Escuto o silêncio


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Eugénio de Andrade »»
 
Ostinato Rigore (1964) »»
 
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Escuto o silêncio
J'écoute le silence


Escuto o silêncio: em Abril
os dias são
frágeis, impacientes e amargos;
os passos
miúdos dos teus dezasseis anos
perdem-se nas ruas, regressam
com restos de sol e chuva
nos sapatos,
invadem o meu domínio de areias
apagadas,
e tudo começa a ser ave
ou lábios, e quer voar.

Um rumor cresce lentamente,
oh, lentamente
não cessa de crescer,
um rumor de pálpebras
ou pétalas
sobe de terraço em terraço,
descobre um dia
de cinzas com vestígios de beijos.

Um só rumor de sangue
jovem:
dezasseis luas altas,
selvagens, inocentes e alegres,
ferozmente enternecidas;
dezasseis potros
brancos na colina sobre as águas.

Como um rio cresce, cresce um rumor;
quero eu dizer,
assim um corpo cresce, assim
as ameixieiras bravas
do jardim,
assim as mãos,
tão cheias de alegria,
tão cheias de abandono.

Um rumor de sementes,
de cabelos
ou ervas acabadas de cortar,
um irreal amanhecer de galos
cresce contigo,
na minha noite de quatro muros,
no limiar da minha boca,
onde te demoras a dizer-me adeus.

Escuto um rumor: é só silêncio.
J'écoute le silence : en avril
les jours sont
amers, impatients, et fragiles ;
les pas
menus de tes seize ans
se perdent dans les rues, rentrent
dans tes souliers, avec des reliefs
de soleil et de pluie
envahissent mon domaine de sables
émoussés,
et tout commence à être oiseau
ou lèvres, à vouloir voler.

Une rumeur grandit lentement,
oh, lentement
sans cesser de croître,
une rumeur de paupières
ou de pétales
s'élève de terrasse en terrasse,
vient découvrir un jour
de cendres avec des traces de baisers.

La rumeur unique d'un sang
jeune et
haut de seize lunes,
sauvages, innocentes et heureuses ;
farouches, attendries ;
seize poulains
blancs sur la colline au-dessus des eaux.

Comme un fleuve grandissant, une rumeur croît ;
Je veux dire
ainsi, un corps grandit. Ainsi,
les pruniers sauvages
du jardin,
ainsi les mains,
emplis de tant de joies,
de tant d'abandons.

Une rumeur de semences,
de cheveux
ou d'herbes fraîchement coupées,
l'aube des coqs, irréelle
grandissant avec toi,
dans ma nuit de quatre murs,
au seuil de ma bouche,
où tu tardes à me dire au revoir.

J'écoute une rumeur : ce n'est que du silence.

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Nina Urlichs
Mouvement bleu-II (2016)
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