Vida e poesia


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Vida e poesia
Vie et poésie


A lua projetava o seu perfil azul
Sobre os velhos arabescos das flores calmas
A pequena varanda era como o ninho futuro
E as ramadas escorriam gotas que não havia.
Na rua ignorada anjos brincavam de roda...
— Ninguém sabia, mas nós estávamos ali.
Só os perfumes teciam a renda da tristeza
Porque as corolas eram alegres como frutos
E uma inocente pintura brotava do desenho das cores

Eu me pus a sonhar o poema da hora.

E, talvez ao olhar meu rosto exasperado
Pela ânsia de te ter tão vagamente amiga
Talvez ao pressentir na carne misteriosa
A germinação estranha do meu indizível apelo
Ouvi bruscamente a claridade do teu riso
Num gorjeio de gorgulhos de água enluarada.
E ele era tão belo, tão mais belo do que a noite
Tão mais doce que o mel dourado dos teus olhos
Que ao vê-lo trilar sobre os teus dentes como um címbalo
E se escorrer sobre os teus lábios como um suco
E marulhar entre os teus seios como uma onda
Eu chorei docemente na concha de minhas mãos vazias
De que me tivesses possuído antes do amor.

La lune avait projeté son profil bleu
Sur les vieilles arabesques des fleurs tranquilles
Le petit balcon était comme un nid futur
Et les branches ruisselaient de gouttes qui n'existaient pas.
Des anges dans la rue ignorée, jouaient au cerceau...
– Personne ne le savait, mais nous étions là.
Seuls les parfums tissaient des dentelles de tristesse
Car les corolles étaient aussi vives que des fruits
Et du dessin des couleurs une peinture innocente naissait.

Je me mis à songer au poème de l'heure.

Et peut-être était-ce en voyant mon visage exaspéré
par le désir de te voir un tant soit peu amicale,
peut-être aussi pressentais-tu dans le mystère de la chair
l'étrange germination de mon indicible appel,
J'ai soudain entendu la clarté de ton rire, gorge
d'un ruisseau cascadant sous les reflets de la lune.
Il était si beau, tellement plus beau que la nuit
Plus doux que le miel doré de tes yeux
Qu'en le voyant s'égrener sur tes dents comme une cymbale
Et s'écouler de tes lèvres comme un suc
Et gonfler tes seins comme une onde,
J'ai pleuré doucement au creux de mes mains vides,
toi qui prenait, avant l'amour, possession de moi.

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Francis Picabia - Villica caja (1929)
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