Being beauteous


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Mário Cesariny »»
 
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Being beauteous
Being beauteous


O meu amigo inglês que entrou no quarto da cama e
correu de um só gesto todas as cortinas
sabia o que corria
digo disse direis era vergonha
era sermos estranhos ... mais do que isso: estrangeiros
e tão perto um do outro naquela casa
mas eu vejo maior ... mais escuro dentro do corpo
e descobri que a luz é coisa de ricos
gente que passa a vida a olhar para o sol
cultivar abelhas no sexo ... liras na cabeça
e mal a noite tinge a faixa branca da praia
vai a correr telefonar para a polícia

E não bem pelas jóias de diamante os serviços de bolso
e as criadas
digo ricos de espírito
ricos de experiência
ricos de saber bem como decorre
para um lado o sémen para o outro a caca
e nos doces intervalares
a urina as bibliotecas as estações o teatro
tudo o que já amado
e arrecadado no canto do olho a implorar mais luz para
ter sido verdade

O meu amigo inglês não se lembrava
senão dos gestos simples do começo
e corria as cortinas e criava
para além do beijo flébil que podemos
a viagem sem fim e sem regresso

Mon ami anglais qui est entré dans la chambre à coucher et
a tirer les rideaux d'un seul coup
savait ce que tirer veut
dire je dis tu diras c'est une honte
d'être ainsi réfugiés, et plus encore : étrangers
et si proche l'un de l'autre dans cette pièce
mais je vois mieux au plus obscur du corps
et j'ai compris que la lumière est l'affaire des riches
gens qui passent leur vie à regarder vers le soleil
à soigner les abeilles du sexe livres en tête
et la nuit déteint sur la ligne blanche de la plage
s'en va courir téléphoner à la police

Et ce n'est pas bon pour les joyaux en diamant, les services de
la bourse et les femmes de chambre
Je dis riche en esprit
riche d'expériences
riche de bien savoir comment s'écoule
d'un côté le sperme de l'autre la merde
et dans les doux intervalles
l'urine les bibliothèques les gares le théâtre
tout ce que j'ai jamais aimé
et recueilli au coin de l'œil en implorant que plus de lumière
soit vraie

Mon ami anglais ne s'est souvenu de rien
si ce n'est des gestes simples du début
et d'avoir tiré les rideaux et créé
par-delà le baiser le plus plaintif qui soit
le voyage sans fin et sans retour

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Maria Helena Vieira da Silva
La machine optique (1937)
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