les nymphes des bosquets sacrés,
Certaines croyances, certains gestes
Sont urticants :
Tous les dieux ont convergé
Vers le grand vide
Ou peut-être sont-ils au centre
Du grand vide infranchissable
Et que le coq chante pour la troisième fois.

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Joan Miró
Le coq (1940)
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