Fantasmas


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Al Berto »»
 
Horto de incêndio (1997) »»
 
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Fantasmas
Fantômes


bateram à porta - não abriste
estavas a convocar nesse instante a brancura
dos dados por lançar e o corvo do sr. poe mais
o maléfico negrume dos mares de melville e
as mulheres da patagónia que estão sentadas
ao fim da tarde
à beira de insondáveis glaciares

seguias absorto o percurso daquele que comprava
revistas tabaco souvenirs e via os comboios
sumirem-se na gare de munique - mais a rua onde
te encontro e te perco rapaz
a quem se esqueceram de dizer que tinha um corpo
de papel bom para amachucar com os dentes

é verdade - bateram à porta
mas não podias abrir
nesta casa só sobrevive a memória turva
dos poemas amados - mais ninguém mais nada
além da parede de lodo e da caixa de sapatos
cheia de sílabas preciosas - e uma mesa pequena
com um albatroz empalhado para te vigiar a alma

a um canto da sala o cigarro continua a arder
na ponta dos dedos do teu retrato escondido
atrás do sofá - virado parar a parede
como tu
coberto de bolor de sustos e de aborrecimento

on a frappé à la porte - tu n'as pas ouvert,
à ce moment-là tu convoquais la blancheur
d'un lancer de dés le corbeau de m. poe ainsi
que la noirceur maléfique des mers de melville et
les femmes de patagonie assises
à la tombée du jour
au bord d'insondables glaciers

tu as suivi absorbé le trajet de celui qui avait acheté
magazines tabac souvenirs et voyait les trains
disparaître dans la gare de munich - ainsi que la rue où
je te rencontre et te perds garçon
à qui l'on a oublié de dire qu'il a un corps
de papier bon pour être mâchonner avec les dents

c'est vrai - on a frappé à la porte
mais tu ne pouvais pas ouvrir
dans cette maison ne survivait que le souvenir trouble
de poèmes bien-aimés - plus personne plus rien
au-delà du mur de boue et de la boîte à chaussures
pleine de syllabes précieuses - et une petite table
avec un albatros empaillé pour surveiller ton âme

dans un coin de la pièce la cigarette continue de brûler
au bout des doigts de ton portrait dérobé
derrière le sofa - tourné vers le mur
comme toi
couvert de moisissures de peur et d'ennui

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Vilhelm Hammershøi
Intérieur avec deux bougies (1904)
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